lundi 17 février 2014

Les MOOC et l'apprentissage en ligne, entre innovation et monétisation

Les MOOC sont dans l'air du temps

Comme vu précédemment dans le billet [1] de Diane, les MOOC (pour Massive Open Online Courses) font l'actualité et sont parfois présentés comme une véritable révolution dans les modalités d'enseignement et de formation en ligne notamment pour leurs aspects massifs et ouverts. 

Des innovations plutôt qu'une révolution

Comme toute innovation, les MOOC s'appuient en fait sur un héritage. Les concernant, on parlera de double héritage. Premièrement, celui de la formation tout au long de la vie, avec la formation ouverte à distance (FOAD), ou encore le E-Learning, qui n'a pas donné entièrement satisfaction aux attentes des opérateurs de la formation professionnelle ou des entreprises. Et deuxièmement celui de la formation initiale. Les enseignants ont pour certains rapidement utilisé dans leur pédagogie les possibilités offertes par les outils numériques ; les établissements de l'enseignement supérieur ont favorisé le dépôt de ressources en ligne via des plates-formes et initié pour certains des projets de Learning Centers [2] dans le but de fédérer équipes pédagogiques et bibliothèques en un même espace, physique et numérique, de transmission des savoirs.

La véritable originalité du phénomène MOOC est cependant à rapprocher des nouveaux usages du numérique et elle repose sur deux caractéristiques : une démarche individuelle et son implication dans la construction de communautés de pratiques collaboratives numériques et éphémères. L'internaute, étudiant ou actif, est acteur de son parcours et de son activité sur l'internet "tout au long de sa vie". 

MOOC et formation professionnelle
L'un des enjeux est alors de bien délimiter ce qui relève de l'auto-formation et ce qui relève des obligations de l’État (formation initiale, formation professionnelle), des droits des actifs (le nouveau Compte personnel de formation, CPF) ou encore ce qui relève des obligations des entreprises [3] en matière de formation. Il s'agit aussi de définir précisément ce qu'on entend par action de formation.

Un modèle économique en devenir
Tout comme pour les Learning Centers, les logiques sous-tendant les projets de lancement de MOOC sont multiples et les finalités des acteurs en présence semblent converger pour favoriser l'apparition d'un nouveau modèle économique.  Celui-ci s'appuie sur l'engouement pour les cours en ligne et conduit à une "monétisation" des MOOC, comme en témoignent les exemples anglo-saxons. Cette "monétisation" concerne plusieurs aspects, l'accès (version gratuite, versions "freemium"), la validation (certificats), l'analyse des pratiques et des profils ; et enfin les exploitations potentielles des données et des traces laissées par les apprenants.


Pour quelle qualité?
Dans ce contexte, l'un des autres enjeux déterminants porte sur la qualité des MOOC et l’"honnêteté" des personnes à l'origine des projets. Dans une logique d'offre et de demande, les apprenants et les médiateurs restent au cœur du dispositif des MOOC puisqu'ils en  façonnent les contenus et les usages. Les MOOC les plus plébiscités sont donc ceux qui allient prestige de l'institution et charisme de l'expert en charge de l'animation de la communauté apprenante.


Références


[1] Les MOOC une révolution? Diane Robert, 15 janvier 2014. Blog Univerdoc.
[2] Enjeux et problématiques des Learning Centers : l'exemple de Lille 3. Insula, le blog de la bibliothèque des sciences de l'antiquité.
[3] Les MOOC sont-ils faits pour l’entreprise ? Stéphane Canonne, 4 novembre 2013

Pour approfondir

Dossier documentaire à destination des enseignants voulant se lancer dans un projet de MOOC disponible sur la plate-forme Fun
Le Guide du MOOC. Mathieu Cisel
Cartographie des MOOC français par Rémi Bachelet, (MOOC “Gestion de projet”) http://www.mindmeister.com/fr/306359951/cartographie-des-mooc-fran-ais
Annuaire des MOOC francophones
Répertoire européen Openuped
Les interventions de la conférence organisée à Nantes le 24 janvier 2014, à l’initiative du LINA (Université de Nantes) et de Thinkovery (nouveau média de la connaissance).




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