Affichage des articles dont le libellé est Transformation numérique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Transformation numérique. Afficher tous les articles

mercredi 16 juin 2021

Gouverner efficacement sa transformation digitale

Ensemble sociologique et technologique, la transformation digitale constitue une préoccupation importante pour les organisations en ce qu’elle inclut une transformation des outils mais aussi en ce qu’elle impacte les Hommes, leurs habitudes, les pratiques managériales et les cultures d’entreprise. [1] Quelles pratiques peuvent ainsi être employées afin de maitriser sa transformation digitale ? 


Architecture de l’entreprise


Face à des technologies toujours plus nombreuses et complexes, une organisation doit se montrer sélective quant aux choix technologiques qui seront fait, ce qui implique une bonne connaissance des métiers et des processus de l’entreprise corrélée à une connaissance des nouvelles technologies. Cette connaissance globale repose sur une discipline nommée  architecture d’entreprise. Celle-ci permet une approche globale de structuration du système complexe que représente une entreprise en prenant en compte ses patrimoines humains et technologiques, toujours dans le but d’atteindre les objectifs de l’organisation. Outil d’aide à la décision, l’architecture d’entreprise implique une phase de description de l’existant (fonctionnement de l’entreprise, description des processus, données métier et cartographie du patrimoine informatique et des infrastructures), une phase de définition de la cible et de la trajectoire. L'architecture d'entreprise permet ainsi de prendre de la hauteur  en proposant une vision globale et partagée de la transformation digitale d’une organisation afin d’éclairer le point de vue de chacun et de renforcer la cohérence de l’ensemble des projets par le développement de synergies entre les processus et le patrimoine numérique de l’entreprise. Question en suspens : les compétences de l’architecte d’entreprise, souvent cantonnées aux DSI, peuvent-elles faire partie du champs d’action des professionnels de l’infodoc ?

 

Conduite du changement et importance de la formation digitale. 


La transformation digitale implique une transformation de tous les processus et métiers d’une entreprise. Tous les collaborateurs sont concernés et, de fait, le rythme de la transformation pourra varier d’un processus métier à l’autre. La maturité digitale d’une entreprise peut s’évaluer à trois niveaux : organisation, management et métier. Des changements individuels donc, mais aussi globaux. Par ailleurs, l’intégration d’un nouvel outil dans les pratiques individuelles doit avoir fait l’objet d’une communication sur, notamment, le pourquoi de l’utilisation de cet outil et ce qu’il apporte aux métiers à l’échelle individuelle. Instaurer une culture digitale durable implique également une formation digitale pensée à longs termes et s’asseoir sur un socle commun de compétences, tout en incluant des différenciations notamment parce que les appétences individuelles en matière de culture digitale peuvent différer d’un collaborateur à l’autre. 


Indicateurs de performance


Les KPI (pour Key Performance Indicators) d'un projet de transformation digitale reposent sur la définition de ses objectifs : réduction de coûts ? Conquête de nouvelles parts de marché ? Amélioration de l'expérience utilisateur ? Les objectifs du projet détermineront la pertinence d'un indicateur de performance. Pour aider à les déterminer, on peut en distinguer différents types : les KPI business, qui étudieront les gains business et marketing (ici, les KPI seront par exemple les parts de marché ou l'évolution du chiffre d'Affaires). Autre type de KPI : les KPI de marque, qui offrent des indicateurs sur la réception et l'image de la marque (notoriété, fidélisation, satisfaction client). Enfin, troisième type d'indicateurs : les KPI internes/corporate, qui seront ici utiles pour évaluer l'adhésion des collaborateurs au projet ou les gains éventuellement générés (adhésion, engagement, coûts avant/après transformation). Les indicateurs de performance ne sont pas figés : ils peuvent évoluer et être adaptés à un changement de stratégie ou d'objectifs, par exemple.[5]


Sources : 

 

[1] Lean Assembly. "Qu'est-ce que la transformation digitale ?". Youtube.com. [En ligne]. 7 décembre 2015. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.youtube.com/watch?v=p37yeKqAnUo>. 


[2] Centrale Supélec. "Podcast : Le rôle de l'architecture d'entreprise dans la transformation digitale". Youtube.com. 14 juin 2021. [Consulté le 15 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.youtube.com/watch?v=FpRHbEpxVVM>.


[3] Blog Talkspirit. "Cédrid Deniaud. "La formation digitale doit être pensée à long terme pour devenir une culture digitale durable et utile". Blog.talkspirit.com. 31 juillet 2018. [Consulté le 15 juin 2021]. Disponible sur : <https://blog.talkspirit.com/cedric-deniaud-la-formation-digitale-doit-etre-pensee-a-long-terme-pour-devenir-une-culture-digitale-durable-et-utile/>.


[4] 1min30. "Transformation digitale (ou numérique)". 1min30.com. Blog.talkspirit.com. 02 février 2016. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.1min30.com/dictionnaire-du-web/transformation-digitale-numerique>.

 

[5] Socialy. "Quels indicateurs pour mesurer la performance de votre transformation digitale ?". Socialy.fr. [En ligne]. 12 septembre 2018. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.socialy.fr/blog/kpi-performance-transformation-digitale/>



 

lundi 24 mai 2021

Lancement du Programme Atlas : des standards français pour la transformation numérique

En octobre 2019, l'Afnet avait initié un ambitieux projet : le programme Atlas destiné à fournir des standards numériques à l'industrie française. Il réunit de nombreux acteurs industriels pour la création de standards de modélisation de type Product Life & Data Management (PLM/PDM), servant entre autres aux simulations et aux jumeaux numériques.  De tels standards devraient rendre la production de modèles et l'utilisation des technologies de simulation numérique plus accessibles aux entreprises et démocratiser leur utilisation. Le premier workshop du programme, intitulé Simulation Numérique, a eu lieu le 19 mai dernier.

Atlas s'inscrivant dans le Programme Investissements d'Avenir, ces standards se voudront à la fois publics, internationaux et intersectoriels. Les modèles numériques sont aujourd'hui créés à partir de composants issus de dizaines d'outils différents, assemblés au prix d'un effort de mise à niveau des formats utilisés par les différents producteurs des parties composant le modèle final. Deux acteurs participent à leur construction et facilitent les décisions lors du processus de production :

- L’architecte système qui évolue dans un environnement "concepteur". Il définit les spécifications, les performances attendues et la constitution des systèmes.
- L'architecte simulations numériques qui produit des évaluations afin de déterminer le plus tôt possible que les performances attendues soient atteintes et modifie les dessins en conséquence, le cas échéant. 

Leurs travaux sont rendus possibles par la collaboration d'un réseau d'opérateurs favorisant les transferts et la mise à disposition de modèles inter-opérés pour former un modèle global utilisable et fidèle à son objet. Mais de tels réseaux restent encore très rares dans le paysage industriel français et nécessitent des conditions telles qu'une forte concentration de filière [1], ou des activités de recherche de pointe réunissant des laboratoires collaborant autour d'un même sujet [2]. Les réflexions de l'Afnet et ses partenaires portent sur l'acquisition de ces modèles à travers la disponibilité des standards, et comment les relier entre eux, grâce à la définition de méta-modèles.

Pour ce faire l'Afnet s'appuie sur 15 ans d'expérience dans la mise en place et la réflexion autour des standards dans les filières industrielles, comme le pré-projet Seine sous le patronage de la DGE entre 2006 et 2008, et sur les sujets design et manufacturing, supply chain, maintenance et cybersécurité, regroupés autours de projets multi-sectoriels tels BoostAero depuis 2005, ou la norme STEP AP242 depuis 2015. Ces réflexions ont été menées en collaboration entre des associations, des opérateurs et des institutions. Elles ont accompagné la création de plate-formes collaboratives de filières [3], et plus de 7000 entreprises de toutes catégories ont pu y participer.

Les filières participant à Atlas sont catégorisées selon deux types : en « objets » et chaine d'assemblage comme l'aéronautique, l'automobile, l’industrie électronique etc, ou en « projets » comme le bâtiment, la chimie des matériaux, le nucléaire, la métallurgie, ou les systèmes énergétiques. Elles sont représentées par des comités de pilotage stratégique composés de membres de l'Afnet, Industrie du Futur, le programme MINnD, l'AFIS, ainsi que des représentants d'organisations professionnelles tels que la FIEEC, Fer de France. Syntec, France Chimie, AIMCC, Galia, la GICAN, le Gifas, Building Smart France  et PFA.

Le programme est structuré en groupes de travail, réunissant les représentants des filières, en fonction des lots et des sujets qui ont été définis durant la phase préparatoire du projet. Les stratégies et cas d'usage, le développement de standards, l'implémentation chez les éditeurs, la formation des démonstrateurs  (POCs), et la communication au public, forment les lots. Les domaines, qui doivent couvrir l'ensemble du cycle de vie du produit, sont les suivants :

  • Ingénierie système  et MBSE, piloté par l'AFIS
  • PLM, end-to-end et Management des configurations, piloté par l'AFNET
  • Logistique et global Supply-Chain, piloté par l'AFNET
  • Maintenance piloté par l'AFNET
  • Données et Infrastructures (traçabilité, blockchain, cybersecurité, IA) piloté par l'AFNET
  • Le Smart Manufacturing piloté par l'Alliance Industrie du Futur
  • Le BIM piloté par MINnD
  • Cet ensemble doit faciliter la généralisation des concepts de Jumeau numérique - piloté par l'AFNET et  l'Alliance Industrie du Futur qui vont pouvoir s'appuyer sur ces composants. Les homologues internationaux, NAFEMS et INCOSE assureront leur soutien pour la partie simulation numérique.

Une équipe de France sera constituée en partenariat avec l'AFNOR pour que les travaux soient représentés sur la scène internationale et afin d'augmenter la coordination et l'efficacité entre les groupes de travail.
Le projet Atlas pourrait ainsi rejoindre les réflexions de l'INCOSE et de la NAFEMS. Cette dernière a déjà engagé une réflexion couvrant l'ensemble des besoins des secteurs et des cycles de vie des modèles [4]. Deux pistes possibles sont à l'étude :

  • Le MCP, Model Caracterisation Pattern (disponible auprès de l'INCOSE), représentation générale couvrant des modèles 3D, CFD et multi-physique. Ce standard peu déterminé est spécifiable à partir de listes d'attributs spécifiques à attribuer selon le type de modèle. Il est très complexe, mais permet de disposer d'une couverture globale du cycle de vie dans une optique de réutilisation.
  • Le MIC, Model Identity Card est un concept couvrant le début de cycle jusqu'à l'exploitation du modèle, visant à préparer les phases de construction de modèles complexes, dans la façon d'établir et peupler les architectures, produites par des entités différentes de l'intégrateur. Il permet de spécifier, contrôler les modèles, gérer leur assemblage et les capitaliser.

Concernant l'Archivage, une piste est à l'étude : le projet LOTAR (LOng Term ARchival), basé sur le standard ISO STEP AP 209 destiné au stockage des données de simulation. En terme d'application directe, MoSSEC est une adaptation des MIC pour être compatible avec LOTAR. Il semble que cette piste soit privilégiée pour le moment.

La validation du programme a eu lieu en octobre 2020. Ce projet, financé moitié par l’État, moitié par les filières industrielles pour un montant total de dix millions d'euros, amorce un cycle de trois ans. L'Afnet recherche des participants pour une réflexion élargie et profitable à un maximum de secteurs. Les plans de travail sont en cours et doivent être élaborés avant 2022.

jeudi 13 mai 2021

Où le régulateur, voulant sauver la planète grâce à la finance, favorisera la numérisation de l'économie

Ces dernières années, la réglementation a été un levier de premier choix pour pousser les entreprises à franchir le tournant numérique. Si le règlement européen sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR) a pour but de proposer un label écologique aux investisseurs, elle pourrait accélérer indirectement la tranformation numérique des entreprises en faisant des institutions financières de nouveaux intermédiaires de cette transformation.

Opérations à distance, analyses des marchés, trading à hautes fréquences, le secteur financier a toujours eu de l’appétence pour les données massives. Mais depuis quelques années les organismes de surveillance des marchés les obligent à produire et transmettre un certain nombre de données, dans un but qui dépasse le cadre de la poursuite du gain ou de l'efficacité opérationnelle. Des institutions de surveillance, telle l'Autorité des Marchés Financiers, réclament elles aussi leur part d'informations. 

Ainsi l'AMF reçoit à elle seule plus d'un terabit de données par mois [1], soit plus d'une centaine de millions de lignes, en provenance des rapports des établissements financiers français. La plateforme ICY [2] mise en place en 2018 par l'Autorité, pour l'aider à la lutte contre la fraude, les escroqueries, le financement du terrorisme. Si les institutions financières sont les premières de cordée pour l'adoption de l'intelligence artificielle [3], elles concentrent, la majorité de leurs dépenses en TICs dans une perspective anti-blanchiment et Know Your Customer [4], afin d'éviter d'être rendues complices d'éventuelles malversations.

Dans ce même esprit reporting, le 10 mars 2021, la loi SFDR [5] est entrée en application. Elle-même s'inscrit d'ailleurs dans la politique de l'OCDE [6] en matière de transition écologique et pourrait avoir des implications qui transcendent le champ d'application du secteur financier. Cette loi obligera les organismes financiers mentionnant la finance durable dans leurs communications à justifier la traçabilité de leurs instruments, l'utilisation précise des investissements qui en sont issus par des bénéficiaires dont les activités devront dorénavant  être passées à la loupe. 

Cette mesure de transparence doit permettre au consommateur européen d'être mieux informé de l'utilisation de son épargne et limiter le green washing. Plus qu'un simple argument marketing accompagnant les documents et contrats de leur clientèle d'épargnants, la régulation devrait prévoir un certain nombre d'avantages fiscaux aux détenteurs du précieux sésame si elle suivait, à terme, les recommandations de l'OCDE. L'article 4 de la loi obligera aussi les organismes financiers à faire figurer la mention de l'absence du "label" finance durable lorsqu'elles ne souscriront pas aux exigences de reporting inscrites dans la législation.

Ces reportings, dont les modèles sont inspirés un corpus de formats européens [7] et internationaux [8], nécessitent un certain nombre de données de type Know Your Customer. Les banques seront donc poussées [9] à réclamer des informations,  dont la liste n'est pas encore totalement arrêtée [10], mais très conséquentes, aux entreprises émettrices des actions composant leurs supports d’investissements estampillés "finance durable" ou "écolabel" avant d'accepter de les y inclure. Ces informations transmises sous forme de données détaillés [11] sur leurs activités ne devraient pouvoir être délivrées que dans la mesure où elles ne soient capables de les leur fournir, grâce à un système d'information suffisamment développé et intégré à leurs processus de production.

C'est donc par des avantages en terme de financement que les entreprises pourraient être encouragées à la fois à adopter  une démarche écologique [12] et à se doter des moyens de fournir les informations réclamées par les banques. Le projet de loi actuellement en discussion au Sénat "Climat et résilience" devrait avoir un impact potentiel similaire [13]. 

Si les avantages et pénalités (non) prévus aux règlements sont loin d'être suffisants pour engager l'économie vers un tournant écologique, la création même de ces taxonomies et leur implémentation très progressive dans les secteurs concernés laissent planer la possibilité d'un revirement réglementaire plus engageant, voir coercitif. Il s'agit donc d'un sujet à surveiller de près dans les prochaines années.

dimanche 9 mai 2021

Digital Workplace : Un espace de travail dématérialisée

Les nouvelles technologies ont bouleversé nos façons de travailler, simplifiant les processus, fluidifiant les échanges en augmentant la productivité. En effet, en pleine transition numérique, la Digital Workplace apparaît de plus en plus comme un moyen de répondre aux attentes des collaborateurs tout en modernisant les espaces de travail. Avec la crise de la covid-19, on a assisté à une accélération du déploiement de la Digital Workplace  au sein des organisations [1]. Répondant aux attentes des employés et des décideurs, la Digital Workplace semble avoir de belles perspectives devant elle, d’autant que le marché est particulièrement en constante évolution. Pour preuve, il devrait atteindre les 2 milliards d’euros en France en 2023, avec une croissance annuelle moyenne avoisinant les 5 % [1].

La Digital Workplace en quelques mots :

  • Elle unifie l’ensemble des outils de communication de votre entreprise (e-mails, messagerie instantanée, réseau social d’entreprise et visioconférence) ;
  • Elle réinvente la gestion des documents et le partage d’informations ;
  • Elle simplifie le travail en équipe grâce à des espaces dédiés au travail collaboratif ;
  • Elle rassemble au même endroit tous les outils utiles à vos collaborateurs ;
  • Elle offre une nouvelle expérience collaborateur, davantage tournée vers l’intelligence collective et les modes de travail alternatifs[2].

Digital Workplace, nouveau pilier des entreprises :

Véritable accélérateur de la transformation numérique, la pandémie de la Covid-19 a convaincu les entreprises de la nécessité de repenser efficacement le « travailler ensemble», et ce dans une perspective durable. La conviction de Devoteam Management Consulting, cabinet de conseil en management et transformation digitale est claire :  "la Digital Workplace est un élément clé dans cette transformation. Elle offre aux collaborateurs la possibilité d’accéder à distance et à tout moment à leur environnement de travail tout en optimisant la collaboration. Les solutions doivent être simples, multi-terminaux, sans rupture entre les modes de communication et sécurisées ! " souligne Sophie Malarbet, Associate Partner au sein du Cabinet [3].

Articulation entre Digital Workplace et la tendance anywhere opérations 

La pandémie mondiale a non seulement ébranlé le statu quo dans la manière dont les entreprises réagissent aux changements d'infrastructure, mais elle a complètement modifié le paysage des processus métier essentiels. Le passage massif aux opérations en ligne a rendu une infrastructure flexible impérative.Gartner prédit que d'ici à la fin de 2023, 40% des entreprises adopteront un modèle de bureau hybride plus fluide où les employés ne seront pas obligés de faire de longs trajets ou des horaires 9-5 standard[4]. En effet, pour Gartner, Anywhere Opérations offrira une expérience à valeur ajoutée unique dans cinq domaines clés : Accès à distance sécurisé, infrastructure cloud et de périphérie, collaboration et productivité, automatisation pour prendre en charge les opérations à distance et quantification de l'expérience numérique[5].

Les approches de Digital Workplace

En fonction de l’endroit où travaillent ses collaborateurs aujourd’hui, l’entreprise doit définir là où les collaborateurs doivent travailler demain, puis agir en choisissant une stratégie : 
  • Stratégie 1 : Amener la Digital Workplace dans le flux de travail. Celle-ci doit s’articuler au plus près de l’email, de la messagerie instantanée et de l’environnement de réunions. Elle doit aiguiller l’utilisateur vers là où sa contribution est attendue, proposer des actions (sur les documents, les tâches) depuis le flux de travail, amener de l’intelligence pour traiter les informations plutôt que les accumuler par ordre chronologique ; 
  • Stratégie 2 : Amener le flux de travail dans la Digital Workplace. Celle-ci doit s’articuler autour du processus de l’utilisateur, qui peut alors prendre connaissance d’une activité et la traiter, converser avec ses collègues autour du processus, gagner du temps dans le traitement des informations via un environnement consolidé [6].

Sources :

[1] Eric Le Ven, Archimag, Digital workplace : Ce que pensent les organisations Françaises, 10/03/2021.Disponible en ligne à l’adresse <https://www.archimag.com/digital-workplace/2021/03/10/supplement-archimag-collaboratif-enquete-digital-workplace>consulté le 04/05/2021

[2]  Paul Maubareyt, Benoît Renoul, Blog talkspirit ,Tout savoir  sur la digital workplace,15/05/2020. Disponible en ligne à l’adresse <https://blog.talkspirit.com/tout-savoir-sur-la-digital-workplace-definition/> Consulté le 04/05/2020

[3] Figaro Partner, l’âge d’or de la Digital Workplace, 09/2020. Disponible en ligne à l’adresse
<https://www.nexthink.com/wp-content/https://uploads/2020/09/Le-Figaro-Partner-Digital-Workplace> Consulté le 05/05/2021

[4] Estelle Rafin ,Blogdumodérateur, Les 9 tendances  technologiques de 2021 selon Gartner< https://www.blogdumoderateur.com/gartner-9-tendances-technologiques-2021/> 
[5] Kasey Panetta ,Gartner, Principales tendances technologiques stratégiques de Gartner pour  202, 10/09/2020 . Disponible en ligne à <https://www.gartner.com/smarterwithgartner/gartner-top-strategic-technology-trends-for-2021/> Consulté le 05/05/2021

[6] Michel Ezran , Blog Lecko Digital Workplace : Une approche pragmatique pour mieux arti-culer le local et le global <https://blog.lecko.fr/dwp-mieux-articuler-local-et-global/> Consulté le 05/05/2021

mercredi 16 décembre 2020

Le projet schéma numérique édition 2020 : La BnF présente via une approche cartographique originale l'évolution de ses services numériques.


Cette fin d'automne voit l'aboutissement du projet schéma numérique 2020 de la BnF démarré début 2019 qui propose sous une carte thématique son actualité, les grands axes stratégiques et la relation qu'entretient la BnF avec le numérique à travers une réflexion collective menée par tous les acteurs au sein de la bibliothèque au cours du projet. 

 

 

Extrait du schéma numérique 2020

Extrait du schéma numérique 2020. Source image : Emmanuelle Bermes Twitter. [1]
 

Vue d'ensemble exhaustive du numérique au sein de la bibliothèque,  ce schéma est depuis 2016 le résultat par la BnF d'une réflexion approfondie entamée les années précédentes. Cette réflexion est articulée autour de 6 axes majoritaires qui évoquent la constitution d'une collection numérique de référence, l'importance de signaler et conserver, proposer des concepts innovants en direction des publics comme Gallica, nourrir le réseau qu'elle s'est constituée avec les partenaires nationaux et internationaux puisqu'elle est devenue au cours des décennies, le médiateur incontournable entre les territoires et entre les cultures. [2]


Il se veut aussi un témoin d'une volonté de rendre compréhensible au plus grand nombre, experts comme profanes, les outils et les processus pour elle et ses partenaires.
Enfin, ce schéma tend à démontrer l'engagement de la BnF d'accompagner l'évolution des techniques inscrite dans la diffusion d'une connaissance évoluant dans le temps vers tous les acteurs de la bibliothèque.

L'édition 2020 fait évoluer ces 6 axes en 10 grands axes qui sont résolument tournés vers le devancement des usages, faire disparaître autant que faire se peut la fracture numérique, le partage, un numérique éthique, des données toujours plus ouvertes, devenir la pierre d'angle du patrimoine numérique au XXIe siècle. [3]

Lors du démarrage en mars 2019 du projet de l'édition 2020, la BnF voulait vraiment que chaque agent puisse s’accaparer cette nouvelle approche cartographique dont le résultat est cette carte à la fois divertissante, joueuse, [4] et qui fait le lien  de manière merveilleusement ludique entre les différents axes évoqués précédemment étant le fond même du projet .


L'expression des besoins  a pris naissance au travers d'entretiens, d' enquêtes diverses vers différents spécialistes, des bibliothécaires, des graphistes, des auteurs-illustrateur etc. Chaque élément graphique a été soigneusement étudié et voulu avec une petite dose d'humour sur leurs formes finales [5]. Ce n'est pas tout, car cette carte est accompagnée d'un jeu de 40 cartes documentaires imprimables, que l'on peut découper et avec lesquelles jouer. [6]


Les deux se complètent et se veulent ouverts sur l'avenir, prêts à accueillir de nouvelles informations et  être une base transversale pour les futurs projets.

Let's play !

 

 Sources : 

[1]  BERMES, Emmanuelle. Aujourd'hui à 15h30, rejoignez-nous pour une visite guidée du tout nouveau tout beau schéma numérique de la BnF.  In Twitter @figoblog. [Publié le 26 novembre 2020]. <https://twitter.com/figoblog/status/1331922516533710848 >

[2] BnF. Le schéma numérique 2016 de la BnF. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [ Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/schema-numerique-bnf-2016>

[3] BnF. Stratégie et vision. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/strategie-et-vision>

[4]  BnF. Schéma numérique de la Bibliothèque de France. [En ligne]. [Pdf]. BnF, 2020. [Consulté le 16 décembre 2020].<https://www.bnf.fr/sites/default/files/2020-1/Affiche_cartographie_du_numerique_BnF.pdf>

[5] BnF. Une démarche d'élaboration et une forme inédites, au service de la transformation numérique. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/une-demarche-delaboration-et-une-forme-inedites-au-service-de-la-transformation-numerique>

[6] BnF. Schéma numérique de la Bibliothèque de France. Version imprimable du jeu de cartes documentaires. [En ligne]. [Pdf]. BnF, 2020. [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/sites/default/files/2020-11/Schema_numerique_jeu_de_cartes_documentaires.pdf>

vendredi 13 novembre 2020

L'université française à l'heure de la crise sanitaire : faut-il craindre une généralisation de l'usage du numérique dans l'enseignement supérieur ?

 

 Le 20 septembre dernier, Philippe Forest, professeur en littérature française à l'Université de Nantes déclarait sur les ondes de l'émission France Culture, " si l'université passe en ligne, elle ne sera plus l'université" [1] ; dénonçant ainsi une adoption plus large des enseignements à distance, accélérée par la crise sanitaire actuelle. Les propos de cet enseignant remettent à jour un débat qui semble diviser la communauté universitaire, non seulement française, mais aussi internationale depuis plusieurs années quant à l'usage du numérique dans les processus d'apprentissage. 

Panorama des projets de numérisation dans l'enseignement supérieur français

 Depuis plusieurs années, l’État français encourage l'usage du numérique dans toute la société à travers différents programmes.  En 1996, il a lancé le Programme national de numérisation et valorisation des contenus culturels (PNV). En 1997, ce fut le tour du Plan d'action gouvernementale pour la société de l'information (Pagasi) [2]. En avril 2000, le monde universitaire est directement concerné avec l'appel à projets Campus Numériques Français (CNF), programme qui visait le développement de la formation à distance. Ce programme est intervenu dans la dynamique  des Open Course Ware initiés dans les années 2000 par la MIT. Cette dynamique va davantage se préciser avec l'initiative France Université Numérique (FUN) lancée en 2013 par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche . Et en janvier 2016, la France prit définitivement le virage du numérique avec la loi "Pour une République du numérique" qui plaçait l'université au cœur de ce processus [3]. Ce qui va conduire à la mise en place du projet Développement d'Universités Numériques expérimentales (DUNE) en 2016. 

Les initiatives du gouvernement en faveur du numérique et plus précisément du e-learning sont légion et plusieurs universités en font déjà l'expérience. Sciences Po, Paris I, Nantes, Cergy, Normandie et bien d'autres encore. Avec la crise sanitaire, elles ont accéléré la mise en ligne de leurs enseignements pour faire face aux difficultés rencontrées. 

Enjeux du numérique avec l'enseignement à distance

 La course au numérique est motivée par de nombreux enjeux selon l’État français et les défenseurs de cette cause. La démocratisation de l'accès à la culture, au savoir est largement reprise par le gouvernement :

"La numérisation des contenus culturels constitue une des principales conditions à la mise en œuvre d'une stratégie numérique ministérielle résolument tournée vers les usages, la diffusion de la culture au plus grand nombre, le développement du numérique éducatif et l'émergence de nouveaux services en ligne" [4].

Le cabinet conseil Wavestone quant à lui, distingue cinq valeurs au numérique dans la formation universitaire. Une valeur d'attractivité qui permet de renforcer la visibilité et la singularité de l'offre de formation ; une valeur de croissance envisagée grâce à la conquête de nouveaux marchés solvables ; une valeur pédagogique du fait de la réussite et du développement des compétences ; une valeur économique à partir de l'optimisation des coûts de formation ; et enfin une valeur altruiste  qui porte sur l'accès au savoir pour tous. Cette dernière valeur est en accord avec l’argumentaire des pouvoirs publics notamment du Ministère de la Culture, puisqu'elle fait référence à la démocratisation de la culture. Gilles Babinet et Edouard Husson pensent que la transition numérique dans les universités françaises est vitale pour prétendre appartenir au "groupe des puissances  éducatives"[5]. Ils affirment que toute institution académique est désormais, obligatoirement, connectée, sous peine de ne pas rester dans la compétition nationale et internationale. Le numérique serait-il désormais la voie à suivre pour toute université qui se veut compétitive et pérenne ?

Numérique VS Université classique?

 Face à la montée en puissance du numérique et la digitalisation  des cours qu'il entraine, des voix s'élèvent pour attirer l'attention des différents acteurs notamment des pouvoirs publics sur ses dangers pour la formation des jeunes et la liberté d'expression des enseignants. Le décrochage massif que provoque les cours en ligne est évoqué par certains enseignants. Selon l'institut de sondage Ipsos, on enregistre 80% de décrochage chez les étudiants de 18-25 ans inscrits en formation initiale en distanciel [6]. Ce qui a fait dire à Paul Mayaux, "le maintien des cours en présentiel est aujourd'hui plus que nécessaire". Avis partagé par Pascale Dubus. Selon cette dernière, le recours au distanciel démontre la faillite de l’État qui depuis plusieurs années n'investit pas assez dans l'université. Les effectifs d’étudiants augmentent mais le moyens humains, financiers et infrastructurels ne suivent pas.  Elle dit d'ailleurs que "le distanciel, ça ne marchera pas. A distance, c'est la distraction". Le sentiment de certains enseignants d'être mis sous surveillance entrave une fluidité et une spontanéité dans la transmission des cours. Pour Olivia Chambard, le mal est plus profond car le numérique sous-tend un modèle économique, capitaliste, basé sur une logique entrepreneuriale contraire aux valeurs de l'université dont la caractéristique fondamentale a toujours été sa liberté de penser.

Le numérique est présenté par de nombreux acteurs notamment l’État, comme une solution à de nombreuses difficultés que connait l'enseignement supérieur français. Cependant, cet usage tous azimuts du digital n'est pas sans conséquences à en croire plusieurs universitaires. Dans ce contexte, Gilles Babinet et Edouard Husson pensent tout simplement que

 "l'enseignement digital ne suffit pas. Il prend toute sa valeur à condition d'être complété par un accompagnement en présentiel. Comme dans d'autres domaines de l'activité humaine à l’ère du numérique, le purement virtuel n’existe pas."

 Cette assertion est-elle une interpellation des acteurs de l'éducation quant aux tares du modèle du tout numérique qui semble gagner progressivement la société ?

 

Références bibliographiques :

[1] GESBERT Olivia, L'université, entreprise des savoirs ?, Émission La Grande table des idées, [podcast France Culture] 20/09/2020, consulté en ligne le 25/10/2020 : https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/rentree-universitaire-comment-sen-sortir
 
[2] Commission de l'éducation, de la communication et des affaires culturelles de la francophonie, Usage du numérique pour l'enseignement et la formation à distance dans l'enseignement supérieur de l'espace francophone [en ligne], rapport consulté en ligne le 25/10/2020 : http://apf.francophonie.org/Reunion-de-la-Commission-de-l-3506.html
 
[3] BOUCHET Thomas, CAMINO Guillaume et  JARRIGE François, L'université face au déferlement numérique, Variations, [en ligne], consulté le 01/10/2020 : https://journals.openedition.org/variations/740
 
[4] Ministère de la Culture française, Programme national de numérisation et valorisation des contenus culturels (PNV) [en ligne], Paris, MinCult, consulté en ligne le 25/10/2020 : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Innovation-numerique/Programme-national-de-Numerisation-et-de-Valorisation-des-contenus-culturels-PNV2
 
[5] BABINET Gilles et  HUSSON Edouard, Enseignement supérieur et numérique : connectez-vous !, rapport juin 2017, p. 41.
 
[6] HUSSONNOIS-ALAYA Céline, Enseignement à distance à l'université : le risque du décrochage [en ligne], consulté le 01/11/2020 : https://www.bfmtv.com/societe/enseignement-a-distance-a-l-universite-le-risque-du-decrochage_AN-202010080001.html

FOREST Philippe, L'Université en première ligne à l'heure de la dictature numérique, Paris, Gaillimard, 2020.

THENOZ Marie-Joëlle et LEGRIS Ludovic, Le numérique dans l'enseignement supérieur et la formation tout au long de la vie : enjeux et perspectives en France et à l'international [en ligne], Wavestone, consulté le 22/10/2020 : https://www.wavestone.com/fr/insight/numerique-enseignement-superieur-formation/    

dimanche 15 décembre 2019

La dématérialisation : une étape indispensable dans le processus de la transformation numérique des entreprises

Depuis que les entreprises se sont rendues compte qu'elles pouvaient tirer profit des données numériques, la transformation numérique des entreprises est devenue une question majeure pour le développement et l'évolution de leurs activités respectives. La dématérialisation étant l'une des étapes indispensables dans le processus de la transformation numérique, Archimag s'est encore une fois penché sur cette question à travers l'article du 12/12/2019 de C. Jost et M. Remize.

Image: projet de dématérialisation auquel j'ai participé

Pendant que certaines entreprises s'acharnent pour mettre en place un projet de dématérialisation, d'autres se posent encore la question de savoir s'il faut franchir cette étape même s'ils savent bien que cela reste indispensable et bénéfique à leurs activités [1]. Pour accompagner cette deuxième catégorie d'entreprises à sortir de l'impasse, il reste indispensable de parler des avantages et des inconvénients de la dématérialisation dans une entreprise. 

La dématérialisation étant de façon simple le passage du support papier au numérique, elle présente de nombreux avantages aux entreprises et organismes qu'ils soient privés ou publics. Dans un contexte ou de nombreuses entreprises se plaignent du manque de place pour le stockage de leurs documents papier, la dématérialisation vient soulager ses inquiétudes car elle permet de gagner une place considérable. Désormais le papier preneur est accessible en numérique[2][3].

Mieux, la dématérialisation permet aux entreprises de centraliser les documents et de permettre aux différents collaborateurs de l'entreprise d'avoir accès aux informations en temps réel et au même moment. Pendant que les mouvements de grève perturbent le déplacements des salariés, la dématérialisation qui permet de centraliser les documents sur une solution pourrait permettre à ceux qui optent pour le télétravail de mieux se concentrer sans perdre trop de temps sur différents documents[2].  

Bien que la dématérialisation soit une solution pour l'efficacité de la gestion documentaire, la sécurité des informations est l'une des préoccupations majeur des entreprises. Des documents très importants pourraient se retrouver dans un système ou dans un cloud sans contrôle. Sur cette question, il est important de rassurer les entreprises car les spécialistes ont prévu des solutions adaptées à chaque projets de dématérialisation[2][3]. Les entreprises n'ont alors aucune crainte à avoir en ce qui concerne la dématérialisation qui est l'une des étapes indispensables dans le processus de la transformation numérique.


[1] ''Le quiz ultime de la dématérialisation : êtes-vous plutôt papier, hybride ou avez-vous réalisé votre transition numérique'' Archimag, 12 décembre 2019 Internet (consulté le 13 décembre 2019) https://www.archimag.com/demat-cloud/2019/12/11/quiz-ultime-dematerialisation-papier-hybride-transition-numerique

[2] ''La dématérialisation des documents : avantages et inconvénients'' Novatim, Internet (consulté le 14 décembre 2019) https://www.novatim.com/actualite/dematerialisation-documents-avantages-inconvenients/

[3] ''La dématérialisation de documents, qu'est-ce-que c'est et quels en sont les avantages ? '' CELGE, 6 décembre 2019 Internet (consulté le 13 décembre 2019) https://www.celge.fr/article-conseil/la-dematerialisation-de-documents-quest-ce-que-cest-et-quels-en-sont-les-avantages 

[4] ''Qu'est-ce que la transformation numérique ? '' Hewlett Packard Entreprise, Internet (consulté le 14 décembre 2019) https://www.hpe.com/fr/fr/what-is/digital-transformation.html


mercredi 13 novembre 2019

Dématérialisation en Afrique : Expériences, enjeux et défis

Ces dernières années, la dématérialisation des services publics s’est imposée comme un pilier de la stratégie numérique de nombreux États africains, comme l’illustre le Smart Rwanda Master Plan ou le partenariat conclu à la fin du mois d’octobre entre Pretoria et Microsoft pour l’adoption d’un système de cloud. Cette effervescence d’initiatives occulte parfois la diversité́ des défis auxquels sont confrontés les États Africains et l’importance de leur apporter une réponse agile et différenciée.[1]

C’est dans cette perspective, que certains Etats comme le Sénégal ont élaboré une stratégie numérique à l’horizon 2025 dont l’objectif de maintenir une position de pays leader innovant en Afrique dans le domaine du numérique. Cette politique s’inscrit dans une démarche globale de transformation structurelle de l’économie qui s’appuie sur les innovations technologiques afin de permettre aux sous-secteurs d’être plus compétitifs face à un marché mondial en constante mutation.
 Longtemps en retrait dans le domaine du numérique par rapport aux autres continents, l'Afrique et les pays qui la composent sont aujourd'hui en plein développement dans ce secteur et compte faire des nouvelles technologies le fer de lance de l'économie africaine.
C'est pourquoi aujourd'hui le numérique a conquis progressivement des pans entiers de la vie économique obligeant certaines entreprises dans une moindre mesure l’État à modifier leur structuration et leurs business models sur le terrain. C’est la raison pour laquelle, dans la plupart des pays africains, on assiste à la création d’un département ministériel chargé de l’économie numérique. Ceci a favorisé l’émergence de nombreux acteurs et projets du numérique tant du côté de l’administration publique que privée. Pour ce qui concerne les acteurs locaux, nous pouvons citer Softnet Group au Burkina Faso, Gainde 2000 au Sénégal, Open Bee en Tunisie, etc.
Malgré, l’environnement économique contraignant du continent Africain, certains Etats se démarquent par des innovations technologiques qui facilitent à l’administration et le secteurs privé la délivrance aux usagers et aux clients des solutions adaptées à leurs besoins.

Quelques expériences de réussites de la dématérialisation : Cas de GAINDE 2000 du Sénégal :

 [2] 
Gainde 2000 est une entreprise Sénégalaise spécialisée dans la dématérialisation des procédures. Elle propose des solutions innovantes à la fois aux États, aux acteurs économiques que sont les entreprises et aux citoyens. L’entreprise a investi dans les compétences et une capacité à épouser les réalités africaines pour répondre à des problématiques ponctuelles qui relèvent de contextes socio-économiques particuliers. Les solutions proposées par la plateforme est le concept de guichet unique pour lequel le Sénégal a été le cinquième pays au monde à l’intégrer afin de faciliter le commerce. Ce système met en relation tous les acteurs du commerce pour faciliter les transactions.
Défis et enjeux de la dématérialisation en Afrique :
L'adoption de la technologie numérique ne permet pas uniquement de développer l'efficacité, mais aussi de réduire la complexité des processus, leur coût et le temps qu'ils requièrent. Pour les économies africaines, qui se trouvent dans le besoin pressant d'améliorer leur compétitivité, la dématérialisation des procédures administratives est incontournable, pour améliorer la qualité de vie des citoyens africains, mais aussi pour séduire les investisseurs étrangers via un meilleur classement Doing Business.
Néanmoins, force est de constater le continent Africain doit relever plusieurs défis d’ordre structurel et conjoncturel ,que Jean-Baptiste Eyoukéliyè Kogoe dans son ouvrage intitulé les défis de la dématérialisation en afrique a résumé de la manière suivante « écartelée entre une classe sociale majoritairement analphabète, une intelligentsia digitale éphémère, des faiblesses économiques patentes, un pouvoir d’achat très faible pour ne pas dire incapacitant, des priorités nationales qui sont tous situées à la base de la pyramide de Maslow, des tares historiques, sociologiques et anthropologiques qui font émerger un sentiment d’afrophobie du tout numérique, un cadre juridique pas très bien établi, un commerce électronique encore balbutiant, des déserts énergétiques et numériques presqu’universels, un cyberespace sous fortes menaces, des problèmes liés à la rustique infrastructure télécom et une babélisation rampante de la donnée qu’elle soit publique ou privée »[3]