lundi 16 novembre 2020

TousAntiCovid - aura t-il plus de succès que StopCovid ?

 Après l'échec de StopCovid - l’application française de traçage des malades du coronavirus- sa nouvelle version TousAntiCovid a été lancée par le gouvernement le 22 Octobre.  Ce nouvel outil aura-t'il plus de succès que son prédécesseur dans la lutte contre la Covid-19 ? Quels seront les facteurs de réussite ?

Lors de la première vague du Covid du printemps dernier, différents pays européens ont développé  leur propre outil de traçage. Si tous ces outils avaient en commun l'objectif de contenir la propagation du virus, en stoppant au plus vite  les chaines de contamination, tous n'ont pas rencontré le même succès.

En effet, en date du 14 octobre, soit presque 4 mois et demi après son lancement, la France se plaçait en queue de l'Europe avec seulement 2,6 millions  de téléchargements et d'installations de son application StopCovid. A titre comparatif, les chiffres de son pendant britannique et allemand s'élevaient à 16 millions et 18 millions, respectivement.

Par ailleurs, moins de 8000 personnes s'y sont déclarées positives et moins de 500 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts via StopCovid. [5].

Comment s'explique cette  divergence et que peut-on attendre pour le nouveau outil TousAntiCovid ? 

Rappel du fonctionnement de l'outil

"Lorsque deux téléphones se croisent pendant au moins deux minutes à moins d'un mètre, chacun enregistre l'autre dans l'historique de son application de manière cryptée. Cela permet rétrospectivement que, lorsqu'une personne se déclare positive dans l'application, l'ensemble des utilisateurs de StopCovid qu'elle a croisé soit prévenu. [...] Quand une personne est testé positive, elle reçoit un code à usage unique avec son résultat de test. Si elle le souhaite, elle peut alors utiliser ce code pour signaler dans l'application qu'elle est malade. Les personnes alertées par l'application seront invitées à consulter leur médecin traitant. (...]

La technologie utilisée est celle du Bluetooth en évitant de recourir à des technologies utilisant la géolocalisation des personnes" [12]. 

Toutes les applications Anti-Covid européennes fonctionnent selon ce mode de fonctionnement et il en est  de même pour l'outil TousAntiCovid, qui n'est rien d'autre qu'une mise à jour de l'application StopCovid, enrichie par l'accès à des informations factuelles et sanitaires sur l'épidémie. [4] 

La protection de la vie privée

En Europe, le respect de la vie privée et la protection des données est  un sujet de société important, ayant conduit au  "règlement général de protection des données" (RGPD) en 2018. 

Suite à la décision de la RGPD, l'utilisation de la géolocalisation dans le but de surveiller la propagation de la Covid-19 a été interdite, afin d'assurer "le droit des personnes à leur vie privée, pas seulement pour respecter l'État de droit, mais aussi parce que c'est un gage de confiance, sans lequel les utilisateurs potentiels de ces technologies seront peu disposés à les adopter."[13]

En France, La CNIL a à plusieurs reprises appelé à la vigilance et imposé des exigences supplémentaires au dispositif  "StopCovid", ce qui reflète l'importance que les Français accordent au sujet du respect de leur vie privée.  [1], [15]

Le contexte sanitaire et politique

Alors que les Français venaient de faire l'expérience inédite de la crise sanitaire de la "première vague" avec un pic sanitaire de plus de 7000 personnes en réanimation pour cause de Covid-19 de, atteint le 08 avril, la situation s'est ensuite continuellement améliorée.

Le jour du lancement de l'application StopCovid, le 02 juin, seulement 1253 personnes étaient encore hospitalisées en réanimation. Heureusement, le déconfinement, survenu deux semaines auparavant, n'avait pas non plus fait partir ces chiffres vers la hausse. [6]

Or, «Dans un contexte où la prévalence de l'épidémie décroît très vite, l'incitation des gens à installer l'application est limitée», a reconnu le secrétaire d'Etat au numérique.[16]

En revanche, la nouvelle version TousAntiCovid a été introduite  au moment où la deuxième vague de contamination submergeait l'Europe, à une semaine du deuxième confinement. Associée à ce contexte sanitaire "favorable", l'introduction de TousAntiCovid a bénéficié d'une communication réussie, résultant en deux pics de téléchargements importants (voir image ci-dessous).


Evolution des nouveaux utilisateurs de StopCovid/ TousAnticovid dans le context sanitaire
( graphique élaboré en superposant les données épidémiologiques [6] et les données métriques de l'outil de traçage[21])
                         
  • Le premier pic observé, autour du 22-23 octobre est consécutif à l'intervention, le 21 octobre, de Jean Castex et de Cédric O, lors d'une conférence de presse. C'est à ce moment-là que la nouvelle version a été annoncée. D'un coup, l'application a enregistré 919 637 téléchargements en deux jours. 
  • Le second pic observé, autour du 29-30 octobre est consécutif à l'allocution du chef de l'État, le 28 octobre et la conférence de presse de Jean Castex le lendemain durant lesquelles TousAntiCovid est de nouveau évoquée. En deux jours, l'application a été téléchargée près de 1 700 000 fois [...]

Ces deux pics ont permis de cumuler près de 3 millions de téléchargements en l'espace de cinq jours, qui s'ajoutent aux 2,5 millions de téléchargements "hérités" de StopCovid . [11]

En date du 14 novembre, environ 8,5 millions de téléchargements ont été réalisés et 500 personnes/jour sont notifiées contact.  


Evolution des personnes se déclarant contact, des cas notifiés et du nombre total d'utilisateurs
  ( graphique élaboré basé sur les données métriques de l'outil de traçage[21])

En conclusion: TousAntiCovid rencontre plus de succès que sa première version, StopCovid, mais ce n'est pas encore suffisant. L'objectif est d'atteindre 15 millions de téléchargements d'ici début décembre, date prévue du déconfinement. A titre comparatif, vingt millions de Britanniques ont à ce jour téléchargé et installé leur application à 22 [...] et 22 millions d'Allemands. [17]

La disponibilité des nouvelles fonctions telles que la possibilité de générer des attestations numériques améliorées [18] ou prochainement un carnet de rappel numérique [19] offrent une plus grande ergonomie et sécurité [10], ce qui devrait inciter davantage les Français à utiliser l'application .

La désinformation sur la Covid-19

La crise sanitaire a conduit à l'émergence d'un raz-de-marée de désinformation, qui se propage presque aussi vite que le virus, parmi lesquels un grand nombre mettent en cause la gravité de la la crise sanitaire, voire son existence, et par conséquence les moyens mis en oeuvre pour y faire face. Il est évident, que cette désinformation a eu un impact négatif sur le taux d'utilisation de l'application de traçage de la Covid-19. [20]

Afin de démanteler ces fausses informations, et dans le but de favoriser l'éducation au médias, l'AFP  a lancé dès le début de la pandémie un partenariat inédit avec Facebook France, avec une campagne de vidéos sur les fausses informations au sujet du Covid-19, disponibles sur son son site factuel.afp.com.  Le succès de cette campagne s'est traduit par une augmentation de l'audience du site de 900% au moment du pic de la première vague [7] et actuellement, au moment de la deuxième vague, les nouvelles fausses informations n'arrêtent pas d'affluer. Un bel exemple de l'utilité du fact-checking en cette période de crise sanitaire. 

Bibliographie

[1] SOW, Mamadou.Covid-19: concilier la surveillance et la protection de la vie privée. CNAM. Universblog.19/05/2020 [consulté le 09/11/2020] http://bloguniversdoc.blogspot.com/2020/05/covid-19-concilier-la-surveillance-et.html

[2] LESAVRE, Marie: TousAntiCovid: 4,2 millions de téléchargements en France. AFP. Les Techniques de l'Ingénieur.27/10/2020  [consulté le 09/11/2020] <https://www-techniques-ingenieur-fr.proxybib-pp.cnam.fr/actualite/breves-afp/tousanticovid-42-millions-de-telechargement-en-france-85257>

[3] LESAVRE, Marie: L'application TousAntiCovis à nouveau fonctionnelle après une saturation.AFP. Les Techniques de l'Ingénieur.23/10/2020  [consulté le 09/11/2020] <https://www-techniques-ingenieur-fr.proxybib-pp.cnam.fr/actualite/breves-afp/lapplication-tousanticovid-a-nouveau-fonctionnelle-apres-une-saturation-85073/>

[4]  NATHAN, Michael: Covid-19.Gouvernement Français. Portail d'information [consulté le 09/11/2020]< https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/tousanticovid>

[5] LESAVRE, Marie: TousAntiCovid: 4,2 millions de téléchargements en France. AFP. Les Techniques de l'IngénCovid-19: « Tous anti-Covid », nouvelle application de traçage du gouvernement (Macron). AFP. Les Techniques de l'Ingénieur.27/10/2020 [consulté le 09/11/2020] <https://www-techniques-ingenieur-fr.proxybib-pp.cnam.fr/actualite/breves-afp/covid-19-tous-anti-covid-nouvelle-application-de-tracage-du-gouvernement-macron-84832/>

[6] LUCCHESI, Laure: synthèse-fra. données relative à l'épidémie de Covid-19 en France. Gouvernement Français.MAJ 14/11/2020 [consulté le 14/11/2020]<https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/donnees-relatives-a-lepidemie-de-covid-19-en-france-vue-densemble/#>

[7] FRIES, Fabrice: Covid-19! L'AFP lance une initiative avec Facebook en France L'AFP sur tous les fronts de lutte contre les fausses informations.AFP. 16/04/2020 [consulté le 09/11/2020] <https://www.afp.com/fr/lagence/communiques-de-presse/covid-19-lafp-lance-une-initiative-avec-facebook-en-France>

[8] FRIES, Fabrice: Les hôpitaux "pas débordés" car les chiffres sur les lits de réanimation sont une "superchérie"?.AFP Factuel.31/10/2020 [consulté le 09/11/2020] <https://factuel.afp.com/covid-19-les-reanimations-ne-sont-pas-debordees-faux>

[9] GRABLY, Raphaël: Plus de 500,000 Personnes ont installé Tousanticovid en 24 heures. BFM Business. 23/10/2020 [consulté le 09/11/2020]  <https://www.bfmtv.com/tech/plus-de-500-000-personnes-ont-installe-tous-anti-covid-depuis-hier_AN-202010230128.html>

[10] TRUJILO, Elsa: Carnets de rappel: ce que les restaurateurs peuvent faire (ou non) de vos données. BFM Business.06/10/2020 [consulté le 09/11/2020]<https://www.bfmtv.com/tech/carnets-de-rappel-ce-que-les-restaurateurs-peuvent-faire-ou-non-de-vos-donnees_AN-202010060229.html>

[11] DEMAGNY, Xavier, FLOCHEL, Claire: TousAntiCovid: les chiffres montrent "l'effet Macron" sur les téléchargements. France Inter.10/11/2020  [consulté le 10/11/2020]<https://www.franceinter.fr/tousanticovid-les-chiffres-montent-l-effet-macron-sur-les-telechargements>

[12] NATHAN, Michael: A propos de StopCovid/Comment cela fonctionne-t'il ?. Gouvernement Français [consulté le 09/11/2020]  <https://www.economie.gouv.fr/stopcovid-faq>

[13] UNTERSINGER, Martin: Coronavirus « Les applications de “contact tracking“ appellent la vigilance particulière ». Le Monde. Publié le 07/04/2020.[Consulté le 01/05/2020] <https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/04/05/coronavirus-les-applications-de-contact-tracing-appellent-a-une-vigilance-particuliere_6035639_4408996.html>

[14] DENIS, Marie-Laure: "TousAntiCovid": La CNIL revient sur l'évolution de l'application "StopCovid".CNIL. Publié le 23/10/2020 [consulté le 09/11/2020] <https://www.cnil.fr/fr/tousanticovid-la-cnil-revient-sur-levolution-de-lapplication-stopcovid>

[15] VERGARA, Ingrid:  Application StopCovid: la Cnil clôture la mise en demeure du ministère de la Santé.Le Figaro. Publié le 20/07/2020, MAJ le 04/09/2020 [Consulté le 09/11/2020] <https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/application-stopcovid-la-cnil-met-en-demeure-le-ministere-de-la-sante-20200720>

[16] :  FEUILLEE, Marc: Stopcovid: 1,5 million de téléchargements et "une poignée de notifications, selon Cédric O. Le Figaro. Publié le 11/06/2020 [Consulté le 09/11/2020]< https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/stopcovid-1-5-million-de-telechargements-et-une-poignee-de-notifications-selon-cedric-o-20200611>

[17] BEMBARON, Elsa: TousantiCovid vise les 15 Mio de téléchargements. Le Figaro. Publié le 03/11/2020 [Consulté le 09/11/2020] <https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/tousanticovid-vise-les-15-millions-de-telechargements-20201103

[18] BECHADE, Corentin: Comment Générer son attestation de sortie sur TousantiCovid. Les Numériques. Publié le 03/11/2020 [Consulté le 09/11/2020]<https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/comment-generer-son-attestation-de-sortie-sur-tousanticovid-n156493.html>

[19] KAHN, Samuel: Quels nouveautés pour la nouvelle application de Traçage Tousanticovid?.Le Figaro. Publié le 22/10/2020 [Consulté le 09/11/2020] <https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/quelles-nouveautes-pour-la-nouvelle-application-de-tracage-francaise-tousanticovid-20201022>

[20]MAFFRE, Bernard: https://www.lindependant.fr/2020/06/09/fake-news-non-le-gouvernement-ninstalle-pas-en-douce-lapplication-stopcovid-sur-les-smartphones,8924101.php

[21] QUEST, Christian: ficher tac-metriques.csv (Métriques d'utilisation de l'application TousAntiCovid. Gouvernement Français. Publié e 13/10/2020, MAJ le 15/10/2020 [Consulté le 16/10/2020]<https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/metriques-dutilisation-de-lapplication-tousanticovid/>

Vers un affichage dynamique éco-responsable

Au mois de  mars 2020, la startup Ecodisplay recevait le label « GreenTech Innovation »[1] dans la catégorie « Efficacité énergétique ». En juin 2020, la startup INKcoming réalisait une deuxième levée de fonds.[2] Leur objectif commun : développer un affichage dynamique éco-responsable. Comment relever ce challenge ?

 

L’affichage dynamique : un dispositif énergivore   

L’affichage dynamique est un outil digital utilisé pour la communication interne en entreprise visant à remplacer l’affichage papier traditionnel. Il permet d’informer les collaborateurs, et les visiteurs, par l’intermédiaire d’écrans placés dans les locaux professionnels (espaces partagés, salles de réunion, accueil…).[3] Il est ainsi possible de diffuser des notes de service, des messages d’accueil, des communications de résultats économiques, financiers… en temps réel.[1] L’affichage dynamique sert également à la signalétique interne ou encore pour afficher des messages d’urgence. Via une gestion centralisée, le contenu affiché sur les écrans peut être mis à jour de façon simplifiée. Les informations ainsi diffusées attirent davantage l’attention de leur public.[3]

Des offres de dispositifs d’affichage dynamique existent déjà sur le marché. Ces solutions utilisent généralement des écrans LCD ou LED qui fonctionnent environ 12 heures par jour. Ces dispositifs sont énergivores.[2] De plus, les écrans LED classiquement utilisés pour l’affichage dynamique peuvent avoir un impact sur la santé des collaborateurs et du public. Selon l’ANSES, qui a publié un avis en avril 2019 [4], les LED peuvent avoir des effets négatifs sur la santé humaine et sur l’environnement. Sont notamment relevés les effets toxiques de la lumière bleue produite par les LED sur la rétine, ainsi que la perturbation de l’horloge biologique.  

Alors que de nombreuses entreprises s’engagent dans une démarche RSE, quelle solution ces deux startups proposent-elles pour relever le défi de l’éco-responsabilité ? : la mise en place d’écrans utilisant la technologie du papier numérique.

Le papier numérique (ou epaper, encre électronique) : de quoi s’agit-il ?

Cette technologie, reposant initialement sur un affichage en noir et blanc, est principalement connue comme celle utilisée dans les liseuses. Mais elle est également utilisée pour les étiquettes de signalétique.[5]

Ces écrans reproduisent l’effet du papier et offrent une clarté d’affichage élevée, sans rétroéclairage.[5] Le papier numérique est réflectif et utilise la lumière ambiante de manière analogue au papier classique[2]. Au-delà du confort visuel, cette technologie présente une caractéristique importante : elle ne consomme de l’énergie que lorsque l’image affichée est mise à jour [5]. Lorsqu'une image statique est affichée, aucune énergie n’est consommée.  Le papier numérique est connecté afin de permettre les mises à jour instantanées.[2]

En 2020, le marché du papier numérique est boosté par des innovations technologiques récentes. La taille des écrans a augmenté de manière significative au cours de ces dernières années, dépassant dorénavant les 13 pouces [2] ce qui ouvre le champ à de nouvelles utilisations pour l’affichage dynamique. De plus, cette technologie permet aujourd’hui de produire des écrans permettant l’affichage couleur. En 2019, E Ink a lancé un écran couleur de 26 pouces et compte en produire 10 fois plus en 2020.[7] Malgré la crise économique actuelle, le société E Ink Holdings, leader mondial du marché du papier numérique, a connu au cours du premier trimestre une augmentation de ses résultats de 80% par rapport au premier trimestre 2019.[6] 

Les offres d’Ecodisplay et d’Inkcoming 

Ces deux startups proposent des applications logicielles d’affichage dynamique, notamment pour la communication interne, et des écrans connectés sans fil sur batterie pour le matériel.[8][9]

Les écrans basés sur la technologie du papier numérique proposés par Ecodisplay (disponibles en janvier 2021), d’une taille de 32 pouces, ont une consommation énergétique particulièrement faible : ils consomment 100 fois moins d’énergie que les écrans LED ou LCD. Ainsi, une économie significative de 0,8 t de CO2 est réalisée sur le cycle de vie d’un écran.[1] INKcoming annonce une consommation analogue pour ses écrans.[2]


Ces offres sont récentes. La volonté des entreprises de s’investir dans une démarche éco-responsable est d’actualité, le secteur matériel du papier numérique est en pleine évolution. Cette proposition technique sera-t-elle suffisamment accessible économiquement pour permettre à ces deux startups de s’imposer face à leurs concurrents classiques du marché de l’affichage dynamique destiné à la communication interne ?


Sources :

[1] MAROUANI, Jacques. Des écrans qui consomment 100 fois moins d’énergie que les Led ou les LCD. ElectroniqueS, novembre 2020, n°120, p.26. [En ligne]. [Consulté le 05 novembre 2020]. < http://www.electroniques.biz/index.php/news/itemlist/category/29-revue-electroniques >

[2] LOVENS, Pierre-François. INKcoming, start-up spécialisée dans l’affichage électronique responsable, boucle une deuxième levée de fonds. lalibre.be. [En ligne]. Publié le 26 juin 2020 Mis à jour le 06 juillet 2020. [Consulté le 31 octobre 2020]. < https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/avec-inkcoming-l-affichage-devient-ecoresponsable-5ef469ba7b50a66a59bf2742 >  

[3] Digi-Solution. Qu’est-ce que l’affichage dynamique ?. digi-solution.fr. [En ligne]. Mis à jour le 21 septembre 2019. [Consulté le 11 novembre 2020]. < https://www.digi-solution.fr/affichage-dynamique-fonctionnement-avantages >

[4] Anses. Effets sur la santé humaine et sur l’environnement (faune et flore) des diodes électroluminescentes (LED). Anses.fr. [En ligne]. Mis à jour en avril 2019. [Consulté le 07 novembre 2020]. < https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2014SA0253Ra.pdf

[5] E-Ink-info. Introduction - What is E Ink and E-Paper?. e-ink_info.com. [En ligne]. Mis à jour le 16 septembre 2019. [Consulté le 06 novembre 2020]. < https://www.e-ink-info.com/introduction >

[6] PARZONKO, Karolina. Le papier électronique gagne en popularité. lettresnumeriques.be. [En ligne]. Publié le 21 août 2020. [Consulté le 07 novembre 2020]. < http://www.lettresnumeriques.be/2020/08/21/le-papier-electronique-gagne-en-popularite >

[7] MERTENS, Ron. E Ink's color e-paper display production lines are running at full capacity. e-ink_info.com. [En ligne]. Publié le 22 juin 2020. [Consulté le 06 novembre 2020]. < https://www.e-ink-info.com/e-inks-color-e-paper-display-production-lines-are-running-full-capacity >

[8] Ecodisplay. Accueil. Ecodisplay.fr. [En ligne]. Mis à jour le 29 septembre 2020. [Consulté le 03 novembre 2020]. < https://www.ecodisplay.fr >

[9] INKcoming. Home. Inkcoming.com. [En ligne]. Mis à jour le 24 septembre 2020. [Consulté le 31 octobre 2020]. < https://www.inkcoming.com/fr >


dimanche 15 novembre 2020

La dématérialisation, les entreprises françaises en font un projet prioritaire en cette période de confinement

La propagation des outils informatiques ou des technologies de l'information et de la communication a profondément impacté le travail du spécialiste de l'information documentaire en général. Les fonds, principalement papiers, il y a de cela quelques années, ont fait place à des documents numériques qui impliquent un traitement documentaire spécifique et adéquat. Le stockage des données, leur diffusion, leur pérennité, le risque juridique et leur mise en valeur sont autant des points à revoir si l'on souhaite s'adapter aux dispositions juridiques de l'ère numérique et le télétravail recommandé en cette période de confinement.

L'objet visé en proposant ce sujet est de montrer les différentes étapes dans la conduite d'un projet de dématérialisation et son importance en cette période de confinement.

Gestion de projet de dématérialisation

La gestion de projet est une démarche visant à organiser le bon déroulement d'un projet du point de vue organisationnel, opérationnel et tactique en respectant l'équilibre qualité-coût-délai.

Nous examinerons son application dans le cadre de la création ou de la mise en place d'un fonds d'archives à l'ère du numérique.

Conduire à bien un projet d'archivage à l'ère du numérique nécessite beaucoup d'exercices.

En premier, il faut cerner la demande (le traitement des éliminations, des versements, la mise en place des systèmes de gestion et de communication des documents tel que l'informatisation du fonds, du tableau de gestion et la mise à disposition, la formation des services versants).  Il est important de dresser un état des lieux en définissant les paramètres à prendre en compte comme les buts de l'archivage, les valeurs (patrimoniale, historique, culturelle), le risque juridique, le cycle de vie des documents et enfin faire des propositions en dégageant les priorités. 

Pour mener à bien un tel projet, il s'agit de faire l'analyse préliminaire. Ensuite vient la mise en oeuvre du projet documentaire en faisant la conception et le phasage en "4P" (plan, processus, personnes et pouvoir). La mise en oeuvre du projet demande de la planification.

La construction du planning passe par la modélisation du réseau de dépendance entre tâches sous forme graphique. Il faut décomposer le projet en sous-ensembles  plus simples et construire un planning en partant de l'objectif Date à atteindre. Le diagramme de GANTT permet de situer dans le temps les phases, les activités, tâches et ressources du projet.

Nous ne pouvons parler de politique d'archivage numérique, de dématérialisation sans parler du choix de l'outil informatique  et le cahier des charges.

En définitive, il nous revient, spécialiste de l'information documentaire de faire un point sur les différents enjeux que constitue un tel projet. Comme enjeux, nous avons les enjeux archivistiques ( cycle de vie du document numérique), technologiques, économiques.

L'objectif de l'archivage est de maitriser les flux numériques, la conservation pour les générations à venir.

L'archivage numérique, de nos jours s'avère utile pour toute organisation s'inscrivant dans le contexte d'évolution des outils de travail. Il donne la possibilité au spécialiste de l'information documentaire ( archiviste...) de faire des recherches à distance, vu le contexte sanitaire actuel, s'agissant d'archives ouvertes, à valeur patrimoniale et culturelle. Même confiné, l'archiviste peut travailler et répondre aux besoins d'information des usagers.

GED, projet prioritaire pour 1 PME sur 3 en période de confinement.

Les TPE-PME françaises ont tiré des leçons du premier confinement auquel elles n'étaient pas préparées. Pour poursuivre leurs activités, bon nombre d'entre elles ont fait du télétravail une possibilité, soutenues par une GED (Gestion électronique des documents) efficace et d'importants projets de dématérialisation. Autant de nouvelles habitudes de travail qui permettent aux entreprises de taille restreinte d'appréhender le re-confinement plus sereinement.

Archimag réalisant une enquête pour Zeendoc a constaté que 80% des structures PME ont opté pour le télétravail dans leur fonctionnement.

Pour les interviewés, la dématérialisation permet de gagner en espace et en temps. Elle contribue à l'efficacité dans la gestion documentaire la traçabilité. La GED est aussi un outil de maintien d'activité surtout en cette période de crise sanitaire. 

Pour Laurence Desoulière, directrice Marketing chez Zeendoc "En temps de crise ou d'instabilité, ce sont (...) les plus petites organisations qui parviennent à s'adapter le mieux aux différents changements" Elle renchérira en disant que "L'avenir appartient donc aux petites organisations adaptables. La transmission digitale tant annoncée aura donc bien lieu. Et plus vite que prévu...C'est une question de survie.

Mais des questions restent posées, le numérique coûte cher, comment un archiviste peut-il convaincre ses supérieurs ou même les acteurs de l'entreprise à passer du 100% papier au 100% numérique ? L'archivage numérique, quelle utilité pour les entreprises ?

Références bibliographiques

[1] http://www.idnum.fr/methodoc/conduire-un-projet-documentaire/

[2] GUYON, Céline. Conduire un projet d'archivage électronique : l'expérience du conseil général de l'Aube. [PDF, autres formats]. [ en ligne]. Le 12/11/2020. Consulté le 16 novembre 2020. Disponible sur : https://francearchives.fr/file/b285eab1e4412af739346d4e574f2fac4ca039ad/static_4876.pdf

 [3] Carré, Fabien. La GED, projet prioritaire pour 1 PME sur 3 en période de confinement. In Archimag [ en ligne]. Le 06/11/2020, mis à jour le 12/11/2020. Consulté le 16/11/2020. Disponible sur https://www.archimag.com/demat-cloud/2020/11/06/ged-projet-prioritaire-pme-periode-confinement mise à jour le 12/11/2020.

vendredi 13 novembre 2020

L'université française à l'heure de la crise sanitaire : faut-il craindre une généralisation de l'usage du numérique dans l'enseignement supérieur ?

 

 Le 20 septembre dernier, Philippe Forest, professeur en littérature française à l'Université de Nantes déclarait sur les ondes de l'émission France Culture, " si l'université passe en ligne, elle ne sera plus l'université" [1] ; dénonçant ainsi une adoption plus large des enseignements à distance, accélérée par la crise sanitaire actuelle. Les propos de cet enseignant remettent à jour un débat qui semble diviser la communauté universitaire, non seulement française, mais aussi internationale depuis plusieurs années quant à l'usage du numérique dans les processus d'apprentissage. 

Panorama des projets de numérisation dans l'enseignement supérieur français

 Depuis plusieurs années, l’État français encourage l'usage du numérique dans toute la société à travers différents programmes.  En 1996, il a lancé le Programme national de numérisation et valorisation des contenus culturels (PNV). En 1997, ce fut le tour du Plan d'action gouvernementale pour la société de l'information (Pagasi) [2]. En avril 2000, le monde universitaire est directement concerné avec l'appel à projets Campus Numériques Français (CNF), programme qui visait le développement de la formation à distance. Ce programme est intervenu dans la dynamique  des Open Course Ware initiés dans les années 2000 par la MIT. Cette dynamique va davantage se préciser avec l'initiative France Université Numérique (FUN) lancée en 2013 par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche . Et en janvier 2016, la France prit définitivement le virage du numérique avec la loi "Pour une République du numérique" qui plaçait l'université au cœur de ce processus [3]. Ce qui va conduire à la mise en place du projet Développement d'Universités Numériques expérimentales (DUNE) en 2016. 

Les initiatives du gouvernement en faveur du numérique et plus précisément du e-learning sont légion et plusieurs universités en font déjà l'expérience. Sciences Po, Paris I, Nantes, Cergy, Normandie et bien d'autres encore. Avec la crise sanitaire, elles ont accéléré la mise en ligne de leurs enseignements pour faire face aux difficultés rencontrées. 

Enjeux du numérique avec l'enseignement à distance

 La course au numérique est motivée par de nombreux enjeux selon l’État français et les défenseurs de cette cause. La démocratisation de l'accès à la culture, au savoir est largement reprise par le gouvernement :

"La numérisation des contenus culturels constitue une des principales conditions à la mise en œuvre d'une stratégie numérique ministérielle résolument tournée vers les usages, la diffusion de la culture au plus grand nombre, le développement du numérique éducatif et l'émergence de nouveaux services en ligne" [4].

Le cabinet conseil Wavestone quant à lui, distingue cinq valeurs au numérique dans la formation universitaire. Une valeur d'attractivité qui permet de renforcer la visibilité et la singularité de l'offre de formation ; une valeur de croissance envisagée grâce à la conquête de nouveaux marchés solvables ; une valeur pédagogique du fait de la réussite et du développement des compétences ; une valeur économique à partir de l'optimisation des coûts de formation ; et enfin une valeur altruiste  qui porte sur l'accès au savoir pour tous. Cette dernière valeur est en accord avec l’argumentaire des pouvoirs publics notamment du Ministère de la Culture, puisqu'elle fait référence à la démocratisation de la culture. Gilles Babinet et Edouard Husson pensent que la transition numérique dans les universités françaises est vitale pour prétendre appartenir au "groupe des puissances  éducatives"[5]. Ils affirment que toute institution académique est désormais, obligatoirement, connectée, sous peine de ne pas rester dans la compétition nationale et internationale. Le numérique serait-il désormais la voie à suivre pour toute université qui se veut compétitive et pérenne ?

Numérique VS Université classique?

 Face à la montée en puissance du numérique et la digitalisation  des cours qu'il entraine, des voix s'élèvent pour attirer l'attention des différents acteurs notamment des pouvoirs publics sur ses dangers pour la formation des jeunes et la liberté d'expression des enseignants. Le décrochage massif que provoque les cours en ligne est évoqué par certains enseignants. Selon l'institut de sondage Ipsos, on enregistre 80% de décrochage chez les étudiants de 18-25 ans inscrits en formation initiale en distanciel [6]. Ce qui a fait dire à Paul Mayaux, "le maintien des cours en présentiel est aujourd'hui plus que nécessaire". Avis partagé par Pascale Dubus. Selon cette dernière, le recours au distanciel démontre la faillite de l’État qui depuis plusieurs années n'investit pas assez dans l'université. Les effectifs d’étudiants augmentent mais le moyens humains, financiers et infrastructurels ne suivent pas.  Elle dit d'ailleurs que "le distanciel, ça ne marchera pas. A distance, c'est la distraction". Le sentiment de certains enseignants d'être mis sous surveillance entrave une fluidité et une spontanéité dans la transmission des cours. Pour Olivia Chambard, le mal est plus profond car le numérique sous-tend un modèle économique, capitaliste, basé sur une logique entrepreneuriale contraire aux valeurs de l'université dont la caractéristique fondamentale a toujours été sa liberté de penser.

Le numérique est présenté par de nombreux acteurs notamment l’État, comme une solution à de nombreuses difficultés que connait l'enseignement supérieur français. Cependant, cet usage tous azimuts du digital n'est pas sans conséquences à en croire plusieurs universitaires. Dans ce contexte, Gilles Babinet et Edouard Husson pensent tout simplement que

 "l'enseignement digital ne suffit pas. Il prend toute sa valeur à condition d'être complété par un accompagnement en présentiel. Comme dans d'autres domaines de l'activité humaine à l’ère du numérique, le purement virtuel n’existe pas."

 Cette assertion est-elle une interpellation des acteurs de l'éducation quant aux tares du modèle du tout numérique qui semble gagner progressivement la société ?

 

Références bibliographiques :

[1] GESBERT Olivia, L'université, entreprise des savoirs ?, Émission La Grande table des idées, [podcast France Culture] 20/09/2020, consulté en ligne le 25/10/2020 : https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/rentree-universitaire-comment-sen-sortir
 
[2] Commission de l'éducation, de la communication et des affaires culturelles de la francophonie, Usage du numérique pour l'enseignement et la formation à distance dans l'enseignement supérieur de l'espace francophone [en ligne], rapport consulté en ligne le 25/10/2020 : http://apf.francophonie.org/Reunion-de-la-Commission-de-l-3506.html
 
[3] BOUCHET Thomas, CAMINO Guillaume et  JARRIGE François, L'université face au déferlement numérique, Variations, [en ligne], consulté le 01/10/2020 : https://journals.openedition.org/variations/740
 
[4] Ministère de la Culture française, Programme national de numérisation et valorisation des contenus culturels (PNV) [en ligne], Paris, MinCult, consulté en ligne le 25/10/2020 : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Innovation-numerique/Programme-national-de-Numerisation-et-de-Valorisation-des-contenus-culturels-PNV2
 
[5] BABINET Gilles et  HUSSON Edouard, Enseignement supérieur et numérique : connectez-vous !, rapport juin 2017, p. 41.
 
[6] HUSSONNOIS-ALAYA Céline, Enseignement à distance à l'université : le risque du décrochage [en ligne], consulté le 01/11/2020 : https://www.bfmtv.com/societe/enseignement-a-distance-a-l-universite-le-risque-du-decrochage_AN-202010080001.html

FOREST Philippe, L'Université en première ligne à l'heure de la dictature numérique, Paris, Gaillimard, 2020.

THENOZ Marie-Joëlle et LEGRIS Ludovic, Le numérique dans l'enseignement supérieur et la formation tout au long de la vie : enjeux et perspectives en France et à l'international [en ligne], Wavestone, consulté le 22/10/2020 : https://www.wavestone.com/fr/insight/numerique-enseignement-superieur-formation/    

jeudi 12 novembre 2020

Qu'apporte la plateforme "Microscope" d'OpenAi dans la recherche sur le fonctionnement des réseaux de neurones artificiels ?

En avril 2020, OpenAi présente "Microscope" un ensemble de collections d'images issues de modèles de réseaux de neurones reconnus par la communauté scientifique. L'objectif étant d'aider cette dernière à mieux comprendre comment ces réseaux construisent leurs propres stratégies de compréhension et d'interprétation visuelles.


Le 14 avril 2020,  la compagnie co-fondée par Elon Musk, OpenAi [1], rajoute à son kit d'outils autour de l'intelligence artificielle cette bibliothèque virtuelle qui s'attarde sur l'analyse comparative d'éléments  particuliers apparaissant lors de la prise de décision de ces réseaux.
Ces grands réseaux analysés sont les plus étudiés du moment dans la communauté scientifique : AlexNet, Alexnet Places, Inception v1, Inception v1 (Places), VGG 19, Inception v3, Inception v4 et ResNet v2 50. [2] Pour exemple, AlexNet a été cité jusqu'ici plus de 50 000 fois dans des articles ou études scientifiques.

 

Une vue sur 4 nœuds dans le réseau de neurone Inception v1 avec sa modélisation à droite. Source : OpenAi Microscope, Creative Commons Attribution.

Une modélisation composée de "nœuds", incarnant les couches du réseau  et de liens reliant ces nœuds entre eux,  accompagne les visualisations de ces réseaux. Vous pouvez ainsi vous "promener" au sein de l'architecture du réseau et voir les images générées à toutes les couches du réseau ainsi que celles qui sont le fruit de différentes techniques mentionnées comme le Deep dream entre autres, programme informatique qui, à l'origine, devait aider les scientifiques à comprendre ce qu'un réseau de neurones profond voit au moment même où il cherche dans une image fournie en donnée d'entrée. [3]
Les jeux de données sont également fortement utilisés car ils provoquent une excitation maximale des neurones et les résultats sont souvent surprenants.

Outil collaboratif, les images sont sous Creative Commons Attribution, utilisables à condition de citer Microscope OpenAi.


Cependant, Microscope possède quelques inconvénients du fait de son existence récente : d'une part, il n'est pas utilisable sur des modèles de réseaux personnalisés, et d'autre part, bien qu'efficace sur des techniques comme la visualisation des poids synaptiques (transmission des signaux entre neurones), l'application devient limitée sur des techniques plus complexes comme l'apprentissage par renforcement  [4]

L'avenir lui est cependant ouvert pour s'adapter sur le long terme aux différents besoins des chercheurs.

 

Sources :

[1]  SCHUBERT, Ludwig. PETROV, Michael. CARTER, Shan.  OpenAi Microscope.  In OpenAi Blog [En ligne]. 14 avril 2020. [Consulté le 11 novembre 2020]. < https://openai.com/blog/microscope/ >


[2] Microscope. Models. [En ligne]. 2020. [Consulté le 11 novembre 2020]. < https://microscope.openai.com/models >


[3]Google.  Deep Dream - A code example for visualising Neural Network. In Google Ai Blog [en ligne]. 1 juillet 2015  [Consulté le 11 novembre 2020]. <https://ai.googleblog.com/2015/07/deepdream-code-example-for-visualizing.html >

[4] ELIYA, R. HERMANN, J.M. Evolutionary Selective Imitation : Interpretable agents by imitation learning without a demonstrator. [PDF, autres formats]. [En ligne]. 17 septembre 2020. [Consulté le 10 novembre 2020]. Disponible sur : < https://arxiv.org/pdf/2009.08403.pdf >

dimanche 8 novembre 2020

Protection des données personnelles : le projet "Global Privacy Control" (GPC)

 Au début du mois d'octobre dernier, en Californie, fut lancée une nouvelle initiative : le GPC [1] suite à l'entrée en vigueur cet été du "California Consumer Privacy Act" [2] adopté en janvier 2020 visant à protéger au mieux les intérêts des utilisateurs de la toile.

En association avec les navigateurs web via leur moteur de recherche, il sera maintenant possible de choisir clairement les informations que l'on souhaite partager.



Sourcehttps://www.01net.com/actualites/global-privacy-control-des-acteurs-de-la-tech-et-du-web-s-associent-pour-proteger-votre-vie-privee-sur-la-toile-1987662.html




Après l'échec dix ans plus tôt du projet "Do not Track", Ashkan Soltani [3], Consultant et chercheur spécialisé IT se lance un nouveau défi intitulé "Global Privacy Control" (GPC).

Pour ce faire, il s'entoure d'un panel d'experts provenant d'horizons divers tels que des spécialistes IT et navigateurs [4], des médias [5], des juristes ainsi que des associations de protection des données privées [6] en vue de faciliter la navigation web quotidienne des utilisateurs.

Le GPC est un process qui permettra aux internautes de paramétrer de façon unilatérale leurs préférences concernant les données personnelles qu'ils souhaiteront rendre accessible sur la toile.

Ce paramétrage se fera uniquement au niveau du navigateur grâce à des extensions spécifiques et non plus au niveau de chaque site. 

A ce jour, la phase test est disponible exclusivement via DuckDukGo, Avine ou Disconnect.

Il s'agira tout d'abord pour l'utilisateur d'activer GPC afin de configurer ses préférences de confidentialité qui seront ensuite relayées aux sites web lors de la navigation.

En cas de non-respect ou de violations des choix des internautes, ces derniers pourront intenter des actions judiciaires à l'encontre des navigateurs grâce aux législations en vigueur relatives à la RGPD [7] coté européen et au CCAP coté américain.

Le GPC illustre une volonté consensuelle de prouver l'adéquation possible entre liberté de navigation et protection des données personnelles de l'utilisateur.

Comme déclaré par Selena Deckelmann, vice-présidente de Firefox Desktop : "Les droits des personnes en matière de données personnelles doivent être reconnus et respectés, et [cette initiative] est un pas dans la bonne direction".

Reste à savoir si le GPC aura plus de succès que son prédécesseur.


Sources

[1] Global Privacy Control [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible

[2] California Consumer Privacy Act - Final Text Of Proposed Regulations [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible

[3] Ashkan Soltani [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible

[4] Sebastian Zimmeck [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible , Mozilla, Brave

[5] The New York Times, The Washington Post, Financial Times

[6] Electronic Frontier Foundation [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible

[6] Consumer Reports [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible

[7] « Le règlement no 2016/679, dit règlement général sur la protection des données (RGPD, ou encoreGDPR » [En ligne] [Consulté le 16 octobre 2020]. Disponible



jeudi 5 novembre 2020

Le Covid booste la prescription électronique de médicaments

    En Belgique, la prescription électronique n'est pas apparue avec le coronavirus, elle est même obligatoire depuis le 1er janvier 2020. A ce jour, il n'est plus autorisé de délivrer aux patients une prescription de médicaments sous forme papier. [1]

    En France le Covid-19 et le développement de la téléconsultation portent un coup d'accélérateur à un processus de dématérialisation des prescriptions médicales qui peine à se déployer pleinement depuis des années. [2]

Source : https://www.lespecialiste.be/fr

Rappel du contexte,

La téléconsultation s'est imposée à tous avec le confinement du printemps dernier. L'objectif de la téléconsultation médicale est d'éviter les contacts rapprochés interpersonnels et la manipulation de documents touchés par les mains de plusieurs personnes. [3]

Comment se déroule la prescription électronique ?

Le prescripteur (médecin, dentistes, sages-femmes, etc.) rédige une prescription cryptée et envoyée dans un système de stockage temporaire de prescriptions créé à cet effet. 

Puis, la prescription peut être décryptée et lue uniquement par les professionnels de santé habilités pour accéder au programme.  

Pour accéder au système, il faut utiliser : soit un logiciel de Dossier Médical Informatisé (DMI), soit le logiciel du Dossier du Patient Informatisé (DPI) de l'hôpital, soit l'application PARIS (Prescription & Autorisation Requesting Information System) développée par l'INAMI à cet effet. [4]

Le décryptage se fait grâce à un code qui prend la forme d'un code-barres nommé Recip-e ou "RID". [3]

Cependant, le patient continue de fournir un papier pour récupérer les médicaments prescrit. En effet, ce dernier sert de preuve à la prescription médicale avec le fameux code RID. 

Face à un système dual

Puisque la prescription est dématérialisée mais son code de décryptage ou du moins le moyen de télétransmission de ce code, ne l'est pas. A terme il est envisagé que cette preuve papier disparaisse qui permettra au patient de se rendre en pharmacie et de renseigner son RID grâce à sa carte d'identité. 

La dématérialisation de la prescription médicale est donc qu'à mi-chemin !

Néanmoins

Afin de faire disparaitre complétement le papier pendant la pandémie, l'arrêté royal n°2 du 14 mai 2020 allège le processus en permettant une transmission du code RID par des canaux de communication dématérialisés. Ainsi, le prescripteur peut transmettre le "code RID" par un autre moyen de communication : mail, SMS, WhatsApp, Skype, etc. [3]


Cette décision a été prise dans l'urgence pour répondre à une nécessité, celle de limiter la propagation du Covid-19, et certaines questions importantes restent en suspens : notamment le niveau de sécurité de la transmission du code RID.


Sources

[1] La Libre. "Boostée par la confinement, la télémédecine a satisfait une majorité des Belges." Disponible en ligne : https://www.lalibre.be/dernieres-depeches/belga/boostee-par-le-confinement-la-telemedecine-a-satisfait-une-majorite-de-belges-5f7d3e437b50a641f6318502. Consulté le 05/11/2020.

[2] Ticsante.com. "La FNEHAD émet une série de recommandations pour le développement de la télésanté." Disponible en ligne : https://www.ticsante.com/story/5411/la-fnehad-emet-une-serie-de-recommandations-pour-le-developpement-de-la-telesante.html. Consulté le 05/11/2020.

[3] Droits & Technologies. Le COVID booste la prescription électronique de médicaments. Disponible en ligne : https://www.droit-technologie.org/actualites/le-covid-booste-la-prescription-electronique-de-medicaments. Consulté le 05/11/2020.

[4] INAMI. "Des prescriptions électroniques possibles sans DMI grâce l'application PARIS." Disponible en ligne : https://www.inami.fgov.be/fr/themes/cout-remboursement/par-mutualite/medicament-produits-sante/prescrire-medicaments/Pages/prescriptions-electroniques-sans-dmi-paris.aspx. Consulté le 05/11/2020.