mercredi 10 mars 2010

Les réseaux sociaux d'entreprise, un marché prometteur ?

Entreprise 2.0 ? Six millions quatre cent vingt mille réponses. Entreprise et réseaux sociaux ? Deux millions soixante dix mille réponses. C'est l'engouement ! Quelques mots et le moteur de recherche Google affiche les réponses par millions : les entreprises sont séduites par ce que le web peut offrir à leur organisation du travail. Mais quoi, au juste ?

Une connaissance de l'autre plus large, une expression libérée, une interactivité démultipliée, une nouvelle manière de prendre contact... Le cabinet de conseil Useo liste, dans une récente étude, les atouts des Réseaux sociaux d'entreprise. L'enthousiasme domine, mais les exemples abondent : mise en relation et échange avec les clients, partager les expertises et les ressources, propager les alertes, capitaliser les savoirs, animer des communautés...
La révolution informationelle est en marche. Le web 2.0 s'oppose au web 1.0, la collaboration 1.0 à la collaboration 2.0. Car, force est de constater, affirme Useo, les limites du groupeware centré sur le seul document. "Or, l'essentiel de la collaboration a lieu en amont et le document n'en est finalement qu'une des résultantes." "L'espace d'échange ne doit pas imposer de cadre qui viendrait freiner la collaboration."
Ainsi, avec le web 1.0, l'espace de partage est administré par un gestionnaire, avec le réseau social d'entreprise il l'est par chacun. Avec le web 1.0 les échanges ont lieu par mail, avec le web 2.0, la conversation domine, avec le premier le dépôt de documents réclame un classement, avec le second, un simple dépôt suffit, avec le premier, l'information est classée dans des taxonomies, avec le second, elle l'est grâce à la folksonomie, avec le premier l'accès à l'information nécessite une arborescence, avec le second une nuée de tags s'y est substituée.... "Cette forme de collaboration moins structurée, plus douce, permet de laisser foisonner les échanges et de créer un contexte d'intelligence collective", affirme le cabinet de conseil.
Si l'étude semble laisser de côté les immanquables atouts d'une documentation maîtrisée et d'un cadre structuré de l'information, elle n'en reste pas moins instructive sur une tendance : la séduction de l'outil et de ses propriétés (sociales) intrinsèques supposées. Entreprises privées ou publics y cèdent, des espaces collaboratifs sont mis en place, les serveurs de fichiers sont monnaie courante, les intranets abondent, la GED se développe... le paysage informationnel se transforme et les documentalistes se fraient un chemin...
Réseaux sociaux d'entreprise, une étude de 160 pages, à télécharger sur le site d'Useo ou à consulter en slide : se construire une identité numérique, constituer des espaces de taille raisonnable, gérer sa présence, configurer son bureau électronique... le marché est en plein effervescence, se félicite le cabinet de conseil.

lundi 8 mars 2010

La e-démocratie

Les gouvernements et les institutions proposent des services web pour faciliter les démarches administratives des citoyens et favoriser la communication directe avec les élus.
Afin de promouvoir ces services, il est important de privilégier des solutions simples telles que, par exemple, une interface unique avec des contenus courts et visuels, un référencement et une sécurité assurée.
La gestion de cette e-démocratie varie selon les pays. L'Allemagne proposera, dès novembre 2010, une carte d'identité qui fonctionnera en ligne. L'Espagne soigne son ergonomie mais néglige les méta-données, et par conséquent, le référencement. En Roumanie, la communication avec les élus, ainsi que la sécurité peuvent être améliorées.
Les gouvernements et les institutions investissent donc la toile.
L'ITPS (Institut de prospective technologique) leur recommande toutefois d'utiliser le web social pour communiquer. En effet, le web 2.0 connaît un énorme succès auprès des internautes mais les Etats ne semblent pas encore avoir intégré cette mouvance...

mardi 16 février 2010

Développement du numérique dans l'enseignement scolaire

Dernier en date des rapports parlementaires, celui remis lundi 15 février au ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel. Intitulé Réussir l'école numérique (Rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur la modernisation de l'école par le numérique), il établit douze priorités et soixante-dix mesures concrètes pour l'école de demain.
Principal axe envisagé par le député : l'introduction et la généralisation des TICE (Technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement). Le rôle de l'enseignant et de la pédagogie à tous les niveaux sont l'enjeu majeur du document. L'équipement seul ne suffit plus. Ce rééquilibrage doit s'opérer afin de rendre plus efficace la lutte contre l'échec scolaire et augmenter l'égalité des chances dans la réussite scolaire.
Reste à mettre en pratique un projet dont le financement et les réticences éventuelles du corps enseignant constituent les principales interrogations.

jeudi 4 février 2010

Google tente de concurrencer l'Ipad d'Apple

Après le lancement il y a moins d'une semaine de l'Ipad par Apple, Google fait jouer la concurrence sur ce marché embryonnaire avec un nouveau concept de tablette compatible avec le système d'exploitation mobile de Google : Chrome OS.



Chacun tente de répondre à des usages et des opportunités technologiques distinctes avec ses propres dispositions:

L'Ipad offre un ecosystème très dense, bien qu'il ne semble pas révolutionnaire en terme d'usages (Internet, photos, vidéos, jeux) et en terme d'évolution technologique majeure comme l'encre électronique. En effet, il ne dispose ni de webcam, ni de ports usb, ni de senseurs arrières, ni de clavier physique d'où un manque de confort. Toutefois, Apple envisage d'accroître sa maîtrise du hardware avec une batterie longue durée (10h d'autonomie) et un nouveau processeur. Ce terminal ne semble pas adapté aux livres et journaux électroniques : il ne dispose pas de mise en page ni de services spécifiques malgré une grande résolution pour la lecture des sites web (1024*768).

Il permet néanmoins une évidente transportabilité, est témoin d'une maîtrise de la chaine de distribution, de monétisation et d'encaissement par Apple. En effet, suite au rachat récent de Quattro Wireless, société spécialisée dans la publicité mobile, par Apple il semble que l'absence de Flash sur l'Ipad ait été pensé afin de bloquer toutes les régies publicitaires et imposer la sienne. L'Ipad fournit également un catalogue personnalisé d'applications plus complet grâce à la base d'utilisateur d'Apple, et du référencement de ces applications dans l'App Store.

Un concurrent à surveiller: Google et son Chrome OS

Contrairement à l'Ipad, Google envisage d'adapter Chrome OS à l'aide d'une nouvelle tablette, encore à l'état de projet mais réalisable à terme par le fabricant taïwanais HTC. Il a insisté sur la présence d'un navigateur web avec Flash et de la fonctionnalité multi-tâches permettant d'ouvrir plusieurs applications à l'inverse de l'Ipad. Chrome OS intègre également un outil de plus grande taille que l'Ipad et dispose d'un écran personnalisable. Il sera également moins coûteux. Il joue sur les "lacunes" d'Apple mais il reste à voir dans un avenir proche comment Google par ce nouvel outil fournira une nouvelle approche du multimédia.

Sources:

lundi 1 février 2010

Ados et multimédia aux USA : à plein temps

Selon la Kaiser Family Foundation les enfants et adolescents américains passent devant ou en interaction avec un écran 7h38 par jour, et si l’on décompose le temps des activités multitâches, cette moyenne atteint 10h45. En somme, bien plus de temps que les salariés ne passent au travail. Ce chiffre  surprenant est  issu d’une troisième étude menée sur un panel des jeunes âgés de 8 à 18 ans toutes catégories sociales et origines confondues. Sur 2000 jeunes interrogés, 700 ont rempli un questionnaire sous forme d’agenda de suivi de temps qu’ils ont consacré à l’usage de différents média sur une semaine.

Par rapport aux deux premières vagues de l’étude (1999, 2004), de la celle de 2009, publiée fin janvier 2010 montre que les usages de tous les média sont en augmentation, sauf un – lecture sur papier.

Le changement majeur depuis ces cinq dernières années est induit par une forte augmentation de l’usage de téléphone mobile et d’iPod : dans la tranche d’âge étudiée, la possession d’un mobile a grimpé de 39% à 66%, celle d’un iPod et lecteurs mp3 de 18% à 76%. Les jeunes les utilisent moins pour téléphoner que pour écouter la musique, jouer ou regarder des émissions télé.

Les activités on-line font également augmenter la consommation des média. Les jeunes chattent, tweetent, regardent You Tube, surfent sur les réseaux sociaux comme MySpace ou Facebook (74% des 12-18 ans ont leur propre profil sur un de ces sites). Par ailleurs, l’usage de sms n’est pas décompté comme une consommation de média, même si ce moyen de communication prend près d’une heure et demie par jour aux jeunes de cette tranche d’âge.

On pourrait sans doute débattre de la signification des moyennes issues d’un panel si large, couvrant l’âge de 8 jusqu’à 18 ans. Cependant, il permet d’apprécier par exemple le changement de comportement des préadolescents : le temps quotidien d’exposition aux média passe de 7h51 pour les 8-10 ans à 11h53  pour les 11-14 ans. Cette accession à ce que l’on pourrait appeler l’âge digital se fait pratiquement sans encadrement ni accompagnement. Pourtant, le comportement de cette génération préfigure les évolutions à venir…

d'après Ados et multimédia sur le blog ReadWriteWeb

lundi 25 janvier 2010

Trop de Succès pour Flickr…


Cela fait deux ans que la Bibliothèque du Congrès a confié la gestion de sa collection iconographique à Flickr, la banque d’images. L’initiative appelée The Commons (voir capture d’écran) proposait de regrouper et de mettre à disposition les collections d’images, libres de droit, de 31 organismes culturels (ex : Library of Congress, The Brooklyn Museum, Bibliothèque de Toulouse, etc.). Victime de son succès, Flickr a annoncé hier dans un communiqué que l’initiative ne s’étendrait pas à de nouvelles institutions. Techniquement, le Flickr de Yahoo ! ne serait plus en mesure de traiter de nouvelles demandes. Un récent article du blog « Affordance » parle d’un véritable «embouteillage ».



Quelles sont les raisons de ce succès ?

Flickr obtient une renommée et une crédibilité en terme de traitement d’images.
-Les institutions acceptant ce partenariat obtiennent une visibilité sur la toile sans payer.
-Le concept a de quoi séduire de nombreux organismes culturels.

Qu’est-ce que Flickr exactement ? Un outil de web 2.0 mis au point par Ludicorp (plus tard racheté par Yahoo!), il permet le partage d’images et de photos. Son public est professionnel comme amateur, chacun peut y déposer ses propres photos et consulter celles des autres. En 2009, la banque d’images comportait 3 milliards de documents. De nombreuses technologies rendent son utilisation participative et intéressante dans le cadre d’une mise à disposition d’images d’archive (comme dans le projet « The Commons ») : ainsi l’interface AJAX permet elle, entre autre, de laisser un commentaire et de "tagger" une photo. La mise à disposition comprend une consultation mais aussi une possibilité de téléchargement.

Et à l’avenir…Flickr s’impose comme un sérieux concurrent à des projets européens de numérisation de collection tel qu’Europeana ou Gallica. Son atout est de s’appuyer sur l’aspect accessible de Flickr qui avait déjà séduit de nombreux internautes. Une fois les problèmes techniques résolus, il y a fort à parier que The Commons-Flickr deviendra un véritable garant du patrimoine mondial en matière d’iconographie…

Ariane

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/01/embouteillages-dans-les-nuages-.html
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2008/01/la-bibliothque.html
http://blogs.loc.gov/loc/2010/01/library’s-flickr-site-celebrates-the-taggable-twos/

jeudi 21 janvier 2010

Heureusement, Twitter est là.

"Partagez et découvrez ce qui se passe en ce moment, partout dans le monde."
Telle est la promesse véhiculée par la signature de Twitter, qui aura pris tout son sens avec la catastrophe haïtienne du 12 janvier dernier.


Le séisme qui a dévasté l'île d'Haïti le ayant mis hors-service les moyens de communication traditionnels (téléphone, télévision, radio), toutes les rédactions du monde entier étaient complètement sourdes et aveugles et dépourvues de toute information sur ce qui se passait à Haïti. Les seules éléments dont ils ont pu disposé étaient relayés via Twitter par les quelques survivants qui disposaient d'une connexion internet encore en état de marche. Troy Livesay et Lisandro Suero, présents sur l'île au moment du séisme ont posté de nombreux commentaires et photos qui ont permis aux journalistes du monde entier, alors bloquées dans leurs rédactions, de diffuser les premières informations sur l'événement. “Nous venons de subir un tremblement de terre majeur ici à Port-au-Prince – les murs s’effondrent – nous allons tous bien – nous prions pour ceux qui vivent dans les bidonvilles”, "J’étais dans la rue après la dernière réplique, les gens étaient terrifiés, ils criaient et couraient dans toutes les directions" sont deux exemples de commentaires postés sur Twitter dans les heures qui ont suivi la catastrophe.

Il aura donc fallu une castastrophe humanitaire pour que Twitter (et par là même les autres media sociaux sur internet) démontre enfin une véritable utilité et surtout sa capacité à diffuser de l'information instantanée qui soit utilisable. Car jusqu'ici, l'intérêt de Twitter pouvait sembler assez léger. Les messages intéressants sont souvent noyés par ceux dénués de tout intérêt postés par les fameux Kikoolol, internautes qui passent leurs journées à raconter chaque minute de leur quotidien qui, au final, se révèle encore moins passionnant que le nôtre.

Une fois les premiers équipes JRI débarquées sur lîle, les médias traditionnels ont repris le leadership sur la diffusion de l'information. Mais le rôle de relai d'information de Twitter ne s'est pas arrêté pour autant. Les parents ou amis d'habitants de l'île postent des messages avec des liens hypertextes pointant vers des fiches de personnes portées disparues comme celle-ci, destinées à être remplie par ceux ou celles qui sauraient si ces personnes sont vivantes ou non.

La crise haïtienne vue par Twitter aura sans doute porté un coup fatal au vieux principe du One to All au profit du One to One, principe fondateur de la diffusion d'information né avec Twitter et les media sociaux sur internet. Une chose est sûre, Twitter aura marqué des points quant à la reconnaissance de son statut de media à part entière, dépassant largement l'effet de mode qu'il a suscité à ses débuts.