mercredi 15 janvier 2014

Le portail « Data.gouv.fr » : un nouveau souffle pour les données publiques




Data.gouv.fr a lancé son nouveau portail gouvernemental d’open data le 18 décembre 2013. Une version revisitée du portail qui se veut être plus collaborative et sociale que la précédente version. 

Cette  nouvelle orientation adoptée par le gouvernement en faveur de la démarche d’ouverture des données publiques et plus globalement en faveur de l’open data français a été fortement saluée par de nombreux représentants de l’écosystème de l’open data (entrepreneurs, associations, collectivités locales, citoyens contributeurs…).


En effet, le gouvernement s’étant engagé dans une politique d’ouverture et de partage des données publiques, cette nouvelle version du portail reflète de ce fait «  les trois objectifs de cette politique d’ouverture que sont : la transparence, la stimulation de l’innovation ouverte et la modernisation de l’action publique »



Data.gouv.fr en mode collaboratif

Ce portail d’open data français est désormais orienté collaboratif et partage. Sa particularité étant d’être ouvert aux communautés d’utilisateurs et à la contribution de la société civile. Sous couvert d’un contrôle des publications à posteriori, tout citoyen peut s’inscrire sur le site et contribuer, au travers de publications, ou commentaires/questions directement sur le site, à l’enrichissement des données publiques ouvertes. 

Les internautes peuvent ainsi discuter et poser des questions sur différents sujets avec d’autres producteurs de données publiques (les administrations, les collectivités locales, des associations, entreprises ou contributeurs citoyens …). Un système de certification est cependant mis en place garantissant ainsi la fiabilité des informations publiées et leur publication en priorité. 

Toute cette démarche vise à faciliter la valorisation des données publiques par leur réutilisation.


Une libération des données soumises à redevances 

En plus de rendre publics de nouveaux jeux de données tels que « les comptes de campagne des partis politiques, du CNCCFP ou de l’Institut de Recherche et Documentation en Économie de la Santé» le gouvernement s’est engagé à libérer prochainement les données « d’une dizaine d’administrations aujourd’hui soumises à d’onéreuses redevances : les données juridiques de la DILA (les codes de loi, la jurisprudence et le journal officiel, aujourd’hui vendus à une dizaine d’entreprises pour plusieurs centaines de milliers d’euros), celles de la CADA et les données financières des collectivités territoriales »

En ratifiant toute impossibilité de créer toute autre nouvelle redevance pour les prochaines publications de données publiques, le gouvernement se lance définitivement dans la voie de l’ouverture.

 « Partagez, améliorez et réutilisez la donnée publique » ce slogan figurant sur la page d’accueil du portail annonce clairement  un nouveau tournant de l’open data français. 

 Affaire à suivre ...

A lire : 

- Data-Publica : "Data publica salue la naissance de data.gouv.fr"


-  Portail du Gouvernement : "data.gouv.fr est un outil au service du fonctionnement démocratique et de l'efficacité de l'action publique"

- Acteurs Publics: " le portail de données publiques data.gouv.fr fait peau neuve"

mardi 14 janvier 2014

Prendre le temps (de lire ce billet ?)

A l'heure de l'infobésité, du haut débit, du "real time" et de la multiplicité des sources sur le Web 2.0, le Journal of Documentation pointe une piste pour le moins inattendue : la "slow information".
Le concept de décélération a déjà pris sa place dans plusieurs sphères de la société : "Slow Food", "Slow City" etc. Sa connotation alternative le prédispose à certaines objections.
Dans le domaine de l'information, on y pense encore peu.
Un Manifeste du "Slow Media" est apparu cet été en France, mais il ne semble pas faire le buzz.
Pourtant, lire ou s'informer sont des activités qui pourraient s'accommoder de moins de pression, de plus de temps...

Un article britannique expose l'intérêt potentiel d'appliquer les principes du "slow movement" à l'étude des comportements en information.
Les auteures soulignent qu'ils permettent une meilleure extrapolation de la théorie en prenant en compte un éventail plus large de comportements.
Leur utilisation pourrait également permettre de dépasser certains problèmes de management des informations personnelles, en laissant en particulier apparaître la notion d'équilibre informationnel.

Dans la même revue, un autre article présente l'impact d'un accès illimité à l'information sur tablette. Les auteurs australiens ont observé le comportement de jeunes adultes dans une approche "netnographique" (ethnographie de communautés connectées). 
Ils constatent que l'immersion numérique modifie le comportement vers une recherche plus ciblée des informations qu'en situation de consultation sur le Web.

Récemment en France, une conférence des Assises du journalisme allait dans le même sens : "La slow information s'empare des tablettes". Orienté sur les réponses apportées par les rédactions face aux comportements des lecteurs, l'article de journalismes.info signale qu'une part importante de la consultation d'information sur tablette se fait depuis son canapé, en fin de journée.

Et comme le flux de l'information vous rattrape toujours, l'article britannique prônant les vertus d'un
"lent" management de l'information est en e-Pub, à paraître dans le numéro du... 8 juin 2014 !

A lire :

cdeguy. Slow Information : initiatives medias. du 10/06/2013. La veille d'ERS
http://veillers.wordpress.com/2013/06/10/slow-information-initiatives-medias/

Liz Poirier, Lyn Robinson, (2014) "Informational balance: Slow principles in the theory and practice of information behaviour", Journal of Documentation, Vol. 70 Iss: 4
http://www.emeraldinsight.com/journals.htm?issn=0022-0418&volume=70&issue=4&articleid=17103105&show=abstract

Benjamin Rieth. La slow-information s'empare des tablettes. du 06/11/2013. Journalismes.info
http://www.journalismes.info/La-slow-information-s-empare-des-tablettes_a4720.html

Sally Burford, Sora Park, (2014) "The Impact of mobile tablet devices on human information behaviour", Journal of Documentation, Vol. 70 Iss: 4
http://www.emeraldinsight.com/journals.htm?issn=0022-0418&volume=70&issue=4&articleid=17103096&show=abstract

L'abonnement illimité. De la musique au livre : une offre transposable ?


Sur le modèle des offres vidéos, musicales et télévisuelles, représenté par des entreprises comme Spotify pour la musique et Netflix pour les films, les offres de livres numériques en streaming ou en téléchargement se multiplient actuellement.

En France, Youboox a lancé la version définitive de son site en octobre 2012, avec une offre gratuite de livres numériques avec publicité encadrant les pages et une offre payante premium. En 2012 également la librairie allemande Skoobe a lancé un abonnement mensuel de 9,99 euros permettant à l'utilisateur d'emprunter des livres numériques parmi plusieurs milliers de titres disponibles.

Toujours en 2012 Amazon a lancé aux États-Unis Kindle Free Time Unlimited, ciblant les enfants de moins de 8 ans par l'intermédiaire de leurs parents. Elle permet l'accès illimité sur abonnement à des jeux, des films, séries TV, applications éducatives, mais aussi à des livres. A la différence de l'offre de sa  bibliothèque de prêt de livres pour Kindle  qui comprend plus de 400 000 titres, mais pour l'essentiel  autopubliés et inconnus du grand public, l'offre de Kindle Free Time propose des contenus divers et variés.

D'après une enquête effectuée au Royaume-Uni par Oliver & Ohlbaum, 29 % des Britanniques qui lisent des ebooks seraient intéressés par une offre de livres numériques sur abonnement.

Quel modèle économique? 

Le modèle économique reste cependant encore en partie à trouver. Plusieurs freins existent :
  • Une partie du monde du livre numérique défend avec vigueur les droits de propriété et l'accès restreint aux ouvrages. 
  • Les éditeurs peuvent montrer des réticences à fournir les livres numériques permettant de constituer un catalogue. On trouve une illustration de ce point à travers la décision prise par Numeriklivres de retirer ses ouvrages du catalogue de YouBoox, critiquant à la fois le choix du pdf comme format pour l'application et la faible rémunération offerte aux éditeurs et aux auteurs.
  • Le marché du livre numérique, s'il s'est fortement développé aux Etats-Unis, reste plus  limité ailleurs : relativement important au Royaume-Unis et en Allemagne, il ne représentait en France en 2012 que 3% du chiffre d'affaires du secteur de l'édition.
Ces offres ne sont pas entièrement nouvelles. Depuis  2001, Safari, une coentreprise entre l'éditeur O'Reilly et le groupe Pearson, offre par exemple une formule d'abonnement à un catalogue spécialisé de livres électroniques dans le domaine de l' informatique. Cette librairie numérique comprend plusieurs éditeurs partenaires et des millions d'utilisateurs. Elle est devenue pour O'Reilly sa seconde source de revenus après  ses ventes sur Amazon. Mais la question se pose de savoir si ce type de succès est transposable à une offre plus généraliste.

Sources :
Morel Bastien. Lecture numérique : plus d'un tiers de Baby boomers sur Youboox. Actualitté, 3 juin 2013
Hervé Guillaud. Du livre au web : de l’abonnement illimité… aux web services. La feuille, 12 septembre 2013
Julien Helmlinger. Kindle Free Time Unlimited pose de sérieux problèmes à l'édition. Actualitté, 11 décembre 2012
Antoine Oury. Les enfants, des clients Prime comme les autres pour Amazon. Acualitté, 5 décembre 2012
Ania Vercasson. Netflix, Spotify pour les livres numériques, véritable souhait du public. Actualitté, 6 décembre 2012
Philippe Brochen. Youboox, le livre à l’e-page. Libération, 6 octobre 2013 

mercredi 8 janvier 2014

Refdoc : le retour ?


Condamné en justice le 11 décembre 2013, l'Institut de l'information scientifique et technique (INIST-CNRS) a depuis suspendu totalement son activité de de fourniture de documents : Refdoc

Au premier message signalant la fermeture de Refdoc à la suite de cette décision :

Suite à l'arrêt du 11 décembre de la Cour de cassation, nous vous informons que nous suspendons notre service de fourniture de documents jusqu'à nouvel ordre. Pour toute demande de précision, merci de contacter: contact-utilisateur@inist.fr

a succédé le 26 décembre un nouveau texte informant de la réouverture du service pour janvier 2014. Cette information est précisée par Raymond Bérard, le nouveau directeur de l'INIST et ancien directeur de l'ABES, dont les propos sont rapportés par Antoine Oury dans son article pour ActuaLitté. Ainsi, Refdoc continuera de fournir des documents, dans le respect du droit d'auteur désormais, et proposera également des services à valeur ajoutée pour la communauté des chercheurs, comme la bibliométrie ou encore l'analyse de contenus. Refdoc est contraint d'élargir son offre pour compenser la diminution des sollicitations de documents et par là même du montant de ses ressources, du fait des nouveaux modèles économiques des ressources électroniques et du développement des Archives Ouvertes.

Pour mémoire, sont rappelés ci-dessous les précédents épisodes de cette affaire :

Dénoncé en 2009, Refdoc a déjà été condamné par deux fois, en 2010 et 2011, pour la même raison qui a conduit au jugement du 11 décembre dernier, à savoir la vente illicite d'articles scientifiques. En effet, le Centre Français d'exploitation du droit de Copie (CFC) l'y autorisait sans pour autant avoir négocié les droits d'exploitation des articles auprès des éditeurs de revues scientifiques, et par là même sans l'accord de leurs auteurs. Malgré ces deux condamnations, Refdoc avait pourtant maintenu son activité sans rien y changer, poursuivant ainsi sa pratique illicite devenue dès lors illégale.

Rebondissements

  • Octobre 2012

C'est l'enseignant chercheur Olivier Ertzscheid au travers d'un billet sur son blog Affordance qui publicise l'affaire, lui donnant une nouvelle dimension en dénonçant la revente par l'INIST d'articles par ailleurs disponibles sans barrière tarifaire sur des serveurs d'Archives Ouvertes. Libre accès d'autre part encouragé par une unité du CNRS, le CCSD, via l'archive ouverte HAL. De plus, pour certains de ces articles, les auteurs ajoutent des licences "Creative Commons" afin d'en faciliter la réutilisation en plus de l'accès permis par leur présence dans des Archives Ouvertes. Ce paradoxe fut relayé au-delà de la communauté scientifique avec plusieurs articles dans la presse, également sur Twitter avec le hashtag (mot-clef) #inistgate sur Twitter, et par la pétition lancée par le collectif SavoirCom1.


  • Novembre 2013

Cette dénonciation du paradoxe du CNRS, qui d'un côté encourage l'Open Access et vend de l'autre ces mêmes articles, a eu pour conséquence l'amélioration du référencement des articles dans Refdoc. Il a ainsi été ajouté la mention de disponibilité des versions en libre accès sur les plateformes HAL, Persée et Revues.org un an plus tard, soit en novembre 2013.

Cependant, c'est une nouvelle fois le mépris du droit d'auteur que condamne l'arrêt de la Cour de cassation du 11 décembre dernier et qui est à l'origine de la fermeture du service dans l'attente de sa mise en conformité.

Pour y voir plus clair sur cette condamnation indirecte du CFC, sur laquelle Didier Frochot promet de revenir sur le site des Infostratèges, on pourra lire aussi le billet de Michèle Battisti sur son blog Paralipomènes.

En attendant la réouverture annoncée pour janvier 2014, les usagers, quant à eux, pourront faire appel aux services de PEB des Bibliothèques Universitaires en consultant leur catalogue, le SUDOC.

Gageons alors que cette affaire sera également l'occasion de réviser le cadre juridique de la fourniture de copies papiers et numériques. En effet, comme le rappelle le collectif SavoirCom1  « ni la loi de 1995 sur la reprographie, ni l’exception pédagogique et de recherche dans sa formulation actuelle issue de la loi DADVSI n’offrent de base satisfaisante à ce service essentiel. »

Gageons aussi qu'au sein de BSN 8, le segment de la Bibliothèque Scientifique Numérique chargée de redéfinir la politique de fourniture de documents, la coordination de l'INIST et des BU, les deux acteurs dont la complémentarité voire même la concurrence est la résultante de la séparation historique entre l'Enseignement Supérieur et la Recherche, donnera plus de lisibilité à ces services qui relèvent de l'intérêt général pour ces organismes de Service Public.

Sources :

Battisti Michèle. « Ne pas vendre de photocopies sans autorisation ad hoc » [En ligne]. Paralipomenes, 3 janvier 2014. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://www.paralipomenes.net/archives/10462>

Ertzscheid Olivier. « Lettre à l'Inist » [En ligne]. Affordance.info, ISSN 2260-1856. 1er octobre 2012. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2012/10/lettre-a-linist.html>

Frochot Didier. « L’INIST et le CFC condamnés pour contrefaçon par la Cour de cassation ». [En ligne]. Les Infostratèges, 24 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://www.les-infostrateges.com/actu/13121741/linist-et-le-cfc-condamnes-pour-contrefacon-par-la-cour-de-cassation>

Joste Clémence. « Les chercheurs en colère contre le CNRS » [En ligne]. Archimag.com, 19 octobre 2012. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://www.archimag.com/article/les-chercheurs-en-col%C3%A8re-contre-le-cnrs>

Joste Clémence. « Condamnation de l'Inist : Refdoc ferme ses portes » [En ligne]. Archimag.com, 16 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://www.archimag.com/article/Condamnation-Inist-Refdoc-ferme-ses-portes>

Lebert Marie. « Auteurs en colère [bibliographie] » [En ligne]. Première mise en ligne le 18 octobre 2012,
version du 27 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://marielebert.wordpress.com/2012/10/18/refdoc_biblio/>

Legalis.net. « Vente en ligne de copies d’articles : exclusion de l’exploitation commerciale du champ de la cession légale » [En ligne]. 19 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. Brèves d'actualité. <http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=3945>

Moison Pierre. « L'INIST contraint de fermer son service Refdoc »  [En ligne]. ENSSIB, 19 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. Brèves. <http://www.enssib.fr/breves/2013/12/19/linist-contraint-de-fermer-son-service-refdoc>

Oury Antoine. « Refdoc : "Le CNRS ne peut se permettre d'être en dehors du droit »  [En ligne]. ActuaLitte, 26 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. <http://www.actualitte.com/international/refdoc-le-cnrs-ne-peut-se-permettre-d-etre-en-dehors-du-droit-47189.htm>

SavoirsCom1. « La condamnation de RefDoc appelle une réforme en profondeur de l’IST » [En ligne]. 19 décembre 2013. [Consulté le 8 janvier 2014]. Annonce. <http://www.savoirscom1.info/2013/12/19/condamnation-de-linist-et-sil-etait-temps-de-passer-aux-creative-commons/>

Changement des règles du jeu chez Youtube

En ce début d’année 2014, les créateurs de vidéos transformatives postées sur Youtube ne sont peut-être pas aussi optimistes qu’ils ne l’étaient il y a seulement un mois. En effet, la plateforme détenue par Google a décidé de changer la règle du jeu du copyright pour potentiellement réduire à néant le travail de la majorité d’entre eux.

Une vidéo transformative est une création d’un internaute, souvent amateur, utilisant des œuvres (pour la plupart non libres de droits) pour produire un nouveau contenu. Il peut s’agir d’une analyse de film comportant quelques extraits, ou encore, et c’est le public le plus concerné par ce changement de politique, de commentateurs de jeux vidéo. Ces derniers se filment pendant leurs parties, analysent les différents aspects du jeu et créent même des guides d’aide, le tout en utilisant les images et la musique de ceux-ci pour illustrer leurs propos. Certaines de ces vidéos de passionnés atteignent plusieurs milliers de spectateurs et leurs créateurs peuvent en retirer quelques bénéfices grâce à la publicité.

Jusqu’ici, Youtube avait accordé une certaine immunité à ces vidéos, particulièrement si elles étaient postées sur une chaine Youtube spécialisée, qui redistribue les revenus de la publicité à la chaine, aux ayants-droit et à la plateforme. Mais depuis le début de décembre, cette politique a changé, et ces vidéos transformatives sont scrutées, grâce au robot Content ID de Google, qui détermine automatiquement si il y a utilisation de contenus non libres de droits. Des internautes du monde entier qui ont diffusé ce genre de vidéos ont reçu des notifications leur annonçant que leurs travaux n’étaient plus monétisables et que les revenus générés par la publicité iraient désormais aux ayants-droit seulement.

Cette nouvelle approche de Youtube est difficile à saisir. Effectivement, s' il est facile de comprendre pourquoi, en perdant la possibilité de vivre de leur passion ou même de seulement la partager, ces créateurs sont furieux (pétition dans les sources), il est plus difficile de concevoir qui est le gagnant dans cette affaire. Les ayants-droit, comme les éditeurs de jeux vidéos, eux-mêmes se disent déboussolés par cette manœuvre et affirment soutenir les « youtubers » qui leurs apportent une publicité gratuite. Plusieurs théories émergent pour l’expliquer, Google aurait-il peur de ces chaînes d’amateurs qui deviennent chaque jour plus grandes, réunissant plus de monde ? La machine Google voudrait-elle favoriser le contenu officiel sur le contenu amateur ? Dans ce cas, le principe même de la plateforme, «Broadcast Yourself », serait remis en cause.

Sources :

MAUREL, Lionel (Calimaq), "Peut-on échapper à la « télévisionnisation » de YouTube ?", Publié le , S.I.Lex. < http://scinfolex.com/2013/12/23/peut-on-echapper-a-la-televisionnisation-de-youtube/[En ligne] [Consulté le 08/01/2014]

TASSI Paul, "YouTube Unleashes Strange Storm Of Copyright Claims On Video Game Content Producers", Publié le 11 décembre 2013 , Forbes. <http://www.forbes.com/sites/insertcoin/2013/12/11/youtube-unleashes-strange-storm-of-copyright-claims-on-video-game-content-producers/> [En ligne] [Consulté le 08/01/2014]

Pétition "Touche pas à ma chaîne !" Youtube : Révisez votre politique sur les ayant-droits, Publié le 10 décembre 2013 <https://secure.avaaz.org/fr/petition/Salar_Kamangar_PDG_de_Youtube_Revisez_votre_politique_sur_les_ayantsdroits/?wyUaYcb> [En ligne] [Consulté le 08/01/2014]

Zone numérique.com, "Les Youtubeurs ne percevront plus d’argent sans détenir de droits commerciaux" Publié le 12 décembre 2013, <http://www.zone-numerique.com/les-youtubeurs-ne-percevront-plus-dargent-sans-detenir-de-droits-commerciaux.html> [En ligne] [Consulté le 08/01/2014]

lundi 6 janvier 2014

ROAD - Un (nouvel) annuaire de ressources scientifiques en libre accès

Fin 2013, le centre international de l'ISSN a annoncé le lancement de la version béta de "ROAD" - Directory of Open Access Scholarly Ressources - annuaire de ressources scientifiques en libre accès, à destination des étudiants et des chercheurs.
Développé avec le soutien du secteur communication et information de l'UNESCO, ce service s'inscrit dans un double mouvement de promotion du libre accès, revendiqué entre autre par l'UNESCO, et de valorisation au sein des communautés scientifiques et universitaires des possibilités offertes par l'ISSN pour compiler des informations d'origines diverses.
ROAD - dont les fonctionnalités seront étendues au cours de l'année 2014 - offre un accès gratuit à un sous-ensemble du registre ISSN (1,7 millions de références) d'environ 7000 notices décrivant des ressources en Open Access : journaux, séries de monographies, actes de conférences, archives ouvertes, etc.

Contrairement à DOAJ (Directory of Open Access Journals) dont la couverture ne porte que sur les publications à comité de lecture, revue par les pairs ou autres formes de contrôle qualité, le processus d'attribution des ISSN ne permet pas d'évaluation du contenu des publications.
Une des volontés affichées de ROAD est de fournir "un point d'accès unique à différents types de ressources scientifiques publiées dans le monde".
Objectif ambitieux.

Sources ;
Directory of Open Access Journals [En ligne] [Consulté le 6 janvier 2014]
http://www.doaj.org/about

ISSN International Centre. Launch of ROAD, the Directory of Open Access scholarly Resources [en ligne] 16 December 2013 [Consulté le 6 janvier 2014]
http://road.issn.org/en/contenu/launch-road-directory-open-access-scholarly-resources

UNESCO. Libre accès à l'information. [en ligne] [Consulté le 6 janvier 2014]
http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/access-to-knowledge/open-access-to-scientific-information

 

jeudi 19 décembre 2013

Altmetrics: un Openmetrics?

Les évaluations alternatives dans le champ de la recherche scientifique

La production scientifique gagne en vitesse et en moyens de diffusion avec Internet. Les pratiques de la recherche scientifique sont en pleine transformation. Personne ne peut tout lire, c'est un fait. Des filtres permettant de trier les informations existent depuis un moment et des nouveaux outils sont inventés tous les jours pour faciliter le repérage des sources pertinentes.
Dans le monde académique de la recherche, les principaux filtres utilisés par ses membres sont considérés déjà comme traditionnels et insuffisants pour analyser l'impact des contributions scientifiques. Pour rappel, ils sont au nombre de trois...

- La revue par les pairs ou évaluation par les pairs (Peer-review):
un collectif de chercheurs jugent de façon critique les travaux d'autres chercheurs (leurs « pairs »)
- L'index H (H-index): indicateur du nombre de citations que compte un papier
- Le facteur d'impact (IF) d'une revue: calcul qui estime indirectement la visibilité d'une revue scientifique, un journal avec un IF élevé est ainsi considéré comme plus important (plus lu et plus cité) qu'un journal avec un FI faible.

... et ses insuffisances, respectivement:
- très lente, impartiale, difficile à appliquer face à la croissance presque organique du volume de journaux, la revue par les pairs n'est pas un instrument efficace pour éviter la prolifération incontrôlée de publications scientifiques;
- l'index H peut s'avérer aussi très lent, un article peut, en effet, attendre des années pour être cité pour la première fois. En outre, ce type d'indicateur néglige l’implication et la réutilisation à l’extérieur du strict cadre académique et ignorent les raisons pour lesquels l’article est cité.
- le facteur d’impact (impact factor, IF) d’un journal donnant la moyenne de citations par article est souvent utilisé à tort comme une mesure de l’impact des articles individuels.

Des pratiques de recherche qui changent, de nouvelles mesures qui s'avèrent nécessaires

Le grand changement de ces pratiques réside dans la publication croissante des données de la recherche en accès ouvert (Open Acces). Les données scientifiques deviennent accessibles hors-académie, leur impact diffèrent de nature, ils ne s'agit plus de savoir si un article compte pour le monde scientifique, mais aussi s'il a de l'influence dans d'autres sphères de l'action, le comment et le pourquoi.
CC By-SA
Altmetrics, mesures alternatives, permettent cela, elles sont ouvertes et ne font pas que compter le nombre de citations mais prennent également en compte les contenus sémantiques (noms d’utilisateurs, de tags,…). Puisque les altmetrics le permettent, la revue par les pairs peut se faire très rapidement. De même, l’impact d’un article peut se faire quasiment immédiatement, ce qui constitue une différence notable non seulement en termes de temps d’évaluation mais aussi en termes de ce qui est évalué par comparaison avec l’IF d’un journal. Contrairement au score traditionnel d’un article calculé uniquement à partir d’un nombre de citations, les altmetrics pourront jauger l’impact de l’étude à l’extérieur du seul monde strictement académique et pourront prendre en compte des travaux importants mais qui n’ont pas massivement été cités.

 Comment ça marche?


altmetrics is the creation and study of new metrics based on the Social Web for analyzing, and informing scholarship.
Our vision is summarized in:
J. Priem, D. Taraborelli, P. Groth, C. Neylon (2010), Altmetrics: A manifesto, (v.1.0), 26 October 2010. http://altmetrics.org/manifesto

Applications et Outils en Altmetrics:

 http://altmetrics.org/tools/

Sources:
Altmetrics: a manifesto 

 "Quelles évaluations alternatives des pratiques de la recherche ?" Carnets de recherche Hypothèses, Science ouverte:réflexions sur une future libération des données scientifiques, billet posté le 27 octobre 2013, consulté le 19 décembre 2013 [http://donnees.hypotheses.org/69]

Pour en savoir plus: 


- Donaldson, Michael R.; Steven J. Cooke. "Scientific Publications: Moving Beyond Quality and Quantity toward Influence", BioScience, 12 décembre 2013 [article en ligne]
http://bioscience.oxfordjournals.org/content/early/2013/12/05/biosci.bit007.full] consulté le 19 décembre 2013

- Thelwall, M;  Haustein, S., Larivière, V; Sugimoto, C.R. Do Altmetrics Work? Twitter and Ten Other Social Web Services, PLOS One, 29 mai 2013 [article en ligne]
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0064841