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lundi 9 mars 2020

Comment mettre en place un dispositif de veille ?

Le mardi 3 mars 2020, l'INTD a organisé en collaboration avec l'ADBS une journée d'étude concernant la mise en place d'un dispositif de veille. Ce fut l'occasion de présenter des outils de collecte d'information, avec leurs avantages et inconvénients. Ainsi que les outils disponibles pour diffuser l'information. [1]

Si la veille a aujourd’hui toute sa place dans la chaîne informationnelle des organisations, elle reste encore trop souvent sous-estimée. On la situe en effet du côté des fonctions support, non du côté directement productif. Pour autant, la veille, c’est le regard « fertile » de l’entreprise vers son environnement extérieur. 
https://www.kbcrawl.com/fr/

Les étapes de la mise en place d'une veille :
- Élaborer un plan de veille,
- Identifier les sources et définir les requêtes,
- Collecter les informations [2],
- Procéder à la diffusion.

Lors de la journée d'étude, des outils ont été présentés :
1/ Pour la collecte d'informations :
- Inoreader : outil de veille collaborative qui permet de suivre l'actualité grâce aux flux RSS provenant de différentes sources d'informations : YouTube, DIIGO, newsletter, etc, [3]
- Sindup : plateforme de veille stratégique et e-réputation,
- Twitter : suivre différents sujets ou mettre en place une surveillance [4],

2/ Pour diffuser l'information : 
- L’agrégateur Inoreader (création d'un compte pour le destinataire de la veille, création d'un clip html ou d'un digest d’e-mail), 
- L'outil flash issue pour créer des newsletters personnalisées,   
- L'outil IFTTT qui permet d'automatiser les diffusions,
- Les réseaux sociaux : WhatsApp et Twitter.

Chaque outil a ses avantages et inconvenients, le choix doit être réalisé en fonction des besoins, des objectifs et du budget. En effet, plus le budget sera restreint, plus le veilleur devra avoir à disposition "une boite à outil" importante.

Les avantages d'une veille gratuite
- Pratique et ergonomique pour déchiffrer un sujet,
- Ne nécessite pas de connaissances techniques et de configurations complexes,
- Intègre la veille collaborative à grande échelle (exemple via Twitter).

En contrepartie, les limites de ce type de veille :
- Fonctionnalités limitées,
- Intégration de différents outils (de la collecte à la diffusion),
- Capacités restreintes.

Pour conclure, la veille permet de demeurer informé des nouvelles publications et des nouveaux développements dans un domaine précis. L'investissement accordé à la mise en place d'un dispositif de veille va dépendre des objectifs fixés. A noter, qu'il est également important d'impliquer et de fédérer les collaborateurs dans la démarche.

Par ailleurs, l'ADBS propose une formation : utiliser les réseaux sociaux pour la veille du 20 et 21 avril 2020 [5]. 

Source :
[1] ADBS : Mettre en place un dispositif de veille. Consulté le 06/03/2020.
Disponible en ligne : https://www.adbs.fr/agenda/mettre-en-place-dispositif-de-286677



[2] Archimag : quel logiciel de veille choisir ? Publié le 20/01/2020. Consulté le 06/03/2020.

[4] Archimag. Quel agrégateur de flux RSS choisir pour automatiser sa veille en 2020. Publié le 27/02/2020. 
Consulté le 08/03/2020.
Disponible en ligne : https://www.archimag.com/veille-documentation/2020/02/27/agregateur-flux-rss-choisir-automatiser-veille-2020


[5] ADBS : formation "utiliser les réseaux sociaux pour la veille". Consulté le 06/03/2020.



mardi 10 décembre 2019

Lancement d’un nouveau réseau social : «WT:Social»

Jimmy Wales, le co-fondateur de Wikipedia, a annoncé sur Twitter le 6 novembre 2019 le lancement d’un nouveau réseau social : WT:Social. Le but de la plateforme est de lutter contre les fake news et les contenus de faible qualité diffusés sur les réseaux sociaux et les fils d'actualité. Contrairement à Facebook et à Twitter, il sera basé sur un modèle économique qui fonctionne seulement avec des dons et sans publicité. 




L’information est passée inaperçue le 6 novembre dernier dans un Tweet annonçant que le réseau comptait déjà 25.000 membres. Il faut dire que le concept n’est pas nouveau. Jimmy Wales avait déjà lancé en avril 2017 WikiTribune, un media collaboratif qui avait le même objectif : celui de lutter contre la désinformation. WikiTribune a licencié ses journalistes en 2018 par manque de trafic. WT:Social est donc une évolution de WikiTribune mais sous la forme d’un réseau social. Jimmy Wales compte y intégrer des spécificités de ce dernier comme de Wikipédia, notamment la modification des titres d’articles ou certains contenus ou même la possibilité de supprimer certaines publications par la communauté.

Quelles différences avec les réseaux existants ?

WT:Social est une plateforme sociale avec un fil d’actualité qui référence les contenus par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien et non par des algorithmes privilégiant le nombre de clics qu'ils ont générés. De cette manière le media interdit l’exploitation des données personnelles à des fins commerciales. Jimmy Wales considère en effet que Facebook, Twitter et d’autres réseaux, par leurs modèles économiques qui génèrent des revenus en fonction du temps passé sur leurs sites à cliquer et à regarder des publicités, favorisent les fake news et les informations de basse qualité. 
Le site Engadget signale en revanche qu’un système basé sur les « upvote » (1) serait introduit plus tard. Reste à voir si le fait d’introduire cette méthode qui permet aux internautes de signaler leur approbation ou leur soutien ne ressemblera pas finalement au « like » sur Facebook. D’autant plus qu’au final elle change l’ordre d’affichage des articles en fonction de critères propres aux internautes et non pas forcément liés à la qualité de l’information.

La nouvelle plateforme adopte un modèle économique basé sur les dons et ne compte diffuser aucune publicité. Début décembre 2019, elle comptait déjà plus de 400 000 utilisateurs et compte atteindre des dizaines voire des centaines de millions. Actuellement, pour s’y inscrire et pour passer la liste d’attente due à la forte demande, il y a une possibilité de se faire inviter par un membre ou de payer un abonnement d’environ 100 dollars par an : une façon également de contribuer au financement du réseau.  « Oui, ça ressemble beaucoup à un abonnement payant, mais en échange, les utilisateurs ont la garantie de ne pas voir leurs données personnelles faire tourner la machine publicitaire ni un CEO mettre en péril la démocratie à coup de manipulation politique de masse. » précise-t-il (2).


                       Source : le site de la Communauté WT:Social


N’ayant pas levé assez de fonds, l’interface est sobre avec un contenu basé sur un flux d’actualités et des commentaires postés par les utilisateurs. Mais le réseau compte lancer un appel à des futurs administrateurs et développeurs pour faire face à une croissance « vertigineuse ».


Dans sa bataille contre la désinformation, Jimmy Wales fait le pari d’une information qui circule librement avec son réseau social basé en partie sur le partage d'extraits ou de liens vers des articles. Sa position contre la directive européenne copyright instaurant des droits voisins sur les articles de presse se modère aujourd’hui et il promet que « ses administrateurs veilleront à ce que des articles entiers ou de larges extraits ne soient pas recopiés : nous respectons le copyright ». (3)




(1) FISHER Christine. Wikipedia co-founder wants to give you an alternative to Facebook and Twitter, publié le 14 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 20/11/2019] : <https://www.engadget.com/2019-11-14-wtsocial-wikipedia-wales-facebook-alternative.html >

(2) RAHMIL, David-Julien. Le fondateur de Wikipédia lance un réseau social basé sur des dons, publié le 19 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 25/11/2019] : <https://www.ladn.eu/media-mutants/reseaux-sociaux/wt-social-reseau-anti-facebook-payer-abonnes/>

(3) DEKONINK, Basile et MADELAINE, Nicolas. Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, lance une alternative à Facebook et Twitter, publié le 14 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 20/11/2019] : <https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/jimmy-wales-le-cofondateur-de-wikipedia-lance-une-alternative-a-facebook-et-twitter-1147849>



samedi 13 avril 2019

Le “travail du clic” : volontaire, gratuit... et motivé par la nostalgie

Les facettes de l’usage des réseaux sociaux sont multiples ; si les plateformes profitent de la participation des utilisateurs, cela n'est pas sans contrepartie. La création de comptes de commémoration permet aux personnes en deuil de saluer la mémoire de leurs proches décédés. 

"Ce jour-là" est une fonctionnalité de Facebook qui propose à l’usager des publications datées de l’année dernière, voire 10 ans auparavant, pour republication dans son fil d'actualité. Si les réseaux sociaux nous incitent à la participation constante, à la création du buzz avec le partage de contenu d’actualité, quelle est la valeur de ces "données du passé" ? La nostalgie provoquée par ces souvenirs nous enjoint à l'action : reconnecter, republier, repartager... Le but, observe Bruno Salgues, est d'inciter l'internaute à travailler volontairement et gratuitement pour les plateformes. [1] 

Par exemple, ajouter des hashtags à des photos de vacances crée des informations qui peuvent "être vendues à des régies publicitaires ou, mieux, être utilisées pour calibrer des intelligences artificielles qui proposent automatiquement de prochains séjours aux vacanciers". Les chercheurs Antonio Casilli et Paola Tubaro nomment cette production de données le “travail du clic”. La notion de vie privée est devenue une négociation, un échange de comportements et d’informations, et ce travail fait par les usagers est indispensable pour le modèle économique des plateformes. [2

Les pratiques de production de données par nous, autour de nous et à propos de nous ont un impact même dans la manière de faire le deuil aujourd'hui : après la mort physique, les identités numériques demeurent et parfois évoluent, transformées en "comptes de commémoration" gérés par un "contact légataire" [3]. Facebook a 2,3 milliards d'utilisateurs, et ses comptes de commémoration sont consultés par 30 millions de personnes chaque mois [4]. La chercheuse Jo Bell étudie l’appropriation de ces espaces, qui permettent l’expression des sentiments autour de la perte et réduisent l’isolement [3]. Et conclut : "les gens ne meurent plus comme avant". 


Sources

[1] SALGUES, Bruno. Comment les réseaux sociaux font commerce de la nostalgie. The Conversation [en ligne], 3/4/2019. Disponible en ligne [Consulté le 8/4/2019] : < https://theconversation.com/comment-les-reseaux-sociaux-font-commerce-de-la-nostalgie-112456 >
 
[2] CASILLI, Antonio, TUBARO, Paola. Notre vie privée, un concept négociable. Casilli.fr [en ligne], 22/1/2018. Disponible en ligne [Consulté le 8/4/2019] : < http://www.casilli.fr/2018/01/22/la-vie-privee-et-les-travailleurs-de-la-donnee-le-monde-22-janv-2018/ >  

[3] BELL, Jo. Comment Internet change la manière de faire son deuil. The Conversation [en ligne], 27/8/2018. Disponible en ligne [Consulté le 8/4/2019] : < https://theconversation.com/comment-internet-change-la-maniere-de-faire-son-deuil-101908 >  

[4] Facebook veut mieux prendre en compte le décès d’un utilisateur. Le Parisien, 10/4/2019. Disponible en ligne [Consulté le 10/4/2019] : < http://www.leparisien.fr/high-tech/facebook-veut-mieux-prendre-en-compte-le-deces-d-un-utilisateur-10-04-2019-8050014.php > 
 


lundi 20 novembre 2017

Fake news : initiatives et difficultés des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux  sont un vecteur essentiel de la diffusion de l'information. Leur influence est grande par le nombre de leurs utilisateurs, et la rapidité à communiquer sur l'actualité.  Il est donc nécessaire de faire attention à la véracité des articles et de trouver des solutions afin de lutter contre les "Fake News".

On entend par "Fake News" de fausses informations, relayées sur les réseaux sociaux ou par certains médias. Il est, cependant, difficile de trouver une définition satisfaisante de ce terme [1].

De nombreuses initiatives ont cependant été prises par les médias sociaux pour lutter contre les "Fake News" : indicateurs de confiance, vérificateur des sources, outils de "fact-checking", afin de vérifier si l'information et sa source sont fiables,  etc...

Nelly Lesage [2] montre bien cette volonté de se donner les moyens  de vérifier les faits ("fact-checking") en intégrant "un outil de vérification des sources mis au point par un consortium de journalistes. Cet indicateur prend la forme d'une icône indiquant si la source de l'information est réputée fiable." Il doit permettre à l'utilisateur de faire remonter l'information qui lui semble douteuse.

Le cas de Facebook est intéressant, compte tenu des difficultés pour faire la chasse aux articles douteux et à la désinformation. Son compte Facebook "Journalism Project" est un exemple de sa volonté d'impliquer les médias traditionnels, pour faire évoluer les usages et lutter contre la désinformation. Cependant, l'article du Guardian [3], repris par Ina Global [4] met en avant, ses difficultés, son manque de transparence sur le fonctionnement des outils utilisés, leur limite, leur efficacité et la difficulté à faire totalement disparaître les informations virales et à freiner la diffusion de fausses informations. Problèmes soulignés aussi par  Sylvain Rolland [5] qui montre bien que, si ces outils permettent de s'attaquer à la désinformation, ils  ne résolvent pas tout pour autant, laissant encore passer quelques fausses information entre les mailles du filet.

Pour l'instant, les résultats sont peu probants mais la voie reste ouverte à l'amélioration des outils.

Sources :
[1] Roland Gauron, «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités, Le Figaro.fr, Service Infographie, 6 mars 2017, http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/06/01016-20170306ARTFIG00187-fake-news-un-meme-terme-pour-plusieurs-realites.php [Consulté le 23 novembre 2017]

[2] Nelly Lesage, "Google et Facebook lancent un « indicateur de confiance » contre les fake news", Numerama.com, 17 novembre 2017, http://www.numerama.com/tech/307104-google-et-facebook-adoptent-un-indicateur-de-confiance-contre-les-fake-news.html [consulté le 20 novembre 2017]

[3] Sam Levin, "Way too little, way too late': Facebook's factcheckers say effort is failing, The Guardian.com, 13 novembre 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/13/way-too-little-way-too-late-facebooks-fact-checkers-say-effort-is-failing [consulté le 20 novembre 2017]

[4] Xavier Eutrope, "Zones d'ombre sur les initiatives de Facebook contre les fake news", Ina Global, Lu sur le web , 16 novembre 2017, http://www.inaglobal.fr/presse/lu-sur-le-web/zones-dombre-sur-les-initiatives-de-facebook-contre-les-fake-news [consulté le 20 novembre 2017]

[5] Sylvain Rolland,  "Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr, 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]



mercredi 10 mai 2017

Diaspora*, une alternative libre et décentralisée à Facebook

Dans sa revue de presse du 10 mai 2017, Jonas, contributeur du blog Framablog, met en garde contre certaines pratiques de Facebook, accusé d'analyser les sentiments d'échec, d'inutilité ou de stress des adolescents et de vendre ces informations aux annonceurs, qui seraient alors en mesure de cibler des utilisateurs fragilisés et vulnérables.

A ceux que ces usages déplaisent et qui auraient envie de se désinscrire de Facebook, Jonas recommande comme alternative le réseau social Diaspora*, dont les concepts clefs sont: 
- décentralisation: les données sont stockées sur des serveurs locaux et c'est l'utilisateur lui-même qui choisit, avant son inscription, sur quel serveur il veut être enregistré;
- liberté: le logiciel est en open source et est donc le fruit d'un travail collaboratif des utilisateurs;
- confidentialité: Diaspora* chiffre les données, ne vend aucune information et n'affiche pas de publicité. 
Diaspora* a été lancé en octobre 2012 et comptait, en novembre 2016, plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs enregistrés sur 342 serveurs. 

Autre argument en faveur de Diaspora*: celui-ci peut être intégré à Facebook, Twitter ou encore Tumblr. De fait, en connectant son compte Diaspora* à ces réseaux, toute publication sur Diaspora* est automatiquement propagée vers eux. 



Bibliographie:  
https://framablog.org/2017/05/10/nouvelles-ami-facebook/, mise en ligne le 10/05/2017, consultation le 10/05/2017.
https://diaspora-fr.org/ , consultation le 10/05/2017. 
https://diasporafoundation.org/, consultation le 10/05/2017. 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Diaspora*, consultation le 10/05/2017.