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vendredi 5 février 2021

Wikipédia, le fruit d'un travail collaboratif

Il y a vingt ans Jimmy Wales et Larry Sanger mettaient en ligne une encyclopédie gratuite et participative qui est devenue pour des milliards de personnes une source d'informations primordiale et d’accès aux savoirs. Wikipédia fait partie des sites les plus consultés à travers le monde avec plus quarante millions d’utilisateurs et plus de cent mille contributeurs actifs [1]. En effet, Wikipédia reste une fondation à but non lucratif qui s’appuie sur des milliers de bénévoles qui rédigent, corrigent, mettent en ligne des articles. Pour assurer sa crédibilité, elle a mis en place toute une série de règles strictes et des contrôles permanents contre la manipulation.

Comment fonctionne Wikipédia ?

Wikipédia est une encyclopédie en ligne universelle, multilingue et gratuite, est devenue l’un des 10 sites les plus consultés au monde et publie en 300 langues. Son principe est collaboratif. Les articles sont donc rédigés par des contributeurs anonymes, qui ont néanmoins l’obligation de documenter leurs sources.Gérée en wiki dans le site web wikipedia.org grâce au logiciel MediaWiki, elle permet à tous les internautes d'écrire et de modifier des articles. Il s'agit d'une œuvre libre, c'est-à-dire que chacun est libre de la rediffuser. [2]

Une révélation nommée wiki 

La révélation se tiendra en quatre lettres :Wiki. Il désigne un outil de travail collaboratif inventé en 1995 par l’informaticien, Ward Cunningham[1]. En effet, un wiki est une application web qui permet la création, la modification et l'illustration collaborative de pages à l'intérieur d'un site web. Il utilise un langage de balisage et son contenu est modifiable au moyen d’un navigateur web. C'est un logiciel de gestion de contenu, dont la structure implicite est minimale, tandis que la structure explicite émerge en fonction des besoins des usagers [4]. Avec un wiki, chacun peut écrire dans son coin, que ce soit du code ou du texte, mais chaque apport, même minime, est consigné dans une base de données. Toutes les modifications sont visibles et peuvent être améliorées par n'importe quel utilisateur : le wiki en garde la trace. Simple, transparent et efficace [1]. Ce fut une révélation pour Jimmy Wales et Larry Sanger qui entraina la naissance de Wikipédia le 15 janvier 2001.

Les patrouilleurs vigilants

Si les articles publiés manquent de précision ou de fiabilité, un bandeau en tête d’article en avertit le lecteur. Les sujets sensibles (religion, politique…) entraînent des débats quelques fois houleux entre les contributeurs. Des robots informatiques sont chargés de repérer et de bannir les termes injurieux ou inadéquats [1]. Pour filtrer les informations douteuses, des bénévoles appelés les "patrouilleurs" surveillent les modifications de contenus à l’aide de logiciels spécifiques. Ils sont épaulés par les contributeurs qui traquent les fausses informations ou les canulars [3].
 

Devenir wikipédien 

Vous pouvez rejoindre la communauté des Wikipédiens en publiant un article ou en ajoutant des informations à ceux existants. Vous n’y êtes pas obligé, mais créer un compte préservera mieux votre anonymat, faute de quoi, le site conservera l’adresse IP de votre ordinateur dans l’historique public de la page. En effet, la contribution à l’encyclopédie est assujettie aux principes fondateurs de Wikipédia qui définissent les conditions de son élaboration. Ils  constituent le fondement intangible de toutes les règles et recommandations du projet et sont au nombre de cinq : encyclopédisme, neutralité de point de vue, liberté du contenu, savoir-vivre communautaire et souplesse des règles [5]. De ces principes découlent des règles à respecter pour quiconque veut à participer à la production du savoir sur Wikipédia dont les plus importantes sont :

Sources et crédibilité :

Toute la crédibilité de Wikipédia repose sur les sources d'information. «Chaque wikipédien doit sourcer ses informations, dont la vérification est assurée par les pairs après la publication d'un article».

Neutralité des points de vue :

Sur Wikipédia, les articles ne doivent pas promouvoir de point de vue particulier. «Cela suppose de présenter plusieurs points de vue sur un sujet donné et de les décrire le plus fidèlement possible, tout en fournissant le contexte nécessaire à leur compréhension.

Liberté et surveillance :

La liberté d'écriture est inséparable de la liberté de sanctionner. Si on veut participer à Wikipédia et voir sa contribution conservée par l'encyclopédie, il faut entrer dans la discussion, répondre aux questions posées, justifier ses dires, accepter que d'autres retouchent votre texte, ajoutent des sources ou recomposent le plan de l'article [6].

Sources :

[1] BENOIT GEORGES ,Wikipédia, dans les rouages de la plus grande encyclopédie du monde . les échos week-End, 2021 .Disponible à l’adresse < https://nouveau-europresse-com.proxybib-pp.cnam.fr/Search/ResultMobileë> Consulté le 03/02/2021

[2] Wikipédia . (Mise à jour le 22 /01/201) . Dans wikipédia. Disponible à l’adresse <https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia#  >Consulté le 03/02/2021

[3] Patrouille RC. (Mise à jour le 07/12/2020). Dans Wikipédia .Disponible à l’adresse <https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Patrouille_RC > Consulté le 03/02/2021

[4] Wiki. (Mise à jour le (03/02/2021). Dans Wikipédia. Disponible à l’adresse<https://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki> Consulté le 03/02/2021

[5] Wikipédia : Les principes fondateurs . Mise à jour le ( 15/01/2021) . Dans Wikipédia. Disponible à adresse<https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia:Principes_fondateurs> consulté le 03/02/2021

[6] Claude Gauvreau, Faut savoir devenir wikipédien. Actualités UQAM Disponible à l’adresse <https://www.actualites.uqam.ca/2016/faut-savoir-pour-devenir-un-wikipedien>Consulté le 03/02/2021

dimanche 5 juillet 2020

Eurêkoi, c’est quoi ?

Lorsque l’accès aux ressources documentaires est empêché et/ou que l’on cherche une réponse de qualité, il existe des services exigeants de questions-réponses à distance comme Eurêkoi [1]. Mais à l’heure de l’évolution des usages numériques, un tel service s’inscrit dans une réflexion plus globale sur les « enjeux de la médiation numérique des savoirs » [2]. Mais Eurêkoi, c’est quoi ?

Eurêkoi, est un site qui propose : « Une question ? Une réponse ! En 72h max ».
La Bibliothèque publique d’information (BPI) est à l’origine de ce service gratuit créé en 2006 sous le nom de BiblioSés@me, devenu Eurêkoi en 2015, qui met en relation des internautes avec les bibliothécaires de cinquante bibliothèques françaises et belges [3]. Les internautes peuvent poser des questions ou demander des conseils de livres, films ou séries. Le public cible n’étant pas un public universitaire, Eurêkoi s’adresse aujourd’hui avant tout à un public jeunesse [4] ou sénior via une application mobile et des formulaires présents sur les sites des 50 bibliothèques partenaires. Il est aussi présent sur les réseaux sociaux.

Si le service de questions-réponses marche bien, le service de recommandation est ralenti. Le réseau, qui à son origine était novateur, se pose aujourd’hui des questions quant aux périmètres du service, le paysage de la recommandation ayant changé du fait de la prépondérance des algorithmes dans le champ de la recherche d’information avec, en premier lieu, celui de Google.
Vanessa Derouen, coordinatrice du réseau, explique que le service doit se réinventer [5]. Centré sur l’exigence et la qualité des réponses, il s’agit de valoriser « des moteurs de recherche vivants : les bibliothécaires », même si le réseau peine à recruter de nouveaux collègues car c’est un service « lourd ». Pour cela, la recommandation doit être encore plus personnalisée et de nouvelles pistes sont à explorer : créer une communauté, renforcer les liens avec la musique, le jeu, la vidéo, s’inscrire dans de grands événements pour gagner en visibilité.

Car même si Eurêkoi a maintenu son service en période de confinement, au contraire du Guichet du savoir par exemple, il souffre d’un déficit de visibilité.
Le 27 avril 2020, Silvère Mercier, ancien coordinateur du réseau, écrivait sur son compte twitter [6] : « Regrets que malgré la mobilisation des bibliothécaires (500 personnes !) on ne parle pas plus d’@eurekoi comme un service de continuité des bibliothèques en période de confinement ! Il y a un savoir-répondre à distance trop peu connu ! ».
Dans l'ouvrage, Médiation numérique des savoirs, coécrit avec Lionel Dujol [7], les auteurs jugent les services de questions-réponses d’Eurêkoi « précieux » au regard de la personnalisation de la relation et d’une médiation qu’ils distinguent de la simple communication.
Une dimension relationnelle entre l’internaute et le bibliothécaire qui est au cœur du service d’Eurêkoi et des réflexions actuelles de ses acteurs afin de continuer à le faire vivre. [8]

Merci à Gaël Dauvillier et Vanessa Derouen, coordinatrice du réseau Eurêkoi, pour leur réactivité et disponibilité.
[1] Eurêkoi - complice de votre curiosité ou Le Guichet du savoir pour la bibliothèque municipale de Lyon.
[2] FOURMEUX, Thomas. "Coronavirus, le virage manqué des bibliothèques", La gazette des communes. 06/04/2029. Disponible en ligne. (Consulté le 02/05/2020):  <https://www.lagazettedescommunes.com/670473/coronavirus-le-virage-manque-des-bibliotheques/> 
[3] Coordonnées par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
[4] Le 26 mars 2020, Eurêkoi était présenté dans l'émission Barbatrucs sur France Inter: BARBA, Dorothée. "Questions des enfants: des bibliothécaires vous aident à répondre!". France Inter. 26/03/2020. Disponible en ligne. (Ecouté le 27/03/2020). <https://www.franceinter.fr/emissions/barbatrucs/barbatrucs-26-mars-2020>
[5] Entretien téléphonique avec Vanessa Derouen le 05/05/2020.
[6] Silvère Mercier sur twitter: lien vers le compte
[7] DUJOL, Lionel, MERCIER, Silvère. Médiation numérique des savoirs. 
Des enjeux aux dispositifs. Les éditions Asted. 22/11/2017. 
Disponible en ligne (consulté le 05/05/2020):
<http://mediation-numerique-des-savoirs.org/>
[8] Eurêkoi fait parler de lui : pour en savoir plus 

jeudi 27 février 2020

Une boîte à outils pour les historien.ne.s... et les autres.

Afin de promouvoir les outils numériques dans la recherche en histoire, deux enseignants chercheurs, Franziska Heimburger, maîtresse de conférences à l’université Paris-Sorbonne et Émilien Ruiz, historien assistant professeur à Sciences Po (en détachement de l’université de Lille) ont, dans le cadre du séminaire "Outils informatiques pour les historiens", créé un blog dédié à ce sujet en 2009. Justement intitulé Boite à Outils pour Historien.ne.s[1], il contient de nombreuses ressources et des informations précieuses, tout cela gratuitement puisque la plupart des outils qui y sont présentés sont opensources. 

Les deux auteurs du blog, ainsi que d'autres chercheurs, ont mis en commun leurs connaissances des outils de recherche et leurs expériences durant 10 ans. Mais ce qui fait la richesse de ce blog, outre les apports personnels de ressources mises en avant et expliquées de façon claire, est le fait qu'ils s'appuient sur un réseau actif de collaborateurs. Emilien Ruiz (qui anime actuellement le séminaire "Chantier d'histoire administrative" avec Marc Olivier Baruch à l'EHESS), est  l'instigateur principal du blog Devenir Historien-ne recensant les retours d'expériences de recherche de ses étudiants apprenti-historiens à l'heure où les sciences humaines s'engagent enfin dans le virage numérique.

On trouvera sur le blog à titre d'exemples une bibliographie académique internationale sur le Records Management [2], des listes d'outils spécialisés dans le Text Mining [3], de nombreux outils facilitant la production de livrables tels que Scrivener [4] permettant d’abolir les problèmes de gestions des innombrables fenêtres et onglets qui parasitent inévitablement le travail de production écrite. Mais aussi des présentations de traitement de texte tel LaTeX, dont l'architecture rend plus simple et plus rapide la gestion des bibliographies, ainsi que la manutention de textes longs - et donc de fichiers lourds ; que les traitements de texte classiques tels que Word ou OpenOffice.

On pourra aussi y découvrir une série de tutoriels très complets pour les essentiels de la recherche - Zotero par exemple [5] - ou des astuces pour dynamiser des cartes ou graphes statiques à l'aide de l'utilitaire Gimp, habituellement dédié aux GIFs[6].
L'exemple ci-dessous montre bien en quoi l'utilité de la méthode dépasse l'agrément esthétique:
crédit: Baptiste Coulmont [7]

Plus qu'un long discours il apparaît que la meilleure manière d'illustrer la richesse du portail est de faire la cartographie de ses liens sortants, triés à partir des résultats d'un crawl de Xenu [8]. Le rendu a été réalisé à l'aide de la plateforme Gephi [9], entrainée par l’algorithme Force Atlas 2, dont on retrouvera le tutoriel sur le blog [10] parmi des dizaines d'autres.



                                                                                        



[1]Franziska Heimburger, Émilien Ruiz, La boîte à outils des historien·ne·s, [En ligne].https://www.boiteaoutils.info/, [consulté le 27 février 2020].

[2]Franziska Heimburger, Émilien Ruiz, Archives et numérique, [En ligne]. https://www.boiteaoutils.info/ressources-issues-de-notre-bibliographie-collaborative-sous-zotero/archives-et-numerique/ , [17 mai 2014, consulté le 26 février 2020].

[3]Franziska Heimburger, Émilien Ruiz, Text Mining, [En ligne]. https://www.boiteaoutils.info/ressources-issues-de-notre-bibliographie-collaborative-sous-zotero/text-mining/  17 mai 2014, [consulté le 26 février 2020].

[4]Caroline Muller Lesinvités de la boîte , 2015, Scrivener, un outil d’écriture créative, [En ligne].https://www.boiteaoutils.info/2015/06/scrivener-ecriture-creative/ , 29 juin 2015, [consulté le 26 février 2020].

[5]Franziska Heimburger, Émilien Ruiz, Zotero,[En ligne]. https://www.boiteaoutils.info/category/tutoriels/zotero/, [consulté le 27 février 2020].

[6]Émilien Ruiz,Animer un graphique ou une carte avec Gimp – La boîte à outils des historien·ne·s, [En ligne].https://www.boiteaoutils.info/2014/06/gif-gimp/, [consulté le 27 février 2020].

[7]Baptiste Coulmont, Cartographie, [En ligne]. http://coulmont.com/blog/category/cartographie/, [consulté le 27 février 2020].

[8]Tilman Hausherr Find broken links on your site with Xenu’s Link Sleuth (TM), [téléchargeable]. http://home.snafu.de/tilman/xenulink.html, [consulté le 27 février 2020].

[9]Common Licence, Gephi - The Open Graph Viz Platform, [téléchargeable]. https://gephi.org/, [consulté le 27 février 2020].

[10]Franziska Heimburger, Calendrier de l’avent « Trucs, astuces et outils » – La boîte à outils des historien·ne·s, [En ligne]. https://www.boiteaoutils.info/2019/12/calendrier-de-lavent-trucs-astuces-et-outils/, [consulté le 27 février 2020].

mardi 16 avril 2019

POP, la Plateforme Ouverte du Patrimoine

Afin de moderniser et de rendre accessible ses bases de données au plus grand nombre, le Ministère de la Culture a créé une nouvelle plateforme nommée POP pour Plateforme Ouverte du Patrimoine.

Dès les années 90, le Ministère de la Culture s'est engagé dans la mise en ligne de ses bases de données notamment :
  • Joconde : base des collections des musées de France
  • Mérimée : base du patrimoine architectural français
  • Palissy : base du patrimoine mobilier
  • Mémoire : base photographique du patrimoine
  • MNR : base des œuvres spoliées
Ces bases sont aujourd'hui vieillissantes.

Afin d'y remédier, le Ministère de la Culture teste actuellement la plateforme POP [1]. Ce nouvel outil regroupe les bases mentionnées ci-dessous et à terme les remplacera. D'autres bases viendront par la suite compléter l'offre de POP.

Ainsi le public disposera d'une plateforme unique pour se documenter sur le patrimoine français dans toute sa diversité.

De leur côté, les contributeurs institutionnels (les musées, les services du ministère) auront une interface dédiée pour la mise en ligne et la gestion de leurs données [2]. De plus, POP proposera un espace de co-construction afin de permettre à un public plus large de contribuer à l'enrichissement de ces bases.

Enfin dans le cadre de la politique d'Open Data menée par l'Etat, les données seront également disponibles sur la plateforme data.culture.gouv.fr. Elles pourront ainsi être réutilisées par des applications tierces afin de valoriser le patrimoine français, dans la limite du respect du droit d'auteur et des droits liés aux données à caractère personnel [3].

Avec ce projet, le ministère poursuit sa mission de rendre accessible au plus grand nombre le patrimoine français


Sources :

[1] Joconde et POP, plateforme ouverte du patrimoine. Lettre d'information publié par le bureau de la diffusion numérique des collections, octobre 2018. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019] < http://www2.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/apropos/lettre_info_34.pdf >

[2] Comment participer à Joconde sur POP, plateforme ouverte du patrimoine. Lettre d'information publié par le bureau de la diffusion numérique des collections, mars 2019. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019]
http://www2.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/apropos/lettre_info_35.pdf >

[3]  POP : plateforme ouverte du patrimoine. Bibliofrance.org, 26 mars 2019. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019] < http://www.bibliofrance.org/index.php/ressources/ressources-documentaires/580-pop-plateforme-ouverte-du-patrimoine >

lundi 18 février 2019

Le projet Europeana : les enjeux

Avec 54 millions de documents recensés[1], Europeana s'affirme depuis sa création en 2008 comme un modèle de bibliothèque numérique, à l'instar de Gallica. Son accessibilité et la richesse des collections mises à disposition du public en font un gigantesque entrepôt de stockage numérique. Quel est l'esprit de cet outil numérique ? Est-il comparable à Wikipédia dans les présupposés idéologiques ? Quels projets emblématiques sont attachés à Europeana et quels aspects culturels met-elle en lumière ? 

 

1-LE CREUSET : LES "PRINCIPES" DE L'OPEN DATA

 

A l'origine du Big Data, il y a l'esprit ou l'idéologie participative [2] : les contributeur(trice)s sont invité(e)s à participer à un projet identifiant une communauté, que cette communauté soit soudée autour d'un projet collectif à nature financière (crowdfunding), culturelle (Wikipédia), ou informatique (Ubuntu, Linux). 

Dans le cas d'Europeana, l'aspect participatif du projet repose sur les campagnes de collecte de documents de toute nature susceptible d'enrichir la fameuse collection numérique.

A l'instar de Wikipédia, l'encyclopédie universelle et multilingue, Europeana est en libre accès et comporte un aspect participatif en amont : les particuliers peuvent contribuer à enrichir la bibliothèque par leurs dons. Forme originale d'enrichissement des collections, la collecte revêt un caractère démocratique par cette horizontalité au service d'un bien commun.
 

 

2-EUROPEANA AU SERVICE DE LA MEMOIRE


Les commémorations du Centenaire de la Première guerre mondiale ont été mis à profit au nom de l'open data : quoi de mieux qu'un événement historique pour mettre plus de 500000 documents de supports divers à disposition des internautes  ?

Cette forme d'archivage inédit a reçu un écho dans la presse spécialisée : la commémoration, de politique, est devenue culturelle [3]. Si la dimension de libre accès semble avoir atteint son but, le volet scientifique soulève des questions : comment s'assurer de la provenance exacte et authentifiée de certaines sources ? Les archivistes rencontrent cette difficulté au quotidien dans leur métier et mettent en oeuvre le principe de "respect des fonds", que les allemands transcrivent en "provenienzprinzip".  

Si les concepts de nation et d'Europe semblaient devenus absents et désincarnés, c'est peut-être dans la sphère culturelle qu'ils ont trouvé refuge. On assiste à l'élaboration d'une histoire européenne. 

3-PARTENARIATS ET MENACES

 

Le projet Europeana demeure constant et de nombreuses initiatives voient le jour [4], à l'exemple de cette consultation publique lancée en octobre 2017 afin de recueillir un avis des utilisateurs d'Europeana.

La plateforme reste un projet collectif qui a besoin de ressources humaines et institutionnelles comme piliers de soutien. A ce titre, la BNF a  participé à l'entreprise de numérisation évoquée plus haut, lors des commémorations de la Grande Guerre et décline son offre de coopération à travers des expositions virtuelles [5].

Les investissements européens devront être à la hauteur de l'ambition que porte le projet, modèle d'archivage ouvert qui a besoin de voies de financement.  




[1] PAZZAGLIA, Loana, Des profondeurs d'Europeana, faire vivre le patrimoine culturel, 4 février 2017 [En ligne], Lettres numériques.[Consulté le 18 février 2019]. Disponible à l'adresse suivante : https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/des-profondeurs-d-europeana-faire-vivre-le-patrimoine-culturel/69501.


[2] BROUDOUX, Evelyne, CHARTRON, Ghislaine (dir.), Open data-big data : quelles valeurs, quels enjeux ?, Actes du Colloque "Document numérique et Société, Rabat, 2015 [Consulté le 18 février 2019]. Disponible à l'adresse suivante : https://www.cairn.info/big-data-open-data-quelles-valeurs--9782807300316.htm.

[3] PATIN, Nicolas, Europeana 1914-1918 : une ressource numérique utile pour écrire l'histoire de la Grande guerre ?, Histoire@Politique, N°35, Mai-août 2018 [En ligne].  [Consulté le 18 février 2019]. Disponible à l'adresse : https://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=35&rub=sources&item=38.

[4] Site web de la Commission européenne, Participez à une consultation publique sur Europeana, 18 octobre 2017, [Consulté le 18 février 2019]. [En ligne]. Disponible à l'adresse : https://ec.europa.eu/france/news/20171018_consultation_europeana_fr : consultation publique.


[5] Site web de la BNF, Des services numériques pour l'Europe, Europeana et le centre de compétence IMPACT. [En ligne]. [Consulté le 18 février 2019].  Disponible à l'adresse : http://www.bnf.fr/fr/professionnels/cooperation_europeenne/a.europeana_tel_centre_impact.html.



mardi 5 février 2019

La plateforme PANIST se renouvelle

L'INIST-CNRS et le consortium Couperin.org [1] ont annoncé la mise en ligne de la nouvelle version de la Plateforme d'Archivage National de l'Information Scientifique et Technique depuis le 7 janvier dernier.

A la demande du comité de pilotage du projet de la Bibliothèque Scientifique Numérique, la plateforme PANIST a été créée en 2014 par l'INIST-CNRS. Son objectif est de pérenniser l'accès aux collections issues des abonnements souscrits auprès des éditeurs scientifiques dans le cadre du groupement de commande de 2011-2013 ou de la licence nationale de  2014-2018 et cela indépendamment des sites internet des éditeurs. L’accès à ces documents est réservé aux usagers des établissements qui ont souscrit un abonnement dans les conditions mentionnées ci-dessus.

A ce jour, seules les archives d'Elsevier entre 2002 et 2017 sont disponibles dans la nouvelle version de PANIST [2] (ce qui représente environ 6,7 millions de documents). L'intégration des archives de Springer est annoncée courant 2019. La plateforme sera ensuite enrichie au fur et à mesure des années.

En plus de la plateforme, des outils complémentaires ont été développés afin de diversifier les accès aux ressources : une extension à installer sur les navigateurs Firefox et Chrome, des widgets à installer sur votre site web ou encore insérer les contenus PANIST dans le résolveur de liens de votre bibliothèque.

La plateforme est à découvrir ici.


Sources:

[1] Couperin.org. Ouverture de PANIST, la Plateforme d'Archivage National de l'Information Scientifique et Technique [en ligne]. 10 janvier 2019. [consulté le 5 février 2019] : < https://www.couperin.org/breves/1369-ouverture-de-panist-la-plateforme-d-archivage-national-de-l-information-scientifique-et-technique >

[2] Panist. Ouverture de la Plateforme d'archivage National de l'information Scientifique et Technique [en ligne]. 7 janvier 2019. [consulté le  5 février 2019] : < https://www.panist.fr/pdf/2019-01-07_Ouverture_PANIST_Communique_etablissements.pdf >

lundi 9 janvier 2017

Peut-on se fier à Wikipédia ?

L'encyclopédie collaborative Wikipédia est devenue un incontournable des recherches d'informations. Adulé ou décrié, ce site est le sujet de nombreux ouvrages sur ce thème, qui permettent de naviguer et d'appréhender avec confiance les découvertes que l'on peut y faire.



Bien sûr, certains abusent des copier-coller jusqu'à retranscrire in-extenso des notices entières. Cette fâcheuse habitude est toujours remarquée et provoque une méfiance instinctive chez le lecteur de recherches documentaires, qu'il appartienne au corps professoral ou pas. Il arrive aussi que l'utilisation de cet outil conduise parfois à la reproduction d'inexactitudes ou de faits non vérifiés.
D'un autre côté, certaines personnes refusent systématiquement toute information en découlant et se privent ainsi d'une source pourtant fiable.
Cependant il existe une position intermédiaire qui permet d'utiliser Wikipédia avec précaution et donc d'en retenir la substantifique moelle !

Voici quelques petites notions à avoir toujours en tête avant de se plonger dans la somme de connaissances que représente cette encyclopédie. Mais, avant toute chose, il est bien sûr important d'essayer de se faire une idée par soi-même sans se jeter tête baissée dans un calque littéral des renseignements trouvés.
  • Il est indispensable de regarder et d'approfondir les indications en utilisant les notes de référence.
  • Il est très utile d'avoir en tête l'historique d'un article et plus particulièrement lorsqu'il s'agit d'un sujet d'actualité.
  • Cet outil est un formidable point de départ pour élargir une recherche et ainsi ouvrir de nombreux horizons. Grâce à un article donné, on peut obtenir de nombreux mots-clés qui seront autant de moyens de trouver d'autres précisions.
  • Il est possible de s'abonner au fil Atom d'une page afin de voir ses évolutions au fur et à mesure qu'elles arrivent.
Selon Serge Courrier, consultant notamment à l'ADBS, le fait de savoir modifier des notices sur le site permet de hiérarchiser l'importance des informations en fonction de leurs sources mais aussi d'effectuer soi-même les corrections lorsque l'on trouve des coquilles (à condition évidemment d'être absolument sûr et certain de détenir la vérité !) Il explique aussi l'importance des nombreux contributeurs bénévoles qui travaillent ardemment à la correction permanente des contenus.

Sources :
Site Recherche-eveillee.com, posté par Béatrice Foenix-Riou, publié le 2 novembre 2016, consulté le 9 janvier 2017.
http://www.recherche-eveillee.com/2016/11/peut-on-se-fier-wikipedia-conseils-guy-delsaut.html
Guy Delsaut. Editions Klog. Janvier 2016. ISBN : 979-10-92272-12-3. 182 pages.
https://www.editionsklog.com/product/utiliser-wikipedia-comme-source-d-information-fiable
Vérifier l'exactitude des informations de Wikipédia. Quelques astuces... Support de conférence de Guy Delsaut. inforum 2016. Mai 2016, consulté le 9 janvier 2017.
Wikipédia : une source d'information extraordinaire ou une pseudo-encyclopédie peu fiable ? Guy Delsaut. Cahiers de la documentation. 2005/04, consulté le 9 janvier 2017.
http://www.abd-bvd.be/wp-content/uploads/2005-4_Delsaut.pdf
Un article de recherche publié sur First Monday, par Alison J. Head et Michael B. Eisenberg, publié le 1er mars 2010, consulté le 9 janvier 2017.
http://firstmonday.org/article/view/2830/2476

mercredi 16 décembre 2015

ebook vs livre papier : la science au secours de l'acheteur/lecteur


En ces périodes de fête, la question des cadeaux est au centre de toutes nos préoccupations. Un des présents possibles, le livre, pose ses propres questionnements: Ebook ou Livre papier.
Les deux types de supports possèdent l'un et l'autre des avantages et des inconvénients. L'ebook est plus transportable et permet d'agrandir la police par exemple tandis que le livre papier craint beaucoup moins l'humidité, que la liseuse numérique, etc.

La science comme aide à la décision 

Face à la montée des nouvelles technologies, les chercheurs s'intéressent aux impacts de la lecture numérique ou traditionnelle sur le lecteur. Plusieurs centres de recherche internationaux se sont même spécialisés dans ce domaine notamment le Laboratory for Visual Learning (LVL) dont les recherches portent plus particulièrement sur la manière dont la technologie peut aider les gens.[3]

De nombreuses études récentes ont été réalisées sur cette question de la lecture. Une recherche publié en 2013 dans le Journal PLOS ONE a démontré que la lecture est plus aisée et efficiente pour les personnes atteintes de dyslexie sur les supports numériques que sur papier. [2] Une autre expérience, dirigée par Anne Mangen de l'université Stavanger, a montré que les personnes retiennent bien mieux l'histoire ou les informations contenues dans un livre papier que sur un support numérique. [1] Les deux cas présentés illustrent bien les impacts différents des deux types de support sur l'utilisateur/lecteur. chacun ayant des bénéfices que l'autre n'a pas et vice versa.

Qu'une question de personnalités

Le constat final est que chaque cas est différent. Au delà, de la question de la maladie ou des troubles, le choix entre le livre numérique ou l'ebook n'est parfois qu'une question de personnalité comme l'évoque Clémence Jost dans son article: "Livre vs ebook: quel support de lecture est fait pour vous, selon votre personnalité?" Pour un amoureux du livre, pas la peine de lui ouvrir un ebook ; ce qu'il recherche est l'expérience de l'objet livre, [2]  qu'il ne retrouve pas avec la liseuse. Par contre, un jeune qui lit peu, peut se mettre à lire avec une liseuse. [1]

Le choix entre ebook et livre papier se fait donc en fonction de la personnalité de chacun, de ses préférences et/ou des buts rechercher dans la lecture (apprentissage, plaisir, etc.).


Ressources

[1] JOST, Clémence. Livre vs ebook: quel support de lecture est fait pour vous, selon votre personnalité? [en ligne], Archimag, 15 décembre 2015 [consulté le 16 décembre 2015]
<http://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2015/12/15/livre-vs-ebook-support-lecture-personnalite>

[2] KRAFT, AMY. Books vs. e-books: The science behind the best way to read [en ligne], CBS News, 14 décembre 2015[consulté le 16 décembre 2015]
<http://www.cbsnews.com/news/kindle-nook-e-reader-books-the-best-way-to-read/>

[3]LABORATORY FOR VISUAL LEARNING,  labvislearn [en ligne], The Smithsonian Institution: Washington, 2012[consulté le 16 décembre 2015]
<http://labvislearn.org/?page_id=2220>

[4] FOOD, Alison. Readers absorb less on Kindles than on paper, study finds [en ligne], The Guardian, 19 août 2014 [consulté le 16 décembre 2015]
<http://www.theguardian.com/books/2014/aug/19/readers-absorb-less-kindles-paper-study-plot-ereader-digitisation>