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jeudi 22 juillet 2021

Le partage des connaissances au service d'une communauté, l'exemple du Wiki Trans

Après le foisonnement des Wiki encyclopédiques, un wiki au service d'une communauté est apparu en France. Le Wiki Trans se veut une source de savoir scientifique et social, libre et collaboratif, qui vise la diffusion des connaissances sur la transidentité et l'identité non-binaire. Ce site est dédié à la vulgarisation scientifique et au partage d'expériences pour fournir des informations compétentes dans le domaine à un large public. Comment l'on parvient à créer, gérer et partager des informations afin d'accroitre la connaissance à propos et spécifique à une communauté ? 

Fondé par Menica Folden en 2018 "suite au constat que très peu de ressources existaient en ligne pour les personnes trans francophones" [ 1 ] le Wiki Trans se veut un recueil d'informations pour les personnes concernées par des questionnements sur la transition, les pratiques chirurgicales et les traitements hormonaux, mais aussi les personnes qui souhaitent être informées sur des thèmes plus généraux.

L'envergure pédagogique de ce site se décèle des définitions sur l'identité de genre, des indications sur le lexique à employer pour s'adresser à des personnes transgenre, avec l'appui de témoignages diversCette volonté pédagogique ne se limite pas à donner des conseils pour ne pas mégenrer les personnes, car le wiki fournit un ensemble de documentation apte à la vie courante de personnes trans. Des contrats d'embauche spécifiques, des modèles de lettre de coming-out, des brochures explicatives sur les thèmes de la transidentité, sont fournis gratuitement et librement pour que les personnes qui en nécessitent puissent les utiliser. Cet ensemble documentaire est disposé de sorte à faciliter des épreuves auxquelles il faut se confronter lors d'une transition, comme des étapes administratives, psychologiques et physiologiques. 

Berengère Stassin explique dans son article « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  » publié dans Communication, technologies et développement que : "Les savoirs développés et remédiés par et pour les trans favorisent l’autonomisation des parcours et l’émancipation face aux instances médicales et au système hospitalier jugés pathologisants, psychiatrisants et infantilisants". [ 2 ]

Le choix d'employer un wiki pour atteindre cette divulgation informationnelle permet de créer une plateforme collaborative et en accès libre. La technologie du wiki permet notamment de renvoyer à d'autres bases de données, articles scientifiques et informations susceptibles d'intéresser l'auditoire. Les contributions du wiki sont encadrées par une équipe de bénévoles qui vérifie et communique avec les personnes qui souhaitent intervenir. La structure hiérarchique du Wiki Trans permet de contrôler la parole avec des valeurs de bienveillance, accessibilité, engagement et bénévolat, promulgués par le Manifeste du Wiki trans. [ 3 ]

Les principaux acteurs qui alimentent le contenu du wiki sont des personnes transgenre ou des professionnels. Cette organisation permet de se réapproprier la parole sur les expériences et les connaissances propres à cette communauté. De cette manière, ce wiki foisonne d'information qui permettent de rendre visible la thématique de l'identité de genre, de divulguer du savoir et entretenir un lien avec la communauté qui se manifeste sur cette plateforme. 


[ 1 ] cit. Menica Folden in, Bérengère Stassin, « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  »Communication, technologies et développement [En ligne], 9 | 2021, mis en ligne le 29 mars 2021, consulté le 15 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/ctd/3723 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.3723
[ 2 ] Bérengère Stassin, « Wiki Trans : une communauté de savoir sur la transidentité  »Communication, technologies et développement [En ligne], 9 | 2021, mis en ligne le 29 mars 2021, consulté le 15 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/ctd/3723 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.3723
[ 3 ] Manifeste du Wiki Trans, [En ligne] consulté le 15 juillet 2021URL : https://wikitrans.co/manifeste/


mercredi 16 juin 2021

Gouverner efficacement sa transformation digitale

Ensemble sociologique et technologique, la transformation digitale constitue une préoccupation importante pour les organisations en ce qu’elle inclut une transformation des outils mais aussi en ce qu’elle impacte les Hommes, leurs habitudes, les pratiques managériales et les cultures d’entreprise. [1] Quelles pratiques peuvent ainsi être employées afin de maitriser sa transformation digitale ? 


Architecture de l’entreprise


Face à des technologies toujours plus nombreuses et complexes, une organisation doit se montrer sélective quant aux choix technologiques qui seront fait, ce qui implique une bonne connaissance des métiers et des processus de l’entreprise corrélée à une connaissance des nouvelles technologies. Cette connaissance globale repose sur une discipline nommée  architecture d’entreprise. Celle-ci permet une approche globale de structuration du système complexe que représente une entreprise en prenant en compte ses patrimoines humains et technologiques, toujours dans le but d’atteindre les objectifs de l’organisation. Outil d’aide à la décision, l’architecture d’entreprise implique une phase de description de l’existant (fonctionnement de l’entreprise, description des processus, données métier et cartographie du patrimoine informatique et des infrastructures), une phase de définition de la cible et de la trajectoire. L'architecture d'entreprise permet ainsi de prendre de la hauteur  en proposant une vision globale et partagée de la transformation digitale d’une organisation afin d’éclairer le point de vue de chacun et de renforcer la cohérence de l’ensemble des projets par le développement de synergies entre les processus et le patrimoine numérique de l’entreprise. Question en suspens : les compétences de l’architecte d’entreprise, souvent cantonnées aux DSI, peuvent-elles faire partie du champs d’action des professionnels de l’infodoc ?

 

Conduite du changement et importance de la formation digitale. 


La transformation digitale implique une transformation de tous les processus et métiers d’une entreprise. Tous les collaborateurs sont concernés et, de fait, le rythme de la transformation pourra varier d’un processus métier à l’autre. La maturité digitale d’une entreprise peut s’évaluer à trois niveaux : organisation, management et métier. Des changements individuels donc, mais aussi globaux. Par ailleurs, l’intégration d’un nouvel outil dans les pratiques individuelles doit avoir fait l’objet d’une communication sur, notamment, le pourquoi de l’utilisation de cet outil et ce qu’il apporte aux métiers à l’échelle individuelle. Instaurer une culture digitale durable implique également une formation digitale pensée à longs termes et s’asseoir sur un socle commun de compétences, tout en incluant des différenciations notamment parce que les appétences individuelles en matière de culture digitale peuvent différer d’un collaborateur à l’autre. 


Indicateurs de performance


Les KPI (pour Key Performance Indicators) d'un projet de transformation digitale reposent sur la définition de ses objectifs : réduction de coûts ? Conquête de nouvelles parts de marché ? Amélioration de l'expérience utilisateur ? Les objectifs du projet détermineront la pertinence d'un indicateur de performance. Pour aider à les déterminer, on peut en distinguer différents types : les KPI business, qui étudieront les gains business et marketing (ici, les KPI seront par exemple les parts de marché ou l'évolution du chiffre d'Affaires). Autre type de KPI : les KPI de marque, qui offrent des indicateurs sur la réception et l'image de la marque (notoriété, fidélisation, satisfaction client). Enfin, troisième type d'indicateurs : les KPI internes/corporate, qui seront ici utiles pour évaluer l'adhésion des collaborateurs au projet ou les gains éventuellement générés (adhésion, engagement, coûts avant/après transformation). Les indicateurs de performance ne sont pas figés : ils peuvent évoluer et être adaptés à un changement de stratégie ou d'objectifs, par exemple.[5]


Sources : 

 

[1] Lean Assembly. "Qu'est-ce que la transformation digitale ?". Youtube.com. [En ligne]. 7 décembre 2015. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.youtube.com/watch?v=p37yeKqAnUo>. 


[2] Centrale Supélec. "Podcast : Le rôle de l'architecture d'entreprise dans la transformation digitale". Youtube.com. 14 juin 2021. [Consulté le 15 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.youtube.com/watch?v=FpRHbEpxVVM>.


[3] Blog Talkspirit. "Cédrid Deniaud. "La formation digitale doit être pensée à long terme pour devenir une culture digitale durable et utile". Blog.talkspirit.com. 31 juillet 2018. [Consulté le 15 juin 2021]. Disponible sur : <https://blog.talkspirit.com/cedric-deniaud-la-formation-digitale-doit-etre-pensee-a-long-terme-pour-devenir-une-culture-digitale-durable-et-utile/>.


[4] 1min30. "Transformation digitale (ou numérique)". 1min30.com. Blog.talkspirit.com. 02 février 2016. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.1min30.com/dictionnaire-du-web/transformation-digitale-numerique>.

 

[5] Socialy. "Quels indicateurs pour mesurer la performance de votre transformation digitale ?". Socialy.fr. [En ligne]. 12 septembre 2018. [Consulté le 14 juin 2021]. Disponible sur : <https://www.socialy.fr/blog/kpi-performance-transformation-digitale/>



 

lundi 24 mai 2021

Lancement du Programme Atlas : des standards français pour la transformation numérique

En octobre 2019, l'Afnet avait initié un ambitieux projet : le programme Atlas destiné à fournir des standards numériques à l'industrie française. Il réunit de nombreux acteurs industriels pour la création de standards de modélisation de type Product Life & Data Management (PLM/PDM), servant entre autres aux simulations et aux jumeaux numériques.  De tels standards devraient rendre la production de modèles et l'utilisation des technologies de simulation numérique plus accessibles aux entreprises et démocratiser leur utilisation. Le premier workshop du programme, intitulé Simulation Numérique, a eu lieu le 19 mai dernier.

Atlas s'inscrivant dans le Programme Investissements d'Avenir, ces standards se voudront à la fois publics, internationaux et intersectoriels. Les modèles numériques sont aujourd'hui créés à partir de composants issus de dizaines d'outils différents, assemblés au prix d'un effort de mise à niveau des formats utilisés par les différents producteurs des parties composant le modèle final. Deux acteurs participent à leur construction et facilitent les décisions lors du processus de production :

- L’architecte système qui évolue dans un environnement "concepteur". Il définit les spécifications, les performances attendues et la constitution des systèmes.
- L'architecte simulations numériques qui produit des évaluations afin de déterminer le plus tôt possible que les performances attendues soient atteintes et modifie les dessins en conséquence, le cas échéant. 

Leurs travaux sont rendus possibles par la collaboration d'un réseau d'opérateurs favorisant les transferts et la mise à disposition de modèles inter-opérés pour former un modèle global utilisable et fidèle à son objet. Mais de tels réseaux restent encore très rares dans le paysage industriel français et nécessitent des conditions telles qu'une forte concentration de filière [1], ou des activités de recherche de pointe réunissant des laboratoires collaborant autour d'un même sujet [2]. Les réflexions de l'Afnet et ses partenaires portent sur l'acquisition de ces modèles à travers la disponibilité des standards, et comment les relier entre eux, grâce à la définition de méta-modèles.

Pour ce faire l'Afnet s'appuie sur 15 ans d'expérience dans la mise en place et la réflexion autour des standards dans les filières industrielles, comme le pré-projet Seine sous le patronage de la DGE entre 2006 et 2008, et sur les sujets design et manufacturing, supply chain, maintenance et cybersécurité, regroupés autours de projets multi-sectoriels tels BoostAero depuis 2005, ou la norme STEP AP242 depuis 2015. Ces réflexions ont été menées en collaboration entre des associations, des opérateurs et des institutions. Elles ont accompagné la création de plate-formes collaboratives de filières [3], et plus de 7000 entreprises de toutes catégories ont pu y participer.

Les filières participant à Atlas sont catégorisées selon deux types : en « objets » et chaine d'assemblage comme l'aéronautique, l'automobile, l’industrie électronique etc, ou en « projets » comme le bâtiment, la chimie des matériaux, le nucléaire, la métallurgie, ou les systèmes énergétiques. Elles sont représentées par des comités de pilotage stratégique composés de membres de l'Afnet, Industrie du Futur, le programme MINnD, l'AFIS, ainsi que des représentants d'organisations professionnelles tels que la FIEEC, Fer de France. Syntec, France Chimie, AIMCC, Galia, la GICAN, le Gifas, Building Smart France  et PFA.

Le programme est structuré en groupes de travail, réunissant les représentants des filières, en fonction des lots et des sujets qui ont été définis durant la phase préparatoire du projet. Les stratégies et cas d'usage, le développement de standards, l'implémentation chez les éditeurs, la formation des démonstrateurs  (POCs), et la communication au public, forment les lots. Les domaines, qui doivent couvrir l'ensemble du cycle de vie du produit, sont les suivants :

  • Ingénierie système  et MBSE, piloté par l'AFIS
  • PLM, end-to-end et Management des configurations, piloté par l'AFNET
  • Logistique et global Supply-Chain, piloté par l'AFNET
  • Maintenance piloté par l'AFNET
  • Données et Infrastructures (traçabilité, blockchain, cybersecurité, IA) piloté par l'AFNET
  • Le Smart Manufacturing piloté par l'Alliance Industrie du Futur
  • Le BIM piloté par MINnD
  • Cet ensemble doit faciliter la généralisation des concepts de Jumeau numérique - piloté par l'AFNET et  l'Alliance Industrie du Futur qui vont pouvoir s'appuyer sur ces composants. Les homologues internationaux, NAFEMS et INCOSE assureront leur soutien pour la partie simulation numérique.

Une équipe de France sera constituée en partenariat avec l'AFNOR pour que les travaux soient représentés sur la scène internationale et afin d'augmenter la coordination et l'efficacité entre les groupes de travail.
Le projet Atlas pourrait ainsi rejoindre les réflexions de l'INCOSE et de la NAFEMS. Cette dernière a déjà engagé une réflexion couvrant l'ensemble des besoins des secteurs et des cycles de vie des modèles [4]. Deux pistes possibles sont à l'étude :

  • Le MCP, Model Caracterisation Pattern (disponible auprès de l'INCOSE), représentation générale couvrant des modèles 3D, CFD et multi-physique. Ce standard peu déterminé est spécifiable à partir de listes d'attributs spécifiques à attribuer selon le type de modèle. Il est très complexe, mais permet de disposer d'une couverture globale du cycle de vie dans une optique de réutilisation.
  • Le MIC, Model Identity Card est un concept couvrant le début de cycle jusqu'à l'exploitation du modèle, visant à préparer les phases de construction de modèles complexes, dans la façon d'établir et peupler les architectures, produites par des entités différentes de l'intégrateur. Il permet de spécifier, contrôler les modèles, gérer leur assemblage et les capitaliser.

Concernant l'Archivage, une piste est à l'étude : le projet LOTAR (LOng Term ARchival), basé sur le standard ISO STEP AP 209 destiné au stockage des données de simulation. En terme d'application directe, MoSSEC est une adaptation des MIC pour être compatible avec LOTAR. Il semble que cette piste soit privilégiée pour le moment.

La validation du programme a eu lieu en octobre 2020. Ce projet, financé moitié par l’État, moitié par les filières industrielles pour un montant total de dix millions d'euros, amorce un cycle de trois ans. L'Afnet recherche des participants pour une réflexion élargie et profitable à un maximum de secteurs. Les plans de travail sont en cours et doivent être élaborés avant 2022.

dimanche 7 mars 2021

Le Projet "Nanobubbles" : le TAL aide à corriger les erreurs scientifiques

Pour avancer, la science a besoin de corriger ses erreurs. Or, en réalité, il peut être difficile d'effacer des affirmations fausses ou exagérées des publications scientifiques. Le projet multidisciplinaire "Nanobubbles" tente de comprendre comment, quand et pourquoi émergent de telles "bulles"[2]. Focus sur un des piliers du projet : le traitement automatique des langues.

Brisons les bulles (image d'illustration)
Brisons les "bulles (Image d'illustration) [5]

La publication scientifique en plein essor
Le volume des publications scientifiques a explosé ces dernières vingt à trente années. Cette évolution est dûe à l'évolution des systèmes de traitement de texte et à l'internet, qui facilite la diffusion. L'évaluation des chercheurs en fonction de leur nombre de publications contribue également à ce phénomène. [1]

Les erreurs des publications scientifiques

Causes des erreurs
Parmi les erreurs les plus fréquents on trouve :

  • des erreurs de méthodologie dans la conduite des expériences ou de leur analyse
  • des erreurs de calcul des meta-analyses
  • des conclusions erronées

Une correction des erreurs défaillante
L'examen par les pairs (peer-review), a comme objectif d'identifier et d'éliminer ces erreurs. Or, force est de constater, qu'un certain nombre de publications passent au travers les mailles de cette phase de validation, qui est une activité non-rémunérée. De plus, faute de processus de correction établis et fluides, les éditeurs ne favorisent pas non plus la correction post-publication [4].

La menace de l'émergence d'une "bulle" d'erreurs
Des publications contenant des erreurs risquent alors d'être réutilisées comme référence à l'élaboration d'autres publications scientifiques et d'être partagées et cascadées via divers canaux, jusqu'à former une véritable "bulle" d'erreurs. A ce stade, l'information erronée a pris l'apparence d'une vérité établie. Ces "bulles" peuvent potentiellement induire des mauvaises décisions dans l'industrie, en médecine et en politique [4].

Le projet "Nanobubbles"

Un projet interdisciplinaire
Le projet "Nanobubbles" qui devra s’étaler de fin 2020 à 2025, réunit des spécialistes des sciences naturelles, l’ingénierie, sciences sociales et humaines. Il bénéficie d’un financement à hauteur de 8,3 M€ attribué par le European Research Council Synergy Grant [2].

Son objectif est de comprendre les mécanismes précis conduisant à l’émergence des bulles d’erreurs de la publication scientifique, comment on peut les corriger et quels obstacles s'y opposent. [4]

Le projet cible le domaine des nanobiologies [d’où il tient son le nom]. Ce domaine interdisciplinaire ayant émergé vers l’année 2000 a connu plusieurs épisodes de publications exagérées et erronées. Trois "bulles" d’information erronées serviront de cas d'étude :

  • Les nanoparticules sont capables de traverser la barrière sang-cerveau.
  • Des protéines sont absorbées à la surface des nanoparticules.
  • Les nanoparticules sont capables de pénétrer la membrane des cellules.
Le projet analyse la circulation de publications contradictoires sur ces trois sujets en se basant sur les travaux des laboratoires, des conférences, des revues (support papier puis numérique), des  pré-publications et des réseaux sociaux, depuis 1970 jusqu’à aujourd’hui [2].

Le traitement automatique des langues : un pilier important du projet
L'analyse d'un tel volume de publications, nécessite l'optimisation de ce processus. C'est là que le traitement automatique des langues entre en jeu.

Ce pilier a été confié à  M. Cyril Labbé, spécialiste en science informatique de la détection des erreurs et de leur propagation dans la littérature scientifique et maitre de conférences à l’Université de Grenoble. Différentes techniques seront employées au cours du projet : 

  • le développement d’algorithmes capables d’identifier une idée avancée (ou son contraire), à travers l’identification des entités nommées et l’extraction des triplets RDF (les relations entre deux entités nommées)
  • l'argument mining, qui consiste à extraire des arguments avancés dans un texte, pour supporter une affirmation
  • le machine learning et les réseaux de neurones
Ces techniques seront mise en oeuvre à l'aide de divers logiciels, tels que  "Scite » ou  « Seek and Blastn Tool ». Cet outil, développé par M. Labbé lui-même, permet  d'extraire automatiquement les séquences de nucléotides (1), décrites dans un texte, de comprendre l'argument avancé (2), puis de valider ou invalider sa véracité (3).
 
D'autres outils devront être développés au cours du projet [1].

schéma de fonctionnement de l'outil PLOS
Schéma fonctionnel du "Seek and Blastn Tool" [3], p.5

Conclusion
Le projet « Nanobubbles » montre, comment le traitement automatique des langues, en synergie avec d’autres disciplines permet de faire avancer la science. Il devra permettre d'initier un dialogue avec la communauté des nanobiologistes. Les scientifiques prévoient également une application des retombées du projet à d’autres domaines tels que la biologie synthétique et l’intelligence artificielle [2].

Bibliographie

[1] LOUIS, Nicolas: Détecter des erreurs scientifiques grâce à l'intelligence artificielle. Les Techniques de l'Ingénieur. 28/12/2020  [consulté le 01/02/2021] <https://www-techniques-ingenieur-fr.proxybib-pp.cnam.fr/actualite/articles/detecter-des-erreurs-scientifiques-grace-a-lintelligence-artificielle-87469/>

[2] BOURGIGNON, Jean-Pierre : How, when and why does science fail to correct itself ?. European Union's Research Council [ERC]. 05/11/2020  [consulté le 01/02/2021] <https://erc.europa.eu/news-events/magazine/erc-2020-synergy-grants-examples/>

[3]  LABBE, Cyril, GRIMA Natalie, GAUTIER Thierry, FAVIER, Bertrand, BYRNE, Jennifer.  Semi-automated factchecking of nucleotide sequence reagents in biomedical research publications : The Seek & Blastn tool. PLoS ONE, Public Library of Science, 2019, 14 (3),pp.e0213266. ff10.1341/journal.pone.0213266ff.ffhal-02057023f. Gouvernement Français. Portail d'information [consulté le 01/02/2021]. déposé sous licence Créative commons.< https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02057036/document

[4] ALLISON, David B., BROWN, Andrew W., GEORGES, Brandon J., KAISER, Kathryn A.L. Mistakes in opeer-reviewes papers are easy to find but hard to fix. Nature. 03/02/2016 [consulté le 01/02/2021] <https://www.nature.com/news/reproducibility-a-tragedy-of-errors-1.19264>

[5] WILLGARD :  soap bubbles [image] . Pixabay  14/11/2020 [consulté le 14/11/2020]. déposé sous licence Créative Commons. <https://pixabay.com/photos/soap-bubbles-bird-burst-fantasy-3550705/>

lundi 1 mars 2021

Intelligence artificielle et gestion de projet

L’IA occupe une place de plus en plus importante dans notre vie et représente un des enjeux les plus importants de cette époque. Il n’est pas aujourd’hui de domaines d’activités qu’elle ne touche et ne transforme radicalement, y compris des domaines d’activités aussi humains que le management de projet. Dans celui-ci, son impact ne se limite pas seulement à l’automatisation de tâches routinières mais peut couvrir la quasi-totalité des activités de la gestion de projet.


De manière générale, on peut définir l’intelligence artificielle comme un programme informatique qui, en simulant l’intelligence humaine, tente de résoudre un certain nombre de problèmes de façon autonome, en se passant de l’homme ou en minorant sa contribution. Mais quand il s’agit d’une activité aussi complexe que la gestion de projet, qui sollicite massivement la contribution humaine et en laquelle les interactions humaines sont essentielles, on peut se demander si le recours à l’IA ou si une utilisation excessive et intempestive de programmes informatiques dopés à l'IA ne serait pas contreproductif. Gartner révélait, en effet, que le développement de l’IA allait éliminer jusqu’à 80% des tâches de la gestion de projet d’ici 2030 [1]. Loin de se contenter seulement d’automatiser les tâches routinières, l’Intelligence artificielle prendra en charge la gestion des risques, la planification ou la budgétisation entre autres ; elle fluidifiera aussi le processus de prise de décision grâce à ses algorithmes puissants qui permettent l’exploitation de grande quantité de données et font des prédictions très justes.

Même s’il ne fait point de doute que l’IA ne pourra pas s’occuper de la gestion de projet dans son intégralité, les tâches qui resteront hors de son champ d’action seront peu nombreuses. Elle ne pourra pas, par exemple, remplacer le Project Manager comme le reconnaît fort justement Sebastien Guibert, directeur du centre d’excellence en intelligence artificielle chez Capgemini : « L’IA ne pourra pas remplacer intégralement le manager de projet. Elle ne prend pas en compte les interactions humaines, les non-dits, qui ne sont pas modélisables » [2]. Mais elle poussera toutefois le Project Manager à déplacer ses compétences et à mettre l’accent sur des tâches ou activités qui demandent plus d’interactions comme le leadership, la négociation, la communication, le management des parties prenantes, la conduite du changement, etc. L’essentiel, selon, James Dibbs est de faire en sorte que l’efficacité manifeste de l’intelligence artificielle sur certains secteurs de la gestion de projet n’érode pas complètement la confiance dans l’importance de la contribution humaine.

Sources:

[1] Hélène Nogues Brunet, "Chefs de Projet, bienvenue en terre digitale !", publié le 20/11/2019. En ligne, consulté le 01/03/2021, disponible à l'adresse < www.upstep.fr/blog/2019/11/2020/bienvenue-en-terre-digitale/ >

[2] Antoine Crochet-Damais, "Jusqu'où l'IA va-t-elle automatiser la gestion de projet ?", publié le 30/09/2019. En ligne, consulté le 01/03/2021, disponible à l'adresse < https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1446169-jusqu-ou-l-ia-va-t-elle-automatiser-la-gestion-de-projet/ >

[3] Moperto, "L'Intelligence Artificielle a-t-elle une place dans le management de projet et le PMO ?", publié le 02/03/2020. En ligne, consulté le 01/03/2021, disponible à l'adresse <  https://dantotsupm.com/2020/03/02/lintelligence-artificielle-ia-a-t-elle-une-place-dans-le-management-de-projet-et-le-pmo/ >

 

dimanche 28 février 2021

L'accélération de la numérisation des archives et du patrimoine au niveau des institutions culturelles en France

La crise sanitaire  a accéléré au niveau des institutions culturelles la numérisation des archives et du patrimoine. Afin de continuer à exister à travers les plateformes, de nombreuses institutions ont opté pour la numérisation de leur patrimoine. Les professionnels de l'information sont  particulièrement revenus sur le sujet en ce mois de février surtout en ce qui concerne la manière dont le patrimoine se numérise. La question est de savoir comment cette accélération vers une numérisation massive est bénéfique non seulement aux institutions culturelles mais aussi aux acteurs du domaine. 

La numérisation du patrimoine Français 

Afin de rester présent dans l'esprit des usagers de nombreuses institutions culturelles ont accéléré la numérisation de leur patrimoine à cause de la crise sanitaire qui ne permettait plus aux amoureux de la culture française d'être présent dans les différents lieux dédié à ses activités[1][2]. De l'institut national de l'audiovisuel aux archives en passant par les bibliothèques, de nombreuses institutions ont fait le choix d'une présence virtuelle à travers des publications sur différents plateformes qui permettaient aux citoyens français de continuer à profiter gratuitement des contenus depuis leur domicile[1][2]. C'est le cas de Gallica la vitrine numérique de la Bibliothèque nationale de France qui compte six millions d'objets déjà numérisés parmi lesquels des cartes, des partitions, des enregistrements sonores, des images, des manuscrites, des livres etc. [1]

La numérisation une alternative aux acteurs culturels

Les acteurs du domaine culturel loin de rester inactif compte tenu des restrictions sanitaires obligatoires annoncées par le gouvernement dans un contexte sanitaire critique et délicat utilisent les plateformes afin de publier des spectacles filmés au préalable et d'organiser des expositions de tout genre comme dans une période normale[1][3]. La majorité des programmes est publiée sur le site de l'office du tourisme et des congrès. Le musée d'Orsay, les musées d'art et d'histoire, Notre Dame de Paris, la Philharmonie de Paris et la Comédie Française organisent respectivement des expositions à travers des numérisations d'œuvres d'art et des expositions de spectacles à travers les plateformes virtuelles[3]. 

La numérisation des œuvres des institutions culturelles redonne vie aux archives et aux patrimoines. Loin d'être une solution contraignante à cause de la quantité d'œuvres à numériser, elle se révèle plutôt comme une alternative aux acteurs culturels. 

Sources:

[1] ARCHIMAG. Comment le patrimoine se numérise. [En ligne]. Février 2021. [Consulté le 20/02/2021]. Disponible à l'adresse: <https://www.archimag.com/sites/archimag.com/files/archimag_341_extrait.pdf>

[2] CLUB Innovation et culture France. Covid-19/Tour de France des initiatives musées et monuments dans un contexte de reconfinement. [ En ligne]. 28/02/2021. [Consulté le 28/02/2021]  Disponible à l'adresse: <http://www.club-innovation-culture.fr/tour-de-france-re-confinement/>

[3] Office du Tourisme et des congrès. Les galeries d'art de Paris. [ En ligne]. Février 2021. [Consulté le 26/02/2021]. Disponible à l'adresse: https://www.parisinfo.com/

Les données médicales de patients français en libre accès sur la toile

 Les données médicales de près d'un demi-million de patients français stockées par plusieurs laboratoires d'analyse médicale sont librement accessibles sur internet. Les données personnelles fuitées portent sur des numéros de sécurité sociale, des dates de naissance, des numéros de téléphone, des groupes sanguins, etc. Les laboratoires concernés utilisaient le même logiciel pour le stockage des données.  

Les données de santé de 491 840 personnes sont en libre accès sur internet depuis quelques jours. [1]

Plusieurs informations ont été retrouvées sur un même patient : numéro de sécurité sociale, nom du médecin traitant, numéro de téléphone, date de naissance, groupe sanguin ainsi que des commentaires plus précis sur l'état de santé certains patients (grossesse, séropositif HIV, Levothyrox, etc.). [2]

Qu'est-ce qu'une donnée de santé ?
 
Les données à caractère personnel concernant la santé sont les données relatives à la santé physique ou mentale passée, présente ou future, d'une personne physique y compris les prestations des soins de santé qui révèlent des informations sur l'état de santé de la personne. [3]

La CNIL rappelle l'obligation de notification

"Si les faits sont confirmés, il s'agit d'une violation de données personnelles au titre du Règlement général sur la protection des données (RGPD)", rappelle Louis Dutheillet de Lamothe, le secrétaire général de la Cnil. Ainsi, il appartient aux laboratoires concernés de remonter l'information auprès de la Cnil dans les 72 heures après qu'ils en ont pris connaissance. [4]
Mais aussi, quand la fuite de données est susceptible d'engendrer des risques élevés pour les droits et libertés, les laboratoires ont l'obligation d'informer les patients victimes que leurs données de santé sont en libre accès sur internet.

Les autorités étatiques et judiciaires montent au créneau
 
Le secrétaire d'Etat au numérique n'a pas tardé à réagir à cette fuite historique " C'est très grave et c'est d'autant plus grave que cela arrive à une période où l'on voit une augmentation exponentielle des cyberattaques." [5] Par conséquent, les laboratoires ont le devoir de mettre en place une politique de sécurité informatique. Le parquet aussi s'est saisi de l'affaire. En effet, la section de criminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête portant sur cette fuite de données de santé. L'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC) mènera l'enquête.

L'entreprise Deladus France, éditrice du logiciel litigieux,  a fait un communiqué pour dire que ses équipes sont mobilisées et déterminées et qu'une enquête approfondie est en cours.


Sources :

[1] LEBOUCQ, Fabien, GOUTHIERE, Florian, COQUAZ Vincent. Les informations confidentielles de 500000 patients français dérobés à des laboratoires et diffusées en ligne. CheckNews. InfoLibe, 23-02-2021 [Consulté le 25-02-2021]. <https://www.liberation.fr/checknews/les-informations-confidentielles-de-500-000-patients-francais-derobees-a-des-laboratoires-medicaux-et-diffusees-en-ligne-20210223_VO6W6J6IUVATZD4VOVNDLTDZBU/>

[2] VITARD, Alice. Les données de santé d'un demi-million de patients français en libre accès sur Internet. Cybersécurité, 24-02-2021 [Consulté le 25-02-2021]. < https://www.usine-digitale.fr/article/les-donnees-de-sante-d-un-demi-million-de-patients-en-libre-acces-sur-internet.N1064214>

[3] CNIL. Une donnée de santé. Protéger les données personnelles, accompagner l'innovation, préserver les libertés individuelles [Consulté le 26-02-2021]. <https://www.cnil.fr/fr/quest-ce-ce-quune-donnee-de-sante.>

[4] CNIL. Violation de données de santé : la CNIL rappelle les obligations des organismes à la suite d’une fuite de données massive annoncée dans les médias. Actualités, 24-02-2021 [Consulté le 26-02-2021]. <https://www.cnil.fr/fr/violation-de-donnees-de-sante-la-cnil-rappelle-les-obligations-des-organismes-la-suite-dune-fuite-de>

[5] ADAM, Louis. Fuite de données de santé : Les autorités s’en mêlent. Cybersécurité, 26-02-2021 [Consulté le 28-02-2021]. <https://www.zdnet.fr/actualites/fuite-de-donnees-de-sante-les-autorites-s-en-melent-39918535.htm>

mardi 23 février 2021

Le numérique dans tous ses états : Issy-les-Moulineaux l'exemple de la Smart City à la française. [1]

Lauréats du concours "Challenge 5G" lancé par Orange le 14 octobre dernier à Issy-les-Moulineaux (ILM), les entreprises Bioserenity, Fullrama et UrbanExpé tenteront de mettre à profit la 5G afin d'apporter des solutions pertinentes dans leurs domaines respectifs que sont la médecine, le sport et la météorologie.

Le 15 décembre 2020, les résultats du "Challenge 5G" sont enfin parus.[2]

Forte de ses distinctions telles que le Trophée du "leader du numérique" en 2020 sans oublier en 2019 un prix dans le cadre du 4ème trophée de "l'Open Data pour les territoires" [3], la ville d'Issy-les-Moulineaux s'est illustrée comme l'une des villes pionnières dans le concept de Smart City à la française.

En effet, avec plus de la moitié des entreprises implantées sur son territoire provenant des secteurs numériques et technologiques tels que Microsoft, Cisco, Cap Gemini ou bien encore Orange, la ville d'ILM avait commencé sa transformation numérique dans les années 90.

L'organisation de cet évènement avec Orange s'inscrivait donc dans une continuité, ILM ayant été sélectionnée dès avril 2019 par l'ARCEP [4] pour être site pilote pour la 5G. Issy fut également la seule ville française plusieurs fois distinguée par l'Intelligent Community Forum (ICF), un think tank américain qui encourage les collectivités locales à utiliser le numérique pour booster leur développement. [5]

Pour ce faire, ILM offre ainsi aux entreprises un terrain d'expérimentation et Orange son expertise technique.

L'objectif de ce concours étant d'identifier et sélectionner dans divers domaines des starts up ou PME de -250 personnes ; à qui l'on permettra d'expérimenter leurs solutions sur le réseau 5G durant une période définie courant de l'année 2021 en vue de savoir dans quelle mesure leurs projets influenceront le développement de la ville.

Le premier lauréat Bioserenity [6], spécialisée dans les solutions de diagnostic et de monitoring tentera d'alléger le temps de traitement des examens médicaux via des technologies IA pour un traitement massif et rapide des données.

Le second Fullrama [7], spécialisée dans les solutions météorologiques proposera un outil capteur afin de programmer les systèmes d'arrosages de la ville en fonction de la pluviométrie d'une part et d'autre part de mesurer l'impact de la végétalisation d'un lieu pour résorber les ilots de chaleur en vue de préserver l'environnement.

Enfin la start up UrbanExpé [8], plateforme spécialisée dans les jeux vidéo sportifs proposera un système de challenge sportifs en ligne à plusieurs contribuant ainsi à faire du sport en s'amusant.


Reste à savoir si l'usage des technologies innovantes faisant parfois appel à des process d'intelligence artificielle visant à optimiser la qualité de vie des habitants ne se heurteront pas aux principales craintes relatives à l'exploitation massive des données sans oublier la potentielle hausse de consommation énergétique.


Sources

[1] SOURISSEAU, Yannick. Issy-les-Moulineaux, une Smart City pionnière aux portes de Paris [en ligne]. Magazine de la Smart City, de l'écosystème numérique et de la e-Santé, 2017-06-30 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.villeintelligente-mag.fr/Issy-les-Moulineaux-une-Smart-City-pionniere-aux-portes-de-Paris_a245.html>

[2] Ville d’Issy-les-Moulineaux. Télémédecine, eSport et Smart City lauréats du Challenge 5G Issy /Orange [en ligne]. Issy.com/actualités, 2021-01-22 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/telemedecine-esport-et-smart-city-laureats-du-challenge-5g-issy-orange>

[3] Ville d'Issy-les-Moulineaux. La Ville récompensée par le trophée "Open data pour les territoires" [en ligne]. Issy.com/actualités, 2019-11-19 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/la-ville-recompensee-par-le-trophee-open-data-pour-les-territoires> 

[4] ARCEP les réseaux comme bien commun [en ligne] [consulté le 21-01-2021].< https://www.arcep.fr/>

ARCEP. Décision n° 2020-1081 de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse en date du 29 septembre 2020 prorogeant la durée des autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3400 - 3800 MHz de la société Orange pour des expérimentations 5G [en ligne]. Paris, 2020-09-29 [consulté le 21-01-2021]. < https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/20-1081.pdf>

[5] Intelligence Community Forum (ICF) [en ligne] [consulté le 22-01-2021]. <https://www.intelligentcommunity.org/>

[6] Bioserenity Smart Healthcare Solutions [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.bioserenity.com/>

[7] Fullrama Smart Data for Smart City [en ligne] [consulté le 23-02-2021] <https://fullrama.net/> 

[8] UrbanExpé [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.urbanexpe.com/>

[9] DOUAY, Nicolas. L’urbanisme à l’heure du numérique. Préface PICON, Antoine. Londres : ISTE Editions, 2018. Chap. 1.3.3.2, Issy-les-Moulineaux, laboratoire français, p.44-46. Systèmes d'information, web et société. Série Technologies intellectives ; 6. ISBN 978-1-78405-367-3

[10] COURMONT, Antoine. Quand la donnée arrive en ville - Open data et gouvernance urbaine. France : PUG, 2021. 204 p. Collection Libres Cours Politiques. ISBN 978-2-7061-4735-7

vendredi 5 février 2021

Wikipédia, le fruit d'un travail collaboratif

Il y a vingt ans Jimmy Wales et Larry Sanger mettaient en ligne une encyclopédie gratuite et participative qui est devenue pour des milliards de personnes une source d'informations primordiale et d’accès aux savoirs. Wikipédia fait partie des sites les plus consultés à travers le monde avec plus quarante millions d’utilisateurs et plus de cent mille contributeurs actifs [1]. En effet, Wikipédia reste une fondation à but non lucratif qui s’appuie sur des milliers de bénévoles qui rédigent, corrigent, mettent en ligne des articles. Pour assurer sa crédibilité, elle a mis en place toute une série de règles strictes et des contrôles permanents contre la manipulation.

Comment fonctionne Wikipédia ?

Wikipédia est une encyclopédie en ligne universelle, multilingue et gratuite, est devenue l’un des 10 sites les plus consultés au monde et publie en 300 langues. Son principe est collaboratif. Les articles sont donc rédigés par des contributeurs anonymes, qui ont néanmoins l’obligation de documenter leurs sources.Gérée en wiki dans le site web wikipedia.org grâce au logiciel MediaWiki, elle permet à tous les internautes d'écrire et de modifier des articles. Il s'agit d'une œuvre libre, c'est-à-dire que chacun est libre de la rediffuser. [2]

Une révélation nommée wiki 

La révélation se tiendra en quatre lettres :Wiki. Il désigne un outil de travail collaboratif inventé en 1995 par l’informaticien, Ward Cunningham[1]. En effet, un wiki est une application web qui permet la création, la modification et l'illustration collaborative de pages à l'intérieur d'un site web. Il utilise un langage de balisage et son contenu est modifiable au moyen d’un navigateur web. C'est un logiciel de gestion de contenu, dont la structure implicite est minimale, tandis que la structure explicite émerge en fonction des besoins des usagers [4]. Avec un wiki, chacun peut écrire dans son coin, que ce soit du code ou du texte, mais chaque apport, même minime, est consigné dans une base de données. Toutes les modifications sont visibles et peuvent être améliorées par n'importe quel utilisateur : le wiki en garde la trace. Simple, transparent et efficace [1]. Ce fut une révélation pour Jimmy Wales et Larry Sanger qui entraina la naissance de Wikipédia le 15 janvier 2001.

Les patrouilleurs vigilants

Si les articles publiés manquent de précision ou de fiabilité, un bandeau en tête d’article en avertit le lecteur. Les sujets sensibles (religion, politique…) entraînent des débats quelques fois houleux entre les contributeurs. Des robots informatiques sont chargés de repérer et de bannir les termes injurieux ou inadéquats [1]. Pour filtrer les informations douteuses, des bénévoles appelés les "patrouilleurs" surveillent les modifications de contenus à l’aide de logiciels spécifiques. Ils sont épaulés par les contributeurs qui traquent les fausses informations ou les canulars [3].
 

Devenir wikipédien 

Vous pouvez rejoindre la communauté des Wikipédiens en publiant un article ou en ajoutant des informations à ceux existants. Vous n’y êtes pas obligé, mais créer un compte préservera mieux votre anonymat, faute de quoi, le site conservera l’adresse IP de votre ordinateur dans l’historique public de la page. En effet, la contribution à l’encyclopédie est assujettie aux principes fondateurs de Wikipédia qui définissent les conditions de son élaboration. Ils  constituent le fondement intangible de toutes les règles et recommandations du projet et sont au nombre de cinq : encyclopédisme, neutralité de point de vue, liberté du contenu, savoir-vivre communautaire et souplesse des règles [5]. De ces principes découlent des règles à respecter pour quiconque veut à participer à la production du savoir sur Wikipédia dont les plus importantes sont :

Sources et crédibilité :

Toute la crédibilité de Wikipédia repose sur les sources d'information. «Chaque wikipédien doit sourcer ses informations, dont la vérification est assurée par les pairs après la publication d'un article».

Neutralité des points de vue :

Sur Wikipédia, les articles ne doivent pas promouvoir de point de vue particulier. «Cela suppose de présenter plusieurs points de vue sur un sujet donné et de les décrire le plus fidèlement possible, tout en fournissant le contexte nécessaire à leur compréhension.

Liberté et surveillance :

La liberté d'écriture est inséparable de la liberté de sanctionner. Si on veut participer à Wikipédia et voir sa contribution conservée par l'encyclopédie, il faut entrer dans la discussion, répondre aux questions posées, justifier ses dires, accepter que d'autres retouchent votre texte, ajoutent des sources ou recomposent le plan de l'article [6].

Sources :

[1] BENOIT GEORGES ,Wikipédia, dans les rouages de la plus grande encyclopédie du monde . les échos week-End, 2021 .Disponible à l’adresse < https://nouveau-europresse-com.proxybib-pp.cnam.fr/Search/ResultMobileë> Consulté le 03/02/2021

[2] Wikipédia . (Mise à jour le 22 /01/201) . Dans wikipédia. Disponible à l’adresse <https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia#  >Consulté le 03/02/2021

[3] Patrouille RC. (Mise à jour le 07/12/2020). Dans Wikipédia .Disponible à l’adresse <https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Patrouille_RC > Consulté le 03/02/2021

[4] Wiki. (Mise à jour le (03/02/2021). Dans Wikipédia. Disponible à l’adresse<https://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki> Consulté le 03/02/2021

[5] Wikipédia : Les principes fondateurs . Mise à jour le ( 15/01/2021) . Dans Wikipédia. Disponible à adresse<https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia:Principes_fondateurs> consulté le 03/02/2021

[6] Claude Gauvreau, Faut savoir devenir wikipédien. Actualités UQAM Disponible à l’adresse <https://www.actualites.uqam.ca/2016/faut-savoir-pour-devenir-un-wikipedien>Consulté le 03/02/2021

mercredi 3 février 2021

Signal et Telegram profitent du dépit des utilisateurs de WhatsApp

Suite à l'annonce de changement de politique sur les données personnelles, des utilisateurs quittent WhatsApp notamment pour Signal. Cette dernière caracole en tête des applications téléchargées. S'agit-il d'un exode massif ou d'une simple vaguelette de départs ? Quelles sont les alternatives à WhatsApp? En effet, d'autres messageries sécurisées existent comme Telegram ou des acteurs français tel qu'Olvid, Skred ou Tchap. [1

 

Pour rappel, WhatsApp est « une application mobile multiplateforme qui fournit un système de messagerie instantanée chiffrée de bout en bout aussi bien via les réseaux de téléphonie que par Internet.» [Wikipédia]
 
Exode massif ou simple vaguelette de départs ? 
La question peut se poser après l'annonce, la semaine dernière, de WhatsApp de changer sa politique de partages de données. A compter du 8 février 2021, WhatsApp met à jour les termes de son service ainsi que ses règles relatives à la vie privée, et les utilisateurs qui ne les accepteraient pas, se retrouveraient tout simplement dans l'incapacité d'utiliser l'application. Face à ce changement à la hussarde, plusieurs personnes dont Elon Musk, Edward Snowden et Jack Dorsey ont appelé à abandonner WhatsApp pour un autre service de messagerie et notamment Signal [3].
 
 
Petite consolation : WhatsApp indique qu'elle va arrêter d'identifier les contacts de l'utilisateur qui n'utilisent pas son application. « Si l'un de vos contacts n'utilise pas encore nos services, nous gérerons ces informations pour vous de manière à ce que ces contacts ne puissent pas être identifiés par nous" a expliqué la société. Mais seront-ils si nombreux que cela à quitter le navire ? Le record d'appels vidéos et vocaux enregistrés par WhatsApp -1,4 milliard- rien que pour le 31 décembre 2020, laisse planer le doute.
 
 
Signal submergé par les demandes d'inscriptions
La décision de WhatsApp d'identifier la collecte et le partage de données de ses utilisateurs, qui ne concerne que les utilisateurs hors d'Europe, fait transpirer la toile. Suite à cette annonce, le sémillant fondateur Tesla Elon Musk n'y est pas allé par quatre chemins et s'est fendu d'un tweet aussi court que percutant : «Utilisez Signal.» Cause à effet ou non, le service de messagerie chiffré open source s'est rapidement retrouvé débordé par un afflux de demandes de création de comptes causant d'inhabituels délais de réception des codes de vérification d'activation. « On travaille avec les opérateurs pour résoudre cela le plus rapidement possible. Tenez bon.» [4]
 
 
Les alternatives à WhatsApp
Si Signal suscite un intérêt marqué, d'autres services de messagerie sécurisée peuvent profiter de l'affaire WhatsApp. En premier lieu, il y a Telegram qui a vu le nombre de téléchargements augmenter sensiblement depuis la fin de la semaine dernière. Pavel Durov, son fondateur et CEO, a expliqué dans un blog, «J'ai entendu dire que Facebook a un département entier qui consacre à comprendre pourquoi Telegram est devenu si populaire » et d'ajouter « Je suis ravi de faire économiser des dizaines de millions de dollars à Facebook en lui disant que le secret est le respect des utilisateurs. »
 
Et si vous passiez par des solutions « Made in France» ? Loin du tumulte de WhatsApp, il existe des services hexagonaux de messagerie sécurisée. La première est Olvid. La start-up propose une solution avec un système d'échange de clé (via 4 chiffres) pour chaque utilisateur promet le développement d'autres services prochainement. Parmi les autres solutions françaises, citons Skred,  proposée par le groupe Skyrock et son groupe Pierre Belanger. Elle a été développée avec l'aide de l'Inria et revendique 8 millions d'utilisateurs. Enfin, n'oublions pas la messagerie sécurisée de l'Etat français, Tchap. Après un retard à l'allumage, le projet développé à l'époque par la Dinsic s'installe dans plusieurs administrations notamment l'armée.
 
Reste maintenant à savoir si face aux 2 milliards d'abonnés de WhatsApp, les messageries alternatives vont réellement peser. Vont-elles bénéficier d'un effet d'aubaine face au changement de politique de la filiale de Facebook ? Il est peu probable que l'on assiste à un reversement des positions.[4] Face aux nombreux utilisateurs quittant WhatsApp, l'application mobile retarde sa politique de confidentialité. La messagerie instantanée a annoncé le 15 janvier 2021 un report de trois mois de leur entrée en vigueur. Ce délai lui permettra, d'après elle, de s'adresser avec sa communauté pour  dissiper toute confusion[5]. Pour justifier ce retard, WhatsApp avance que « beaucoup d'informations erronées ont circulé, ce qui a créé de l'inquiétude». [6]. Malgré cette annonce de renoncer à ses nouvelles conditions d'utilisation, les utilisateurs ayant quitté ou qui ont maintenu l'usage de WhatsApp, restent sceptiques en ce qui concerne le sort destiné à leurs données personnelles. Les autres applications alternatives à WhatsApp sont-elles meilleures en terme de gestion de données ? Le débat reste ouvert !

[1] CHEMINAT, Jacques. Signal et Telegram profitent du dépit des utilisateurs de WhatsApp. In  «Le monde informatique». [ En ligne]. Publié le 11 Janvier 2021. [Consulté le 26 Janvier 2021]. Disponible sur : « https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-signal-et-telegram-profitent-du-depit-des-utilisateurs-de-whatsapp-81596.html»

[2] Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/WhatsApp

[3]  CHEMINAT, Jacques. Signal et Telegram profitent du dépit des utilisateurs de WhatsApp. In "Le monde informatique". [En ligne]. Publié le 11 Janvier 2021. [Consulté le 26 Janvier 2021]. Disponible sur : « https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-signal-et-telegram-profitent-du-depit-des-utilisateurs-de-whatsapp-81596.html»

[4] FILLIPONE, Dominique. WhatsApp impose le partage de données privées à la hussarde. In "Le monde informatique". [ En ligne]. Publié le 08 Janvier 2021. [Consulté le 25 Janvier 2021]. Disponible au : « https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-whatsapp-impose-le-partage-de-donnees-privees-a-la-hussarde-81578.html»

[5] LAUSSON, Julien. WhatsApp retarde finalement ses nouvelles règles controversées. In  « Numerama". [ En ligne]. Publié le 18 Janvier 2021. [Consulté le 24 Janvier 2021]. Disponible au 
 « https://www.numerama.com/tech/682941-les-utilisateurs-fuient-whatsapp-lapp-retarde-ses-nouvelles-regles-controversees.html»
[6] Ibidem. 

mardi 2 février 2021

Les tendances de l'archivage électronique

Avec la crise sanitaire, la signature manuscrite laisse majoritairement la place à la signature électronique. En effet, celle-ci a atteint un pic historique avec des hausses de plus de 200% des souscriptions enregistrées. Cependant, sur du long terme, les organismes sont-ils en mesure de garantir que telle personne a consenti tel acte électronique si la personne et le système de production n'existent plus ? [1]


La définition d'une signature électronique selon la réglementation eIDAS ?

 

Celle-ci permet de poser son consentement sur un document selon trois niveaux : 

- La signature électronique simple est dédiée aux accords à faible niveau de sécurité, 

- La signature électronique avancée est utilisée pour les documents à un risque juridique moyen,

- La signature électronique qualifiée détient le niveau de sécurité le plus élevé avec l'édition d'un certificat électronique pour identifier le signataire. [2][3]

 

Comment assurer la pérennité des documents signés électroniquement ?

 

Grâce au règlement eIDAS, il est mis à disposition des services numérique de confiance, en particulier : 

- Les certificats d'identité numérique, 

- Les cachets électroniques, 

- Un service de validation des certificats, 

- Un service lié à la préservation des signatures qualifiées (peu développé) [1][3].

 

Ce dernier service ne s'intéresse pas à l'association du document et de la signature. Or, archiver séparément le document et la signature, c'est un non-sens. Les deux doivent être conservés ensemble pour vérifier la conformité de la signature et prouver l'intégrité du document.

 

On peut noter que le format PadES (PDF Advanced Electronic Signatures) qui est le plus répandu intègre la signature dans le document.

 

Quel est le rôle du Système d'Archivage Electronique (SAE) ?

 

En France, l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Système d'Information) en charge des référentiels de qualification propose deux possibilités pour combler les manquants du règlement eIDAS.

  

1. L'enrichissement des signatures électroniques

 

Ce dernier consiste a resigner le document en adéquation avec les futures normes de sécurité pour se protéger des risques de falsification. Cette démarche engendre un coût non négociable. [1]

  

2. Le versement des documents dans un SAE selon la norme NF-Z-42-013

 

Le SAE substitue la maintenance cryptographique de l'objet signature, il donne la possibilité de traiter les documents en masse sans manipuler les fonds d'archives ou modifier l'objet signature.

 

L'empreinte numérique du document et de son contexte de signature représente l'élément de contrôle. En effet, une simple comparaison entre l'empreinte numérique initiale et celle recalculée dans le futur permettra de démontrer que le fichier est resté intègre.

 

L'utilisation d'un SAE représente deux avantages fondamentaux : 

- Elle limite l'impact économique (dû à la manipulation de l'objet signature),

- Elle est respectueuse de la philosophie de l'archiviste : ne pas intervenir sur le document. [3]

Vers un essor des plates-formes de SAE ?

En 2021, les entreprises et organisations devront se réinterroger sur la prévention à long terme des documents signés électroniquement. Cette préservation doit être adaptée en fonction des risques juridiques portés par le documents. [1]

 

Sources

[1] ARCHIMAG. Quelles sont les tendances de l'archivage électronique en 2021 ? Disponible en ligne (consulté le 02/02/2021) : <
https://www.archimag.com/demat-cloud/2021/02/02/signature-electronique-archivage-electronique-tendances-2021>

[2] ANSSI. Le règlement eIDAS. Disponible en ligne (consulté le 02/02/2021) : <
https://www.ssi.gouv.fr/entreprise/reglementation/confiance-numerique/le-reglement-eidas/>

[3]  XELIANS. Quelles sont les tendances de l'archivage électronique en 2021 ? Disponible en ligne (consulté le 02/02/2021) : <
https://www.xelians.fr/blog/archiviste/quelles-sont-les-tendances-de-larchivage-electronique-en-2021/>

mercredi 13 janvier 2021

Musique en temps de pandémie covidienne : comment les réseaux sociaux bouleversent la pratique musicale indépendante et professionnelle.

2020, année où la moitié de la planète a connu et continue de subir un confinement généralisé sans précédent, a changé définitivement notre rapport aux loisirs. Le secteur artistique, entre autres, est l'un des plus touchés, notamment celui de la musique. Cependant, entre désespérance et combativité, l'approche musicale par les réseaux sociaux pousse les musiciens professionnels à se renouveler et trouver une nouvelle énergie afin d'avancer et pour les amateurs, une visibilité renforcée de leurs pratiques musicales.


 
La violoniste Hilary Hahn - Musique connectée, © Getty / Hiroyuki Ito via France Musique.
 

La pandémie actuelle n'a pas seulement remis en cause notre lien à l'Autre, mais également notre rapport aux loisirs, aux arts et l'un des plus précieux : la musique. L'une des grandes joies de cet art était jusqu'en mars 2020, de pouvoir se rendre dans une salle de concert et écouter en "live" l'artiste dont la musique nous parle tant. [1]

Les professionnels de ce secteur, notamment les musiciens ont dû à la fois abandonner une grande partie de leurs revenus issus des concerts, mais également adopter une nouvelle relation de pratique face à une caméra, dans une salle de concert vide ou chez soi.

C'est le cas d' Hilary Hahn, violoniste américaine de renommée internationale, qui a lancé le 2 janvier 2021 le hashtag #100daysofpractice sur Twitter et Instagram où elle invite tous les artistes quelles que soient leurs disciplines, à continuer malgré la crise sanitaire de pratiquer leur art et travailler leur instrument. [2]. 100 jours qui mènent jusqu'au printemps afin de garder la vélocité des doigts et une combativité du travail mise à mal par la crise sanitaire.


Concerts gratuits en streaming

En Normandie, l'Opéra de Rouen a décidé  de poursuivre son activité et diffuse chaque semaine depuis le 20 novembre dernier,  des concerts en streaming, des œuvres originales et non des rediffusions qui plus est.[3]

Des mini concerts gratuits par des artistes de la scène internationale comme Norah Jones sous le hashtag #StayHomeConcert sur Youtube fleurissent depuis le début de la crise sur la plateforme. [4] Une initiative à la fois pour garder le lien avec leurs fans et continuer à nourrir leur art.

En Inde, dont la musique était dominée par l'industrie de Bollywood, a regagné sa place face au cinéma dont la crise a suspendu les sorties de films. Les concerts à distance explosent et permettent aux musiciens  indépendants de gagner un nouveau public et accroître leur visibilité. C'est le cas de Carlton Braganza qui a réalisé 70 concerts d'affilée sur Facebook à la demande de son public[5]. La plateforme de streaming indienne JioSaavn a vu une diversité grandissante dans les morceaux écoutés, laissant une plus grande place aux musiciens indépendants.[6]

La pratique musicale amateur aussi s'intensifie depuis plusieurs mois en France : une nette tendance à la baisse dans l'écoute de la musique et paradoxalement une hausse de la pratique, encouragée par les contenus de réseaux sociaux et les concerts improvisés aux fenêtres lors du premier confinement. [7]


Sources :

[1] THEVENIN, Frédéric. Musique : difficile de faire vivre un groupe en temps de Covid avec Sbroz. Le Journal de la Haute Marne. 11 Janvier 2021. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.jhm.fr/communes/chaumont/musique-difficile-de-faire-vivre-un-groupe-en-temps-de-covid-avec-sbroz/>

[2] MONTI , Rémy. Hilary Hahn, le monde de la culture au ralenti, son défi pour se remettre au travail. Radio Classique. 12 Janvier 2021. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/hilary-hahn-le-monde-de-la-culture-au-ralenti-son-defi-pour-se-remettre-au-travail/>

[3] LIONNET, Patricia. GUESSOUS, Sana. En Normandie, les artistes continuent à répéter malgré le confinement. 14 Novembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.paris-normandie.fr/id147083/article/2020-11-14/en-normandie-les-artistes-continuent-repeter-malgre-le-confinement>

[4] JONES, Norah. Mini Concert (Live from home 10-22-2020). [Vidéo en ligne]. 22 Octobre 2020. 20mn13. [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.youtube.com/watch?v=7Iu7oLsiKKI&ab_channel=NorahJonesAllADream>

[5] FIGARO avec AFP. La pandémie propulse une nouvelle scène musicale en Inde au détriment de Bollywood. 6 Décembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.lefigaro.fr/musique/la-pandemie-propulse-une-nouvelle-scene-musicale-en-inde-au-detriment-de-bollywood-20201206>

 [6] GERVAIS, Suzanne, prod. En Inde, la pandémie profite aux musiciens indépendants. [Texte, enregistrement sonore]. Musique connectée. Paris. France Musique. 6 janvier 2021. Quotidienne.  [en ligne]. [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.francemusique.fr/emissions/musique-connectee/musique-connectee-du-mercredi-06-janvier-2021-90601>

[7] JONCHERY, Anne. LOMBARDO, Philippe. Les pratiques en amateur et l'offre numérique plébiscitées pendant le confinement. Ministère de la Culture. 18 Décembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.culture.gouv.fr/Actualites/Les-pratiques-en-amateur-et-l-offre-numerique-plebiscitees-pendant-le-confinement>