jeudi 11 décembre 2014

Le multilinguisme d'Isidore, un pas de plus vers l'Open Access?

"Intégration de services, interconnexion de données de la recherche et de l’enseignement (1)" ou plus simplement nommée Isidore, la plate forme en ligne, présente à l'heure actuelle 2531 sources de données contenus dans 93 collections, spécialisées dans le domaine des SHS. Intègrant le protocole de partage de métadonnées de l’Open Archives Initiative (OAI) et destiné à faciliter l'échange des archives numériques depuis 2010, Isidore, présente une alternative intéressante à des moteurs de recherches tels que Google scholar (2) dans le cadre d'une politique axée sur l'Open Access.

Une politique de l'Open Access...

Cette base en SHS n'est pas la seule. On peut citer le cas de Jurn dans le même domaine mais aussi d'autres existantes dans les domaines de la biologie, médical, informatique, ingénierie, mathématiques.
Cependant, le passage d'Isidore vers le multilinguisme participe d'une capitalisation des savoirs dans une logique d'accès des connaissances de la manière la plus large possible (3). La réunion d'experts autour de la question du libre accès, tenue à Londres, les 2 et 3 décembre 2014 (4) se tient aussi dans cette optique d'encouragement de cette argumentation.
En effet, comme le stipule le rapport d’étape 2014 sur l’espace européen de la recherche (EER) encourageant vivement dans une optique européenne, projeté vers 2020, il s'agit de "remédier comme il convient aux lacunes qui subsistent en matière d’accès ouvert aux publications scientifiques[...] bénéficiant d’un financement public [...] et d’étudier les conditions dans lesquelles il serait pertinent de donner librement accès aux données de la recherche financée par des fonds publics, en prenant en compte les intérêts légitimes des parties concernée (5)."

Permettant un sauvetage des SHS ?

"Isoler aujourd’hui, les SHS dans un espace spécifique ferait de ce dernier un conservatoire voué à la disparition (6)" selon l'article publié par une communauté de responsables d'universités dans Le Monde, le libre accès offrirait la possibilité de donner une visibilité plus grande à ce domaine qui connait, selon la même source, un cumul des visites sur Cairn, OpenEdition, Erudit et Persée se montant à environ 10 millions de visites mensuelles.
De plus, un accès libre et le partage des connaissances permettent de développer de nouveaux axes de recherches incluant des domaines qui n'étaient pas mis en contact car jusqu'alors plus compartimentés. Les mots de l'historienne de l'art, Marie Jacob, résument bien cette approche : "C'est en adoptant cette démarche pluridisciplinaire, en multipliant les angles de vue et les points de comparaison, qu'il sera possible de cerner les œuvres dans leur complexité (7)."
Cette réflexion se trouve donc au cœur du choix d'Isidore de faire un pas vers le multilinguisme dans une optique de décloisonnement des savoirs.



Sources
   (1) N. Dardenne, "ISIDORE", Huma-Num (en ligne), mis en ligne 28 novembre 2010, http://www.huma-num.fr/service/isidore, (consulté le 11 décembre 2014)

(2) F. Soyez, "Moteur de recherche scientifiques : les alternatives à Google Scholar", Techniques de l'ingénieur (en ligne), 3 décembre 2014, http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/web-thematique_89430/moteurs-de-recherche-scientifiques-les-alternatives-a-google-scholar-article_289389/, (consulté le 11 décembre 2014)

(3) S. Pouyllau, "Isidore : vers le multilinguisme", Huma-Num (en ligne), mis en ligne le 5 décembre 2014, http://humanum.hypotheses.org/798 , (consulté le 11 décembre 2014)

(4) T. Hameau, "cohésion des politiques en faveur du libre accès en Europe", Libre accès à l'information scientifique et technique (en ligne), mis en ligne le 10 décembre 2014, http://openaccess.inist.fr/?Cohesion-des-politiques-en-faveur, (consulté le 11 décembre 2014)

(5) T. Hameau, "Espace européen de la recherche : libre accès aux résultats de la recherche", Libre accès à l'information scientifique et technique (en ligne), mis en ligne le 8 décembre 2014, http://openaccess.inist.fr/?Espace-europeen-de-la-recherche, (consulté le 11 décembre 2014)

(6) Collectif, "Qui a peur de l'Open access", Le Monde (en ligne), mis en ligne le 15 mars 2013, Mis à jour le 20 mars 2013, http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/03/15/qui-a-peur-de-l-open-acces_1848930_1650684.html, (consulté le 11 décembre 2014)

(7) M. Jacob, Dans l'atelier des Colombe (Bourges 1470-1500), le représentation de l’Antiquité en France à la fin du XVème siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, p.17





mardi 9 décembre 2014

Google prépare un moteur de recherche pour les moins de 13 ans



Le géant de la technologie américaine va lancer une version enfant de son navigateur Google Chrome et de certaines de ses plateformes les plus populaires telles que  Youtube.

Des plateformes « fun and safe for children ».
D'après Pavni Diwanj, vice-présidente de Google en charge du projet, ces nouvelles plateformes prendraient davantage en compte les désirs et les besoins des enfants. Dans son interview donnée à USA TODAY (1), elle expliquait : «nous voulons changer nos produits pour qu'ils soient à la fois amusants et sûrs à utiliser pour les enfants». Se divertir en sécurité, mais pas seulement car ces futurs outils Google auraient des vertus pédagogiques pour les petits: «Les enfants utilisent déjà les nouvelles technologies à l'école ou à la maison, alors autant les aider à les utiliser le mieux possible». Ils auraient également des qualités éducationnelles :« il s'agit de donner les bons outils pour contrôler l'utilisation des outils par leurs enfants».
Google n’a pas donné de détails quant à la sortie du « Google enfant » : les familles devront patienter.


Un moyen de séparer le grain de l’ivraie ?
A partir des 40,000 requêtes enregistrées par seconde (2), ces nouveaux produits permettraient-ils d’observer « de loin » cette jeune et future mine d’informations ? De distinguer les « clics  enfants » des « clics parents » ?
Pavni Diwanj convient que le sujet donnera  lieu à des « controverses », d'autant qu'aux Etats Unis, la loi de protection des enfants en ligne ( Children’s Online Privacy Protection Act) interdit la collecte d’informations personnelles des jeunes de moins de 13 ans (3).

Quoi qu’il en soit, l’enjeu est de taille si l’on sait que plus de 90% des revenus de Google proviennent de la publicité et si l’on considère l’impact que pourraient avoir ce nouveau Google sur le développement des systèmes de recommandation.


Sources : 

(1) "Google to revamp its products with 12-and-younger focus", USA TODAY, 03/12/14

(2) "Google prépare un moteur de recherche réservé aux enfants", LE FIGARO.FR, 4/12/14  

(3)"Google veut créer un moteur de recherche pour les enfants", Les Echos, 4/12/14
http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0203988657306-google-veut-adapter-ses-services-aux-moins-de-13-ans-1071391.php
 



Altmetrics. Pour une mesure de l’impact social des résultats scientifiques

Depuis le milieu du XXe siècle, l’évaluation de l’impact de la recherche scientifique repose sur des techniques de mesure quantitative, fondées sur le nombre de citations de publications. Ces indicateurs bibliométriques, strictement académiques, se voient désormais complétés par des méthodes prenant en compte l’impact social des résultats de la recherche, les altmetrics.

Une mesure complémentaire
L’usage omniprésent d’internet par les chercheurs a généré l’émergence, en 2010, des « altmetrics » ou mesures alternatives d’impact (1). Ceux-ci mesurent le nombre de partages sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Linkedin, etc.), de sauvegardes (Mendeley, Delicious, CiteULike, CrossRef) (2), de téléchargements et de conversations mentionnant un article ou un auteur.
Par l’évaluation qu’ils font de la diffusion des résultats scientifiques hors des milieux académiques – ou impact 2.0 de la recherche –, les altmetrics constituent davantage une mesure complémentaire aux indicateurs bibliométriques classiques que leur réelle alternative.

Un outil utilisé par les grands éditeurs scientifiques
A l’image des partenaires de la première conférence internationale sur les altmetrics (3), qui s’est tenue à Londres en septembre dernier, les grands acteurs internationaux de l’édition scientifique (Springer, Elsevier, Wiley, PLoS, Thomson Reuters, BioMed Central, etc.) ont opté pour cette mesure de l’impact social des résultats de la recherche. S’il n’existe pas, à ce jour, de corrélation entre popularité et nombre de citations scientifiques, une plus grande visibilité sociale pourrait néanmoins conduire, à terme, à un plus grand nombre de citations académiques d’un article (4).

Un indicateur de la portée sociale de la recherche ?
Un certain nombre de critiques ont déjà formulées à l’encontre des altmetrics (instabilité des sources ; manipulation ; évaluation de la popularité, positive ou négative ; mesure valable pour les articles récents, etc. (5)). Sans prétendre évaluer la qualité d’un article scientifique – laquelle ne peut, selon les chercheurs, qu’être effectuée par les pairs (6) –, les altmetrics peuvent néanmoins permettre d’identifier les sujets suscitant l’intérêt des décideurs, des médias et du grand public.
C’est peut-être tout l’intérêt de ce nouvel indicateur, y compris pour le chercheur : pointer, à un moment donné, vers les articles les plus pertinents du point de vue de la société.



[1] Altmetrics : a manifesto, publié le 26 octobre 2010 (consulté le 9 décembre 2014)

[2] Définition - Altmetrics, par ETS, Université du Québec (consulté le 9 décembre 2014)

[3] First Altmetrics Conference, 25-26 novembre 2014 (consulté le 9 décembre 2014)

[4] From Attention to Citation : What are Altmetrics and how do they work ?, par Xianwen Wang, publié le 28 octobre 2014 (consulté le 9 décembre 2014)

[5] Les mesures d'impact alternatives: mise en contexte, par l’Association des bibliothèques de recherche du Canada, publié le 9 décembre 2013 (consulté le 9 décembre 2014) et Article Wikipédia « Atlmetrics » (consulté le 9 décembre 2014)


[6] Altmetrics may be able to help in evaluating societal reach, but research significance must be peer reviewed, par Kim Holmberg, publié le 9 juillet 2014 (consulté le 9 décembre 2014)

mercredi 3 décembre 2014

L'ampleur du Big Data et ses enjeux sociétaux


Régulièrement, le mot "Big Data" est affiché dans les médias ou sur les réseaux sociaux, il est mentionné dans plusieurs articles récents.
Une enquête récente réalisée en mars 2014 par Data Publica, une start up spécialisée dans les données entreprises, présente une synthèse de l'utilisation du mot "Big Data" dans les médias en ligne en France (1) qui confirme bien l'ampleur du Big Data dans tous les secteurs.

En effet, 357 publications comportant le mot "Big Data" ont été recensées en mars 2014 dont 87 qui le traitent comme sujet principal avec une majorité d'articles et de brèves. 22 thèmes sont couverts avec deux tendances principales: les infrastructures et les évènements. Suivent ensuite la prospective, les transports, la finance et le marketing.

Qu'est ce que le "Big Data" ?
Les Big Data appelés également "données massives" désignent des ensembles de données qui deviennent tellement volumineux qu'ils ne peuvent être traitées avec des outils classiques de gestion de base de données ou de gestion de l'information (2).

Selon le modèle défini par la société d'analystes américains Gartner, les Big Data sont caractérisés par les  trois V (Volume, Variété, Vélocité) : 

Volume : avec la croissance exponentielle des données numériques
Variété : avec différents types de données numériques: texte, photo, audio, vidéo
Vélocité : avec une augmentation croissante de la vitesse de traitement des données (3).

Le Big Data présente plusieurs enjeux économiques mais aussi sociétaux qu'il ne faut pas négliger comme le souligne Mr François Bourdoncle dans son article "Big Data: les barbares sont aux frontières et nous jouons à la bergère" (3).
En particulier, il met en évidence l'enjeu essentiel de la protection des données personnelles et de la vie privée. 
Dans ce cadre, un travail de réflexion est engagé avec la CNIL pour faire évoluer la mise en œuvre de la loi "informatique et libertés" de manière à prendre en considération le développement rapide des big data dans tous les secteurs d'activités (3).

(1) Data Publica - 1 mois de Big Data dans les médias en ligne en France - Mars 2014
 (2) Wikipédia - Big Data - dernière modification le 27 novembre 2014 -
(3) Le plan du "Big Data" ! (F.Bourdoncle) - cité par le blog pdfbretagne - Août 2014

Les sources ci-dessus ont été consultées le 3 décembre 2014

De la littérature jeunesse au cinéma d’animation…

En cette fin d’année, faisant écho au billet d’Aurore Bouquet sur le livre de jeunesse et sa transition numérique (1), rappelons l’ouverture demain du réjouissant Carrefour du cinéma d’animation au Forum des Images, du 4 au 7 Décembre (2). Des films, des courts-métrages, des avant-premières, des rétrospectives, des rencontres avec les auteurs(es) et réalisateurs(trices)… 

Poursuivre ses découvertes avant Noël, et plus si affinité, car le dessin animé n’interpelle pas que les petits. Ce Carrefour met d’ailleurs l’accent sur le cinéma d’animation politique et érotique (3).

Un secteur créatif

Selon le SPFA (4), la France s’est imposée au niveau mondial en développant des films d’auteurs, et s’est positionnée sur un marché  à destination des adultes et des périscolaires. Ce qui lui a permis de se démarquer de ses concurrents potentiels et d’offrir une palette plus ciblée.
L’animation française est un secteur particulièrement créatif depuis une quinzaine d’années, en proposant chaque année près de dix films aux spectateurs pour un total de 5 millions d’entrées. 
La France est n°3 mondial et n°1 européenne et l’animation représente 13,9% du chiffre d’affaires du cinéma en vidéo. 
Parmi les neuf pôles du programme du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, celui consacré au cinéma met en avant l’univers du film d’animation. En effet la littérature jeunesse et le cinéma d’animation regorgent de correspondances et d’emprunts l’un à l’autre, pour la plus grande richesse graphique et scénaristique. A noter que la littérature jeunesse irrigue depuis une dizaine d’années les productions de dessins animés, de nombreux récits ou bandes dessinées sont adaptées et transposées au cinéma.

Une histoire ancienne

L’histoire de l’animation est ancienne et remonte à plus d’un siècle. Faite d’expérimentations, de "ratures" et d’inventions ! Pour cela, ne pas manquer le très beau livre "Du Praxinoscope au Cellulo : un demi-siècle d’animation en France (1892-1948)"(5).
Courrez voir pour le régal des yeux et des sens, la collection des dessins d’animation de la Cinémathèque française (6). Ce département réunit un ensemble de 12 000 dessins numérisés. Les questions clés de la préservation des documents ayant servi aux dessins animés sont l’acquisition, l’archivage, la conservation, la restauration et la diffusion des films d’animation.
Or à ce jour le catalogage menant à leur numérisation a dû être interrompu dans l’attente d’une solution satisfaisante de conservation des celluloid (7), (8)
A bon entendeur…

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin : signalons l’AFCA (9), qui possède un centre de  ressource et de documentation, accessible sur rendez-vous et consacré au cinéma d’animation français en particulier, mais aussi étranger, avec de nombreux documents, des originaux issus de films et une vidéothèque avec 4 500 titres.

Bonne fin d'année.


Sources :

(1) Univers Blog, Aurore Bouquet, article du 26 Novembre 2014, (consulté le 3 Décembre 2014)

(2) Forum des Images, (consulté le 3 Décembre 2014)

(3) Bande annonce du Carrefour de l'animation, Forum des Images, du 4 au 7 Décembre 2014, (consulté le 3 Décembre 2014)
http://www.dailymotion.com/embed/video/x29k0wq_carrefour-du-cinema-d-animation-12e-edition_shortfilms

(4) SPFA, syndicat de Producteurs de films d'Animation : (consulté le 3 Décembre 2014)

(5) CNC, centre national du cinéma et de l'image animée, "Du Praxinoscope au cellulo : un demi-siècle de cinéma d’animation en France (1892-1948)", (consulté le 3 Décembre 2014)


(6) La Cinémathèque française : collection de dessins d'animation, (consulté le 3 Décembre 2014)
(7) Larousse : définition Celluloid, (consulté le 3 Décembre 2014)

(8) Wikipédia : définition Celluloid, (consulté le 3 Décembre 2014)


(9) AFCA, association française du cinéma d'animation, (consulté le 3 Décembre 2014)

mardi 2 décembre 2014

Le plagiat ou les prédateurs de l'Open Access


Régulièrement, des affaires de plagiat reviennent sur le devant de l'actualité. La dernière, datant du 17 novembre dernier, a valu une suspension de ses fonctions à la directrice exécutive de l'école de journalisme d'un célèbre Institut d'études politiques de Paris. (1)

Cet exemple ne serait-il pas révélateur d'une question qui peut prendre des dimensions tout-à-fait vertigineuses ?

On peut se poser la question à la lecture de l'article Le plagiat sans fard. Recette d'une singulière imposture, publié récemment par Michel Charles  sur le site de recherche en littérature Fabula (relayé par le blog Evaluation de la recherche en SHS) (3).

L'auteur nous révèle l'histoire d'un universitaire américain dont il a pu établir "une liste de dix-huit textes qui, sur seize ans, ont fait l'objet de trente-quatre plagiats ou copies (certains originaux ayant donné lieu à deux, trois, voire quatre copies) dans neuf revues différentes" [2, Charles]. En publiant de multiples versions de ses copies, parfois simultanément, l'universitaire a réussi à "pratiquer en même temps le plagiat et l'autoplagiat" [2, Charles]. Après s'être construit une réputation en publiant de faux articles dans de nombreuses revues, il s'est mis en situation de commander des travaux à d'autres personnes dont il a ensuite repris le contenu en se l'appropriant.

Selon Michel Charles, cette affaire met en exergue l'emballement du système actuel : dans la course à la publication, il n'est pas rare que des auteurs payent des éditeurs pour être publiés, dans le souci d'avoir une visibilité maximale sur un classement mondial basé lui-même sur des critères quantitatifs... La masse éditoriale devient tellement énorme qu'il y a risque que certains profitent de la confusion ainsi engendrée.

Pour conclure, rappelons que "pour qu’il y ait plagiat, il faut mentir par omission, c’est-à-dire laisser croire qu’on est l’auteur d’une œuvre qu’on a en fait empruntée à un autre."(4)
Mais cela peut s'avérer plus complexe car en droit français ce terme n'existe pas, on parle plutôt de contrefaçon : on pourra se reporter au site leplagiat.net pour une définition plus précise de cette notion.
...et comme l'auteur de ce billet ne voudrait pas se faire accuser de plagiat, voici les sources :

(1) Une affaire de plagiat agite la direction de l’école de journalisme de Sciences Po par Isabelle Rey-Lefebvre (publié le 17/11/2014) http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/17/une-affaire-de-plagiat-agite-sciences-po_4524793_3224.html
(consulté le 2 novembre 2014)  

(2) Le plagiat sans fard. Recette d'une singulière imposture  par Michel Charles http://www.fabula.org/atelier.php?Plagiat_sans_fard (mis en ligne en novembre 2014) - (consulté le 2 novembre 2014)  

(3) L'expérience du plagiat perpétuel par Sophie Roux (mis en ligne le  12 novembre 2014) - (consulté le 2 novembre 2014)
 
(4) Droit d’auteur : plagiat et/ou contrefaçon ? par Didier Frochot (mis en ligne le  12 novembre 2013) - (consulté le 2 novembre 2014)

(5) Plagiat et contrefaçon par Hélène Maurel-Indart (non daté) - (consulté le 2 novembre 2014)

Correct : la plateforme participative de la BNF

Depuis le 24 novembre, la Bnf teste en temps réel la correction participative de documents via sa plateforme Correct dans sa version bêta. Les documents numériques de Gallica deviennent non seulement accessibles à tous mais aussi modifiables par tous.

Correct (Correction et Enrichissement Collaboratifs de Textes) est une plateforme expérimentale de crowdsourcing conçue et développée par la BnF dans le cadre du projet de recherche FUI12. Lancée en janvier 2012, elle propose une correction et un enrichissement collaboratifs de texte (1).
Piloté par Orange, le projet s'articule autour de 9 partenaires (Orange, BnF, Jamespot, Urbilog, I2S, ISEP, INSA Lyon, Université Lyon 1, Université Paris 8). La plateforme propose à des utilisateurs des outils intuitifs pour corriger et enrichir des documents numérisés. En proposant à des utilisateurs d'intégrer de petits groupes de correction via un réseau social collaboratif, Correct favorise l'entraide
et facilite la collaboration (2).

Des techniques pour améliorer l'OCR
Techniquement, après avoir importé des documents issus de Gallica, un premier prototype d'éditeur de correction a été testé pour proposer un rendu de texte fidèle à l'orignal car les traitements OCR sont encore imparfaits. Ensuite, le texte nécessite une reconstruction de sa mise en forme et la lecture proposée doit être logique. Enfin, l'indexation, la vocalisation ou encore l'annotation permettent d'enrichir les documents corrigés (1).
Concrètement, un bouton de correction sera prochainement intégré à Gallica : l'utilisateur sera alors directement redirigé dans Correct. L'objectif est d'y intégrer les 3 millions de pages et d'indiquer aux lecteurs le taux de fiabilité de la reconnaissance. Et le nouvel algorithme développé par les Orange Labs, devra améliorer les documents ALTO de la Bnf. Ces fichiers permettent de réaliser des actions spécifiques et appréciées des utilisateurs (copier-coller) dans les documents numérisés. Leur accès sera amélioré dans les moteurs de recherche et pour les chercheurs qui les utilisent comme référence (3).

Un corpus dépendant d'une correction collaborative
 Pour la Bnf, la correction de texte permettra de mieux documenter les collections destinées aux usagers. Plus tard, l'enrichissement des documents corrigés permettra de développer de nouveaux projets comme des livres numériques ou des livres pour les personnes malvoyantes.

Jusqu'en juin 2015, le réseau social est en phase expérimentale en conditions réelles. Toute personne peut corriger des documents issus de Gallica. Les usages de la plateforme seront étudiés. Une évaluation permettra de recueillir les attentes des utilisateurs. Et, une réflexion sera menée pour intégrer l'aspect communautaire et collaboratif du réseau social à la bibliothèque numérique. Pour les aider, la Bnf a mis en ligne un guide pour la correction des césures ou des ligatures.

A ce jour, 57 documents, postérieurs à 1800, issus de Gallica et classés dans des collections créées pour l'expérimentation, sont mis à la disposition des premiers utilisateurs. Les 214 premiers inscrits, répartis en 6 groupes, choisissent les documents qu'ils souhaitent corriger en fonction de leurs centres d'intérêt : roman d'anticipation, contes d'ici et d'ailleurs, cuisine et gastronomie... (3) Les sciences occultes, domaine parmi les plus consultés et téléchargés sur Gallica, sont bien représentées dans cette phase de test.

Tous les documents corrigés seront accessibles et réutilisables de manière libre et gratuite tant que les usages restent à but non commercial. Les outils du partenariat et le réseau de correction participative feront-t-ils le succès du projet Correct ? La bnf en fait le pari.

1. BNF. Plateforme CORRECT : Projet de recherche FUI12 Ozalid, le 25/11/2014
En ligne : http://www.bnf.fr/fr/professionnels/anx_numerisation/a.projet_correct.html
(consultation le 02/12/2014)
2. JOSSE, Isabelle. Expérimentez la correction collaborative grâce à Correct !, le 14/11/2014.
En ligne : http://blog.bnf.fr/gallica/index.php/2014/11/24/experimentez-la-correction-collaborative-grace-a-correct/ (consultation le 02/12/2014)
3. OURY, Antoine.La plateforme Correct de Gallica : tout l'enjeu réside dans la collaboration. le 01/12/2014

Pour aller plus loin :
http://www.reseau-correct.fr. (consultation le 02/12/2014)