mardi 4 décembre 2012

Facebook, le droit de l'information et la liberté d'expression

   Confrontée ce week-end encore à plusieurs problématiques issues des légendes urbaines sur la politique de confidentialité des contenus de Facebook, cet article, sans prétention d'être ni exhaustif ni indiscutable, se veut rétablir une partie, au moins, de la réalité.

La dernière qui fait fureur

   Un nouveau message de 10 pieds de long circule sur les profils des utilisateurs de Facebook. En résumé (le citer ne ferait que flooder le blog), celui-ci alerte l'utilisateur paranoïaque sur une question de droit de l'information. Ce long texte explique au commun des mortels qu'il doit lui même être publié afin que les publications sur le profil soient protégées au titre du droit d'auteur. Sous entendu, le droit d'auteur n'est pas respecté par Mark Zuckerberg.
 
  Se pose tout d'abord la question de savoir de quelle législation Facebook relève. Et ici, la réponse est double: 
- en ce qui concerne un litige entre deux utilisateurs, il sera appliqué la loi du pays de réception, ou la loi du pays de la victime. Si la victime est française, c'est donc la loi française qui sera prise en compte, et la justice française qui sera saisie.
- en ce qui concerne un litige avec Facebook, le sujet est un peu plus délicat. Il n'y a pour l'instant pas eu de précédent, et on ne sait donc pas ce qui se passerait en cas le procès d'un utilisateur non-américain contre Facebook. Cela dit, il est envisageable d'évoquer à nouveau la loi du pays de réception. Malgré tout, le contrat passé avec Facebook mentionne le droit américain, il est donc fort probable qu'un litige avec Facebook se règle devant les tribunaux américains. Il faudra donc attendre qu'un utilisateur assigne le fameux réseau social devant la justice pour avoir la clé de ce mystère.

 Le droit d'auteur en France

   Définissons ce qui est concerné par le droit d'auteur: l'article L.112-1 du code de la propriété intellectuelle indique que les dispositions du présent code protègent les droits des auteurs sur toutes les oeuvres de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination. Une œuvre est considérée comme telle à partir du moment où elle présente une originalité, c'est à dire qu'elle sort de l'esprit humain et porte une trace de la personnalité de l'auteur. Un profil Facebook porte donc le statut d'oeuvre puisqu'elle a été créée par l'utilisateur, même si le texte en lui-même peut paraître insignifiant, in-intéressant etc. Il ne s'agit pas là de rentrer dans des considérations subjectives. 


Politique d'utilisation des données Facebook

   Côté Facebook, on trouve la politique d'utilisation des données dès la page d'accueil et de login. Bien entendu, rares sont ceux (dont je faisais malheureusement partie) qui prennent le temps de la lire. Et nombreux sont ceux qui viendront alimenter le mythe du non-respect des droits de la part de Facebook. Pour rétablir un semblant de vérité, voici un petit résumé du contenu de cette politique.

   On y trouve tout d'abord une définition des informations concernées. "Vos informations correspondent aux informations requises pour vous connecter au site, ainsi que les informations que vous choisissez de partager." Tout contenu inscrit dans Facebook est considéré comme information, et donc comme étant partageable, du nom à l'adresse mail en passant par les photos etc. 

   Revenons maintenant sur le principe de partage. Comme l'explique en détail Serge Courrier dans son article "Facebook pour les paranos" il y a de nombreuses manières de paramétrer son compte Facebook. A l'origine ce réseau social est destiné à partager du contenu, des informations, des photos, des liens etc. C'est le principe même d'un réseau social et plus largement, le principe du web 2.0.

   Dans les conditions d'utilisations générales de FB (pour les intimes), il est indiqué qu'en termes de cession de droits d'auteur: "pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos, vous nous donnez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé."

Paramétrage

   Revenons sur les termes: "conformément à vos paramètres de confidentialité". L'accessibilité à vos données est donc sujette à votre consentement. En tant qu'outil du web 2.0, le paramétrage par défaut autorise un accès public, c'est à dire que "tout le monde, y compris les personnes en dehors de Facebook, peut voir ces informations." (extrait de la politique d'utilisation des données). 

   Le paramétrage de Facebook permet de définir les accès généraux selon différentes modalités (paramètres de confidentialité) :
  • Public (le monde entier)
  • Amis (uniquement les personnes que vous avez acceptées comme amis)
  • Personnalisé (à votre convenance)

   Un autre paramètre vous permet aussi d'accepter ou non que les amis de vos amis voient les publications vous concernant (paramètres du compte > Notifications > Notification en cas d'identification). 
Par ailleurs, le paramétrage est possible individuellement pour chaque publication.

   Cela veut dire qu'en définitive, vous, utilisateur de Facebook, êtes responsables de ce que les autres peuvent voir de vous. Si vous ne paramétrez pas correctement votre compte, n'importe qui pourra avoir accès à vos données. Mais vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous même, étant donné que c'est vous qui aurez mal paramétré! Et rien n'est imputable à Facebook, vous n'aviez qu'à lire les conditions d'utilisation, ou encore la politique d'utilisation. Facebook a mis toutes les informations à votre disposition. Et au même titre que "nul n'est sensé ignorer la loi", nul n'est sensé s'abstenir de lire les textes relevant de l'utilisation d'un outil comme FB. Bien évidemment, nul ne les lit (à part peut être quelques mordus de ce genre d'infos et certains juristes dont c'est le métier) !

Jurisprudence du 19 novembre 2010

   En 2008, 3 personnes ayant dénigré leur entreprise et incité à la rébellion sur FB ont été licenciées après que leur entreprise ait eu vent de ces publications. Le 19 novembre 2010, le conseil des prud'hommes a validé la décision de l'entreprise (cf article du Télégramme du 19 novembre 2010).
La question qui se pose est donc la suivante : qu'en est-il de la liberté d'expression ? "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions" (article 19  de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme). Mais ici on se heurte à la limite entre la diffamation et la liberté d'expression. Ou commence la diffamation, ou s'arrête la liberté? Faut-il se baser sur la maxime "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres" ? 


Conclusion


   Facebook soulève la question de la compatibilité entre le web 2.0 et la liberté d'expression, un vaste sujet qui n'a pas fini de faire couler de l'encre. Le web 2.0 de par ses possibilités, donne aux utilisateurs une impression de "no-limit". Les réseaux sociaux mèlent les limites de la sphère privée et de la sphère publique. La distinction entre les deux s'efface, et la prudence est de mise quant à aux propos tenus et publiés.


La conservation des archives numériques à l'échelle de l'histoire ou le "hiéroglyphe du troisième millénaire"


Comment ferons-nous l'histoire  ou comment garderons-nous la mémoire dans les siècles à venir ? La question mérite d'être posée si l'on considère au moins deux aspects :

D'une part, celui de la durée de vie des supports sur lesquels sont sauvegardés les données numériques et d'autre part, la possibilité de lire ces données dans les temps futurs. Actuellement, les matières composites des supports de stockage (CD, DVD) sont rapidement dégradables et leur durée de vie varie entre 5 et 10 ans : "Ainsi, une étude du laboratoire national de métrologie et d'essais a montré en 2011 que, sur 113 DVD réinscriptibles gravés entre 2004 et 2008, 12% présentent déjà des vieillissements importants"
Aujourd'hui, la solution consiste à recopier régulièrement (de 3 à 5 ans) les données sur de nouveaux supports mais cela ne résout pas pour autant la question des systèmes de lecture informatique en constante évolution. 

 C'est à la société grenobloise, Arnano associée à la technologie des chercheurs du laboratoire CEA-Leti, que l'on doit la solution : un disque en saphir (synthétique) de 1,5 mm d'épaisseur et de 20 cm de diamètre. Sa durée de vie est estimée à 2000 ans sans altération possible (à moins de le vouloir !!!) ; en effet, il résiste, entre autres, aux fortes températures, à l'eau, aux éléments chimiques, aux rayonnements UV etc... De plus, la  lecture des informations n'est pas soumis aux aléas de l'évolution informatique. Gravées sous forme analogique, les données numériques pourront être lues uniquement au moyen de systèmes optiques (d'une loupe mais alors très grossissante).
Selon les sources, sa capacité de stockage peut aller de 10.000 à 39.000 pages au format A4 avec une qualité optimale

Le prix de ces disques est cependant élevé entre 3500 et 10.000 euros selon leur qualité soit 35 centimes à 1 euro la page archivée. "Nous nous adressons à un marché de niche d'archives sensibles qui méritent d'être conservées pour des raisons techniques, patrimoniales ou juridiques" explique M. Rey le président de la société Arnano

Sources utilisées :

http://www.paperblog.fr/5640204/nouveau-mode-de-sauvegarde-de-donnees-le-disque-en-saphir/#xg1GF6lmZyHaaUkL.99

http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/un-archivage-millenaire-pour-stocker-les-donnees-des-entreprises_33554.html


http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/06/28/des-microfiches-en-saphir-pour-affronter-l-eternite_1726227_1650684.html


http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-des-disques-en-saphir-pour-conserver-des-donnees-pendant-2000-ans-49416.html









lundi 3 décembre 2012

Skeuomorphisme, effet diligence et dépendance au sentier

Du danger de la veille : le mot est tombé hier comme un cheveu dans ma soupe (de nouilles lettrées, bien entendu) et semble m'être resté depuis en travers de la gorge.
Mais qu'est-skeu ça veut dire ?
Selon le Bailly, la racine grecque σκευο (.pdf) (skeuo) se rapporte, dans un contexte militaire ou théâtral, aux costumes, bagages et objets d'équipement (meubles, outils, armes, agrès, harnais, etc.). Elle serait par extension associée à la notion d'inertie et semble pouvoir s'appliquer, au figuré, à "l'homme qui est l'instrument ou le complaisant d'un autre".
On pourra reconnaître notamment le préfixe chez le skévophylax (conservateur des trésors des églises orthodoxes) et donc risquer le raccourci : objets de parade, en somme ? L'outil, ornemental (parure), devenu marque de prestige, tradition, instrument symbolique d'un pouvoir. La tentation est grande de retourner lire Jean Genet... mais il faudra ici nous concentrer sur les ingrédients réunis : costume, outil, ornement, inertie, conservation et, donc, forme (morph).
D'où le gloubi boulga...
Ou le soufflé : sitôt percé, retombé.
Skeuomorphism, en anglais, désigne la reprise des caractéristiques techniques d'un objet en tant qu'élément du design d'un autre objet, auquel elles ne s'imposent pourtant pas comme techniquement nécessaires.
Le concept, probablement échappé des tubes à essai d'Apple, est appliqué en particulier aux interfaces informatiques (IHM) lorsqu'elles simulent les mécanismes physiques qu'elles peuvent par ailleurs se donner pour vocation de remplacer : horloges analogiques, boutons, bruit d'obturateur des smartphones, etc.
Le poing sur la table
Vous trouverez sans peine de multiples exemples à intégrer à la liste, au sommet de laquelle il convient probablement de placer les "pages" cornées et encombrées de "post-it" de nos livres numériques ou, dans un autre registre, certains formats bibliographiques hérités des fichiers papier de nos bibliothèques.
Leur réappropriation par l'informatique est en effet purement graphique : nos index n'ont aujourd'hui que faire de pages qui ne sont pas conçues pour l'impression, ou de la ponctuation choisie pour séparer les champs d'une notice.
Ils n'en continuent pas moins, pour autant, à imposer leur logique à nos usages.
Et voilà donc le moment pour Ted Wilson de dégainer : « Imiter le papier sur un écran d’ordinateur revient à arracher les ailes d’un 747 et à l’utiliser comme un bus sur une autoroute. »
Les pieds dans le plat
Quel fondement, donc, à la persistence de tels formalismes ?
Le skeumorphisme nous apparaît comme le versant marketing de l'effet diligence décrit par Jacques Perriault :
« Les premiers wagons ressemblaient à des diligences et les premières automobiles, à des voitures à cheval. Les mentalités, habituées à des techniques désormais dépassées, utilisent les nouveaux outils avec des protocoles anciens, c'est ce que j'appelle l'effet diligence. » (Effet diligence, effet serendip et autres défis pour les sciences de l'information, 2000).
Sa fonction première serait donc didactique. Il s'agit, en associant la forme d'un objet connu à une fonction qui s'y rapporte cognitivement, d'en faciliter l'utilisation : un utilisateur pourra, pour l'appréhender, appliquer à l'objet nouveau les habitudes et connaissances associées à l’ancien.
Plus encore, le skeuomorphisme permet à l'interface, par le biais de références qui sont donc essentiellement culturelles, de suggérer son propre usage. Il semble ainsi particulièrement efficace pour encourager les pratiques ludiques autour de l'objet technique.
C'est qu'il est, enfin, porteur d'affect, c'est-à-dire vecteur d'identité, revendication d'une filiation qui, s'il elle est notamment présentée comme visant l'adoption d'une innovation par les couches les plus résistantes du marché, n'en favorise pas moins son intégration au sein même du système économique.
L'identité recherchée est donc également professionnelle : sa forme est déterminée par les contraintes, techniques et réglementaires, des réseaux de production et de distribution qui la précèdent. C'est le phénomène de dépendance au sentier, particulièrement saillant, en l'occurence, dans un secteur dont l'existence est subordonnée à la séduction d'ayants droit.

jeudi 29 novembre 2012

Les outils collaboratifs en entreprise

Demain la veille publie aujourd'hui, jeudi 29 novembre 2012, un livre blanc intitulé 30 raisons d’adopter les outils collaboratifs en entreprise, réalisé par la promotion du Master Management de projet et innovation à l’Université d’Auvergne.  C’est l’occasion pour nous de faire un petit tour d’horizon des outils disponibles et des intérêts qu'ils peuvent représenter pour les entreprises.

Les outils collaboratifs reposent sur un même principe : permettre à plusieurs utilisateurs de créer, partager et modifier des documents en temps réel. Un grand nombre d'entre eux vise à améliorer la collaboration (ou coworking) et le partage d’informations au sein des entreprises. On peut les regrouper en trois familles :

Les agrégateurs
Ils permettent aux entreprises d’organiser de gros volumes de contenu et de les mettre à la diposition des collaborateurs. A celà, s'ajoute la possibilité de surveiller l’image de marque, notamment de l'entreprise sur les médias sociaux, et d’agréger les informations externes à titre de veille. Autrement dit, de maîtriser son    
e-réputation. C'est un terrain sur lequel un outil comme Netvibes s’est très tôt engagé.

Les solutions bureautiques distantes
Ces solutions proposent aux entreprises de virtualiser les applications logicielles en se servant des postes de travail comme de terminaux. La plus connue et complète est Google Apps qui propose l'accès gratuit à des logiciels de traitement de texte et tableurs. Elle a très vite été rejointe par Microsoft avec Office Web Apps.

Les plateformes collaboratives (ou réseaux sociaux d’entreprise)
Basées sur le fonctionnement des réseaux sociaux, ces plateformes commencent à être déployées au sein des entreprises pour faciliter l’interaction entre les employés. Sharepoint en est un bon exemple. Il intègre nativement ces fonctions sociales et peut être utilisé seul pour tous les usages web en entreprise. Il permet également une intégration forte avec le poste de travail, notamment Outlook, pour un accès direct aux contacts et leur partage depuis les messages électroniques.

Du simple partage de fichier à la plateforme collaborative, les options sont nombreuses.  Voici un panorama relativement complet des solutions logicielles des outils collaboratifs :

Affinitiz
IBM Connections
Sharepoint
Alfresco
Jahia
Silverpeas
Bluekiwi
Jalios
Socialtext
BuddyPress
Jamespot.pro
Spip
Cisco Quad
Jive SBS
Talkspirit
Clearvale
Knowledge Plaza
Telligent
Confluence
Liferay
Typo3
Convofy
NewsGator Social Site
Wordpress
CubeTree
Novell Teaming
XWiki
Dimelo
Nuxeo DM
Yammer
Drupal
OpenText Vignette
YoolinkPro
Elgg
PersonAll
Zyncro
Exo Platform
Portaneo

eZpublish
SeeMy


Pour plus d'informations sur chacun de ces outils, rendez-vous sur collaboratif-info.fr (http://www.collaboratif-info.fr/fiches-logiciels/affinitiz#sommaire_fiches_logiciels).

Les avantages des outils collaboratifs sont nombreux : simplification du travail en groupe, création de réseaux, autonomie, optimisation du travail, ... , etc. Les futurs utilisateurs ont tout à y gagner. Les managers aussi. Meilleure gestion du temps et des ressources, aide à la décision, communication plus transparente, partage d’information sécurisé, ... autant de critères chers aux dirigeants.

Gardons tout de même à l'esprit que ces outils, certes utiles, ne constituent pas une solution en soi. Ils nécessitent, au préalable, une analyse et une identification précise des besoins de partage et de diffusion de l'information. Et ne perdons pas de vue que la collaboration en entreprise reste avant tout une question de (bonne) communication entre les personnes.

Sources :

 

L’aventure du numérique au Salon du livre et de la presse jeunesse

Le Salon du livre et de la presse jeunesse a ouvert ses portes hier, en Seine-Saint-Denis, et se poursuivra jusqu’au 3 décembre.
Pour cette 28e édition du Salon, le thème de l'Aventure sera le trait d'union entre les nombreuses propositions littéraires et créatives programmées dans les 7 pôles artistiques (ados, art et design, BD, cinéma, numérique, presse et théâtre) les rencontres avec des nombreux intervenants, et les œuvres présentées par les artistes invités dans l’exposition "28°W".
Des jeunes et petites structures éditoriales aux plus grandes maisons d'édition, le Salon offre chaque année au public le plus grand rassemblement européen d'éditeurs pour enfants, avec près de 330 exposants internationaux présents (l’autre rendez-vous important pour la littérature jeunesse étant la Salon du livre jeunesse de Boulogne, en Italie, qui se tient tous les ans au mois de mars et qui, contrairement au Salon français, est réservée aux seuls professionnels).

Un secteur de l'édition très particulier


Le Salon est donc un événement incontournable pour tous les acteurs des métiers du livre, mais aussi pour les professionnels de l’info-doc, qui veulent avoir un panorama complet de l’édition jeunesse, un secteur marquant sa spécificité.
 
En effet, selon une étude publiée ce mois-ci par l’institut GfK le segment du livre jeunesse est le seul créneau de l'édition à enregistrer une progression de ses ventes depuis le début de l'année (+ 2,5%), à l'inverse d'un contexte global de baisse des ventes du contexte général (-2,7%). 
Des très jeunes enfants aux adolescents, le livre de jeunesse tire sa richesse de sa diversité éditoriale qui va des livres d'éveil aux romans en passant par les documentaires, les ouvrages de coloriages, les albums ou encore les livres CD. En 2009, grâce à « Twilight », le marché du livre jeunesse avait atteint un record avec 595 millions d'euros de chiffre d'affaires. Depuis, il se consolide dans la zone des 560 millions. A ce niveau, il affiche encore une progression de plus de 20% par rapport à 2004. 

Les points forts du Salon 

Un des points forts du Salon, qui peut fort intéresser les professionnels de l’info-doc, est la réflexion engagée atour du numérique, à travers plusieurs initiatives :

- le pôle numérique : créé en 2011, avec la mise à disposition d’une tablette XXL, le pôle propose au public de découvrir et appréhender applications et histoires numériques. Tandis que des tablettes numériques individuelles offrent des découvertes en solo, autour d'un écran géant des projections de projets argumentés par leurs créateurs expliquent le processus de créations, de la conception d'images à la création finale. Les éditeurs n'hésitent pas à convoquer, avec originalité et créativité, des démarches d’apprentissage et des ressorts ludiques pour les plus petits et à relever le défi d’innover pour une littérature tournée vers un lectorat d’adolescent.

- le projet biblioconnection : toujours attentif aux innovations technologiques, aux usages numériques et lectures à l’écran, le Salon a conduit un nouveau projet qui propose d'expérimenter de nouvelles manières de lire qui interrogent la place du « corps lisant » à travers une bibliothèque numérique interactive à commandes gestuelles. Équipée d’interfaces de contrôles (joysticks, contacteurs, capteurs de mouvement) et d’applications sur mesure (adaptation en langue des signes, version vocale, auto-description) ce salon de lecture mobile expérimentale rassemble des technologies de pointe qui permettent de développer des systèmes de lecture particulièrement adaptés aux publics en situation de handicap. L’approche accessible, ludique et interactive de cette bibliothèque nouvelle génération intéressera les grands lecteurs, mais peut surtout s’avérer attractive et efficace pour des enfants et des adolescents qui ne possèdent pas la lecture, pour des raisons d’âge ou de difficultés, ou qui sont tout simplement hésitants vis-à-vis des livres. Dès janvier 2013, deux prototype seront expérimentés à la médiathèque et l’établissement scolaire de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches et la maison pour adolescents La Maison de Solenn, à Paris, avant d’être plus largement diffusé dans le cadre de l’École du livre de jeunesse. 
- Le MÏCE - Marché Interprofessionnel et International de la Création pour Enfants : créé en 2010, le marché est dédié aux multiples formes et nouvelles technologies de création. Cette espace réservée aux professionnels propose notamment un cycle deconférences « De la page à l’écran » (journée de vendredi 30 novembre), pour partager analyses et expériences sur les mutations liées à la révolution numérique, les incidences fonctionnelles et économiques des modes de production, de diffusion et de médiation, les réflexions interprofessionnelles sur les évolutions des métiers de la création pour enfants à l’échelle nationale et internationale ; et un espace d'exposition d'innovations digitales (journée de lundi 3 décembre), métiers et services, pour découvrir des sociétés innovantes (création ou services numériques) et des nouvelles professions liées à ce médium, assister à des pitchs et des démos, repérer de jeunes talents numériques. 

Info pratiques :

Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis

Lieu : Espace Paris-Est-Montreuil, 128, rue de Paris - 93100 Montreuil 

Dates et horaires:
  •  Jeudi 29 novembre : 9h-18h 
  • Vendredi 30 novembre : 9h-21h30 (accès gratuit pour la nocturne dès 16h30) 
  • Samedi 1er décembre : 9h-20h 
  • Dimanche 2 décembre : 10h-19h
  • Lundi 3 décembre : 9h-18h 
 Accès gratuit pour les professionnels de l’info avec pré-accréditationprofessionnelle 

mercredi 28 novembre 2012

Les RDA


   Avec l'apparition de nouvelles formes de supports numériques, les normes de catalogage  traditionnelles montrent depuis plusieurs années leurs limites. Face aux nombreux débats sur comment cataloguer ces  nouveaux entrants,  le JSC (Joint sterring comitee) a lancé en 2005 le projet RDA : Ressource description Acces. Ce dernier sera mis en place le 31 Mars 2013 aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Allemagne. 

    Les RDA doivent donc dès le mois de Mars prochain remplacer l'actuel système de catalogage anglo-américain AACR (Anglo-American Cataloguing Rules).
   Créée dans sa première version en 1967, le AACR connaît une seconde évolution en 1978. Les 2 publications anglophones sont unifiées et rendues compatibles avec les règles de l’ISBD (International Standard Book Description) utilisées encore aujourd’hui pour consigner les éléments descriptifs fondamentaux selon un ordre précis et une ponctuation définie. Cette version rebaptisée RAACR, permet  à l'époque de cataloguer un nouveau support : les documents audiovisuels.

   Malgré ces évolutions successives en 1988, 1998 et 2002, permettant de rendre accessible ces catalogages sur les nouveaux supports de lectures (Bases informatiques, web etc...), le RAACR résonne toujours dans sa conception à l'ère du livre. 

  Se pose alors le problème du contenu lié au support. Si on prend en exemple un fichier MP3, contenant une chanson d'un artiste, suivi d'une interview de ce dernier, doit on le classer dans le chapitre 5 pour musique, dans le chapitre 6 pour enregistrement ou dans le chapitre 9 qui lui, concerne les ressources électroniques ?

   Le RDA va remettre en cause le catalogage ainsi que la présentation elle même du document. Fini la petite fiche où l'on retrouvait les informations rangées suivant l'ordre définit au XIXème siècle:

  • Auteur
  • Titre 
  • Sous titre 
  • Edition
  • Etc...

   Le RDA propose la forme suivante :
  • Œuvre : une création intellectuelle ou artistique déterminée, exemple : Germinal.
  • Expression : une réalisation de cette création intellectuelle. Exemple : la première édition publiée ou l'adaptation cinématographique de Claude Berri en 1993.
  • Manifestation : la matérialisation d’une expression. Exemple : une  traduction en langue étrangère  de Germinal par un auteur X et publié chez Auteursdumonde Books en 2004 qui porte l'ISBN 0448447463.  La manifestation est l'équivalent proche de nos notices actuelles.
  • Item (ou Document) : un exemplaire précis que l'on peut trouver physiquement dans une bibliothèque, médiathèque, centre de documentation grâce à sa cote (ou code barre).

   Cette forme de catalogage devrait semble-t'-il permettre une navigation beaucoup moins linéaire. De retrouver toutes les formes d'expressions et de manifestations plus simplement et surtout plus rapidement. A l'heure des datalink, quid de la France sur les RDA ?

   En Septembre 2010, la France a mise en place un groupe d'experts sur l'adaptabilité du RDA. En Septembre 2012, s'est tenue une réunion du CSB (Comité stratégique bibliographique) regroupant le Ministère de la culture, le Ministère de l'éducation ainsi que la BnF et l'ABES. Ils se sont fixés l'objectif suivant à savoir : remettre un document d’orientation formalisant les enjeux identifiés à ce jour. Ce document comportera notamment  les orientations prises sur le RDA.


Sources 

Synthèse de la Bibliothèque de Montréal sur les RDA.

Groupe RDA et ABES

Le site de la Bnf

le site officiel du groupe technique RDA en France   
http://rda-en-france.enssib.fr/

Mesurer la société de l'information

                                                                    
    L'édition 2012 du rapport annuel de l'Union internationale des Télécommunications (UIT), agence spécialisée de l'ONU, fait le point sur les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), dans le monde.
Plus d'un tiers de la population mondiale est connecté au web.
La tendance à la baisse, des prix de la téléphonie et des services Internet large bande, contribuent à ce développement technologique.

    Principale source de statistiques mondiales sur les télécommunications et les autres technologies, l'UIT a utilisé un indice de développement des TIC (IDI), pour établir son baromètre. L'IDI est un outil, construit à partir de onze indicateurs, qui permet de comparer, d'une année sur l'autre, les données sur le plan mondial, national et régional.

    Selon, les derniers chiffres, dix pays arrivent en tête du classement des TIC dont huit pays européens et deux pays d'Asie. La République de Corée est au premier rang suivie par la Suède, le Danemark, l'Islande et la Finlande.
    Malgré une dynamique du marché des TIC dans les pays en développement, la fracture numérique persiste vis-à-vis des pays développés.

 Source : UIT


Ce rapport montre que le secteur des TIC est l'un des grands moteurs de la croissance économique mondiale.




Les sources :

- Communiqué de presse de l'UIT, 11/10/2012
http://www.itu.int/net/pressoffice/press_releases/2012/70-fr.aspx#.ULYaIe-nvTc [en ligne] [consulté le 28/11/2011]

- InaGlobal le portail d'informations dédié aux industries créatives et aux médias : article de Danielle HURLEY, Quelles fractures numériques dans la société mondiale de l'information ? 16/11/2012
http://www.inaglobal.fr/numerique/article/quelles-fractures-numeriques-dans-la-societe-mondiale-de-linformation [en ligne] [consulté le 28/11/2011]

- 2,3 milliards d'internautes dans le monde : Le Monde.fr, le 11/10/2012
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/10/11/2-3-milliards-d-internautes-dans-le-monde_1774055_651865.html [en ligne]  [consulté le 28/11/2011]