Blog de veille des chefs de projet en ingénierie documentaire et gestion des connaissances en formation à l'INTD-Cnam
lundi 19 novembre 2012
Les 7 piliers de l’économie du document par Jean-Michel Salaün
Dans le cadre de la démarche des COurs Ouverts Pour Tous (COOPT), Jean-Michel Salaün a mis en ligne vendredi 16 novembre sur son blog, un cours introductif à l’économie du document qu’il a choisi de présenter sous la forme de sept piliers, comparant point par point la vie d’un exemplaire de journal avec celle d’une baguette de pain [1]. Ces sept piliers sont l’occasion pour lui de croiser des concepts issus de la documentation avec des notions empruntées à l’économie.
1. La destruction
Ou plutôt la non-destruction du document par opposition à la destruction par la consommation de la baguette de pain. Salaün en profite ici pour rappeler le concept de bien non-rival. Un journal, en particulier sous sa forme dématérialisée, est un bien non rival (c’est que la lecture par un individu d’un journal ne prive un autre individu de cette lecture) ; il n’en est pas de même pour une baguette de pain.
Toutefois, Salaün dépasse cette dichotomie pour s’intéresser aux informations que contient le journal, soulignant le caractère hautement périssable de l’information du jour par opposition à l’opposition à l’information du lendemain. De même, sa non-divulgation ou sa divulgation à des tiers soigneusement choisis peut lui conférer une toute autre valeur. De ce point de vue, l’information est un bien rival, il importe que l’on préserve sa confidentialité ou que l’on en fasse, au contraire, la publicité massive.
2. La singularité
Le régime de production d’une baguette de pain n’est pas non plus le même que celui d’un journal.
Dans le cas de baguette, il s’agit d’un régime d’accumulation, une deuxième baguette permet effectivement de doubler la consommation du bien.
Dans le cas du journal, nous sommes davantage dans un régime de duplication, c’est le premier exemplaire, la matrice, le prototype qui coûte. Dans le règne matériel, il faut encore des intrants et une logistique (encre, papier, distribution) pour assurer cette démultiplication. Dans le règne immatériel, cet obstacle qui constitue une « barrière à l’entrée » empêchant l’arrivée de nouveaux entrants n’existe plus, le droit d’auteur toutefois demeure qui maintient un monopole de l’auteur sur l’exploitation de son œuvre, faisant pièce aux « passagers clandestins » qui pourraient démultiplier le contenu à moindre coût sans avoir supporté les coûts de son élaboration.
Une autre conception toutefois émerge autour des biens communs laquelle consiste en une vaste mutualisation des ressources et des savoirs.
3. L’interprétation
La baguette de pain est univoque. Il n’en est pas de même pour le journal. Les informations qu’il contient sont sujettes à de multiples interprétations, utilisations, personnalisations, lesquelles peuvent aller en sens contraire, les personnalisations pouvant réduire fortement l’entropie, les champs d’interprétation jusqu’à réaliser pleinement un contrat de lecture tacite entre le rédacteur et son lectorat.
4. La plasticité
La forme et la structure d’une baguette sont irrémédiables. Tout ce qui vient ensuite n’est qu’accompagnement, expédients gustatifs.
Il va tout autrement dans le cas du journal, dont les informations sont d’une extraordinaire plasticité, facilitée au surplus par les dispositifs électroniques de présentation et de balisage des contenus en ligne. De nouvelles informations peuvent naître du traitement, du croisement de ces données, jusqu’à former un « Web de données », un nouvel « eldorado informationnel » [2].
5. La promesse
Point de promesse ni de surprise dans une baguette de pain, on sait ce qu’on achète. Il s’agit d’une bien de recherche. Le trouver suffit à satisfaire le besoin.
À l’inverse, la teneur exact d’un journal n’est pas connue à l’avance. Il s’agit d’un bien d’expérience. C’est au fur et à mesure de sa lecture que l’on va apprécier ou non son contenu. L’habitude de « consommer » ce type de bien joue également un rôle, on parle de « consommation cumulative ».
6. L’attention
La nécessité de la baguette ou du journal ne se fait sentir ni au même niveau ni au même instant.
La baguette se rattache au besoin de manger qui est un besoin primaire qui s’exprime sans qu’on ait même besoin d’y penser.
Dans le cas du journal, il faut y penser, y prêter attention, ce qui suppose de faire abstraction, au moins un court instant, de tout ce qui peut nous distraire. Cela a été systématisé sous le terme d’« économie de l’attention », laquelle s’inscrit dans une économie de l’abondance, dans laquelle nous avons beaucoup plus d’information à notre disposition que ce que nous pouvons traiter, il faut donc choisir. S’instaure donc un marché à deux facettes, un « marché biface », un marché des lecteurs et un marché des annonceurs, qui s’influencent mutuellement. Ainsi « le marché des lecteurs permet de capter une attention, et donc de valoriser le bien qui sera proposé aux annonceurs : l’espace publicitaire qui accueillera son message. Par les revenus générés, le marché des annonceurs permettra à son tour d’abaisser le prix proposé au lecteur et d’augmenter le lectorat, et par un effet de boucle de valoriser le prix de l’espace publicitaire ». On parle d’« externalités croisées ». Les dernières évolutions de la publicité et de l’« exploitation des traces » des internautes sur le Web élargissent considérablement le champ des possibles en la matière..
7. La résonance
Le circuit de consommation d’une baguette de pain est linéaire et à sens unique : du boulanger au consommateur.
Dans le cas d’un journal, les échanges sont beaucoup plus riches, tant en amont qu’en aval, dans la conception des articles et aussi et surtout dans leur réception dans l’espace public, tant est si bien que l’on va revenir vers certains articles, de façon conformiste (concentration) ou de façon curieuse (éclatement), suivant en cela la loi de distribution de Pareto ou la loi des 80/20, 80 % des demandes concernent 20 % des documents, et inversement. On parle aussi volontiers de buzz d’une part et de long tail (ou longue traîne) d’autre part.
En définitive ce texte de Jean-Michel Salaün nous permet de replacer le document tant analogique que numérique dans son économie particulière, qui, tournant autour d’un prisme à trois facettes (forme, texte, médium), n’est pas celle des autres biens ou services.
Jean-Michel Salaün est chercheur en sciences de l’information au Collegium de Lyon et professeur à l’Université de Montréal. C’est également une figure de prou de la bibliothéconomie française qu’il a fortement contribué à populariser, lors de son passage à l’Enssib.
Notes et références
Les citations entre guillemets et en italique sont issus du texte de Jean-Michel Salaün.
À lire
[1] Jean-Michel Salaün, Les sept piliers de l’économie du document révisés, novembre 2012 : < http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/11/16/Les-sept-piliers-de-l%E2%80%99%C3%A9conomie-du-document-r%C3%A9vis%C3%A9s-%28COOPT-Enssib%29 >
À écouter
[2] Jean-Michel Salaün sur France Culture : « Le web comme bibliothèque », Place de la Toile, 11-12, 21 avril 2012, < http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-le-web-comme-bibliotheque-2012-04-21 >
Catégories :
actualité,
article,
Economie de l'information
mercredi 14 novembre 2012
Devenir une entreprise 2.0
La réussite de la mise en place d'un projet 2.0 ou "social" au sein d'une entreprise passe par plusieurs axes.
Une entreprise doit décider de devenir une entreprise 2.0 parce qu'elle considère que c'est un atout pour son avenir, ses performances, sa compétitivité et son offre de service. Envisager de devenir une entreprise 2.0 simplement pour suivre la mode, faire face à une pression technologique ou pour satisfaire la génération Y risque de mener à l'échec ou tout du moins à la non utilisation des outils mis en place.
Les ressources humaines ont aussi un rôle important à jouer. Elles sont les contributeurs naturels des réseaux sociaux d'entreprise mais leur rôle doit être envisagé plus largement. Elles seront être utilisatrices, par exemple en utilisant la plateforme pour détecter des profils, expertises, mesurer le climat social de l'entreprise. Elles assureront aussi un rôle de fournisseurs en mettant à disposition les offres RH, la formation en ligne... Mais surtout elles seront les ambassadrices du projet et des outils mis en place en étant moteur pour que ce nouveau mode de fonctionnement soit adopté et les outils déployés.
Mais le déploiement d'un projet 2.0 ne peut pas se limiter à l'appropriation des utilisateurs. L'appropriation par les managers de ces nouveaux outils et du nouveaux mode de fonctionnement est nécéssaire à la réussite d'un projet 2.0. Il doivent avoir un rôle de coordinateur, d'animateur et de superviseur.
Pour plus de détails et d'information vous pouvez consulter le blog d'expert de Bertrand DUPERRIN
Sources :
Entreprise 2.0 et Social business ? Oui..mais pourquoi ? 19 April 2012 By Bertrand DUPERRIN
Pour les RH le social business ne doit pas débuter par l’adoption d’une technologie, 13 September 2012, Bertrand DUPERRIN
Social et 2.0 : l’adoption par les utilisateurs n’est pas le problème. Par les managers oui.16 October 2012 By Bertrand DUPERRIN
Une entreprise doit décider de devenir une entreprise 2.0 parce qu'elle considère que c'est un atout pour son avenir, ses performances, sa compétitivité et son offre de service. Envisager de devenir une entreprise 2.0 simplement pour suivre la mode, faire face à une pression technologique ou pour satisfaire la génération Y risque de mener à l'échec ou tout du moins à la non utilisation des outils mis en place.
Les ressources humaines ont aussi un rôle important à jouer. Elles sont les contributeurs naturels des réseaux sociaux d'entreprise mais leur rôle doit être envisagé plus largement. Elles seront être utilisatrices, par exemple en utilisant la plateforme pour détecter des profils, expertises, mesurer le climat social de l'entreprise. Elles assureront aussi un rôle de fournisseurs en mettant à disposition les offres RH, la formation en ligne... Mais surtout elles seront les ambassadrices du projet et des outils mis en place en étant moteur pour que ce nouveau mode de fonctionnement soit adopté et les outils déployés.
Mais le déploiement d'un projet 2.0 ne peut pas se limiter à l'appropriation des utilisateurs. L'appropriation par les managers de ces nouveaux outils et du nouveaux mode de fonctionnement est nécéssaire à la réussite d'un projet 2.0. Il doivent avoir un rôle de coordinateur, d'animateur et de superviseur.
Pour plus de détails et d'information vous pouvez consulter le blog d'expert de Bertrand DUPERRIN
Sources :
Entreprise 2.0 et Social business ? Oui..mais pourquoi ? 19 April 2012 By Bertrand DUPERRIN
Pour les RH le social business ne doit pas débuter par l’adoption d’une technologie, 13 September 2012, Bertrand DUPERRIN
Social et 2.0 : l’adoption par les utilisateurs n’est pas le problème. Par les managers oui.16 October 2012 By Bertrand DUPERRIN
La "Bibliothèque Scientifique numérique" précise ses objectifs
Le dernier numéro d'Arabesques fait le point sur le rapport "BSN : stratégie 2012-2015"; saisissons l'occasion pour (re)présenter le projet de "Bibliothèque Scientifique Numérique" et ses derniers développements.
En France, les rôles relatifs à l'Information Scientifique et Technique (IST) se trouvent répartis entre de nombreux organismes (l'ABES pour le signalement, les groupements de commandes, le PEB; l'INIST-CNRS pour la fourniture de documents à distance et les portails documentaires; le CCSD pour l'archive ouverte HAL; la BnF pour la numérisation...).
Mais ce qui pose encore le plus de souci dans notre pays est la séparation historique entre l'enseignement supérieur et la recherche : de ce fait, les dispositifs documentaires manquent encore de coordination, et leur organisation diffère selon leur public, qui découle de leur mission (chercheurs versus étudiants et enseignants-chercheurs).
Mais ce qui pose encore le plus de souci dans notre pays est la séparation historique entre l'enseignement supérieur et la recherche : de ce fait, les dispositifs documentaires manquent encore de coordination, et leur organisation diffère selon leur public, qui découle de leur mission (chercheurs versus étudiants et enseignants-chercheurs).
Il en résulte une mauvaise lisibilité pour les usagers. En outre, si certains périmètres sont couverts par plusieurs acteurs de l'IST, d'autres ne le sont pas du tout.
Avec la MISTRD (Mission de l'information scientifique et du réseau documentaire), a été mis en place un projet de Bibliothèque Scientifique Numérique ou BSN, qui vise à améliorer la coordination entre les différents acteurs de l'IST pour mieux répondre aux besoins des chercheurs (tout en rationalisant les coûts) et améliorer ainsi la compétitivité de la recherche française.
Universités, grandes écoles, organismes de recherche et la BnF participent à ce projet qui a pour finalité
- d' améliorer l'accessibilité à l'ensemble des ressources scientifiques nécessaires à la recherche pour tous les chercheurs (sur tout le territoire national),
-et d'augmenter la visibilité de la recherche française par une meilleure diffusion de ses résultats.
Le projet BSN s'articule autour de neuf pôles :
BSN 1 : Acquisition des archives de l’édition scientifique et abonnement aux revues scientifiques
BSN 2 : Dispositifs d’accès et d’hébergement aux/des ressources numériques
BSN 3 : Signalement
BSN 4 : Archives ouvertes
BSN 5 : Numérisation du patrimoine écrit
BSN 6 : Archivage pérenne
BSN 7 : Édition scientifique
BSN 8 : Fourniture de documents/prêt entre bibliothèque
BSN 9 : Formations, compétences, usages
Dans ce cadre de la BSN, le projet ISTEX (Information scientifique et technique d'excellence) vise à poursuivre la mutualisation des acquisitions, pour aboutir à une infrastructure documentaire commune, accessible par tous les établissements et couvrant toutes les disciplines. Il a notamment pour but de continuer la négociation de licences nationales pour les ressources électroniques.
Le nombre des acteurs participant à ces négociations va être élargi, ce qui permettra de peser plus lourd dans les négociations avec les multinationales que sont les éditeurs scientifiques, et d'obtenir des coûts mieux répartis entre les établissements et plus raisonnables.
ISTEX a également pour but de créer un dispositif permettant le signalement de toute la documentation accessible sur le territoire (et de faire le lien avec la ressource, en fonction des droits). Seront concernées les ressources acquises en licences nationales, mais aussi les abonnements courants des différents centres de documentation, ce qui s'accompagnera de négociations nationales avec les éditeurs pour autoriser l'échange de documents numériques à un coût raisonnable.
Il est également prévu de créer un service unifié pour les ressources numériques et papier, qui coordonnerait le dispositif de prêt de l'ABES et le dispositif de commande de l'INIST-CNRS.
Un autre grand axe de la BSN concerne le développement des Archives Ouvertes. Un référentiel commun de la production scientifique française sera mis en place, pour une meilleure lisibilité de celle-ci. Un plus haut taux de dépôt dans les archives ouvertes serait en effet très souhaitable.
Source:
Arabesques, BSN : un accès facilité aux savoirs, n°68 (oct-nov-dec 2012)
http://www.abes.fr/Arabesques/Arabesques-n-68
lundi 12 novembre 2012
Mind Mapping et documentation : une première approche pédagogique
Le blog Cactus Acide a publié en septembre/octobre une série de cinq
articles de Gildas Dimier, professeur-documentaliste, sur le thème
"Aborder la notion de document par le mind mapping". Interpellé par
un lycéen quelque peu paresseux - défaut qui s'accompagne souvent d'une
certaine ingéniosité... - l'auteur s'est interrogé sur l'opportunité d'utiliser
la méthode des cartes heuristiques et autres schémas conceptuels pour mieux faire
comprendre à ses élèves les différentes problématiques liées à la fois au
document en lui-même et à sa place sur le Net, via les outils de Mind mapping
disponibles en ligne (Mindomo, Cmap Tools ou encore Mind 42).
Ces outils permettent dans un premier temps d’aborder aussi bien les dimensions sémantique (contenu et concepts), matérielle (numérique notamment, grâce aux liens hypertextes) et structurelle d’un document, toutes trois indispensables. La logique interne d’un document peut alors être explicitée soir par une arborescence (carte heuristique), soit dans un schéma conceptuel plus poussé.
Ce type d’exercice a bien sûr une dimension intellectuelle, qui interroge le concept d’auteur à la fois au niveau du document primaire, mais aussi dans la conception de sa modélisation via le mind mapping, qui induit une inévitable subjectivité à prendre compte lors de son décryptage par autrui.
Bien que moins évidente, la dimension matérielle de ce type de production est présente, en lien avec son support numérique. L’intégration de liens hypertextes permet quant à elle d’aborder notamment les notions de granularité de l’information et surtout d’instabilité documentaire (liens brisés).
La dimension centrale de ce type d’exercice, enfin, est bien sûr celle qui concerne la structure d’un document et son analyse la plus fine. Les schémas conceptuels permettent d’aborder la hiérarchisation des concepts et des idées, sans se départir d’un aspect rhétorique via les connecteurs logiques. Les cartes heuristiques interrogent quant à elle plus volontiers la notion de média, en particulier de leur instabilité dans le contexte du Web.
L’auteur conclue cette série par une très riche mise en application sur son sujet, à consulter ici.
Ces outils permettent dans un premier temps d’aborder aussi bien les dimensions sémantique (contenu et concepts), matérielle (numérique notamment, grâce aux liens hypertextes) et structurelle d’un document, toutes trois indispensables. La logique interne d’un document peut alors être explicitée soir par une arborescence (carte heuristique), soit dans un schéma conceptuel plus poussé.
Ce type d’exercice a bien sûr une dimension intellectuelle, qui interroge le concept d’auteur à la fois au niveau du document primaire, mais aussi dans la conception de sa modélisation via le mind mapping, qui induit une inévitable subjectivité à prendre compte lors de son décryptage par autrui.
Bien que moins évidente, la dimension matérielle de ce type de production est présente, en lien avec son support numérique. L’intégration de liens hypertextes permet quant à elle d’aborder notamment les notions de granularité de l’information et surtout d’instabilité documentaire (liens brisés).
La dimension centrale de ce type d’exercice, enfin, est bien sûr celle qui concerne la structure d’un document et son analyse la plus fine. Les schémas conceptuels permettent d’aborder la hiérarchisation des concepts et des idées, sans se départir d’un aspect rhétorique via les connecteurs logiques. Les cartes heuristiques interrogent quant à elle plus volontiers la notion de média, en particulier de leur instabilité dans le contexte du Web.
L’auteur conclue cette série par une très riche mise en application sur son sujet, à consulter ici.
Source : DIMIER, Gildas, "Aborder la notion de document par le mind mapping", in Cactus Acide (blog), 5 articles publiés du 19/09/2012 au 15/10/2012
1er article :http://www.culturedel.info/cactusacide/?p=6031
L’accessibilité des sites Web et les professionnels de l'information
Le but de ce billet est de montrer sur quels sujets les compétences des spécialistes
de l’information peuvent aider à rendre les sites web plus accessibles. Je ne vais pas traiter ici de toutes les recommandations à respecter pour rendre un site accessible, le sujet étant
déjà largement développé ailleurs.
L’accessibilité, c’est quoi ?
C’est l’idée que tout le
monde doit avoir accès facilement à l’information publiée sur Internet, en
particulier les personnes en situation de handicap (visuel, auditif et cognitif)
et en permettre l’adaptation (agrandissement des polices, changement de
feuilles de style, périphériques spécifiques…). L’accessibilité peut être aussi
vue de façon plus large comme le « web pour tous ».
Quelles sont les règles ?
En gros, pour qu’un site soit facilement utilisable par une personne lambda ou
une machine assistant une personne en situation de handicap, il faut qu’il soit
lisible sans feuille de style, sans vidéo et sans image et que la navigation
dans les pages soit aisée.
Cela passe par la structuration de l'information. Il faut notamment :
- identifier les principales zones de la page en leur attribuant un rôle,
- hiérarchiser les contenus,
- créer des titres logiques bien balisés (balises <h1>, <h2>...),
- Structurer les menus de navigation avec des listes.
- de chaque page,
- des images, vidéos et liens dans chaque page (balise <alt>),
- des changements de langue (balise <lang>).
Les sources
Les notices AcceDe WebWeb Content Accessibility Guidelines (WCAG) 2.0
lundi 5 novembre 2012
Le développement du livre numérique en France
Le marché du livre numérique est en pleine expansion en France comme dans toute l'Europe. Cette croissance est évaluée pour l'année
2012 à près de 80%.
C'est tout d'abord une offre bien plus riche de contenus qui
séduit les utilisateurs. Les nouvelles parutions sont de plus en plus fournies par les éditeurs en livre papier et en livre numérique. Il n' y a jamais eu autant de
nouveautés proposées en version numérique depuis l'été 2012.
L'arrivée sur le marché de nouvelles liseuses très
perfectionnées, plus agréables d'utilisation et à des prix attractifs contribue
également fortement à booster le marché de l'Ebook. Les constructeurs, leaders sur le secteur, comme
Apple, Amazon et Google, mettent une grande pression sur le marché.
Enfin, le livre numérique reste plus économique que le livre
papier, environ 30 % moins cher.
TVA réduite en France
En effet, en France, le développement du livre numérique profite
notamment de l'application d'un taux réduit de la TVA . Celui-ci est de 7 % et
devrait passer au 1er janvier 2013 à 5,5% afin de l’harmoniser à celui pratiqué
sur les livres papier.
Mais cette réduction de la TVA est contraire aux règles européennes qui
assimile le livre numérique à un service fourni par voie électronique et exclut
tout taux réduit à ce type de service. La Commission européenne vient ainsi de saisir la France, ainsi que le
Luxembourg qui applique de son côté une TVA à 3%, afin d'exiger une mise en
conformité avec les droits de l'Union.
Les 25 autres États membres de l'Union, qui respectent les
règles européennes et n'appliquent pas de TVA réduite sur les livres numériques,
ont également porté plainte auprès de la Commission européenne, soulignant
un problème de concurrence nuisant au développement de leur propre marché.
Bruxelles n'exclut pas toutefois une réflexion sur la
différence de TVA qui existe entre le livre papier et le livre numérique
et sur la nécessité de soutenir le marché du livre numérique.
Mais en attendant, il est demandé à la France et au Luxembourg de respecter la
législation, sous peine d'amende.
Prix du livre numérique 2012
Le développement du livre numérique en France profite malgré tout pour le moment de ce taux réduit, et, preuve de la place prise dans notre pays par l'Ebook, le "prix du livre numérique 2012" vient d'être lancé par
Youboox, plate forme de lecture numérique.
Ce prix a pour objectif de
récompenser « des œuvres littéraires en phase avec les nouveaux usages de la
lecture numérique : style percutant, capacité à captiver le lecteur page après
page et caractère novateur de l’ouvrage ».
Huit ouvrages sont en compétition et sont disponibles à la lecture, gratuitement, depuis
la plateforme Youboox , jusqu’au 4 novembre.
- Autour du Fauteuil -Anthony Galifot
- Organes à tous les coups – Denis Alamercery
- Quelque chose de l’oiseau – Patrice Dufétel
- La vie – Régis de SáMoreira
- Dans l’œil du gabian – Françoise Laurent
- Syndrome de la page noire – Jacques Fuentealba
- Je suis comme vous, unique! – Astrid El Chami
- La pile du Pont – Audrey Betsch
Fin du livre papier ?
Le livre numérique peut-il faire une réelle concurrence au livre papier ? Le livre papier disparaîtra-t-il à terme au profit du livre numérique ?
Une étude de l'université de Hambourg, présenté à la foire de Francfort,
montre que les lecteurs de livres numériques sont également de grands
lecteurs de livre papier.
Le déclin du livre papier n'est donc pas annoncé. Le format papier et le format numérique ont, ensemble, de beaux jours devant eux...
Sources :
My Boox, Le marché du livre numérique prêt à exploser ?, 26/10/2012
http://www.myboox.fr/actualite/le-marche-du-livre-numerique-pret-exploser-n-18447.html
My Boox, Le marché du livre numérique prêt à exploser ?, 26/10/2012
http://www.myboox.fr/actualite/le-marche-du-livre-numerique-pret-exploser-n-18447.html
Le Point, Livre numérique : Bruxelles est agacée par la TVA réduite, 24/10/2012
ActuaLitté, Ebook et TVA : La France, redoutable terre d'optimisation fiscale, 25/10/2012
Youboox, Prix du livre numérique 2012
GraphiLine.com, Livre papier, livre numérique : la guerre des supports, 11/10/2012
(Futurs) RSI, testez vos connaissances en droit !
Les réglementations qui s'appliquent au système d'information (SI) des PME et des grands groupes sont toujours en augmentation.
Les obligations légales et les procédures qui en découlent se sont complexifiées avec l'externalisation des services (cloud computing) et se sont renforcées au sein de l'entreprise avec la modification des comportements des salariés.
Les responsables informatiques d’un système d’information (ou RSI) sont garants du patrimoine informationnel de leur entreprise. A ce titre ils courent des risques qu'ils ne sont pas censés ignorer ; le RSI doit connaître les "règles de l'art" qui régissent sa profession et engage de ce fait sa responsabilité (civile ou pénale) au regard du préjudice subi par l'entreprise du fait de son SI.
Le RSI doit connaitre la réglementation en ce qui concerne les créations intellectuelles, les bases de données, les activités de recherche.
Il doit également encadrer les pratiques des salariés (loi Hadopi pour les téléchargements illicites, protection des données personnelles, propriété intellectuelle et activités illégales) et gérer les intervenants externes, en prenant un soin particulier quant à l'élaboration des contrats avec les différents types de prestataires.
Il doit être le garant de la mise en place et de la sécurité des données comme l'archivage des documents et des éléments de messagerie, la gestion des sauvegardes, du parc logiciel,... tant de notions qui exigent de posséder la culture juridique adéquate et de connaître l'étendue exacte de sa responsabilité.
(Futurs) RSI, avant de signer votre (futur) contrat, prenez garde : y-a-t-il au sein de l'entreprise un expert juridique, un directeur informatique et sécurité, ... quel est le paramètre réel de votre implication ?
Faites également bien le point sur vos capacités à gérer un service : quelle information faut-il conserver, pendant combien de temps, êtes-vous préparé au e-discovery, savez-vous ce que c'est ?
Êtes-vous en mesure d'installer une veille juridique à la hauteur des nécessités de votre (future) entreprise ?
Sources :
Aide-mémoire de droit à l'usage des responsables informatique
Isabelle Renard, Jean-Marc Rietsch (Dunot)
Règles de l'art et normes techniques
A. Penneau, LGDJ, 1989, Bibl.dr.privé, t.42
Droit : www.cnil.fr
L’image et le droit
Manuela Bournes (Eyrolles)
Droit d’auteur et bibliothèques
Yves Alix (Collection Bibliothèques – Edition du cercle de la librairie)
Délai de conservation des documents : vosdroits.service-public.fr/pme/F10029.xhtml
Sécurité : www.ssi.gouv.fr
Anonymous, pirates informatiques ou altermondialistes numériques – Peuvent-ils changer le monde ?
Frédéric Bardeau, Nicolas Danet (Editions Fyp)
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