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jeudi 22 juillet 2021

Le partage des connaissances au service d'une communauté, l'exemple du Wiki Trans

Après le foisonnement des Wiki encyclopédiques, un wiki au service d'une communauté est apparu en France. Le Wiki Trans se veut une source de savoir scientifique et social, libre et collaboratif, qui vise la diffusion des connaissances sur la transidentité et l'identité non-binaire. Ce site est dédié à la vulgarisation scientifique et au partage d'expériences pour fournir des informations compétentes dans le domaine à un large public. Comment l'on parvient à créer, gérer et partager des informations afin d'accroitre la connaissance à propos et spécifique à une communauté ? 

Fondé par Menica Folden en 2018 "suite au constat que très peu de ressources existaient en ligne pour les personnes trans francophones" [ 1 ] le Wiki Trans se veut un recueil d'informations pour les personnes concernées par des questionnements sur la transition, les pratiques chirurgicales et les traitements hormonaux, mais aussi les personnes qui souhaitent être informées sur des thèmes plus généraux.

L'envergure pédagogique de ce site se décèle des définitions sur l'identité de genre, des indications sur le lexique à employer pour s'adresser à des personnes transgenre, avec l'appui de témoignages divers. Cette volonté pédagogique ne se limite pas à donner des conseils pour ne pas mégenrer les personnes, car le wiki fournit un ensemble de documentation apte à la vie courante de personnes trans. Des contrats d'embauche spécifiques, des modèles de lettre de coming-out, des brochures explicatives sur les thèmes de la transidentité, sont fournis gratuitement et librement pour que les personnes qui en nécessitent puissent les utiliser. Cet ensemble documentaire est disposé de sorte à faciliter des épreuves auxquelles il faut se confronter lors d'une transition, comme des étapes administratives, psychologiques et physiologiques. 

Berengère Stassin explique dans son article « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  » publié dans Communication, technologies et développement que : "Les savoirs développés et remédiés par et pour les trans favorisent l’autonomisation des parcours et l’émancipation face aux instances médicales et au système hospitalier jugés pathologisants, psychiatrisants et infantilisants". [ 2 ]

Le choix d'employer un wiki pour atteindre cette divulgation informationnelle permet de créer une plateforme collaborative et en accès libre. La technologie du wiki permet notamment de renvoyer à d'autres bases de données, articles scientifiques et informations susceptibles d'intéresser l'auditoire. Les contributions du wiki sont encadrées par une équipe de bénévoles qui vérifie et communique avec les personnes qui souhaitent intervenir. La structure hiérarchique du Wiki Trans permet de contrôler la parole avec des valeurs de bienveillance, accessibilité, engagement et bénévolat, promulgués par le Manifeste du Wiki trans. [ 3 ]

Les principaux acteurs qui alimentent le contenu du wiki sont des personnes transgenre ou des professionnels. Cette organisation permet de se réapproprier la parole sur les expériences et les connaissances propres à cette communauté. De cette manière, ce wiki foisonne d'information qui permettent de rendre visible la thématique de l'identité de genre, de divulguer du savoir et entretenir un lien avec la communauté qui se manifeste sur cette plateforme. 


[ 1 ] cit. Menica Folden in, Bérengère Stassin, « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  », Communication, technologies et développement [En ligne], 9 | 2021, mis en ligne le 29 mars 2021, consulté le 15 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/ctd/3723 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.3723
[ 2 ] Bérengère Stassin, « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  », Communication, technologies et développement [En ligne], 9 | 2021, mis en ligne le 29 mars 2021, consulté le 15 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/ctd/3723 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.3723
[ 3 ] Manifeste du Wiki Trans, [En ligne] consulté le 15 juillet 2021. URL : https://wikitrans.co/manifeste/


jeudi 2 avril 2020

Design, SIC et architecture(s) de l'information

Une rencontre Reticulum (Rencontres interdisciplinaires entre SIC et Design) s'est tenue le 20 février 2020 à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (Université de Bordeaux Montaigne). Co-organisée par Florian Harmand et Arthur Perret (UBM, Mica), cette rencontre - seconde édition des Reticulum - avait pour objet d'étude  l'architecture de l'information comme notion à l'intersection du design et des SIC. Parmi les thèmes abordés lors de cette journée, les ontologies comme système de représentation de l'information (Karl Pineau) ou encore Architecture de l'information VS Design d'information (Anne Beyaert-Geslin). Le programme complet de la journée est consultable sur le site de Reticulum. La mention de cette rencontre introduit une réflexion quant à quelques notions abordées lors de cette journée. [1]

Architecture de l'information : à l'intersection entre Design et SIC ? 

Introduite par Richard Wurman (architecte et designer) en 1976, la notion d'architecture de l'information répond à un besoin de structurer l'information, face à cette réalité que constitue la rencontre de l'ère de l'information d'avec les techniques numériques, dans un contexte d'explosion volumétrique de la donnée. Si l'expression d' architecture de l'information est métaphorique, la pratique du design permet de concrétiser la notion en offrant des voies de représentation de l'information : cartographie, design d'orientation spatiale, datavisualisation, design de documents complexes, design d'interface, etc. [4] Les chercheurs en SIC rencontrent la notion d'architecture de l'information à travers ces trois axes de réflexion : organisation de l'information, communication des organisations et humanités digitales. Mais pour les deux sciences, la prise en compte de l'usager (expérience utilisateur et réception du message) est au coeur de l'enjeu que constitue  l'architecture de l'information face à l'explosion des données et justifie cette double appropriation ; par les SIC et le Design. [2] 

Focus sur le design d'information

Parle-t'on d'un design destiné à informer ou plutôt de méthodes de mise en forme de l'information ? Le design d'information est une sous-catégorie de la datavisualisation, laquelle désigne tous les types de représentations visuelles facilitant l'exploitation, l'analyse et la communication des données. Le design d'information traite de données déjà structurées. Son rôle : révéler, de manière expressive, cette structure. Résultat de l'équilibre entre l'exactitude scientifique, l'esthétique, l'efficacité cognitive et l'accessibilité, le design d'information constitue un langage à part entière. Dans ce nouveau rapport au réel qu'a introduit le numérique, la pratique du design d'information consiste à reformuler la façon, pour le récepteur, de se saisir et de comprendre l'information afin d'en produire un élément de connaissance. La démarche est là encore orientée récepteur puisqu'il s'agit de rendre l'information accessible, voir attractive. Une analyse efficace et stratégique de l'information constitue, semble-t-il, le coeur de la démarche. [3]



Sources

[1] MULLER, Catherine. "Reticulum 2. Architecture(s) de l'information - 20 février - Rencontres Interdisciplinaires entre SIC et DESIGN". Dlis.hypotheses.org. [En ligne]. 14/02/2020. [Consulté le 30 mars 2020]. Disponible sur : <https://dlis.hypotheses.org/5095>.

[2] BEYAERT-GESLIN, Anne. "Architecture de l'information versus design de l'information", Études de communication. Jounals.openedition.org. [En ligne]. 2018. [Consulté le 30 mars 2020]. Disponible sur : <https://journals.openedition.org/edc/7651>.

[3] FREDRIKSSON, Sylvia. "Du design d’information à la visualisation de données : un enjeu de transmission de sens auprès de la société civile". I2D – Information, données & documents, Cairn.Info. [En ligne]. 2015. [Consulté le 30 mars 2020]. Disponible sur : <https://www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2015-2-page-36.htm#no6>.

[4] PILON, Laurence. "Qu'est-ce que le design d'information ?". A medium corporation.com. [En ligne]. 2017.  [Consulté le 31 mars 2020]. Disponible sur : <https://medium.com/@laurencepilon/quest-ce-que-le-design-de-l-information-bbacad34b020>.

dimanche 24 mars 2019

Elections européennes et cyber-sécurité : l'Espagne démarre en tête

Premières élections célébrées dans le nouveau contexte sécuritaire et les plus surveillées depuis 40 ans : le 26 mai prochain des centaines de millions de citoyens sont appelés aux urnes pour élire 705 eurodéputés. Alors que l'Union Européenne appelle les 27 pays membres à blinder la campagne des européennes contre les cyber-attaques et les fake news, l'Espagne applique les directives en avant-première.

Les Oscars de la désinformation (Source : EU vs. Disinfo)
Dans la lutte pour la cyber-sécurité européenne, chacun des 27 pays membres est responsable de son processus électoral et doit veiller à mettre en place les préconisations de l'Union. Pour cela, les pays peuvent recourir, entre autres, à deux outils institutionnels communautaires en ligne. Hybrid CoE, basée à Helsinki, est une plateforme ouverte aux pays membres de l'OTAN et de l'UE destiné aux échanges de connaissance par la publication de rapports de recherche et d'analyse. Elle propose également des stratégies et des formations ciblées, et favorise les bonnes pratiques pour la lutte contre cette "menace hybride". 

De son côté, le corps diplomatique européen, épaulé par ses services d'information, a lancé EU vs Disinfo, une base de données alimentée par l'UE et par ses états membres, qui publie, étudie, analyse, diffuse et classe les données recueillies avec moteur de recherche (par date, titre, média et pays). Le site dispose également d'un flux d'alerte sur des menaces potentielles contre un ou plusieurs territoires. Un graphisme décalé et un registre léger, qui reste journalistique, montrent le dynamisme de la démarche promue par les services de politique extérieure.

Mais en février dernier, au moment où l'UE renforçait ses directives anti-fake news en vue de l'appel aux urnes, Pedro Sánchez, le socialiste à la tête de l'exécutif espagnol, n'a d'autre issue que de convoquer des élections présidentielles : ce sera le 28 avril, un mois avant les élections municipales et autonomiques qui seront célébrées en même temps que les européennes, le 26 mai. 

Jusqu'ici peu réceptive à la problématique de désinformation -la manipulation informative émanant de la Russie en 2014 se situait très loin de Madrid- la crise catalane a confronté l'Espagne à un phénomène similaire lors du pseudo-référendum indépendantiste. Le gouvernement espagnol s'est donc dépêché d'appliquer la stratégie préconisée par l'UE avant l'heure, afin de protéger la campagne présidentielle du mois prochain. 


Collage : Luis Parejo (Source : www.elmundo.es)
D'une part, le Ministère de l'Intérieur espagnol a mis en ligne un Guide national de notification et de gestion des cyber-incidents dans lequel il identifie 38 types d'incidents possibles, classés en dix catégories. Des descriptions et des exemples pratiques, destinés à orienter les communications et à faciliter l'analyse, la contention et la suppression du cyber-incident, sont accompagnés de graphiques, de tableaux récapitulatifs et de schémas explicatifs. L'Espagne devient ainsi le premier pays de l'UE à se doter d'un cadre normatif unique en la matière, destiné à clarifier et à renforcer la transposition de la loi sur la sécurité des réseaux et des systèmes d'information.

Par ailleurs, une centaine d'agents de police ont été affectés à une cellule dont le travail exclusif est de passer au crible aussi bien les sources ouvertes -réseaux sociaux, messageries, forums, blogs et sites web- que les sites hébergés dans le deep web -très prisé par les collectifs "anti-système"- afin de prévenir les cyber-attaques contre les organismes d'Etat. Cette petite armée cyber-sécuritaire divise en trois les menaces cybernétiques : celles contre le système informatique de décompte des votes, les fake news (classifiées selon leur degré de dangerosité) et les cyber-attaques contre les partis politiques et les administrations publiques. 

Un rapport hebdomadaire est désormais rendu au gouvernement, qui décide de la marche à suivre au cas par cas. Les campagnes de désinformation, par exemple, sont traitées soit par la publication directe de communiqués, soit en faisant appel à la presse traditionnelle pour rétablir les faits. Mais l'exécutif espagnol exprime une inquiétude particulière pour des applications telles que Whatsapp, dont l'Espagne est très adepte. Un moyen de diffusion direct, difficilement traçable et peu onéreux, déjà abondamment utilisé par le parti d'extrême droite Vox. 

Alors que les fake news inquiètent 80% des espagnols (face à la moyenne européenne de 76%), 36% de la population utilise Whatsapp comme source principale d'information (contre 6% en France), d'après une étude de l'Institut Reuters. L'actuel président du Brésil a d'ailleurs mené sa campagne présidentielle par voie de cette messagerie instantanée, parfaite pour la propagande nationaliste selon les analystes : 61% de ses votants ont suivi la campagne présidentielle sur Whatsapp. Après les élections, le journal Folha de São Paulo a dévoilé le résultat de son décompte : 97% des informations partagées par les partisans de Bolsonaro pendant la campagne étaient manipulées, ou fausses. 

Sources :

EU prepares itself to fight back against hostile propaganda | News | European Parliament, 2019. [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20190307IPR30695/eu-prepares-itself-to-fight-back-against-hostile-propaganda

Action Plan against Disinformation, [sans date]. EEAS - European External Action Service - European Commission [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://eeas.europa.eu/headquarters/headquarters-homepage/54866/action-plan-against-disinformation_en

Portada, [sans date]. Ministerio del Interior [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.interior.gob.es

BOE.es - Documento consolidado BOE-A-2018-12257, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.boe.es/buscar/act.php?id=BOE-A-2018-12257

De Bolsonaro a Vox: cómo WhatsApp ha llegado a ser el arma más eficaz de propaganda política, 2019. ELMUNDO [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.elmundo.es/papel/historias/2019/01/05/5c2f91a8fc6c834e478b45dc.html

LÓPEZ-FONSECA, Óscar, 2019. Cien policías blindarán el 28-A contra bulos y ataques informáticos. El País [en ligne]. Madrid, 15 mars 2019. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://elpais.com/politica/2019/03/14/actualidad/1552571931_168409.html

ABELLÁN, Lucía, 2019. El 80% de los españoles se inquieta por las noticias falsas. El País [en ligne]. Madrid, 7 mars 2019. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://elpais.com/politica/2019/03/06/actualidad/1551901602_791213.html

EU vs DISINFORMATION, [sans date]. EU vs DISINFORMATION [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://euvsdisinfo.eu/

BBC - New BBC research shows nationalism is driving the spread of fake news - Media Centre, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.bbc.co.uk/mediacentre/latestnews/2018/bbc-beyond-fake-news-research

Under Pressure From The Power, 2018. Folha de S.Paulo [en ligne]. [Consulté le 24 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www1.folha.uol.com.br/internacional/en/ombudsman/2018/12/under-pressure-from-the-power.shtml

Analysis by Country, [sans date]. Digital News Report [en ligne]. [Consulté le 23 mars 2019]. Disponible à l’adresse : http://www.digitalnewsreport.org/survey/2018/analysis-by-country-2018/

WIGELL, Mikael, 2019. Hybrid interference as a wedge strategy: a theory of external interference in liberal democracy. International Affairs. 1 mars 2019. Vol. 95, n° 2, pp. 255‑275. DOI 10.1093/ia/iiz018.

jeudi 7 mars 2019

Le point sur la mise en place de l'identité numérique des Français

Alors que la mission pour le déploiement d'un nouveau service public dématérialisé, confiée en janvier 2018 à Valérie Peneau, Inspectrice générale de l'administration, prévoyait la divulgation d'une première solution au début de l'année 2019, des acteurs pointent d'ores et déjà les risques d'exclusion d'une partie des Français et font des préconisations.

Image IStock. Libre de droit

Dans le cadre du programme de dématérialisation des actes administratifs d'ici à 2022 [1], le gouvernement a lancé une réflexion sur le déploiement d'une identité numérique sécurisée, pour une mise en route à l'automne 2019. L'objectif premier est de faciliter les démarches administratives des citoyens par une entrée ou clé unique d'identification, qui doit faire office de justificatif d'identité du déclarant et doit sécuriser les transactions sur Internet. Si la plateforme FranceConnect, créée en 2014 et placée sous l'autorité de la DINSIC (direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'Etat) permet déjà une identification commune pour plusieurs services administratifs, si le RGPD et la CNIL peuvent garantir le respect des droits fondamentaux, il s'agit d'aller vers plus de simplification et une refonte du service public, totalement dématérialisé.

19 % d'illectronistes en France

Une telle modification de notre espace public, physique et numérique, ne va pas sans susciter des craintes, ce que révèlent de nombreux articles sur la fracture numérique dans les régions. Une étude de 2018 du CSA (Consumer Science & Analytics) commandée par le Syndicat de la presse sociale [2] montre que 19 % des Français, issus de toutes les catégories sociales et de toutes zones géographiques, ont renoncé à utiliser Internet, et parmi eux 39 % ont abandonné pour une démarche administrative.
Dans ce contexte, dans un récent rapport [3], le Défenseur des droits vient appuyer le risque d'une transformation numérique à "marche forcée" des services publics, qui aurait un impact sur les inégalités de traitement civique et les droits fondamentaux des citoyens. Aussi, à partir des saisines déjà enregistrées sur ce sujet, avance-t-il plusieurs recommandations pour que cette dématérialisation aille dans le sens d'une amélioration de l'accès au droit. Parmi celles-ci, il souhaite :

  • le maintien de différentes modalités d'accès aux services ;
  • la protection des usagers qui rencontreraient des difficultés ou des problèmes techniques ;
  • l'envoi de notification papier, sauf consentement de la personne pour la voie dématérialisée ;
  • l'accompagnement des personnes en difficulté ;
  • enfin, des formations pour les travailleurs sociaux et les agents d'accueil de services publics.

Le think tank Renaissance numérique [4] vient également de publier une note de mise en garde sur une mise en place trop hâtive de ce dispositif. Plutôt que des préconisations, il développe des pré-requis pour garantir le succès du dispositif. Le plus important est l'adoption par le citoyen de ce changement, qui ne peut se faire que si un rapport de confiance est établi avec l'Etat. Ce dernier doit donc déployer tous les moyens pour garantir la sécurité du citoyen.
Or selon le baromètre numérique 2018 du Credoc [5] un nombre encore élevé de Français est défiant vis-à-vis de l'utilisation de ses données personnelles. C'est pourquoi l'Etat doit rester le garant de la centralisation et de la sécurisation de l'identité numérique. Et le citoyen doit être au cœur de la démarche et doit pouvoir maîtriser ses données.
En outre parmi les autres pré-requis, le dispositif doit être universel, accessible, agile (ou évolutif). L'accent est surtout mis sur la nécessaire simplification de l'interface utilisateur, comme condition d'adhésion.

Un enjeu d'inclusion sociale

Toutefois, face aux menaces de laisser de côté une partie des citoyens, ce nouveau service public peut être aussi un levier d'inclusion sociale, considère Renaissance numérique. En effet, il peut faciliter l'accès aux aides sociales en simplifiant les procédures et par un enregistrement automatisé des droits.
Le gouvernement accompagne, par ailleurs, les collectivités territoriales vers cette transformation et dresse régulièrement un bilan des avancées de sa politique de dématérialisation.

Renaissance numérique souligne également les avantages d'une standardisation des procédés d'identité numérique par les Etats pour une interopérabilité des services partout dans le monde.
Le programme de mise en œuvre d'une identité numérique doit en fait s'aligner sur la réglementation européenne "eIDAS" de 2014, qui concerne l'identification électronique des services de confiance pour les transactions électroniques au sein de l'UE [6]. Cependant, les Etats restent souverains du choix de leur plate-forme et des modes de validation d'authentification. Mais, pour le moment, les différents modèles déployés dans les Etats membres empêchent l'émergence d'un marché unique numérique.


[1] Programme "Action publique 2022".
[2] CSA. « L’illectronisme » en France. Etude du 25 juin 2018. csa.eu [en ligne]. [Consulté le 7 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.csa.eu/fr/survey/l-illectronisme-en-france
[3] Défenseur des droits. Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics. Rapport du 14 janvier 2019 [en ligne]. [Consulté le 7 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/rapports/2019/01/dematerialisation-et-inegalites-dacces-aux-services-publics
[4] Renaissance numérique. Identité numérique : Passer à une logique citoyenne. Note de janvier 2019. [en ligne]. [Consulté le 7 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.renaissancenumerique.org/ckeditor_assets/attachments/325/rn_note_identite_numerique_janvier2019.pdf[5] Baromètre du numérique 2018. [en ligne]. 1 décembre 2018. [Consulté le 7 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.credoc.fr/publications/barometre-du-numerique-2018
[6] Règlement (UE) n° 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur et abrogeant la directive 1999/93/CE [en ligne]. 28 août 2014. 32014R0910. [Consulté le 7 mars 2019]. Disponible à l’adresse : http://data.europa.eu/eli/reg/2014/910/oj/fra 

mercredi 28 novembre 2018

Les médias haussent le ton




Tandis que les assistants vocaux et les applications à commande vocale se multiplient et prennent de plus en plus de place dans les foyers, certains médias trouvent le moyen de se faire entendre.


Aujourd'hui, l'utilisateur n’a besoin que de sa voix pour faire des requêtes.
En effet, il lui suffit d' interroger son application ou son assistant pour obtenir une réponse orale en temps réel.
Ainsi, il devient inutile de saisir ses demandes sur un écran ou un clavier.
Les enceintes de salon proposent désormais une variété de services : l'actualité, la météo, la musique, l'heure, etc.[1]

Ces objets font appel à diverses applications web et à de vastes bases de données, le plus souvent hébergées dans le cloud.
Dans un premier temps, ils s’attachent à comprendre la requête de l’utilisateur, c’est-à-dire à retranscrire la parole et à analyser le langage utilisé. Puis, ils vont extraire les informations clés et les envoyer à l’application appropriée. Celle-ci retourne un résultat qui est ensuite converti en langage naturel et synthétisé. La plupart de ces techniques relèvent de l’intelligence artificielle, sans laquelle les assistants vocaux ne pourraient pas fonctionner : reconnaissance des mots, des structures de phrases employées, des interprétations possibles, etc.[1]



D'après Laurent Frisch, directeur du numérique à Radio France, l'écoute de l'audio seule se développe très rapidement et devient très prisée.
Les assistants vocaux et les applications sont en plein essor. Il va donc falloir produire des contenus de toute sorte, afin d’offrir le plus grand choix possible à l’utilisateur. M. Frisch explique qu'il y a de la place pour de nombreux acteurs et il affirme que la radio en tant que média à un rôle important à jouer puisqu’elle sait produire de l'audio de qualité autant sur le plan technique qu'au niveau éditorial. Ainsi, il ajoute que la radio peut apporter de l'audience aux assistants vocaux.
De son côté, le digital peut permettre à la radio d'évoluer vers de nouvelles formes d'écriture.[2]

Certains médias papier tel que les Échos sont déjà présents sur les appareils et services de Google et Amazon.Clémence Lemaistre, rédactrice en chef numérique des Échos, explique qu'ils ont "une stratégie ambitieuse et volontaire sur le digital".[3]
Ainsi, en 2017, ils ont développé avec une agence des applications pour les assistants Amazon Echo et Google Home, proposant un résumé de l'actualité sportive ou de la politique internationale : "Nous avons donc créé un édito des Échos prononcé par un éditorialiste. C'est une vraie voix humaine qui raconte son texte."[3]

D'après Clémence Lemaistre, il faut réfléchir dès à présent à la place et à l'identité que l'on veut avoir sur les assistants vocaux. Cela demande beaucoup de préparation parce qu'il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte : techniques, éditoriaux, etc.[3]


Sources :

 [1] Audrey Dufour. La Croix. Comment fonctionnent les assistants vocaux ? LaCroix.com.Publié le 22 mai 2018 : [Consulté le 26 novembre 2018].https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Numerique/Comment-fonctionnent-assistants-vocaux-2018-05-22-1200940679 

  [2] Xavier Eutrope.La radio en 2018 vue par Laurent Frisch. En ligne sur inaglobal.fr. Publié le 8 janvier 2018 :[Consulté le 26 novembre 2018]. https://www.inaglobal.fr/radio/article/la-radio-en-2018-vue-par-laurent-frisch-10058

 [3] Xavier EUTROPE.Assistants vocaux, quelle voix pour l'information ? En ligne sur inaglobal.fr. Publié le 23 octobre 2018 :[Consulté le 26 novembre 2018]. https://www.inaglobal.fr/numerique/article/assistants-vocaux-quelle-voix-pour-l-information-10286

mardi 18 avril 2017

Va-t-on voir disparaître les sites internet ?

Avec l'apparition de l'internet grand public dans le milieu des années 90 (au 20ème siècle !), le paysage numérique n'a cessé d'évoluer et de se transformer.
Depuis une quinzaine d'années, le passage par un site web était la norme pour toute entreprise désirant avoir une exposition médiatique.
Mais une profonde mutation est apparue dernièrement.
C'est la conséquence de l'évolution et de la transformation des pratiques.
En effet, avec la prolifération des supports de diffusion (ordinateur, smartphone, tablette, montre connectée...) mais aussi des canaux de communication (média sociaux, plateformes hébergeant des articles tels que Facebook, Linkedin..., applications mobiles, assistants personnels façon Siri, Cortana mais aussi les systèmes de messagerie possédant des chatbots), il devient très compliqué d'obtenir une réelle visibilité sur le net. Et la concurrence est féroce.



On assiste ainsi à une migration des fortes audiences sur certains médias sociaux.
Surtout il faut maintenant multiplier les formats pour pouvoir répondre aux différents besoins.
Ainsi, il faut désormais produire des vidéos (plus ou moins longues), des images, des notifications, des tweets, des fiches comme sur Google Maps, des environnements 3D...

(https://fredcavazza.net/2017/03/20/les-sites-web-sont-ils-en-voie-de-disparition/)

Il ne suffit plus seulement de gérer du contenu à travers un CMS (content Management System) outil de base pour la création de site web. Il faut maintenant offrir des services pertinents à travers les multiples canaux offerts.
D'une certaine façon, il ne s'agit plus d'offrir au public des vitrines mais bel et bien des médias.
Et cette étape passe aussi par la fidélisation du public à travers la mise en place d'abonnements.

Mais cette évolution n'est peut-être que les prémices d'une révolution bien plus importante encore avec l'arrivée de l'Intelligence artificielle et des assistants personnels.


Sources :

Les sites web sont-ils en voie de disparition ? 
Fred Cavazza, 20/03/2017, [en ligne ], consulté le 18/04/2017
 https://fredcavazza.net/2017/03/20/les-sites-web-sont-ils-en-voie-de-disparition/

La fin du site internet traditionnel pour bientôt ?
Pascal Japy, 23/01/2014,  [en ligne ], consulté le 18/04/2017
https://blog.pr-rooms.com/2014/01/23/tendance-marketing-2014-la-fin-du-site-internet-traditionnel/

Les sites internet sont-ils en voie de disparition ?
Cyril-cration-web, 7/07/2014, [en ligne ], consulté le 18/04/2017