mardi 16 janvier 2018

Quels nouveaux usages de la blockchain ?

Créé en 2008  par un informaticien connu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le bitcoin s’appuie sur un ensemble de protocoles composants la « Blockchain ». ¹
Souvent cité comme étant une révolution comparable à l'internet, la blockchain promet une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe de contrôle (définition de Blockchain France). Comment fonctionne la blockchain ?
Quelle est son histoire et quelles pourraient être ses implémentations ? A partir de différentes sources, voici une tentative d’explication.



Philosophie : l’alternative d’un monde transparent ou l’intermédiation disparaît. 

Avec la crise des subprimes, s'ensuivit une perte de confiance en les instances financières centrales et traditionnelles. Issue d'une culture cypherpunk, l'implémentation bitcoin de la blockchain répond à une demande de monnaie sans gouvernement.²  
C'est la première étape de l'échange d'une propriété sans intermédiaire central. 
les bitcoins sont échangés entre divers acheteurs et vendeurs. 
Les instances centrales bancaires sont remplacées par un consensus d'ordinateurs regroupés en nœuds de réseaux répartis sur la planète. 
Attirant de nouvelles perspectives d'échanges sécurisés sans intermédiaires, la blockchain permet le développement de nouvelles idées.

Fonctionnement décentralisé : le livre de comptes, la transaction et la preuve de travail.³ 
La blockchain est composée de trois points clés : 

- Le livre des comptes (ledger) qui comprend toutes les écritures d'échanges entre parties. 
Ces dernières actent de la modification de la propriété des biens échangés. 
Le livre est disponible à l'ensemble des acteurs. Il est distribué de façons identiques sur tous les nœuds du réseau.  Il est découpé en bloc comprenant un nombre limité d'écritures. Chaque bloc doit être validé par un consensus de nœuds de réseaux représentant au moins 51% de l'ensemble puis est rattaché au bloc précédent et au bloc suivant.
- La transaction authentifie le transfert d'un bien entre 2 parties prenantes
-La preuve de travail permet de garantir l'intégrité des données en demandant des puissances de calculs importantes à des fins de modifications du livre des comptes. Les consultations nécessitant une puissance de calcul minimale.
Technologie : l’association de plusieurs protocoles simple 

Une infrastructure blockchain associe plusieurs briques technologiques existantes. 
Signature électronique, informatique distribué, cryptographie asymétrique...


Usages innovants : de l'énergie au cadastre. Patchwork d’usages possibles 
- Dans le secteur de l'énergie des initiatives permettant reconnaître les auto-producteurs et favoriser les énergies renouvelables sont en cours de développement.
- En ce qui concerne la santé, de nombreuses initiatives sont envisagées.
La Blockchain permettrait de lutter efficacement contre les contrefaçons des médicaments sauvant ainsi des vies. Elle permettrait d'innover le dossier médical du patient tant sur le droit de regard accordé par le patient sur son dossier que sur les remboursements des frais médicaux.
- Cadastre : permettre la transparence de la propriété en Afrique.
Le développement économique s'appuie entre-autre sur l'authenticité de la propriété des biens immobiliers (afin de livrer, hypothéquer, construire...) 
Avec l'usage de la blockchain sur le continent africain, il devient possible de résoudre les conflits de propriétés. Le Ghana expérimente l'enregistrement de des titres de propriétés sur une blockchain.
- Covoiturage : désintermédier l'ensemble des plateformes.
Afin de ne plus dépendre de plateformes, la blockchain permettrait aux intervenants de s'affranchir des commissions instaurées par la plateforme. D'autre types de marché tels que la location saisonnière pourraient utiliser la blockchain et les smart-contracts. 
- Produits de luxe  : Authentifier les diamants  
Afin de lutter contre la fraude au commerce des diamants, la start-up Everledger a developpé une blockchain authentifiant l'ensemble des caractéristiques d'un diamant via 40 méta-données. La blockchain produit ensuite un numéro de série unique  qui est micro-gravé sur le diamant. Le certificat d'authenticité numérique consigné sur la blockchain permet au diamant de certifier de sa provenance et de sa propriété. La  startup envisage d'étendre ses services aux sites de ventes en lignes afin de lutter contre la contrefaçon de produits de luxe.
- Cloud Computing : accéder facilement à des blockchain favorisant la désintermédiation
- Microsoft et IBM ont annoncé des partenariats avec Ethereum. Il s'agit pour dans un premier temps de permettre le développement simple et rapide d'applications utilisateurs exploitant la blockchain.
- D'autres initiatives permettant d'avoir de décentraliser le cloud sur les disques dur de particuliers en l'échange de rémunération sont en cours de développement.

Avec une nouvelle approche de la gestion de la confiance entre tiers, la blockchain offre de potentiels nouveaux usages dont les contours se dessineront ces prochaines années.

Sources : 


¹ LORCERY, Pierre | Archimag | Guide Pratique n°59 - blockchain : le nouveau cadre de confiance 
P.16 - Petite Histoire du bitcoin 

² ALLARD, Laurence, KURT, Sébastien et SAUZADE, Adrian | Archimag | Guide Pratique n°59 - blockchain : le nouveau cadre de confiance 
P.18 - Une autre histoire de la blockchain 

³ PALOP, Kevin | Archimag | Guide Pratique n°59 - blockchain : le nouveau cadre de confiance 
P.18 - la blockchain, enfant prometteur du digital

⁴ BERBAIN, Côme | La blockchain : concept, technologies, acteurs et usages
Réalités Industrielles 2017/3 via Cairn.info

⁵ Blockchain France | La Blockchain décryptée - Les clés d'une révolution
P.20

lundi 15 janvier 2018

Lire à haute voix restera gratuit

Le bras de fer qui opposait l'ABF à la SCELF sur la gratuité des lectures à voix haute en bibliothèques publiques a probablement connu son épilogue le vendredi 12 janvier 2018 lors de la conférence de presse de la ministre de la Culture Françoise Nyssen.


Depuis 2016, la Société Civile des Editeurs de Langue Française revendiquait auprès des bibliothèques publiques de lui verser des droits sur les lectures à haute voix en s'appuyant sur le code de la propriété intellectuelle L122-4 selon lequel "tout acte de représentation en public est soumis à droit d’auteur". Un barème de 30€ est ainsi imposé même sans billetterie pour toute activité de lecture. Magnanime, la SCELF proposait un perception de droits sur la base d'un forfait annuel de 100€ des bibliothèques qui disposent d'un budget pour leurs animations...

Vendredi 12 janvier, lors de la conférence de presse de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen pour la présentation de la Nuit de la Lecture, cette dernière a tranché: "La perception des droits sur les lectures en public, j'y suis opposée."[1]

Dès le début des revendications de la SCELF, l'Association des Bibliothécaires de France s'est opposée à la fin de la gratuité des lectures à voix haute dans les bibliothèques publiques, notamment défendant la sauvegarde de l'heure du conte pour les enfants: " Au nom de leurs missions de service public et de la promotion de de la lecture et en raison des difficultés budgétaires des communes, l'ABF réclame une exonération totale pour ce type d'animations culturelles".[2]

L'ABF a pu compter sur des alliés de poids et inattendus : les auteurs ! "Les lectures publiques proposées par les bibliothécaires comme les libraires sont indispensables aux auteurs. Elles contribuent à faire connaitre les auteurs ainsi que leurs livres. Il n'est donc pas question de grappiller quelques euros à cette occasion" explique le Société des Gens De Lettres (SGDL).[3]

Daniel Pennac, auteur du livre "Comme un roman" dans lequel il établit les droits imprescriptibles du lecteur est remonté: "Il y en a marre de tondre le tondu: cette idée de redevance sur les lectures publiques ne tient compte ni de la réalité, ni des besoins".[4]

L'arbitrage de la Ministre de la Culture arrivera également à calmer l'Education Nationale dont les enseignants s'inquiétaient d'une nouvelle contrainte: " Sur le plan de la philosophie sociétale, le paiement d'un tel droit pose question sur la marchandisation de tout et n'importe quoi".[5]


Sources :

[1] HEURTEMATTE Véronique. La Ministre de la culture opposée à une taxe sur les lectures publiques en bibliothèque, Livres Hebdo,  http://www.livreshebdo.fr/article/la-ministre-de-la-culture-opposee-une-taxe-sur-les-lectures-publiques-en-bibliotheque .13 janvier 2018

[2] Association des Bibliothécaires de France. Communiqué de presse, www.abf.asso.fr, http://www.abf.asso.fr/1/175/636/ABF/communique-suite-au-rendez-vous-du-14-novembre-2016-avec-la-scelf .13 juin 2017

[3] GIRARD Hélène. Pourquoi les auteurs sont sur la même longueur d’onde que les bibliothécaires ? la Gazette.fr, http://www.lagazettedescommunes.com/543852/lectures-en-public-pourquoi-les-auteurs-sont-sur-la-meme-longueur-donde-que-les-bibliothecaires/ .10 janvier 2018

 [4] GARY Nicolas. Daniel Pennac: faire payer la lecture publique, c’est non, Actua Litté.com, https://www.actualitte.com/article/monde-edition/daniel-pennac-faire-payer-la-lecture-publique-c-est-non/86701 .11 janvier 2018


[5] OURY Antoine. La taxe sur la lecture publique pourrait-elle s’appliquer aux écoles ? Actua Litté.com, https://www.actualitte.com/article/monde-edition/la-taxe-sur-la-lecture-publique-pourrait-elle-s-appliquer-aux-ecoles/86718 .12 janvier 2018

lundi 8 janvier 2018

Vers une nouvelle forme de colonialisme de la part des géants des hautes technologies ?

 

Des entreprises élevées au rang de nations


Et si les géants des nouvelles technologies que sont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) étaient en train de coloniser le monde ?

A cette question, Lilas Guevara apporte une réponse dans laquelle elle compare les GAFAM à des états nations [1]. En effet, de par leur pouvoir économique et leur rayonnement les GAFAM peuvent rivaliser et même peser sur des décisions. Certaines de ces entreprises ressemblent de plus en plus à des nations souveraines dans la diplomatie qui leur est offerte par les nations souveraines actuelles. Lilas Guevara rapporte les propos d’Anjuan Simmons qui rappelait déjà en 2015 que les GAFAM se "place [ent] désormais au même rang que les nations" [2]. D’ailleurs, Anders Samuelsen - ministre des affaires étrangères danois - a nommé en janvier 2017 un ambassadeur auprès de ces entreprises de haute technologie. M. Anders Samuelsen se justifie ainsi « Google, Apple ou Amazon doivent être considérées désormais comme des nouvelles nations avec lesquelles il faut donc entretenir des relations diplomatiques. » [3]


Pourquoi parler de Cybercolonialisme ?


D’après Wikipédia, le colonialisme « est une doctrine ou une idéologie justifiant la colonisation entendue comme l'extension de la souveraineté d'un État sur des territoires situés en dehors de ses frontières nationales » [4]. Le colonialisme c’est aussi l’appropriation des richesses, une forme d’exploitation et une dépendance des populations colonisées au dépend du colonisateur.

Or les GAFAM, de par leur puissance et leur capacité à diffuser des services et produits indispensables aux consommateurs influent de par le monde et créent des relations de dépendances à la fois économiques, politiques et culturelles sur lesquels ils prospèrent.

D’autre part comme lors du colonialisme, où les états colonisateurs s’appropriaient les richesses de l’état colonisé, aujourd’hui les GAFAM s’approprient un nouvel or noir ; la « Donnée » grâce aux produits et services qu’ils diffusent.

Un autre aspect tient comme pour le colonialisme à l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché pour produire les équipements numériques et faire fonctionner les services proposés.

Les GAFAM apportent services innovants, facilitation au quotidien et simplicité d’action mais au détriment d’une forme d’expropriation et d’exploitation qui peut faire craindre pour la démocratie surtout après que la Neutralité du net ait été remise en cause au Etats-Unis en décembre 2017.


Notes et références

 [1] Guevara Lilas. La Silicon Valley est-elle à la tête d’un empire colonial ? In Usbek & Rica [en ligne]. Publié le 27 novembre 2017 [consulté le 08 janvier 2018] <https://usbeketrica.com/article/la-silicon-valley-est-elle-a-la-tete-d-un-empire-colonialhttps://usbeketrica.com/article/la-silicon-valley-est-elle-a-la-tete-d-un-empire-colonial>

[2] Simmons Anjuan. Colonialisme technologique. In Model view culture [en ligne]. Publié le 18 septembre 2015 [consulté le 08 janvier 2018] <https://modelviewculture.com/pieces/technology-colonialismhttps://modelviewculture.com/pieces/technology-colonialism>

[3] Giret Vincent. Quand le Danemark ouvre une ambassade auprès des GAFA. In France Inter [en ligne]. Publié le 30 janvier 2017 [consulté le 08 janvier 2018] <https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito/l-edito-30-janvier-2017>

[4] Wikipédia. [consulté le 08 janvier 2018] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme>

Les requêtes Web : de la main à la voix

Depuis quelques années, les interfaces vocales des smartphones se sont multipliées, notamment pour le domaine de la domotique afin d’assister les personnes dans leur vie quotidienne. 

Ce nouveau mode de recherche Web aura-t-il un impact sur le référencement naturel ou SEO - Search Engine Optimization [1] ?


Google a ainsi créé "Home", un assistant connecté à de multiples partenaires tels que Netflix, Deezer, ou Spotify. Amazon a sorti "l’Echo", nommée "Alexa" enceinte connectée dotée d’Intelligence Artificielle. Microsoft est le créateur de "Cortana". [2] Quant à Apple, l’assistant "Siri" a été récemment modernisé grâce à son HomeKit. Là encore, une logique de partenariat s’est mise en place avec différentes sociétés comme Philips. Il est désormais possible de synchroniser "Siri" et les ampoules de la maison pour ordonner leur allumage ou leur extinction à distance. [3]

Ces interfaces ont été créées pour répondre à toutes autres sortes de questions et de requêtes diverses : les nouvelles du jour, le retard éventuel de son avion, la météo, l’agenda de la semaine, une recette de cuisine... Leur utilisation est intuitive et doublée d’une grande simplicité.

Selon ComScore, un organisme de mesure d’audience, 20 % des requêtes de ce type se font aujourd’hui par la voix, et ces requêtes vocales atteindront 50 % dès 2020. Si ces chiffres s’avèrent exacts, la recherche d’information grâce à un clavier deviendra vite obsolète. [4]

En outre, les progrès de ces technologies sont fulgurants car depuis peu, la compréhension d’un discours par l’ordinateur atteint quasiment le niveau de compréhension d’un humain. En effet, le taux d’erreur par mot ou WER - Word Error Rate [5], atteint seulement 6 %, ce qui est très faible. Les assistants vocaux sont donc amenés, dans un avenir très proche à se développer de manière exponentielle. 

Une étude Australienne du site Marketingmag, qui dessine des grandes tendances technologiques à venir annonce que ces requêtes vocales sont une révolution pour le SEO. Formulées sur un mode conversationnel par phrases entières, elles rendent des résultats plus rapides, plus riches et plus pertinents que les réponses apportées à des requêtes effectuées via les moteurs de recherche par une combinaison de mots-clés, comme habituellement. [6]

En conséquence, l’avenir même du SEO se joue probablement du côté de la recherche vocale et conversationnelle analyse Olivier Andrieu, spécialiste du Search. [7] 

L'année 2018 devrait potentiellement voir l'apparition de nombreux nouveaux outils !


Sources

[1] ANDRIEU, Olivier. 20 conseils pour réussir son référencement [en ligne]. Paris, Abondance.com, 2010 [consulté le 08/01/2018]. http://referencement.abondance.com/

[2] CIOLFI, Marie. Alexa / Google Assistant : Qui commande à la maison ? Parcours de deux IA bien dans le temps. Paris, Lesnumériques.com le 17/03/2017. [consulté le 08/01/2018].https://www.lesnumeriques.com/assistant-domotique/alexa-google-assistant-qui-commande-a-maison-a3085.html

[3] SEFRIN, Christophe. Apple HomeKit : "Chérie j'ai allumé la lumière avec SIRI !" Paris, 20 minutes.fr, le 28/09/2017 [consulté le 08/01/2018]. http://www.20minutes.fr/high-tech/2136487-20170928-apple-homekit-cherie-allume-lumiere-siri

[4] GAUTIER, Matthieu. Quels sont les impacts et les conséquences de la recherche vocale sur le SEO ? Paris, Marketing, le 25/01/2017 [consulté le 08/01/2018]. https://blog.hubspot.fr/marketing/consequences-recherche-vocale-seo

[5] RSLN. Reconnaissance vocale : la recherche franchit un nouveau palier. Paris, RslnMag.fr, 22/09/2016 [consulté le 08/01/2018]. https://rslnmag.fr/innovation/reconnaissance-vocale-recherche-nouveau-palier-microsoft-research/

[6] TOMAZ, Carolina. Marketing digital et social : 5 tendances qui vont façonner 2018. Paris, FrenchWeb.fr, 12/12/2017 [consulté le 08/01/2018]. https://www.frenchweb.fr/marketing-digital-et-social-5-tendances-qui-vont-faconner-2018/311269

[7] ANDRIEU, Olivier. 10 points Search et SEO à suivre en 2018 ! [en ligne]. Paris, Abondance.com, 28/12/2017 [consulté le 08/01/2018]. https://www.abondance.com/actualites/20171228-18773-10-points-search-seo-a-suivre-2018.html

lundi 18 décembre 2017

Vers un nouvel avenir des métiers de l'archivistique ? Le records manager.

Sur son blog Transarchivistique, Marie-Anne Chabin [1] publiait le 11 décembre dernier un billet questionnant l'avenir de l'archivage.

"L’archivage est ce geste managérial qui conduit à mettre en sécurité les documents ou données qui engagent dans la durée, avec une règle de vie qui pilote leur qualité, leur stockage, leur pérennisation, leur accès et leur destruction un jour, au mieux des intérêts de tous" [2].
Marie-Anne Chabin souligne le fait que l'archivage reste un geste fort et rappelle les cinq exigences incluses dans la règle de vie d'une archive :

  • la qualité
  • le stockage
  • la pérennisation
  • l'accès
  • la destruction

Au-delà du domaine archivistique, c'est la question de l'archivage managérial, "records management" en anglais, qui est au cœur du sujet d'étude de l'auteur. Rappelons que l'archivage managérial répond à la question suivante : "comment faire en sorte que les documents qui engagent la responsabilité de l’entreprise soient identifiés, bien conservés, sécurisés et accessibles selon leur nature, pendant le temps nécessaire, tout cela au meilleur coût ?"[3].
Dans son billet, Marie-Anne Chabin alerte sur la déresponsabilisation et parfois une tendance à l'irresponsabilité de certaines entreprises concernant les questions d'archivage. Leur gouvernance de l'information ne pourra désormais plus se cacher derrière le fait qu'il vaut mieux un placard bien rempli. Le règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD) devrait bousculer les habitudes. Le non-archivage et l'oubli d'élaborer des règles archivistiques (création, conservation et destruction) pour les données et certains documents contenant des données à caractère personnel pourront avoir un impact certain sur l'activité de l'entreprise puisque RGPD prévoit de fortes sanctions financières.

"L'archivage a-t-il de l'avenir ?", voici le titre du billet de Marie-Anne Chabin. Nous complétons ici sa réponse avec une offre d'emploi du Conseil départemental de Seine et Marne à la recherche de deux records managers se déclinant ainsi :
"Au sein du ser­vice pro­jets et appli­ca­tions métiers du social, le res­pon­sa­ble archi­vage ou « records mana­ger » assure la res­pon­sa­bi­lité de la maî­trise du cycle de vie des docu­ments et des pro­ces­sus docu­men­tai­res de la DGAS. Il défi­nit et met en œuvre en lien avec les archi­ves dépar­te­men­ta­les la stra­té­gie et les pro­cé­du­res per­met­tant à l’orga­nisme de disposer à tout instant du docu­ment ou de la donnée dont il a besoin pour conduire ses acti­vi­tés et se pro­té­ger des ris­ques juri­di­ques (exi­gen­ces léga­les et régle­men­tai­res, conten­tieux...), et de détruire des docu­ments et don­nées confor­mé­ment à la loi. Le ges­tion­naire archi­vage garan­tit la pro­tec­tion des docu­ments et des don­nées en fonc­tion des exi­gen­ces liées aux ris­ques et au pro­ces­sus qua­lité. Il par­ti­cipe également à la réus­site des pro­jets de déma­té­ria­li­sa­tion des dos­siers du social. Il est l’inter­face avec la Direction des Archives Départementales" [4].
Soulignons que l'inclusion de de la spécification suivante "se pro­té­ger des ris­ques juri­di­ques (exi­gen­ces léga­les et régle­men­tai­res, conten­tieux...), et de détruire des docu­ments et don­nées confor­mé­ment à la loi" semble faire particulièrement écho au rapprochement du délai de mise en conformité des entreprises en vue de l'application de la RGPD le 25 mai 2018 [5].

Il sera intéressant d'étudier dans quelques mois la proportion de ce type d'offre d'emploi. En 2015, une enquête sur l'insertion professionnelle des anciens diplômés en archivistique avait déjà mis en avant la part grandissante du profil du records manager en entreprise [6].



Notes et références

[1] Marie-Anne Chabin enseigne l’archivage managérial (records management) aux étudiants du master GSI (gestion stratégique de l’information) à l'Université Paris 8, UFR MITSIC, Département Sciences de l’information de documentation.

[2] CHABIN. Marie-Anne. L'archivage a-t-il de l'avenir ?. In Transarchivistique [en ligne]. Publié le 11 décembre 2017 [consulté le 18 décembre 2017] <http://transarchivistique.fr/larchivage-a-t-il-de-lavenir/>

[3] CAZENEUVE, R., CHABIN Marie-Anne. L'archivage managérial. Les Référentiels du CR2PA (Club des Responsables de Politiques et Projets d'Archivage), Novembre 2012. Disponible en ligne : [consulté le 18 décembre 2017] <http://blog.cr2pa.fr/wp-content/uploads/2013/03/CR2PA_Referentiel-Archivage-managerial.pdf>

[4] Site de l'Association des Archivistes de France. Catégorie : Emploi. Le Conseil départemental de Seine et Marne recrute : deux Records Manager (h/f). Publié le 13 novembre 2017, [en ligne, consulté le 18/12/2017] <http://www.archivistes.org/Le-Conseil-departemental-de-Seine-et-Marne-3311>

[5] FROCHOT, Didier. RGPD : 6% des acteurs en France aujourd'hui conformes. In site Les infostratèges.com. [En ligne], publié le 24 novembre 2017 [consulté le 18 décembre 2018] <http://www.les-infostrateges.com/actu/17112469/rgpd-6-des-acteurs-en-france-aujourdhui-conformes>

[6] AAF, Cofem, Collectif A8. Enquête sur l'insertion professionnelle des archivistes : synthèse et analyse des réponses. 2015. Disponible en ligne : [consulté le 18 décembre 2018] <http://www.archivistes.org/IMG/pdf/collectifaaf_enquete_insertion_pro_synthese_finale_20160908.pdf>

lundi 11 décembre 2017

L'intelligence artificielle est un outil

Un certain nombre de mythes et de peurs émaillent le parcours de l'intelligence artificielle depuis sa naissance dans les années 1950. Ces mythes ont nourri et continuent à nourrir récits et films de science-fiction en tout genre. Comme l'a démontré Olivier Ezratty, consultant en nouvelles technologies, dans un billet intitulé "Douze mythes de l'intelligence artificielle" (1), les idées reçues sont nombreuses dans ce domaine, et les discours volontiers alarmistes. 

Il y a cependant un véritable contraste entre ces discours et les applications concrètes de l'intelligence artificielle, en particulier en entreprise. Fred Cavazza, lui aussi consultant en nouvelles technologies, a montré dans son billet "l'intelligence artificielle est un outil informatique comme un autre"(2) l'apport de ces briques technologiques en tant qu'outils pour le marketing: ils permettent d'améliorer la capacité de traitement et les performances des actions marketing grâce à l'analyse de grands volumes de données avec des algorithmes auto-apprenants. Ceci permet entre autres de faire de la création de micro-segments, de la personnalisation de bannières, de la génération de contenus, de prévoir un pilotage des campagnes, de faire de l'analyse prédictive...

Comme le rappelle Fred Cavazza, les premiers résultats sont probants, mais demandent un certain nombre de pré-requis, les solutions à base d'intelligence artificielle étant particulièrement complexes à mettre en oeuvre. En effet, les algorithmes sont puissants mais nécessitent de gros volumes de données qui ne sont pas toujours disponibles, les solutions nécessitent un paramétrage particulier, donc un accompagnement non seulement du fournisseur mais également des équipes, les solutions sont difficiles à comparer entre elles, notamment face au discours des éditeurs...L'intelligence artificielle n'est selon l'auteur qu'une ressource informatique comme une autre, au même titre qu'une base de données par exemple. 

Elle n'est qu'un outil, sophistiqué certes, et qui permet surtout d'accroître les performances de l'entreprise, mais qui en aucun cas ne remplacera les marketeurs ou publicitaires. C'est en substance le même discours que tenait Olivier Ezratty dans son billet "Peut-on benchmarker l'intelligence artificielle?"(3), dans lequel il montrait que l'efficacité d'une solution d'intelligence artificielle, quel que soit le domaine d'action de l'entreprise, dépendait de la quantité et de la qualité des données que l'on place dans le moteur de machine learning. Selon lui le succès de l'adaptation d'une solution à base d'intelligence artificielle passait par l'élaboration d'un projet spécifique et par l'accompagnement spécialisé. 

Les applications actuelles de l'intelligence artificielle en entreprise permettent donc d'obtenir des résultats intéressants, qui n'auraient probablement pas été possibles avec des solutions "classiques" pour accroître les performances d'une entreprise, mais leur implantation est complexe et nécessite un grand nombre de données.


(1) EZRATTY, Olivier. Douze mythes de l'intelligence artificielle. Blog "Opinions libres", 29 septembre 2017. http://www.oezratty.net/wordpress/2017/douze-mythes-intelligence-artificielle/
[consulté le 11 décembre 2017]

(2) CAVAZZA, Fred. L'intelligence artificielle est un outil comme un autre. Blog "FredCavazza.net", 20 novembre 2017. https://fredcavazza.net/2017/11/20/lintelligence-artificielle-est-un-outil-informatique-comme-un-autre/
[consulté le 11 décembre 2017]
  
(3) EZRATTY, Olivier. Peut-on benchmarker l'intelligence artificielle? Blog "Opinions libres", 12 mai 2017. http://www.oezratty.net/wordpress/2017/peut-on-benchmarker-ia/
[consulté le 11 décembre 2017]



Featured Snippets: les extraits optimisés de Google

Depuis plusieurs mois, on a vu apparaître sur la page de résultats de Google les "Featured Snippets", traduit en français par "extraits optimisés" ou "extraits mis en avant".
Voici la définition donnée par le site definition-marketing.com (1) :

"Un featured snippet est un mode de présentation de résultat utilisé par Google et qui consiste à présenter dans un cadre spécifique une partie ou la totalité de la réponse correspondant à la requête de l’internaute au dessus des résultats organiques traditionnels. Lorsqu’un site figure en featured snippet on parle généralement de rang ou position zéro."

Ce développement récent dénote l’évolution de Google d’un moteur de recherche vers un moteur de réponses.

Les éléments que l’on rencontre le plus souvent dans les Featured Snippets sont les suivants : (2)

- un extrait de contenu pouvant se présenter sous différentes formes

- un titre extrait de la page remontant en position zéro

- l'URL de la page concernée

- une image issue du même site ou d'une autre source

L'intérêt de ces FS est évidemment une meilleure visibilité avec un impact important sur le trafic d’un site web. (3)

Dernière extension en date, Google vient d’ajouter plus d’images et de recherches connexes à l’intérieur des FS dans une volonté accrue d’apporter de nouveaux éléments de réponses directes à l’utilisateur. (4) (5)

Il apparaît donc important que les professionnels s'adaptent rapidement à cette évolution afin d’optimiser leur visibilité sur la toile. (6)

Sources :

(1) Site definition-marketing.com | https://www.definitions-marketing.com/definition/featured-snippet/ [Consulté le 11 décembre 2017]

(2) Doucet Raphaël | Recherche et Référencement | Featured Snippets ce que l’on sait… | Publié en juillet/août 2017 | http://portaildoc-intd.cnam.fr/GED_SUW/193344691152/featured-snippets.pdf [Consulté le 11 décembre 2017]

(3) Yonnet Philippe | Recherche et Référencement | Lettre mensuelle n°179 | Les FS : une nouvelle opportunité pour créer plus de trafic ? | p. 4-17 | Publié en mars 2016 | http://portaildoc-intd.cnam.fr/GED_SUW/192893591007/RR_mars_2016-no179.pdf [Consulté le 11 décembre 2017]

(4) Nguessan Noël | Arobasnet.com | Quand Google améliore le Search pour favoriser la découverte de contenu | Publié le 6 décembre 2017 | http://www.arobasenet.com/2017/12/google-search-ameliore-recherche-4325.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+arobasenet1+%28Arobasenet1%29&utm_content=Netvibes [Consulté le 11 décembre 2017]

(5) Andrieu Olivier | Abondance.com | Google ajoute plus d’images et de liens connexes aux Featured Snippets | Publié le 6 décembre 2017 | https://www.abondance.com/actualites/20171206-18703-google-ajoute-plus-dimages-de-liens-connexes-aux-featured-snippets.html [Consulté le 11 décembre 2017]

(6) Andrieu Olivier | Abondance.com | Attention les Featured Snippets arrivent sur Google France et ça pourrait bien changer la donne SEO ! | Publié le 13 avril 2016 | https://www.abondance.com/actualites/20160413-16444-attention-les-featured-snippets-arrivent-sur-google-france-et-ca-pourrait-bien-changer-la-donne-seo-2.html [Consulté le 11 décembre 2017]