mardi 20 novembre 2018

Le Big Data, nouvel eldorado des politiques de santé ?


Le 12 octobre 2018, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, se félicitait de la création d'un Health Data Hub, lequel s'inscrit dans la volonté de refondation de notre système de santé voulu par le président Macron. L'objectif de ce nouveau dispositif : "mettre le patrimoine mondial des données de santé au service de la recherche, des professionnels de santé, des citoyens [...] et de la puissance publique" (1). Un vaste programme, qui interroge certes la notion de protection de données personnelles... et qui invite à repenser le corps social ?

Le 12 juin 2018, dans la droite ligne de la stratégie nationale d'intelligence artificielle française portée par le rapport Villani, la ministre de la Santé annonçait le lancement de la mission de préfiguration d'une plateforme d'exploitation des données, mission confiée à Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees (direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques).
Le rapport final, rendu public le 12 octobre dernier, présente la feuille de route de la mise en place du Health Data Hub, une plateforme destinée à collecter toutes les données et innovations dans le domaine de la santé. Son intérêt n'est pas seulement économique, mais souligne les bénéfices d'une médecine préventive et prédictive, d'un partage plus efficace des informations du patient par tous les intervenants de la santé. 

Quelques mois auparavant, la France adoptait le règlement général sur la protection des données personnels (RGPD). Les données de santé étant considérées comme sensibles, elles doivent être encadrées par des dispositions particulières, comme le rappelle la CNIL. Or, si le rapport de la Drees n'omet pas de souligner que la donnée n'est pas la propriété de son producteur, il ajoute toutefois qu'"en dehors du cadre strictement légal, il est nécessaire de procéder à la large diffusion de la culture de la donnée" (p. 20 du rapport). 

Des questions restent en suspens (qui pourraient d'ailleurs intéresser le Projet open data impact de la Fing). Quid de l'interopérabilité des données de santé entre le patient et les soignants ? Quid du cycle de vie de la donnée personnelle ? D'autant que, même si le cadre juridique français peut être considéré comme un des meilleurs, dans la société numérique, le droit est souvent dépassé par les progrès technologiques, comme le rappelle une juriste en droit public, sans parler de l'hétérogénéité des législations entre les nations (2). Ces questions entre éthique et juridique seront à l'ordre du jour du prochain Technolex 2018, qui se déroulera le 28 novembre prochain au collège des Bernardins, à Paris, sur le thème "Opportunités et nouvelles règles du jeu", avec un focus sur l'e-santé.


Sources :

(1) Citée par JOST C., "Agnès Buzyn crée un Health Data Hub : un guichet unique de partage des données de santé", Archimag, le 18-10-2018 [consulté le 19-11-2018],
http://www.archimag.com/univers-data/2018/10/18/agnes-buzyn-health-data-hub-guichet-partage-donnees-sante
(2) N'DA B., "L'encadrement juridique de la gestion électronique des données médicales", thèse de doctorat en droit public, université de Lille-2, http://www.theses.fr/2014LIL20022

mercredi 14 novembre 2018

Faire rimer transformation numérique et transition écologique

Depuis plusieurs mois, les études sur la consommation énergétique du numérique se multiplient. Le développement du bitcoin, gros consommateur d'énergie [1], puis de la technologie blockchain appliquée à d'autres applications interrogent, à l'heure où les signaux d'alerte de la planète sont au rouge. En septembre, 700 scientifiques français lançaient un appel pour le climat [2]. Un point sur le coût écologique de la transformation numérique dans les entreprises s'impose pour les professionnels de l'information.


Tout comme nous nous sommes adaptés à la dématérialisation de nombreuses démarches dans notre vie quotidienne, les entreprises ont largement entamé leur phase de dématérialisation. D'abord présentée comme vertueuse de l'environnement grâce aux économies matérielles qu'elle permet (réduction des volumes de papier, réduction des transports), la visibilité des coûts n'a pas été immédiate pour les utilisateurs. Les mots "immatériel" ou "virtuel" ont induit en erreur sur le long terme [3].

Désormais, un discours de mise en garde sur l'empreinte écologique générée par les activités numériques émerge. Les volets sont très nombreux : fabrication du matériel informatique, consommation électrique de tous les équipements informatiques et du stockage des données... D'après le CNRS, "Ordinateurs, data centers, réseaux...engloutissent près de 10% de la consommation mondiale d'électricité. Et ce chiffre ne cesse d'augmenter"[3]. 
Les entreprises en prennent-elles la mesure ? En France, d'après une étude menée par WWF et WeGreenIt, les entreprises obtiennent la note de 59/100 [4]. Une bonne moyenne, à ceci près que seules 24 des 150 entreprises sélectionnées ont répondu à cet appel. Toujours selon cette étude, les entreprises seraient très immatures en terme de conception responsable de leur services numériques ; la plupart des personnes interrogées n'avaient pas conscience de cet enjeu. Le sujet peine à devenir grand public, et pourtant, il n'est pas anecdotique dans la démarche de transformation numérique. 
D'après le WWF et WeGreenIt, c'est aujourd'hui que les bonnes pratiques et usages doivent être intégrés, au risque de prendre du retard, d'augmenter considérablement l'empreinte carbone des entreprises, de participer au réchauffement climatique, à la dégradation des éco-systèmes et des ressources de la planète. La transformation numérique doit désormais rimer avec transition écologique. S'il est aujourd'hui très difficile d'établir des comparaisons de coûts énergétiques entre les système "matériel" et "immatériel", et d'en approuver l'un par rapport à l'autre, il est nécessaire de se s'informer dès maintenant sur des solutions alternatives, optimisées et répondant à des critères environnementaux. 
Le professionnel de l'information, amené à travailler au cœur de la transformation numérique aura à cœur de se tenir informé sur ce sujet dès à présent. 


[1] Sylvand, Christine. Le Bitcoin : un coût énergétique excessif ?. En ligne sur Techniques de l'ingénieur. Publié le 9 novembre 2018 : [Consulté le 14 novembre 2018]. https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/le-bitcoin-un-cout-energetique-excessif-60023/#reagir-article

[2] La rédaction du Monde avec AFP. Climat : 700 scientifiques lancent un appel. Publié le 8 septembre 2018 : [Consulté le 14 novembre 2018]. https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/08/climat-700-scientifiques-francais-lancent-un-appel_5351987_823448.html

[3] Cailloce, Laure. Numérique, le grand gachis énergétique. En ligne sur CNRS Le journal. Publié le 5 mai 2018 : [Consulté le 14 novembre 2018]. https://lejournal.cnrs.fr/articles/numerique-le-grand-gachis-energetique

[4]Moracchini, Stéphane. La transformation numérique, chance ou danger pour l'écologie. En ligne sur Collaboratif-info. Publié le 12 octobre 2018 : [Consulté le 14 novembre 2018].
 http://www.collaboratif-info.fr/edito/la-transformation-numerique-chance-ou-danger-pour-lecologie

Pour en savoir plus sur la consommation numérique : 
Nicolas Martin. La méthode scientifique. Consommation numérique : la fabrique à CO2(.0). En ligne sur France Culture. Publié le 17 Octobre 2018 : [Consulté le 17 Octobre 2018].
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/consommation-numerique-la-pompe-a-co20

lundi 12 novembre 2018

Wikipedia : bleu pour les filles, rose pour les garçons

Garçons trop confiants, fille plus défiantes. Et si le genre donnait le ton  de la recherche documentaire sur Wikipédia ?

A l'heure où le CDI, la bibliothèque sont parfois peu fréquentés en raison d'horaires inadaptés, voire d'espace d'accueil peu convivial, l'encyclopédie collaborative, est à la fois un outil de recherches validé auquel on accorde une confiance épistémique mais dont la réputation reste parfois controversée. La défiance vient surtout des filles, évaluatrices plus prudentes et sensibles aux risques informationnels. Voilà ce que démontre une étude réalisée d'après un questionnaire soumis à 841 élèves âgés de 11 à 25 ans. A tout âge et tout niveau d'études, les filles ont une foi moindre que les garçons dans ce support, idem pour l'information issue des blogs et réseaux sociaux. Elles sont aussi plus sensibles aux jugements négatifs d'autrui sur Wikipédia. Un point d'accord toutefois :  les deux parties ont l'impression de capter le même niveau de connaissance informationnelle. Des tendances générales que ce chercheur de l'Université de Toulouse 2 souhaiteraient bien mettre à profit pour ouvrir le débat  sur les enjeux et modalités d'une personnalisation de l'éducation aux médias et à l'information. Car même si la jeunesse n'est pas une catégorie homogène, le genre constitue bien une variable ayant des effets sur les représentations d'une source d'information prisée par tous ceux qui étudient.

Source :

Gilles Sahut, Les jeunes et Wikipédia : un rapport genré ?, LERASS-Laboratoire d'Etudes et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01916490v1

jeudi 31 mai 2018

La médiathèque Les 7 lieux à Bayeux


La médiathèque de Bayeux va ouvrir ses portes début janvier 2019 [1]. Il y a trois mois, son nom était choisi: "Les 7 lieux". Tiens, des bottes magiques qui invitent petits et grands au voyage ? Qui nous emmènent très loin et très vite sur des îles mystérieuses ? Le conte de fée commence sur la route du Molay-Littry ...

La médiathèque intercommunale Les 7 lieux proposera 7 espaces principaux : un café presse, une galerie d’exposition, un forum de 80 places en gradins, un laboratoire, une salle de travail, un plateau réunissant les collections et un jardin de 100 m2. Plus encore en suivant le hashtag #Les7lieux, Nicolas Beudon -@Mr_Kochka sur Twitter- responsable de la future médiathèque, précisait le 18 mai: "Bayeux c'est 14 000 habitants, Bayeux intercom [l'intercommunalité] 30 000 hbts. L'équipe : 14 titulaires. Les espaces accessibles au public : 2 500m2. Je précise tout cela parce que la plupart des gens autour de moi imaginent le double!

Voici donc une médiathèque dont la construction a été commentée sur Twitter, photographiée sous tous les angles en pleine construction et médiatisée à souhait. Médiathèque à la taille finalement modeste, comme le rappelait dans son tweet Nicolas Beudon, certes, mais au vécu déjà long sans être ouverte au public ... L'originalité de la démarche annoncée se lit dans un poster [2] : merchandising (captation de l'attention des usagers), Design thinking, Design UX, pas de Dewey (mais classement par thématiques), prêts des objets entre usagers, éduquer aux médias et à l'information mais aussi plus classiquement développer la lecture publique, valoriser la mémoire locale...Mot d'ordre : "Les usagers au centre !" dans un lieu de savoir et de savoir-faire, entre chez soi et le travail...
Source : site de la ville de Bayeux

Ce sont les anciens usagers de l'ancienne médiathèque qu'il faut re-fidéliser. Ainsi, ils sont invités à participer à la végétalisation de la nouvelle médiathèque. Les Bayeusain-es doivent récupérer une bouture de plante dans l'ancienne médiathèque pour la ramener, grandie, à l'ouverture de la nouvelle. Un beau symbole ? L'équipe a aussi organisé un Biblioremix "3 jours pour imaginer la nouvelle médiathèque": brainstorming sur une bibliothèque idéale, "focus group" dans la bibliothèque municipale pour préciser ce que l'on aime ou pas, et atelier Sketchup pour réfléchir à l’aménagement intérieur de la future médiathèque. D'autres Biblioremix sont prévus.

 Les sources de ces idées ? Nicolas Beudon qui va diriger cette médiathèque n'est pas avare de sources livresques et autres dans son blog [3]. Il semble qu'en sus de communiquer, partager un savoir, le projet de son équipe et des personnes qui l'accompagnent, soit d'apprendre...à faire ! Les bibliothèques troisième génération deviendraient donc des ateliers, foyers, studios de mille et une activités : des lieux entourés de livres de mille et une matières...


Sources :

[1] Marie, Eric. Bayeux. La médiathèque s'appellera "Les 7 lieux". Ouest-France. <https://www.ouest-france.fr/normandie/bayeux-14400/bayeux-la-mediatheque-s-appellera-les-7-lieux-5599490>. Consulté le 28/05/2018.

[2] Les 7 lieux au congrès de l'ACIM.<http://lrf-blog.com/2018/03/13/acim/>.  Consulté le 29/05/2018.

[3] Le recueil factice, biblioblog : blog tenu par Nicolas Beudon, conservateur de bibliothèque. <http://lrf-blog.com/a-propos-2/>. Consulté le 31 mai 2018.

mardi 29 mai 2018

Qu'est-ce qu'un Learning center ?

Selon le dictionnaire de l'ENSSIB, l'expression "Learning center", traduite par centre d'apprentissage, est apparu il y a moins de 10 ans [1]. On peut dire que ce sont des "BU, nouvelle génération" [2], autrement dit, les Learning center traceraient "l'avenir des bibliothèques universitaires". Si le lieu appartient bien à la famille des bibliothèques, quelles sont donc ses caractéristiques propres? 


"Le Groupe ESSEC est un établissement d'enseignement supérieur spécialisé en gestion et management d'entreprise. Réparti sur 3 campus : Cergy, La Défense et Singapour, il accueille près de 4 400 étudiants en formation initiale dont plus de 30% d'étudiants étrangers et 6000 managers en formation permanent par an. Au sein de cette institution, le Knowledge-Lab a pour mission de développer, promouvoir et accompagner l'usage des expériences, contenus et outils digitaux pour la pédagogie et la recherche." [3] Le "Knowledge-Lab" ou "K-Lab", est un autre nom pour le Learning center de cette école de commerce. Cette courte présentation permet de déterminer deux caractéristiques importantes d'un Learning center : l'utilisation des outils digitaux dans un lieu de travail dédié à la pédagogie et a fortiori au travail en équipe. Autrement dit le Learning center est faire pour le travail collaboratif, la co-construction des savoirs, la production participative appelée aussi "crowdsourcing". Cette nouveauté est-elle source de changements profonds ou représentative de bibliothèques universitaires qui fonctionnent de façon "modernes" [4], comme l'écrivait non sans malice, Silvère Mercier en 2010, suite à la publication du rapport à ce sujet de l'inspectrice des bibliothèques Suzanne Jouguelet [5]?

Ce rapport rappelait que le nom, en anglais, marquait l'origine du concept. La première réalisation nominative d'un tel lieu fut en Grande-Bretagne en 1996 à l'Université de Sheffield Hallam. Ainsi, les deux caractéristiques principales d'un Learning center - à savoir : lieu d'accès privilégie aux outils numériques; lieu de pédagogie et de recherche - s'incarnent dans un espace architectural spécifique. Le groupe ESSEC propose des "bulles" mais aussi un "studio self-service pour filmer ses projets". Le Learning center de l'Université Paris-Saclay devrait offrir sous peu "un hall d'exposition, un auditorium, un espace de détente, une brasserie et un patio dans un environnement accueillant et convivial." [6] Cet aspect convivial semble être une autre facette du projet : le Learning center est aussi un lieu de sociabilité, central dans une université. Ainsi, dans le Learning center de l'Université de Lille, le Lilliad, on peut "expérimenter l'innovation pédagogique" dans la salle "Y", espace de 80m2 avec un équipement numérique de pointe : des vidéoprojecteurs, une caméra 360°, un système de son, une imprimante 3D, 40 boîtiers de votre électronique [7]. Le bâtiment ouvert en 2016 s'auto-promeut avec un maître-mot : l'innovation pédagogique [8].

Innovation, pédagogie innovante, recherche, un autre exemple de Learning center est celui de Lausanne qui porte le nom, avec plus ou moins de bonheur, d'un de ses contributeurs financiers : le  Rolex Learning center. Il symbolise habilement une certaine architecture du savoir. La lumière baigne ce "paysage intérieur" [9] fait de pentes douces, de continuité de l'espace sur un seul niveau, sans hiérarchie spatiale, de décloisonnement total. Ce choix architectural permet une ouverture de la bibliothèque au public, de manière la plus large possible. L'espace est donc pensé à l'image des changements de paradigmes des sources du savoir : l'avènement du numérique. Au Rolex Learning center : "Le personnel de la bibliothèque ne gère plus les commandes de livres en magasin et le guichet de prêt est remplacé par des bornes automatiques. Il dégage du temps pour conseiller les étudiants dans leurs recherches et leur apporte des réponses personnalisées et individualisées. Les bibliothécaires sont disponibles tous les jours jusqu'à 20h et sont relayés par des moniteurs étudiants jusqu'à minuit." [10]


Sérendipité de l'espace (faite de trouver par hasard ce que l'on ne cherchait pas), peu de signalétique, omniprésence du blanc et de la lumière, hybridation fonctionnelle : la bibliothèque du futur, troisième lieu, se caractérise par son adaptation aux nouvelles sources documentaires et aux nouveaux rapports entre usagers et bibliothécaires. Elle est aussi un lieu adapté à son temps.

Le Rolex Learning center à Lausanne    Source : Aparpa



[1] Dictionnaire de l'ENSSIB : Learning center. Notice créée le 23 février 2015. <http://www.enssib.fr/le-dictionnaire/learning-center>.  Consulté le 29/05/2018.

[2] Blitman, Sophie. Les learning centers, ces BU nouvelle génération. EducPros by l'Etudiant. Publié le 7 mai 2015. http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/les-learning-centers-ces-bu-nouvelle-generation.html. Consulté le 29/05/2018.

[3] Site de l'ESSEC Business School.http://learningcenter.essec.fr/. Consulté le 29/05/2018.

[4] Blog Bibliobsession. Blog de Silvae. Billet de blog publié le 20 janvier 2010.  <http://www.bibliobsession.net/2010/01/20/les-learning-centres-sont-des-bibliotheques-universitaires-modernes/>. Consulté le 29/05/2018  : "Bon prétendre réinventer un modèle de bibliothèque pour décloisonner l'ancien en le toilettant et en le dotant de moyens, pourquoi pas...(soupir). Un Learning center, au fond, c'est une Bibliothèque universitaire moderne qui fonctionne bien."

[5] Jouguelet, Suzanne. Les Learning centres : un modèle international de bibliothèque intégrée à l'enseignement et à la recherche. Rapport à madame la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Décembre 2009. 66 p. <http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2009/33/6/Rapport_Learning_Centers_7-12_RV_131336.pdf>. Consulté le 29/05/2018.

[6] Site de l'Université Paris-Saclay. <https://www.universite-paris-saclay.fr/fr/learning-center>. Consulté le 29/05/2018.

[7] Site de l'Université de Lille. <https://lilliad.univ-lille.fr/vivre-linnovation/experimenter-linnovation-pedagogique>. Consulté le 29/05/2018.

[8] Site de l'Université de Lille. <https://lilliad.univ-lille.fr/decouverte/combinaison-inedite>. Consulté le 29/05/2018.

[9] Architectures : le Rolex Learning center. Réalisé par Juliette Garcias. ARTE France, Les Films d’Ici, Musée du Louvre, Ministère de la culture et de la communication / Direction générale des patrimoines, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Centre Pompidou. 2013 (DVD 8). <https://www.youtube.com/watch?v=v57KDwRpJVk>. Consulté le 29/05/2018.

[10] Vettoruzzo, Cécile. Le Learning centre de Lausanne : prototype de la bibliothèque du futur? Mémoire d'étude. Diplôme de conservateur de bibliothèque, Université de Lyon. Sous la direction de Michel Melot. Janvier 2013. 93 p. <http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/61342-le-learning-centre-de-lausanne-prototype-de-la-bibliotheque-du-futur.pdf>. Consulté le 29/05/2018.


mercredi 23 mai 2018

Hey Google, quoi de neuf ? Les 5 grandes annonces de Google I/O 2018

Du 8 au 10 mai s'est tenue la conférence annuelle de Google I/O* dans l’amphithéâtre Shoreline,  à Mountain View (Californie). Cette année, on a beaucoup (plus) parlé de l'intelligence artificielle chez Google. Un véritable virage stratégique a pu être observé vers davantage d'IA. En effet, juste avant le keynote, Google a annoncé d'avoir renommé sa branche Google Research en Google AI. Ce changement indique que Google recentre de plus en plus son R&D sur la vision par ordinateur, le traitement du langage naturel et le machine learning. Les cinq plus grandes annonces du keynote du premier jour l'illustrent également (voir la vidéo complète ici).


Google Assistant : la fonctionnalité de "Conversation continue" et Google Duplex

On attend, dans les semaines qui viennent, la mise à jour de Google Assistant, avec une nouvelle fonctionnalité "Conversation continue". Son but est de rendre la conversation avec Assistant plus naturelle et plus fluide, en disant "Hey Google" ou "OK Google" seulement la première fois, et non plus à chaque fois que l’on veut énoncer une commande. Il sera également possible de poser plusieurs questions dans la même requête. 
Une nouveauté qui a suscité beaucoup de réactions mitigées : avec la nouvelle fonctionnalité Google Duplex, Assistant pourra même passer des appels à votre place pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur ou réserver un restaurant.
Quand les premières protestations en lien avec l'éthique se sont élevées (et les premiers montages sur les dérives possibles), Google a finalement rappelé que Duplex n'était pour l'instant qu'une expérimentation et expliqué que si Duplex était aussi efficace pour imiter l'homme, c'est parce qu'il navigue dans "un domaine fermé", sur lequel il a été longuement entraîné pour s'adapter aux situations.
Néanmoins, Google se positionne déjà en tant qu'acteur important en matière d'agents conversationnels.

Google Assistant sur Google Maps

Cet été, Google Assistant arrive sur Google Maps, il sera disponible sur iOS et Android. Cette amélioration vise à fournir des recommandations plus personnalisées aux utilisateurs, et davantage géolocalisées.
En combinant Google Maps avec Street View, l'application va se rapprocher de plus en plus de la réalité augmentée : avec l'aide de Google Lens, on pourra identifier les bâtiments, les races de chiens, etc. Un renard apparaîtra pour vous guider.

Google Photos reçoit un coup de pouce de l'IA

Google Photos permettait déjà de corriger les photos ; avec des outils d'édition intégrés et des fonctionnalités alimentées par IA on pouvait créer automatiquement des collages, des films et des photos personnalisées. La nouvelle application plus augmentée permettra de faire encore plus de corrections automatiquement : colorisation de photos en noir et blanc, correction de luminosité, rotation, ajout de touches de couleur.

Google Actualités

Pour concurrencer Facebook et son "fil d'actualité", Google prévoit une version améliorée de Google Actualités. La fonctionnalité "couverture complète" va permettre de remonter aux sources d'une actualité et de mieux la comprendre. De cette manière Google vise également à lutter contre la désinformation. En outre, il sera possible de "soutenir les éditeurs auxquels on fait confiance" en s'abonnant aux différents journaux via Google et de voir leur contenu numérique version abonnés sur le fil Google.

Digital Wellbeing selon Google


Durant le keynote Google a présenté également sa nouvelle initiative Digital Wellbeing, qui vise à améliorer le bien-être mental en combattant la FOMO ("Fear Of Missing Out") et en recherchant davantage d'équilibre entre vie digitale et vie réelle. Les utilisateurs Android pourront surveiller leur activité sur mobile grâce à un tableau de bord. Une appli "nounou numérique" permettra de désactiver automatiquement certaines applications sur lesquelles on passe trop de temps, ou d'annoncer certaines notifications seulement à un horaire choisi. Il y aura plus de discipline sur YouTube également : si vous regardez trop de vidéos, on vous proposera de faire une pause...


Google travaille dur pour séduire ses utilisateurs : des réponses à toutes vos questions, une plateforme pour les photos, des informations personnalisées... Et si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ! Chaque cas d'utilisation de Google lui offre davantage de données et aide son IA à mieux apprendre, ce qui améliore non seulement l'expérience utilisateur de Google, mais également ses outils et ses propres services. Google, par son ADN est une société qui a besoin d'une masse de données importante pour son évolution.

Inquiets ? Google assure déjà être en conformité avec le RGPD. Pas convaincu ? Il existe toujours des alternatives...



*Le "I" et le "O" signifient respectivement "Input" et "Output"

Pour en savoir plus

Montet, Phane. Google Duplex donne une voix humaine aux assistants vocaux. in Usbek & Rica. 10/05/2018. En ligne sur https://usbeketrica.com/article/google-duplex-donne-une-voix-humaine-aux-assistants-vocaux [consulté le 17/05/2018]

Pardes, Arielle. Google and the Rise of 'Digital Well-Being'. in Wired. 09/05/2018. En ligne sur https://www.wired.com/story/google-and-the-rise-of-digital-wellbeing/ [consulté le 17/05/2018]

Deloffre, Xavier. Historique de Compte Google : comment contrôler les historiques de recherche. in facemweb. 12/05/2108 https://facemweb.com/notoriete-sur-le-web/historique-compte-google [consulté le 17/05/2018]

Perez, Sarah. Google and Levi’s ‘connected’ jacket will let you know when your Uber is here. in Techcrunch. 14/05/2018. En ligne sur https://techcrunch.com/2018/05/14/google-and-levis-connected-jacket-will-let-you-know-when-your-uber-is-here/ [consulté le 17/05/2018]

Blandin, Tiffany. Le prêtre qui murmure à l’oreille des GAFA. in Usbek & Rica. 05/05/2018. En ligne sur https://usbeketrica.com/article/le-pretre-qui-murmure-a-oreille-des-gafa [consulté le 17/05/2018]

Lausson, Julien. Le nouveau Google News est disponible sur iPhone et iPad. in Numerama. 16/05/2018. En ligne sur https://www.numerama.com/politique/367182-ce-qui-va-changer-dans-google-news.html [consulté le 17/05/2018]

Marien, Sebastien. Google va permettre à son "Assistant" de téléphoner à votre place. in Datanews. 09/05/18. En ligne sur http://datanews.levif.be/ict/actualite/google-va-permettre-a-son-assistant-de-telephoner-a-votre-place/article-normal-837683.html [consulté le 17/05/2018]

mercredi 2 mai 2018

Du Bruit et de l'Archivage

Un cri de perroquet d'Amérique du Sud, des pleurs de bébé, une horloge ou des applaudissements, des bruits de pas, de cloches, de clés dans une serrure, des chants d'oiseaux, etc... Autant de sons à écouter, réécouter, à superposer, à télécharger, accessibles et mis en ligne par la BBC.

La radio britannique met donc gratuitement plus de 16 000 effets sonores sur le site suivant BBC Sound Effects [1].  Cette  mise en ligne rentre dans le cadre du projet RES (Research and Education Space) comme le fait apparaître l'article de Geekzone [2].
Ce Projet "Research and Education Space" [3] vise à faciliter l’accès du public (enseignants,étudiants, etc.) non seulement aux archives de la BBC mais aussi à celles d'autres grandes institutions britanniques comme le British Museum ou encore la British Library

Ils peuvent bien sûr être écoutés en ligne mais aussi téléchargeables au format Wav. Il est possible de demander la permission à la BBC (et payer alors  une redevance) dans le cas d'un usage commercial, toute publicité ou sponsoring utilisant ces fichiers et en respectant les conditions spécifiées à l'article 4.f de la RemArc Licence [4] comme l'indique bien l'article de Fleur Labrunie [5]. L'article  de  Clémence Jost d'Archimag complète ces conditions en rappelant qu'ils peuvent être utilisés gratuitement à des fins personnelles, éducatives ou de recherche [6].

D'autres projets sonores complémentaires sont aussi mis en en avant comme "Conserve the Sound" [7] comme le montre le billet de blog de Libération [8], projet aussi cité par Julien Lausson [9]. "Conserve the Sound", né en 2013, a un objectif très simple : archiver le bruit des appareils qui étaient autrefois utilisés. Il met ainsi en avant les archives sonores du quotidien, rappelant à notre bon souvenir le bruit du magnétoscope ou encore celui du moulin a café.

Nous pouvons y retrouver alors les bruits des appareils et gadgets autrefois populaires comme celui d'un tampon de bibliothèque (familier aux lecteurs ayant connu l’époque où l'on tamponnait leur carte de lecteur), ou encore le son très caractéristique des toutes premières connexions à internet des années 90, à l'époque où celles-ci fonctionnaient à partir des lignes téléphoniques [6].

"Conserve the Sound" est financé par l'organisme allemand de "Film- und Medienstiftug NRW" [10], organisme de financement pour les films tant télévisuels que cinématographiques. C'est un projet participatif, c'est à dire que chacun peut y contribuer et l'enrichir avec ses propres photos et vidéos. Pour cela, il suffit de contribuer, par le biais d'une page dédiée [11] et en respectant quelques règles de format, de nommage, etc. 

Nous avons donc la possibilité de retrouver grâce non seulement à la BBC mais aussi à "Conserve The Sound" nos "madeleines de Proust" sonores. 


Sources :

[1] BBC Sound Effects  http://bbcsfx.acropolis.org.uk/ [Consulté le 2 mai 2018] 

[2] CAFEINE, La BBC vous offre 16 000 effets sonores, Geekzone, 23 avril 2018, https://www.geekzone.fr/2018/04/23/la-bbc-vous-offre-16-000-effets-sonores/  [Consulté le 2 mai 2018]

[3]  Projet RES (Research and Education Space) https://bbcarchdev.github.io/res/ [Consulté le 2 mai 2018]

[4] La remarcLicence,
https://github.com/bbcarchdev/Remarc/blob/master/doc/2016.09.27_RemArc_Content%20licence_Terms%20of%20Use_final.pdf  [Consulté le 2 mai 2018]

[5] LABRUNIE, Fleur, La BBC ouvre une base de données gratuite de 16 000 effets sonores, Numerama, 23 avril 2018, https://www.numerama.com/tech/349315-la-bbc-ouvre-une-base-de-donnees-gratuite-de-16-000-effets-sonores.html [Consulté le 2 mai 2018] 

[6] JOST, Clémence, Télécharger gratuitement 16 000 effets sonores issus des archives de la BBC, c'est possible !, Archimag, 24 avril 2018, http://www.archimag.com/archives-patrimoine/2018/04/24/telecharger-gratuitement-16000-effets-sonores-archives-bbc, [Consulté le 2 mai 2018] 

[7] Conserve The Sound, http://www.conservethesound.de/  [Consulté le 2 mai 2018]

[8] Libération, La BBC met en ligne gratuitement 16 000 effets sonores, 23 avril 2018, http://www.liberation.fr/direct/element/la-bbc-met-en-ligne-gratuitement-16-000-effets-sonores_80910/  [Consulté le 2 mai 2018]

[9] Lausson, Julien, Nostalgiques ? Ce site vous permet de réécouter les bruits de vos vieux appareils, Numerama, 15 avril 2018 , https://www.numerama.com/tech/344164-conserve-the-sound-site-reecouter-bruit-dappareils-anciens.html [Consulté le 2 mai 2018]

[10] Film- und Medienstiftug NRW, https://www.filmstiftung.de/en/about/team/ [Consulté le 2 mai 2018] 

[11] Contribuer à "Conserve The Sound" http://www.conservethesound.de/en/upload  [Consulté le 2 mai 2018]