mardi 17 octobre 2017

Propos malveillants sur Internet : diffamation ou libre expression ?

Alors que de nombreux internautes profitaient cet été de leur temps libre pour publier leurs photos de vacances et partager leurs avis sur leur destination, s'inscrivant ainsi dans le mouvement mondial du partage facilité par les nouvelles technologies, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris s'activait quant à lui pour lutter contre le partage... de propos diffamatoires.
Les commentaires haineux et expressions déplacées sur les réseaux sociaux ou les sites web font l'objet depuis plusieurs années de mesures de protection (modération des commentaires, filtrage, voire suppression totale de la possibilité de commenter...) dont l'efficacité est limitée (1), même si elles permettent la plupart du temps d'éviter la majorité des commentaires passibles de sanctions pénales (insultes raciales ou sexistes, incitation à la haine...). D'ailleurs, la loi a été renforcée sur le sujet avec la publication, le 3 août 2017, d'un décret d'application sur les "provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire" (2).
Il est cependant plus difficile de lutter contre la diffamation, dans la mesure où, selon la loi, est diffamante "toute allégation (...) d'un fait non avéré qui porte atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne" (3) : comment, dès lors, être certain que le fait n'est pas avéré, d'une part, et qu'il porte atteinte à l'honneur de la personne, d'autre part ?
Ainsi, un conseiller de l'ancien président François Hollande a vu sa plainte pour diffamation rejetée, début juillet 2017. Pourtant, le Tribunal a bien admis que les propos considérés (publiés sur Facebook) étaient diffamatoires : il a toutefois estimé que la plainte aurait pu porter sur un autre motif (4). Plus récemment, fin septembre, le TGI de Besançon a également débouté une plainte contre des propos tenus sur WhatsApp et par e-mail, car il considérait que le dommage n'était pas prouvé (5).
Au-delà de la question de l'atteinte à l'honneur ou non, une autre raison de voir sa plainte pour diffamation rejetée est sa prescription. La jurisprudence en matière d'Internet était jusque-là peu étoffée, mais une ordonnance du TGI de Paris, confirmée en appel en septembre, s'est appuyée sur le code source du site accusé, ainsi que sur le site d'archivage du web Archive.org, pour prouver la date de publication des propos incriminés et en déclarer ainsi la prescription (6). Malgré une tentative de législation en la matière en 2004 (rejetée par le Conseil constitutionnel), le délai de prescription sur Internet n'est pas encore clairement défini (7). Cette décision récente poussera peut-être le législateur à se pencher sur le sujet ?
Diffamation ou non, la question peut donc se poser... des deux côtés : que vous vous sentiez visé par des propos diffusés sur le web ou que vous ayez peur d'être accusé pour avoir critiqué publiquement quelqu'un. De ce côté néanmoins, certains conseils peuvent être suivis pour éviter de vous retrouver en justice (8) !


(1) SMYRNAIOS Nikos, MARTY Emmanuel. "Profession "nettoyeur du net". De la modération des commentaires sur les sites d'information français". Réseaux, 2017/5 (n°205), p. 57-90. [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.cairn.info/revue-reseaux-2017-5-page-57.htm>
(2) VALLAT Thierry. "Renforcement de la répression de la diffamation et des injures racistes et discriminatoires non publiques par le décret du 3 août 2017". In La grande bibliothèque du droit, en ligne [consulté le 17 octobre 2017] <http://www.lagbd.org/index.php/Renforcement_de_la_r%C3%A9pression_de_la_diffamation_et_des_injures_racistes_et_discriminatoires_non_publiques_par_le_d%C3%A9cret_du_3_ao%C3%BBt_2017_(fr)>
(3) Fiche pratique "Diffamation". Site Internet service-public.fr [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32079>
(4) LEGALIS. "Diffamation sur Facebook envers un conseiller du président de la République". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-sur-facebook-envers-un-conseiller-du-president-de-la-republique/>
(5) LEGALIS. "Diffamation sur WhatsApp : pas de référé pour des actes isolés". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-sur-whatsapp-pas-de-refere-pour-des-actes-isoles/>
(6) LEGALIS. "Diffamation : la date dans le code du site prouve la prescription de l'action". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-la-date-dans-le-code-du-site-prouve-la-prescription-de-laction/>
(7)  FROCHOT Didier. "Délit de diffamation en ligne : toujours la question du délai de prescription". En ligne sur le site les-infostrateges.com. Publié le 10 octobre 2017 [consulté le 17 octobre 2017] <http://www.les-infostrateges.com/actu/17102443/delit-de-diffamation-en-ligne-toujours-la-question-du-delai-de-prescription>
(8) DIEHL Alexandre. "Quels termes éviter sur un site web sous peine d'être taxé de diffamation ?". Recherche et référencement, n°190, mars 2017. Début de l'article disponible en ligne [consulté le 17 octobre 2017] <http://recherche-referencement.abondance.com/2017/03/quels-termes-eviter-sur-un-site-web.html>

Organisation des connaissances

Connaissances orientées document ou bien connaissances guidées par la requête utilisateur ? 


Récemment,  dans la revue "Knowledge Organization" [1], une question a été posée sur l'organisation des connaissances. Deux paradigmes avancent en parallèle. 
  1. L'un donne la priorité au document. 
  2. Le second à la requête utilisateur. 

D'emblée, l'auteur, HJORLAND Birger, aborde le concept de document ou de "vedette-matière". Il met en avant différentes approches théoriques. Dans un premier temps, il cite les points de vue orienté contenu de Charles Ammi Cutter. Dans un second temps, il cite le point de vue orienté requête utilisateur, prôné par S.R. Ranganathan. Dans un troisième temps, il fait référence au point de vue orienté connaissance du sujet, lequel point de vue est défendu par Patrick Wilson. 

Enfin, HJORLAND Birger souligne une distinction majeure. Pour lui, l'essentiel se trouve entre le point de vue orienté ou guidé par le document et celui guidé par la requête utilisateur.

Le point de vue orienté document voit le sujet comme un élément ou bien un paramètre inhérent au document lui-même. En revanche, le point de vue guidé par la requête utilisateur considère le sujet comme un attribut, une annotation, du document dans le but d'en faciliter l'exploitation et l'usage.

Toujours concernant l'organisation des connaissances, le dixième colloque ISKO [2, 3] réunit un wokshop de 50 chercheurs. En deux mots, il examine les quatre grandes thématiques suivantes :
  1. Les approches épistémologiques, historiques, des humanités numériques.
  2. L’organisation de leur contenu.
  3. L'activité des chercheurs en sciences humaines et sociales.
  4. L'évaluation des systèmes et la prise en compte des utilisateurs.
Pour bien comprendre cette dualité, "connaissance orientée contenu" et "connaissance orientée requête", une étude de la revue "Education for Information" [4], pour explorer les tendances dans l'organisation des connaissances, a passé en revue soixante-huit écoles à travers le monde : Asie du sud-est, Europe, Amérique du Nord.

Cette revue a procédé à une analyse dite quantitative des descriptions des cours, dans le but d'identifier les enseignements couverts par ces cursus de la Science de l'Information. Les résultats relèvent deux orientations phares : les matières d'organisation des connaissances les plus dispensés sont :
  1. L'organisation de l'information.
  2. Le catalogage.
Ce n'est que par la suite qu'arrivent :
  1. Le contrôle bibliographique.
  2. Les métadonnées.
  3. L'indexation.
  4. La classification.
  5. L'analyse du sujet.
Et arrivent, loin derrière, les connaissances organisées sous forme de :
  1. Taxonomie.
  2. Ontologie.
  3. Thésaurus.
  4. Bibliothèques électronique.
Enfin, dans la revue "Knowledge Organisation", Richard P. SMIRAGLIA [5] met l'accent sur les méthodes empiriques susceptibles de comprendre l'évolution diachronique de la connaissance. Pour ce faire, il a rassemblé des exemples divers et variés, issus de la recherche en cours.

Dans une première phase, il procède à la description de deux manières afin d'évaluer les Systèmes d'Organisation des Connaissances. Il tente d'analyser comment les systèmes :
  1. modélisent leurs concepts.
  2. sont alimentés avec des objets dits "classifiés et cibles".
Dans une seconde phase, il fournit des exemples de méthodes empiriques :
  1. L'analyse de domaine.
  2. L'ontogénie empirique.
  3. L'analyse de réseau.
Par ces exemples concrets, il démontre la force de l'analyse empirique, et continue, des outils d'organisation des connaissances, comme les classifications et les domaines dans lesquels elles sont utilisées de façon efficace.

Sources :

[1] Auteur : HJORLAND, Birger ; Revue : Knowledge Organization ; Numérotation : vol. 44, N°1 ; Année : 2017 ; Nbre/N° de page : p.55-64 ; Langue : Anglais

[2] Systèmes d'organisation des connaisances et humanités numériques ; actes du 10e colloque ISKO France 2015, 6 et 7 novembre 2015 ; Collège doctoral européen, Strasbourg ; Auteurs : Chevry, Emmanuelle (Dir.) ; Editeur : ISTE éditions ; Colloque ISKO France (10 ; 2015 ; Strasbourg) ; Date de parution : 2017 ;  Nbre/N° de page : XXVII-338 pages ; ISBN : 978-1-78405-214-0 ; Cote : 12336-IX A

[3] 
http://www.isko-france.asso.fr/home/index.php/fr/

[4] Knowledge organization trends in library and information education: assessment and analysis ;  Auteurs : ALAJMI, Bibi ; REHMAN, Sajjad ur  ; Revue : Education for Information ; Numérotation : vol. 32, N°4 ; Année : 2016 ; Nbre/N° de page : p.411-420 ; Langue : Anglais

[5] Empirical methods for knowledge evolution across knowledge organization systems ; Auteurs : SMIRAGLIA, Richard P ;  Revue : Knowledge Organization ; Numérotation : Vol.43, N°5 ; Année : 2016 ; Nbre/N° de page : p.351-357 ; Langue : Anglais





jeudi 1 juin 2017

Archives ouvertes: un autre pas vers la création du premier réseau mondial a été fait !


Le 8 mai 2017, à l’occasion du meeting annuel de la Confederation of Open Access Repositories (COAR), les représentants de plusieurs réseaux nationaux et régionaux d'archives ouvertes dans le monde entier ont signé un accord international. 

L’open access (ou "libre accès") à la littérature scientifique est un mode de diffusion des articles de recherche sous forme numérique, gratuite et dans le respect du droit d’auteur. De la recommandation à l’obligation, les textes rédigés en faveur d’une politique de libre accès des résultats et données de la recherche issus de fonds publics se multiplient dans le monde entier. Les dispositions prises afin que les auteurs de documents scientifiques les déposent dans des entrepôts en libre accès peuvent varier d'un pays à l'autre.


 * * *

La Confederation of Open Access Repositories est une association internationale créée en 2009 dont les objectifs concernent la visibilité et l'amélioration de l’interopérabilité des entrepôts en libre accès. COAR regroupe aujourd'hui une centaine de membres et partenaires représentant les archives ouvertes des bibliothèques, universités, organismes documentaires, organismes de recherche des pays européens ainsi que du Japon, de la Chine, du Canada et des Etats-Unis. COAR est à l’origine de l’initiative "Aligning Repository Networks" démarrée en mars 2014 [1] et qui a comme objectif prioritaire l'alignement des pratiques autour des archives ouvertes dans le monde entier. Cette homogénéité permettrait, en plus d'offrir des contenus agrégés, de créer de nouveaux services à valeur ajoutée.

En 2015 l'adoption des pratiques communes concernant les métadonnées par COAR, LA Referencia [2] et OpenAIRE [3concrétise la vision partagée par ces organisations: un réseau mondial d'archives ouvertes représente l’infrastructure essentielle pour l’accès libre et durable des chercheurs et citoyens aux résultats et données de la recherche. Ce travail sur les métadonnées utilise les guides d’OpenAIRE et les vocabulaires développés par COAR dans le but d'assurer l’interopérabilité entre les archives latino-américaines et européennes. Dans le respect des différences entre des contextes si divers, la COAR soutient un travail concerté au niveau local et national: "(...) Concentrating efforts at the regional and national level will ensure responsiveness to local needs and contexts, and prevents overlaps and cost redundancies. Sharing metadata across regions ensures comprehensive, global data coverage." [4] 

L’accord international signé à Venise le 8 mai 2017 s'inscrit dans cette vision stratégique: l’amélioration de l'interopérabilité technique et sémantique des réseaux d'archives ouvertes en Afrique du Sud, Amérique latine, Australie, Canada, Chine, États-Unis, Europe, Japon et la création de services à valeur ajoutée sont visés. Les moyens pour atteindre ce double objectif sont de nature normative et technologique - l’adoption de protocoles, normes et standards communs, des API ouvertes, le partage de métadonnées, le transfert de technologies. Les groupes de travail crées au sein de la COAR portent sur le contenu, l’interopérabilité, le soutien et la formation. 

A l'occasion du meeting annuel, l'attention a été portée aussi sur les nouvelles fonctionnalités qui devraient être implémentées par la prochaine génération d'archives ouvertes, afin d'en développer toutes les potentialités.  Selon l'analyse de la COAR "(...) repository platforms are still using technologies and protocols designed almost twenty years ago, before the boom of the Web and the dominance of Google, social networking, semantic web and ubiquitous mobile devices. This is, in large part, why repositories have not fully realized their potential and function mainly as passive, siloed recipients of the final versions of their users’  conventionally published research outputs". [5]

Le groupe de travail COAR "Next Generation Repositories" a donc présenté un certain nombre de scénarios où des nouvelles pratiques ont été considérées : l'examen des archives ouvertes par les pairs, les commentaires par des experts sur le contenu des référentiels, l’intégration des fonctionnalités des réseaux sociaux et la prise en compte de meilleurs workflows pour les utilisateurs finaux. Ces scénarios guideront les recommandations technologiques du groupe de travail, qui devraient être publiées à l'été 2017.

* * *
Pour aller plus loin:

Pour une histoire de l'Open Acces cf. http://openaccess.couperin.org/lhistoire-de-lopen-access/ et, afin d'en suivre l'actualité, cf. http://www.scoop.it/t/open-access-recherche-pour-le-developpement

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Sources:

[1] COAR - Confederation of  Open Acces Repositories - Aligning Repository Networks - https://www.coar-repositories.org/activities/advocacy-leadership/aligning-repository-networks-across-regions/ - consulté en ligne le 1 Juin 2017

[2] LA Referencia (Red Federada de Repositorios Institucionales de Publicaciones Científicas) - lancée en 2012, est le réseau des archives institutionnelles nationales de huit pays d’Amérique latine: Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Mexique, Pérou et Venezuela. http://slave.lareferencia.info/joomla/en/ - consulté en ligne le 31 mai 2017

[3]  OpenAIRE (Open Access Infrastructure for Research in Europe) - projet financé par la Commission européenne, est une infrastructure visant à mettre en œuvre le libre accès à l’information scientifique à l’échelle européenne, basée sur un réseau d’archives ouvertes. https://www.openaire.eu/consulté en ligne le 31 mai 2017

[4] COAR - Aligning Repository Networks: International Accord - https://www.coar-repositories.org/files/2017-Aligning-Repository-Networks-Accord-1.pdf  -  publié le 8 mai 2017 et consulté en ligne le 31 mai 2017 

[5] COAR - Confederation of  Open Acces Repositories - Next Generation Repositories Working Group - https://www.coar-repositories.org/activities/advocacy-leadership/working-group-next-generation-repositories/ - publié le 7 février 2017 et consulté en ligne le 31 mai 2017

lundi 22 mai 2017

L'utilisateur au centre et au coeur de la stratégie digitale de la SNCF


La SNCF mise avant tout sur sa transformation digitale qui replace l'humain au cœur de son dispositif.  L'entreprise des transports publics débloque un budget important de 900 millions d'euros sur trois ans de 2017 à 2019. Le Big Data et l'Internet des objets connectés (IoT) sont à l'honneur. L'univers de la SNCF entre progressivement dans l'ère de l'Industrie 4.0.

Tout d'abord, l'entreprise SNCF se réorganise en interne, en axant sa politique sur le numérique. Elle concentre ses efforts sur l'ensemble de ses ressources liées à l'IT et au digital. Elle doit prendre en considération l'ère du DevOps et du développement agile. Le DevOps se caractérise comme un ensemble de tâches qu'effectuent des équipes dans une entreprise chargée à la fois de développer des applications (Dev) mais aussi d'exploiter des systèmes (Ops : opérations).

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De ce constat, la SNCF doit mener différents travaux autour de l'IoT et du Big Data dont les objectifs sont les suivants :
- améliorer la sécurité de son réseau ;
- contribuer à la qualité de son service ;
- générer d'importants gains de productivités.

Jeudi 18 Mai 2017, Guillaume Pépy, président du groupe des transports disait :
"Dans notre entreprise, c'est l'IoT qui devient le principal levier de performance et d'efficacité. La vrai révolution technologique c'est l'IoT."

Ainsi, la SNCF veut parer aux incidents et aux pannes pour une meilleure satisfaction client. C'est pour cela qu'elle souhaite croiser les données pour accélérer la maintenance préventive. Pour atteindre ce but, elle va installer sur son réseau des objets connectés comme les thermomètres connectés pour ralentir les trains quand il y a des fortes chaleurs et passer les feux de signalisation via un système de géolocalisation des rames.

Enfin, la SNCF veut également dématérialiser le Pass Navigo fin 2018, directement sur le smartphone du client. Le Mondeinformatique.fr nous révèle que "La SNCF travaille en effet sur la possibilité de permettre à un usager de stocker tous ses titres de transport sur son terminal mobile et d'en permettre la validation même en cas de téléphone éteint ou de batterie déchargée."

Sources :

FILIPPONE Dominique. La SNCF industrialise ses projets Big Data et IoT. [En ligne]. Le Monde Informatique.fr. Publié le 19/05/2017. [Consulté le 22/05/2017]. <http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-sncf-industrialise-ses-projets-big-data-et-iot-68249.html>

REYNAL Juliette. L'IoT, nouvelle locomotive de la SNCF. [En ligne]. Usine-digitale.fr. Publié le 18/05/2017. [Consulté le 22/05/2017]. <http://www.usine-digitale.fr/article/l-iot-nouvelle-locomotive-de-la-sncf.N542384>

MATHEREL Julia de. SNCF Réseau économisera 100 millions d'euros d'ici 2020 en partie grâce à l'IoT. [En ligne]. Journaldunet.fr. Publié le 18/05/2017. [Consulté le 22/05/2017].<http://www.journaldunet.com/economie/transport/1194614-sncf-reseau-100-millions-iot/>

La Transformation digitale de la SNCF. Digitale.sncf.com. Publié le 20/03/2017. [Consulté le 22/05/2017]. <https://www.digital.sncf.com/actualites/la-transformation-digitale-par-sncf>

DevOps. [En ligne]. LeMagit.fr. [Consulté le 22/05/2017]. <http://www.lemagit.fr/definition/DevOps>


lundi 15 mai 2017

Digital Death Manager ou "le croque-mort digital"

A l'approche de la fin de l'année scolaire et après une année de formation INTD, nous sommes nombreux à nous interroger à propos de notre avenir professionnel. 


Voici un métier plutôt original : Digital Death Manager ou "le croque-mort digital"

Tout comme le reste des biens matériels dont nous disposons, le devenir de nos "biens numériques" et de nos données personnelles devraient se préparer et se planifier en avance. 
Cependant, désigner un légataire qui se chargera de fermer les comptes Google ou Facebook n'est pas encore un réflexe naturel. 

C'est là où l'expertise du Digital Death Manager entre en jeu : son rôle sera de se concerter avec la famille du défunt sur le devenir des données personnelles des individus afin de déterminer quels aspects de l'identité du défunt conserver sur les sites et les médias sociaux... et ils sont nombreux ! Il s'agira pour lui de décider ce que deviendront nos comptes Google, Facebook, Instagram, LinkedIn, voire de penser à clôturer toutes les prestations de services à la demande entièrement numériques de type Netflix, Spotify, entre tant d'autres.

Quand la technologie s'immisce sur les pierres tombales... 

Il est possible d'aller plus loin dans la démarche. En effet, certaines personnes ou leur proches choisissent d'intégrer un code QR sur leur pierre tombale, permettant d'ainsi d'accéder, tout en se recueillant, à un site internet en mémoire du défunt. 

QR code on graveyard
La tombe moderne

L'image peut prêter à sourire mais le sujet est plus sérieux qu'il n'y parait, car la question de ce que nous laissons derrière nous est intemporelle... Transformation numérique ou pas !

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Sources : 

Is Your Digital Life Ready for Your Death? - Tim Herrerajan - 18/01/2017
https://www.nytimes.com/2017/01/18/technology/is-your-digital-life-ready-for-your-death.html


The Death Taboo: What’s Your Digital Legacy? - Tim Snaith - 14/05/2017http://www.huffingtonpost.co.uk/tim-snaith/the-death-taboo-whats-you_1_b_16577270.html

QR Memorials is a new method for honoring the memory of your loved ones 
http://qrmemorials.com/

Photo extraite de l'article : How to stay digital after you die - Zoe Kleinman - 14/05/2016
http://www.bbc.com/news/technology-36226376

Ransomware WannaCrypt : panique dans le monde numérique

Depuis vendredi 12 mai une cyberattaque massive sans précédent, détectée par les autorités américaines et britanniques, et dont on ignore encore l’auteur et son objectif, provoque le chaos dans le monde numérique.
Qu’est-ce que WannaCrypt ?
WannaCrypt est un ransomware. Autrement dit, un virus empêchant l’utilisateur d’accéder à ses données jusqu’au versement d’une rançon en bitcoin, d’environ 300 dollars.

Trois alternatives sont proposées à la victime pour récupérer ses fichiers perdus :
  • restaurer les données depuis une sauvegarde antérieure, pour peu qu’elle existe, et sur un support de stockage hors ligne,
  • payer la rançon, sans aucune garantie que le marché soit honoré par les hackers,
  • réinstaller l’ordinateur et renoncer aux données perdues.
Ce ransomware exploite une faille de sécurité dans le système Windows utilisée par la NSA (Agence Nationale de la Sécurité américaine), divulguée par les Shadowbrokers, et corrigée depuis mars dernier par Microsoft. Malheureusement, ce patch correctif n’ayant pas été installé partout, l’attaque a pu être menée et s’étendre comme une traînée de poudre, s'auto-propageant d’ordinateurs en ordinateurs, et touchant plus de 45 000 entreprises dans près de 80 pays.
Qui est touché ?
Samedi 13 mai, le virus touchait plus de 200 000 ordinateurs dans le monde entier. Il a entraîné des problèmes pour des milliers d’institutions et entreprises, publiques et privées. En Grande-Bretagne, hôpitaux et ministères, ont dû faire face à des dysfonctionnements divers, voire suspendre des soins.
En France, seule l’entreprise Renault serait touchée. L’entreprise a stoppé sa production tout le week-end par précaution. Mais l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) estime probable que d'autres structures soient touchées dans le pays.
Le ransomware a également eu des conséquences en Allemagne, en Russie, aux États-Unis et en Espagne.
La menace est-elle réellement stoppée ?
Un chercheur indépendant en cybersécurité a découvert le mécanisme d’auto-blocage prévu par les pirates, stoppant ainsi la propagation du logiciel malveillant.
Face à l’ampleur de l’attaque, Microsoft a également développé un correctif exceptionnel pour les systèmes Windows concernés (Windows XP, Windows 7 et 8 et Windows Server 2003, qui ne sont plus mis à jour par Microsoft).
Cependant, même si les nouvelles infections sont très rares, il faudra du temps pour trouver un moyen de débloquer les machines et déchiffrer les fichiers infectés.
Surtout, l’on peut craindre une nouvelle vague d’attaques avec la reprise du travail en ce début de semaine. D’abord parce que les dégâts sont considérables. Toutes les machines et réseaux infectés n’ont pas encore été détectés et le virus peut continuer à se propager. Ensuite parce qu’une seconde variante du virus, plus résistante, pourrait être lancée.

Il est donc très important que les entreprises et particuliers mettent en œuvre les mesures nécessaires pour enrayer le problème ; appliquer les correctifs, exécuter Windows Update, mettre à jour les antivirus et scanner les PC, sans oublier de sauvegarder les données...hors ligne.

Pour l’heure, on ne connait pas les auteurs de cette attaque. Visaient-ils un simple “cyberchaos” crapuleux ? Un test de résistance des systèmes informatiques des entreprises et des Etats ? Quoiqu’il en soit, elle pose de graves questions de sécurité, et les services de renseignement du monde entier devront eux aussi évaluer les risques que leur propres armes numériques font peser sur les intérêts nationaux.

Sources :

CHICHEPORTICHE Olivier. WannaCrypt : attaque massive et sans précédent contre des milliers d'entreprises dans le monde [en ligne]. ZDNet.fr. 13 mai 2017 [consulté le 15/05/2017] <http://www.zdnet.fr/actualites/wannacrypt-attaque-massive-et-sans-precedent-contre-des-milliers-d-entreprises-dans-le-monde-39852426.htm>

KWIATKOWSKI Ivan. Qu'est-ce que WannaCrypt, le virus qui a fait fermer une usine Renault ? [en ligne]. Mediapart.fr. 13 mai 2017 [consulté le 15/05/2017] <https://blogs.mediapart.fr/ivan-kwiatkowski/blog/130517/quest-ce-que-wannacrypt-le-virus-qui-fait-fermer-une-usine-renault>


RANGER Steve. Ransomware WannaCrypt : la seconde vague arrive, alors soyez prêts [en ligne]. ZDNet.fr. 15 mai 2017 [consulté le 15/05/2017] <http://www.zdnet.fr/actualites/wannacry-la-seconde-vague-arrive-alors-soyez-prets-maj-39852440.htm>

mercredi 10 mai 2017

Bientôt un Observatoire européen des Blockchains...

La Commission européenne souhaite créer prochainement un Observatoire des Blockchains, pour développer une expertise, suivre les évolutions des FinTechs et les Technologies de Registres Distribués (DLT), mettre en place une plateforme pour la « communauté blockchain » et se positionner en tant qu’institution européenne pour trouver son rôle face à ces technologies.
Voici l’occasion de définir certaines notions.
FinTech
L’expression FinTech combine les termes « finance » et « technologie » : elle désigne une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires.
Lors de la crise économique de 2008, de nombreux banquiers et traders ont souhaité réinventer le modèle de la finance à l’appui des innovations technologiques.
Les types de services :
- Les activités de “crowdfunding”, financement participatif, qui permettent à des particuliers de financiers des projets d’entreprise ou personnel via une plateforme. Cela peut prendre la forme de don ou de prêt.
-Des applications mobiles et des plateformes qui permettent de gérer ses activités bancaires, suivi, investissement, trading.
-Les monnaies virtuelles, dont la plus connue est le système de Bitcoins mais des systèmes d’échange monétaire existent également sur des réseaux sociaux ou des jeux en ligne.
-Le paiement électronique sur le web via son smartphone et sur Internet, sans faire appel directement à sa banque et permet des paiements sécurisés. Mais ce ne sont que des exemples et d’autres FinTech voient le jour dans divers domaines.
Blockchain
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle (définition de Blockchain France).
Elle constitue une base de données de l’historique de l’ensemble des échanges effectués entre ses utilisateurs. Cette base de données sécurisée est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet des vérifications si besoin et certifie la validité de la chaîne.
La blockchain a vu le jour en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, développée par une personne se présentant sous le pseudonyme Satoshi Nakamotoété. Actuellement l’utilisation de la technologie blockchain est envisagée pour de nombreux autres cas que la monnaie numérique.
Les trois catégories de la blockchain :
-Les applications pour le transfert d’actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…)
-Les applications de la blockchain en tant que registre, pour une bonne traçabilité.
-Les smart contracts programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat.
En Angleterre, le Chief Scientific Advisor Sir Mark Walport vient de publier un rapport invitant à s’intéresser aux nombreuses potentialités offertes par la technologie « des registres distribués ».
Pour le développement et la commercialisation de nouvelles offres de services, mais aussi sous l’angle de l’Open Data pour les entreprises et les services publics.
Ce rapport fait état de la transparence, la sécurité, de l’amélioration des services proposés aux citoyens qui pourraient être davantage personnalisés et efficaces, et même la réduction des coûts.
Suite à ce rapport, certaines réserves et recommandations ont suivi, émanant notamment de l’Open Data Institute qui s’inquiète d’une réelle plus-value dans les secteurs publics.

De nombreux champs de réflexion semblent s’ouvrir pour l’observatoire européen des blockchains.

Bitcoin.fr, "Observatoire européen des blockchains", [publication en ligne], 29 avril 2017 [consulté le 10 mai 2017] https://bitcoin.fr/observatoire-europeen-des-blockchains/ Bolden.fr, Plateforme de Prêt alternatif permettant aux Particuliers de Financer l'Économie réelle en prêtant directement aux Entreprises & PME, "les fintech définition évolutions ambitions", [publication en ligne], [consulté le 10 mai 2017] http://blog.bolden.fr/les-fintech-definition-evolutions-ambitions/Blockchainfrance.fr, "Qu’est-ce que la blockchain ?", [publication en ligne], [consulté le 10 mai 2017] https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/ Diplomatie.gouv.fr, "Blockchain et la technologie « des registres distribués » : le prochain chantier numérique du Royaume-Uni ?", [publication en ligne], 2 février 2016 [consulté le 10 mai 2017] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/royaume-uni/article/blockchain-et-la-technologie-des-registres-distribues-le-prochain-chantier