vendredi 10 février 2017

Calendrier 2017-2018 pour candidater au diplôme : « Chef de projet en ingénierie documentaire et gestion des connaissances » (Niveau 1, Bac +5)


La Formation éligible au CPF (Compte Personnel de Formation)

Réunions d'information

►  21 février 2017 de 18h30 à 20h
Amphi Z - Robert Faure - accès 1 - sous-sol 
292 rue Saint-Martin - Paris 3ème
plan d'accès


► 
 15 mars 2017 de 18h30 à 20h
Amphi Z - Robert Faure - accès 1 - sous-sol
292 rue Saint-Martin - Paris 3ème
plan d'accès


►  27 avril 2017 de 18h à 20h
Salle 33.4.14 - accès 33, 4ème étage, salle 14
2 rue Conté - Paris 3ème


Inscriptions à la sélection 
►  jusqu'au 29 mai 2017 inclus
, cachet de la poste faisant foi. 
 
Entretien de motivation 
►  le 22 juin 2017

En savoir plus sur la formation, la validation de ses acquis
 

lundi 6 février 2017

Le décret Trump met-il à mal la protection de nos données ?


Dans le cadre du décret anti-immigration signé le 27 janvier dernier, Donald Trump exige que « Les agences gouvernementales devront, dans la mesure où ceci est compatible avec la loi en vigueur, s'assurer que leur politique de vie privée exclut les non-citoyens américains et les non-résidents permanents des protections offertes par le Privacy Act au regard des informations personnelles. »

Un accord complémentaire au « privacy shield », l’ ”Umbrella Agreement”, vient d’entrer en vigueur mercredi dernier. Cet accord visant à protéger, dans le cadre de la lutte anti-terroriste, les données échangées entre l'UE et les Etats-Unis allait dans le sens de la coopération fructueuse qui a pu s'installer sous le gouvernement Obama entre les deux rives de l'Atlantique. Les Institutions européennes sous l'effet de ce nouveau décret sont aujourd'hui plongées dans le doute et l’incertitude quant au sort de nos données outre-atlantique (1).
Un anti “Privacy Shield”?

Selon plusieurs avis de spécialistes recueillis dans le presse, le décret n’est pas en mesure de contrecarrer l’accord transatlantique. Pour Winston Maxwell (1), avocat chez Hogan Lovells “ “L'US Privacy Act” et le "privacy shield" se situent sur des plans différents. Le premier concerne le droit d'accès des individus aux fichiers détenus par l'administration américaine, le second permet aux Européens de se plaindre du traitement de leurs données par des entreprises privées”. Mais surtout, comme le rappelle deux contributeurs du site Lawfare (2), ou Joe McNamee, directeur exécutif de l’association European Digital Rights (3), un décret au sens strict n’est pas en mesure de supplanter une loi et donc de détruire le Privacy Shield.

Doutes et questionnements à la Commission européenne

Si le Privacy Shield n’est pas directement touché par ce décret, les institutions qui veillent à la protection de nos données restent vigilantes. La Commission européenne déclare qu’elle va « continuer de superviser la mise en place de ces deux accords », et la commissaire à la justice Vera Jourovà se rendra au début du printemps aux Etats-Unis pour faire le point (1).
La présidente de la Cnil et du G29, Isabelle Falque-Pierrotin exprime elle-même sa méfiance et estime que « les déclarations de Donald Trump donnent un éclairage sur les intentions du gouvernement américain, qui ne vont pas exactement dans le sens d’un renforcement de la protection des données personnelles des non-Américains » (3). La question sera abordée lors de la prochaine séance plénière du G29, les 7 et 8 février à Bruxelles (1).
De leur côté, les gendarmes européens doivent évaluer, avant l’été, la conformité aux exigences européennes du Privacy Shield, alors que des recours contre celui-ci ont été lancés par trois associations françaises : la Quadrature du Net, French Data Network et la Fédération FDN (4).



(1) “Protection des données : Trump sème le trouble en Europe” Par Derek Perrotte et Nicolas Rauline in Les Echos du 2 févier 2017

(2) Article "The “Interior Security” Executive Order, the Privacy Act, and Privacy Shield", du 27 janvier 2017, sur le site Lawfare, par Adam KleinCarrie Cordero

(3) Article “Donald Trump : et maintenant, les données personnelles”, du 1er février 2017 in Liberation, par Amaelle Guiton http://www.liberation.fr/planete/2017/02/01/donald-trump-et-maintenant-les-donnees-personnelles_1545671

(4) Article "Le Privacy Shield attaqué en Europe par la Quadrature, FDN et FFDN" du 31 janvier 2017 sur le site Nexinpact, https://www.nextinpact.com/news/101950-le-privacy-shield-attaque-en-europe-par-quadrature-fdn-et-ffdn.htm

Décodex : nouvel outil de vérification de l'information

Lancé début février, Décodex est un moteur de recherche créé par le journal Le Monde afin de vérifier la fiabilité des informations sur le web. 

Depuis 2009, Les Décodeurs forment un service spécifique du journal Le Monde. Au gré de l'actualité, les Décodeurs reviennent sur des informations qui leur semblent nécessiter des éclairages. En bref : ils repèrent les informations qui peuvent poser problème aux lecteurs et la mettent en perspective. Une grande partie de leur travail est donc de trier et de sélectionner l'information. Avec le flux d'informations, vraie et fausse, qui circule aujourd'hui, ils ont décidé d'aider les lecteurs de manière automatique et rapide. Le 2 février, ils ont lancé le Décodex pour aider les lecteurs à vérifier les informations et à les remettre dans leur contexte. 

Le principe et la pratique sont simples. En entrant un site d'information dans la barre de recherche, le Décodex donne une brève explication sur la fiabilité du site et également sa nature (militante, parodique...). Ainsi, le lecteur sait si le site qu'il consulte a un parti pris et s'il est susceptible de diffuser de fausses informations. 


Au départ, la démarche se voulait surtout orientée vers les sites parodiques, mais très vite, les décodeurs ont remarqué que des sites aux noms de domaine identiques pouvaient être des sources d'informations fiables ou fausses et/ou militantes. Ainsi, ils ont décidé d'étendre au maximum leur périmètre d'action, jusqu'à 600 sites actuellement. Au travers de 5 couleurs ils qualifient la fiabilité du site visité : rouge lorsqu'elle est nulle, orange s'il est moyenne et vert lorsqu'elle est jugée fiable. Le bleu sert à désigner les sites parodiques, tandis que le gris indique un mélange d'informations de sources fiables et de sources peu fiables.

L'outil n'est pour l'instant qu'une étape, une aide pour l'internaute en recherche d'information. Les Décodeurs, convaincus de la nécessité d'un tel outil dans le contexte actuel, cherchent déjà à le perfectionner et à l'enrichir notamment grâce aux internautes. Ceux-ci peuvent proposer d'indexer des nouveaux sites web ou de faire remonter la fiabilité des informations diffusées. En outre, l'outil propose une extension Firefox et Chrome qui alerte le lecteur sur la fiabilité du site, ainsi que de la possibilité de vérifier en direct l'information via la messagerie instantanée des Décodeurs. 



Sources :

 Le Décodex, un outil de vérification de l'information, Le Monde [en ligne], 23 janvier 2017 [consulté le 6 février 2017]  <http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/23/le-decodex-un-premier-premier-pas-vers-la-verification-de-masse-de-l-information_5067709_4355770.html>

Contre les "fake news", Le Monde dégaine "Décodex", L'Express [en ligne], 01 février 2017 [consulté le 06/02/2017] <http://www.lexpress.fr/actualite/medias/contre-les-fake-news-le-monde-degaine-decodex_1875079.html>

Patrick Cahez, Décodex du Monde, Médiapart [en ligne], 06 février 2017 [consulté le 06/02/2017] <https://blogs.mediapart.fr/patrick-cahez/blog/020217/decodex-du-monde>

lundi 30 janvier 2017

L'art du "Storytelling" analysé sous toutes ses coutures par un outil d'analyse performant : le Tropes.

D'après le site les Echos.fr, l'écrivain et chercheur Christian Salmon, pointe l'art du "Storytelling"en nous disant que c'est : "Une machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits." Pourtant l'art du "Storytelling" n'est pas né d'hier. C'est un art qui consiste à raconter des histoires, à véhiculer des messages afin d'attirer l'attention et de créer de l'affectif. Nombre d'hommes politiques ont eu recours à ce moyen. C'est sur ce point que les réseaux sociaux vont être interpellés. Par quel moyen numérique l'art du "Storytelling" va t'il être analysé ? Comment cela se traduit-il ?

Le projet "Ideo2017", financé par la fondation UCP, lance un outil d'analyse qui permet d'étudier les nombreux tweets politiques lors des campagnes politiques. Ce dernier permettrait ainsi de traiter l'ensemble des messages produits par l'actualité politique. Il s'appuie sur les nombreuses fonctionnalités du logiciel, le "Tropes" : logiciel d'analyse sémantique des textes. Ce dernier effectue une fouille de texte approfondie sous Microsoft Windows. Il est depuis longtemps sur le marché, depuis 1994, évoluant sans arrêt. Il est même gratuit avec une licence spécialisée dérivée d'Apache. Il se décline sous trois solutions distinctes comme "Zoom", "Tropes index" et "Tropes" et il est normalement dédié à un public d'expert. Mais il s'ouvre de plus en plus au monde s'adaptant à tout public. Il offre notamment de nombreuses fonctions comme :
- le diagnostic de style de texte,
- la catégorisation des mots-outils,
- l'extraction terminologique
- l'aide aux résumés
- et bien d'autres ....

Il balaie de nombreux domaines comme :
- la Psychologie clinique, sociale et cognitive,
- la Science de l’Éducation,
- la Science de l'Information,
- l'Intelligence économique,
- la Science Politique,
- le Marketing et
- la Linguistique.


De ce fait, le logiciel "Tropes" est un bon moyen pour analyser les discours politiques et notamment ceux d'Emmanuel Macron. Ces derniers ont retenu l'attention et ils vont être décortiqués sous tous les angles au travers de plus de 500 tweets étudiés.

Sources :

Tropes (Logiciel). [En ligne]. Wikipédia. 2 janvier 2017. [Consulté le 30/01/2017].

Le discours d'Emmanuel Macron, construction d'un storytelling. [En ligne]. CET. 26 janvier 2017. [Consulté le 30/01/2017]. (Publication originale)

La 11ème journée de la protection des données a été célébrée le 28 janvier 2017. Focus sur la Convention n° 108 du Conseil de l’Europe, qui en est à l’origine

En 2006, le Conseil de l’Europe a lancé la journée de la protection des données, célébrée chaque année le 28 janvier. Le choix est symbolique car le 28 janvier est la date à laquelle en 1981 la "Convention pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel" (No. 108) a été ouverte à la signature des Etats.

Cette Convention, élaborée au sein du Conseil de l'Europe par un comité d'experts gouvernementaux sous l'autorité du Comité européen de coopération juridique (CDCJ), est devenue depuis son adoption en 1985 une référence dans le monde entier et la journée de la protection des données est aujourd'hui célébrée à une vaste échelle. A cette date des campagnes d'information sur les droits à la protection des données à caractère personnel et au respect de la vie privée sont organisées un peu partout dans le monde. En France, la CNIL a rappelé cette année l’importance des mots de passe pour les comptes en ligne et proposé un kit d’outils pour mieux les concevoir et les gérer [1]. Du côté des Institutions, nous signalons l'adoption par le Comité de la Convention du Conseil de l'Europe des "Lignes directrices sur les Big Data" [2], adressées aux responsables politiques et aux organisations traitant des données personnelles.

Le respect de la vie privée et la protection des données personnelles : des droits fondamentaux distincts

La protection des données personnelles naît, en tant que droit distinct, avec la Convention 108 [3]. Ce texte a pour objectif de garantir “[...] sur le territoire de chaque Partie, à toute personne physique, quelles que soient sa nationalité ou sa résidence, le respect de ses droits et de ses libertés fondamentales, et notamment de son droit à la vie privée, à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel la concernant […]". Comme c'est très bien expliqué dans le site de l’EPDS "[…] Le droit à la protection des données à caractère personnel englobe la protection de la vie privée, mais il s'étend au-delà. La protection des données vise à garantir le respect des droits et des libertés fondamentales, et en particulier le droit de la personne concernée au respect de sa vie privée." [4]

Importance et actualité de la Convention 108

La Convention est le premier - et le seul - traité international contraignant qui protège les personnes contre l'usage abusif du traitement automatisé des données à caractère personnel. La Convention a été ratifiée par 47 Etats. On rappelle que ce traité définit un certain nombre de principes qu’il appartient aux États de transposer dans leur droit interne, pour faire en sorte que les données soient traitées à une fin donnée et par des procédures déterminées par la loi. En l'absence de garanties offertes par le droit interne, la Convention interdit aussi le traitement des données sensibles relatives à l'origine raciale, aux opinions politiques, à la santé, à la religion, à la vie sexuelle, aux condamnations pénales, etc... Ce Traité garantit également le droit des personnes concernées de connaître les informations stockées à leur sujet et d'exiger, le cas échéant, des rectifications. La seule restriction à ce droit se produit lorsque les intérêts majeurs de l'Etat - sécurité publique, défense etc - sont en jeu. La Convention impose également des restrictions aux flux transfrontaliers de données dans les Etats où n'existe aucune protection équivalente.

Modernisation de la Convention 108

Le processus de modernisation de la Convention 108 est en cours [5], afin qu'elle puisse répondre aux nouveaux défis des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Ce processus assure la compatibilité avec le cadre juridique de l’Union européenne et réaffirme le potentiel de la Convention à servir de norme universelle. Comme dit Marie Anne Guibbert “Le Conseil de l’Europe a servi de modèle dans la protection des données à l’échelle internationale et la modernisation de sa Convention 108 est nécessaire si l’Europe veut continuer à jouer un rôle essentiel dans ce domaine.” [6]

*  *  * 

Pour se faire une idée d’ensemble sur la législation en vigueur sur la protection des données au sein de l’Union Européenne, consulter le site de l’EDPS - European Data Protection Supervisor à la page 
https://secure.edps.europa.eu/EDPSWEB/edps/cache/offonce/EDPS/Dataprotection

Sources:

[1] CNIL. "Journée de la protection des données: les mots de passe n’auront plus de secret pour vous!" Paris, 27/01/2017 [en ligne]. Consulté  le 30 janvier 2017.
https://www.cnil.fr/fr/journee-de-la-protection-des-donnees-les-mots-de-passe-nauront-plus-de-secret-pour-vous

[2] Conseil de l'Europe. "Lignes directrices sur la protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel à l’ère des mégadonnées". Strasbourg, 23/01/2017 [en ligne]. Consulté  le 30 janvier 2017.
https://rm.coe.int/CoERMPublicCommonSearchServices/DisplayDCTMContent?documentId=09000016806ebf23

[3] Conseil de l'Europe. "Convention pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel"Strasbourg, 28/01/1981 [en ligne]. Consulté  le 30 janvier 2017

[4] European Data Protection Supervisor. "Data Protection Legislation (background)". Brussels [en ligne]. Consulté  le 30 janvier 2017.  

[5] Conseil de l'Europe. "Modernisation de la Convention 108 (CAHDATA)" Strasbourg [en ligne]. Consulté  le 30 janvier 2017. http://www.coe.int/fr/web/data-protection/modernisation-convention108

[6] GUIBBERT, Marie Anne "La Commission LIBE en faveur de la modernisation de la Convention 108 pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel". Brussels, 25/11/2014. [en ligne]. Consulté le 30 janvier 2017 http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3345&nea=174&lang=fra&lst=0

jeudi 26 janvier 2017

Quel cadre éthique pour les algorithmes ? La CNIL ouvre le débat

Internet, santé, scolarité… à l’heure de l’intelligence artificielle et de la multiplication des données, les algorithmes s'immiscent dans notre quotidien et posent question.
La CNIL lance un premier cycle de débats publics autour de ce thème, en présence de personnalités du numérique.

Missionnée par la loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 pour conduire une réflexion sur les enjeux éthiques et les questions de société soulevées par l'évolution des technologies numériques, la CNIL a donné le coup d’envoi ce lundi 23 janvier 2017 avec deux tables rondes sur les algorithmes : "Des algorithmes et des hommes" et "Loyauté, transparence, pluralité".
Retransmises en direct sur Youtube et  commentées sur Twitter (#algoethique), elles ont réuni plusieurs chercheurs pour débattre de ces enjeux dans les locaux de la Commission.

Entre fantasmes et méfiance

Un sondage ifop, mené pour la CNIL en janvier 2017 auprès de 1 001 personnes, révèle que les français ont une perception confuse des algorithmes.

Si 83 % des sondés disent avoir entendu parler des algorithmes, et 72% en font un enjeu de société, ils sont 52 % à admettre ne pas savoir précisément de quoi il s’agit.
Selon Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL, “les algorithmes sont la proie de tous les fantasmes. D’un côté, il y a la fascination technologique pour ces objets. D’un autre côté, il y a aussi une peur irraisonnée, où l'on se dit : "Les algorithmes vont me prendre mon job, me condamner à mort si je suis un malade en fin de vie ou me conduire en prison directement parce qu'il n'y aura plus de juges”. Le débat a donc pour objectif “de cerner les questions éthiques réelles”.

Pour le moment très peu contrôlés, les algorithmes provoquent de nombreuses réactions diverses et passionnées. Partant de ce constat, la Cnil, qui voit comme «une nécessité» de faire des algorithmes l'objet d'un vaste débat public pour faire progresser la connaissance et la réflexion par la société civile, a dressé une liste non exhaustive des nombreuses questions qu’ils suscitent :

  • S’agit-il d’une nouvelle révolution industrielle, ou d’un simple moyen d’améliorer la productivité ?
  • Les algorithmes sont-ils les nouveaux décideurs ?
  • Ont-ils pour effet de nous enfermer dans une bulle informationnelle, mettant en danger ouverture culturelle et pluralisme démocratique ?
  • Sont-ils au contraire un moyen d’accéder à des idées, contenus, données ou personnes inaccessibles ou invisibles jusqu’alors ?
  • Quelle transparence à l’ère des algorithmes : comment concilier transparence et propriété intellectuelle ?
  • Faut-il repenser, face aux progrès de l’intelligence artificielle, la responsabilité des acteurs publics et privés ?
  • Comment construire le libre-arbitre dans un monde « algorithmé » ?

C’est notamment à ces interrogations que les tables rondes ont tenté d’apporter les premiers éléments de réponse.

Informer pour démystifier

Les formules mathématiques sophistiquées que sont les algorithmes ne sont pas toujours évidentes à appréhender. Isabelle Falque-Pierrotin explique que “Les catégories les plus éduquées de la population française les comprennent bien, mais [que] moins on est éduqué, moins il est facile de comprendre le rôle de ces algorithmes”. Afin de “remettre tout le monde à égalité de compréhension et de choix”, la CNIL incite les institutions publiques, la société civile et les entreprises à prendre part aux débats.
D’autres manifestations “multiformes” suivront, dont la CNIL assurera la coordination et la cohérence. De nombreuses organisations se sont d'ores et déjà associées à la démarche, afin que des discussions soient menés dans tous les domaines de la vie publique. Parmi ceux ayant annoncé leur participation, figurent les ministères de l'Education nationale et de la Culture, de grandes écoles (Sciences Po Paris et Sciences Po Lille), une quinzaine d'associations et plusieurs centres de recherche.

Une synthèse de l’ensemble des échanges et des contributions sera publiée à l'automne 2017, sous la forme d’une cartographie de l’état du débat public et d’un panorama des défis et des enjeux.


Participants aux tables rondes :

Table-ronde n°1 : des algorithmes et des hommes

- Paul Duan (Bob emploi)
- Roger-François Gauthier (Professeur de politique éducative comparée à l’Université Paris V)
- Jean-Philippe Desbiolles (VP, IBM France)
- Rand Hindi (Snips)
- Antoine Garapon (IHESJ)

Table-ronde n°2 : loyauté, transparence, pluralité

- Dominique Cardon (Sciences Po, Médialab)
- Cédric Villani (Institut Henri Poincaré)
- Antoinette Rouvroy (Université de Namur)
- Bruno Patino (Arte)


Sources

Ethique et numérique : les algorithmes en débat. Communiqué de la CNIL [en ligne]. CNIL. 23 janvier 2017 [consulté le 25/01/2017]

JOST Clémence. Suivez en direct le grand débat public organisé par la Cnil sur les algorithmes ! [en ligne]. Archimag. 23 janvier 2017 [consulté le 26/01/2017]

“Les algorithmes sont partout, ils font partie de nos vie, mais ce sont des boîtes noires" pour la Cnil. Interview d’Isabelle Falque-Pierrotin. franceinfo. 23 janvier 2017 [consulté le 25/01/2017] <http://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/les-algorithmes-sont-partout-ils-font-partie-de-nos-vie-mais-ce-sont-des-boites-noires-pour-la-cnil_2032315.html>

CASSINI Sandrine. La CNIL lance un vaste débat public sur les algorithmes [en ligne]. Le Monde. 23 janvier 2017 [consulté le 26/01/2017]

Lire aussi

CANIVET Marie. La difficile adoption de l'IA [en ligne]. UniVersDoc. 05 décembre 2016 [consulté le 26/01/2017]

CALVEZ Mathilde. Intelligence artificielle : vers une vision positive [en ligne]. UniVersDoc. 05 décembre 2016 [consulté le 26/01/2017]

Quand identité numérique va de pair avec identité civile...

Depuis 2009, toute personne issue d'un pays où l'obtention d'un visa n'est pas requis pour entrer sur le territoire américain a l'obligation de fournir un formulaire ESTA (Electronic System for Travel Authorization). Ce formulaire ESTA a récemment connu une modification : en effet, depuis le 20 décembre 2016, les contrôles à la frontière aux Etats-Unis demandent au voyageur d'indiquer s'il est utilisateur d'un réseau social et si oui, de fournir son nom d'utilisateur. 


Pour ce faire, les voyageurs choisissent, parmi une (longue) liste déroulante, le média social qu'ils acceptent de communiquer et le nom d'utilisateur associé.


Capture d'écran du formulaire ESTA en ligne

La démarche n'est pas obligatoire et seule la partie "publique" de son profil sera visible.

Et si l'on se posait les autres questions ? 


Cette nouveauté a bien entendu soulevé les questions - malheureusement courantes - concernant le respect de la vie privée, la conservation et l'utilisation ultérieure des données à caractère privées, et la potentielle menace à la liberté d'expression. 

Ces questionnements sont tout à fait légitimes et justifiés. 

Pourtant, quand un recruteur cherche à obtenir des informations de nature privée sur un candidat en tapant dans un moteur de recherche son nom, et qu'il accède à des éléments de sa "vie numérique", peu de gens s'en émeuvent...

C'est pourquoi, au-delà des inquiétudes premières que cela soulève naturellement, ne devrions-nous pas également nous interroger sur la définition du mot "identité" ? Doit-on considérer que la frontière entre "identité civile" et "identité numérique" n'est plus d'actualité, lorsque les éléments privés sur une personne sont aussi facilement disponibles ?

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Source : 

> Article Le Figaro, par Alicia Paulet - "Facebook, Twitter... La douane américaine invite les touristes à déclarer leurs comptes" publié le 27/12/2016 [en ligne, consulté le 26/01/2017]


> Article Libération, par Erwan Cario - "Etats-Unis : la douane veut connaître les réseaux sociaux des arrivants" publié le 27/12/2016 [en ligne, consulté le 26/01/2017]
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