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vendredi 20 novembre 2020

Numérique Responsable : lancement de la plateforme Planet Tech'Care

Sous l'impulsion du Conseil National du Numérique (CNN), l'organisation professionnelle Syntec Numérique avec dix autres partenaires, ont lancé la plateforme Planet Tech'Care pour accompagner les entreprises et les acteurs de la profession souhaitant conduire une transition numérique responsable. Quelle est la motivation qui pousse les acteurs du secteur à se fédérer autour d'un manifeste et quel est le contexte dans lequel émerge cette plateforme ?

Le lancement de la plateforme Planet Tech'Care annoncé lors du colloque "Numérique et environnement" s'est déroulé le 8 octobre 2020 à Paris Bercy. Le colloque a été organisé conjointement par le Ministère de la Transition écologique, le Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance et le Secrétariat d’État en charge de la Transition numérique et des Communications électroniques. Cet événement a été l'occasion de rappeler les problématiques rattachées à la transformation accélérée du numérique que maintes entreprises et particuliers prennent en main dans le contexte social et professionnel dû à la crise sanitaire de la Covid-19.

Lors de l'édition de 2018 du même colloque se ressentait cette volonté d'allier la transformation numérique et la transition écologique des entreprises et des acteurs du secteur en France. Cette veine de conciliation vers un usage du numérique responsable a été mis en avant dans l'édition de 2020, pour diminuer l'impact négatif que peut avoir la transition numérique sur l'environnement car, comme l'évoque Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project : « Le numérique tel qu’il est aujourd’hui n’est absolument pas durable » [1].

Pour expliquer cette prise de conscience, il faut citer le rapport publié en 2019 par GreenIT.fr [2] qui a présenté le taux d'émission de gaz à effet de serre pour le secteur numérique qui s'élève à 3%. Comme élément de comparaison nous pouvons rappeler que ce pourcentage se rapproche de celui produit par le secteur de l'aéronautique. L'étude de GreenIT.fr a mis l'accent sur l'aspect polluant du numérique et a indiqué des efforts à mener de la part des producteurs et des consommateurs. Ce qui a été remis en cause dans cette étude mondiale est l'obsolescence programmée des objets comme les tablettes, smartphones, ordinateurs, chargeurs etc. et les combustibles utilisés pour leur fabrication. Des techniques plus vertes ont été proposées pour répondre aux besoins des professionnels du numérique, comme des data-center écologiques et un usage plus globalisé des services cloud. Ce changement dans la production des équipements numériques trouve un appui dans la politique du gouvernement français qui veut soutenir financièrement les filières de la réparation, de la seconde main et du réemploi du numérique, en engageant un montant de 21 millions d'euros au sein du Plan de relance [3].

Dans ce contexte émergeant de transformation des usages du numérique de la part des particuliers et des professionnels, la plateforme Planet Tech'Care vise à accompagner les entreprises et les professionnels de la formation du secteur à mesurer et réduire leur empreinte dans l'environnement. Un manifeste [4] explicite les actions visées par le acteurs qui s'y engagent, lesquels bénéficient d'un accès à un réseau de professionnels, fournisseurs de services et de solutions spécialisés dans l’accompagnement RSE des entreprises.

Veronique Torner, administratrice de Syntec Numérique et cofondatrice et coprésidente chez Alter Way, met l'accent sur l'impact que la crise de la Covid-19 a eu dans les liens sociaux dans un contexte de confinement et de distanciation tout comme pour le suivi professionnel des entreprises et les facilités que les instruments collaboratifs numériques permettent dans ce sens. Les 100 entreprises de petite et grande taille qui ont rejoint cette plateforme de septembre à octobre et se sont fédérées autour de la problématique du numérique responsable. Les acteurs de la plateforme s'intéressent à développer des correspondants dans chaque pays européen, pour permettre une profusion plus large de l'initiative. Veronique Torner s'exprime ainsi : « Si nous arrivons à avoir des " Planet Tech’Care " dans tous les pays d’Europe, il sera beaucoup plus facile de fédérer les " communs numériques " (open source, base de données… ndlr) qui permettront d’agir à grand échelle »[5].

L'initiative de Syntec numérique démontre une volonté de mobiliser les acteurs du secteur généralisé car un usage responsable du numérique peut favoriser une transition écologique. Au delà de fédérer les acteurs du secteur, les contributeurs de Planet Tech'Care envisagent un discours normatif fondé sur des données certifiées : un bilan des actions de la plateforme est donc prévu pour la rentrée 2021[6], pour comprendre quelles actions ont un réel impact dans la transition écologique.

 

Sources

[1] Marcellin, Dorian. Numérique et environnement : les deux transitions majeures sont-elles conciliables? En ligne sur alliancy.fr. Publié le 9 octobre 2020 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.alliancy.fr/numerique-environnement-transitions-majeures

[2] Bordage, Frédéric. Empreinte environnementale du numérique mondial. Rapport de GreenIT.fr, publié en 2019 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.greenit.fr/wp-content/uploads/2019/10/2019-10-GREENIT-etude_EENM-rapport-accessible.VF_.pdf>

[3] Duval, Loïc. Planet Tech'Care. Le numérique se soucie enfin de ses impacts environnementaux. En ligne sur informatiquenews.com. Publié le 8 octobre 2020 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.informatiquenews.fr/planet-techcare-le-numerique-se-soucie-enfin-de-ses-impacts-environnementaux-73735>


[4] Manifeste de Planet Tech'Care par Syntec Numérique. Publié le 8 octobre 2020 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.planet-techcare.green/manifeste/>

[5] Marcellin, Dorian. Véronique Torner (Syntec Numérique) : « On voit naître un élan collaboratif, qui dépasse les seules fonctions RSE ». En ligne sur le site alliancy.fr. Publié le 13 octobre 2020 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.alliancy.fr/veronique-torner-syntec-numerique-planet-tech-care>

[6] Arène, Véronique. Planet Tech'Care : Une plateforme sur les enjeux environnementaux du numérique. En ligne sur lemondeinformatique.fr. Publié le 9 octobre 2020 : [consulté le 14 novembre 2020] <https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-planet-tech-care-une-plateforme-sur-les-enjeux-environnementaux-du-numerique-80652.html>

jeudi 28 novembre 2019

La dématérialisation est elle écologique ?

Dans l’ère de la dématérialisation, cette dernière est souvent perçue comme étant plus écologique avec un impact plus faible sur l’environnement.  Dû à la diminution des impressions, envois par courrier postal … accompagnée d’une simplification des processus qui engendre des gains de temps et financiers. Cependant, a-t-on conscience des répercussions de notre consommation numérique ?
Quelques chiffres 

Près de 4% des effets de serre dans le monde sont produits par le numérique c’est-à-dire plus que le transport aérien civil. Si aucune prescription n’est mise en place, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2025. [1][2]
Une simple recherche sur Google équivaut à 7g de CO2, un mail stocké équivaut à 10g de CO2 par an c’est autant que l’émission de CO2 d’un sac plastique … [3]
Chaque jour, c’est 10 milliards de mails envoyés dans le monde sachant qu’un mail consomme autant qu’une ampoule allumée pendant une heure, il parcourt plus de 15 000 kilomètres pour arriver à destination. [2]


Les avantages de la dématérialisation 

- Etre un pilier d'une société plus durable,
- Faciliter le quotidien des citoyens en simplifiant les procédures administratives et celui des entreprises en fluidisant les processus,
- Apporter de nouveaux modes de travail à distance et une réduction des déplacements, 
- Remplacer les quantités imposantes de papier consommées dans le monde. [1]


Les principales raisons de cet impact environnemental 

- Les data centers : les centres de stockage de données ne cessent d'accroître leur volume d'informations collectées (big data) et de ce fait leur consommation en énergie pour les stocker et les traiter augmente également,

- Les fabricants de matériaux : pour fabriquer un ordinateur par exemple, il faut compter 16 fois son poids en matériaux. Le ration est parfois beaucoup plus important sur certains composants, ce qui entraîne une augmentation de l'épuisement des ressources, de la pollution de la terre, de l'air et des eaux,

- Les logiciels : via la consommation nécessaire pour les faire fonctionner. [3]


Les démarches prises au sein des entreprises 

- Mettre en avant la responsabilité sociétale et le souci de préserver l'environnement,
- Mettre en place des solutions plus respectueuses de l'environnement en alimentant les data centers par des énergies renouvelables par exemple,
- Augmenter la durée de vie des produits informatiques. [2]

Quelques conseils

- Limiter la consommation d'énergie (éteindre les appareils, désactiver les fonctions : wifi, GPS, utiliser une multiprise avec un interrupteur ...),
- Optimiser les impressions,
- Penser au recyclage (ordinateur, smartphone ...). [2]

Sources :

[1] Archimag. L'écologie numérique : infographie, chiffre clés et conseils pour une dématérialisation plus verte
Disponible en ligne. Consulté le 27/11/2019.
https://www.eco-sapiens.com/dossier-189-Le-cout-ecologique-de-la-dematerialisation.html

[2] ADEME 2019. Réduire les impacts du numérique sur l'environnement. Disponible en ligne. Consulté le 03/12/2019.
https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf

[3] Eco-sapiens. Le coût écologique de la dématérialisation.
Disponible en ligne. Consulté le 03/12/2019.
https://www.eco-sapiens.com/dossier-189-Le-cout-ecologique-de-la-dematerialisation.html

samedi 16 novembre 2019

Infotech et élections municipales : un non sujet ?

Ces deux dernières années (1), l'opinion publique internationale a été alertée des dangers pour la démocratie de l'utilisation par les partis politiques d'outils de ciblage et de gestion de bases de données électorales. Si les pays Anglo-Saxons ont défrayé la chronique lors du scandale de Cambridge Analytica (2),  les partis politiques français ne sont pourtant pas en reste quant à l'utilisation des outils de gestion de bases de données pour appuyer leurs campagne. Pourtant la question ne semble, au niveau national, que peu intéresser la blogosphère des spécialistes de l'info-doc.

Le 7 octobre 2019, un article du journal en ligne la Lettre A (3) offrait un tour d'horizon des arsenaux de veille et gestion de contenu développés par les candidats en lice pour les municipales 2020. A Paris et dans une soixantaine de villes française, la République en Marche et  utilise ainsi Quorum(4), les équipes d'Anne Hidalgo se serviront quant à elles des services de l'agence eXplain(5): 

"Nous vous aidons à gagner grâce à la meilleure base de données locales au monde, 100% issues de sources transparentes, traitées par une intelligence algorithmique unique en son genre, SEARCH. Nous identifions les acteurs locaux essentiels à votre victoire, nous mesurons les risques associés à votre projet et nous scannons à tout instant nos sources pour vous apporter les informations clefs et la compréhension du contexte dont vous avez besoin pour changer la donne sur vos projets. Nous allons même directement au contact de ceux qui comptent pour vous, notamment par un porte-à-porte hyper-efficace et rationalisé. Vous faites beaucoup ; eXplain vous apporte le boost décisif pour l’emporter".

L'auteur de ce billet a donc voulu en savoir plus et rechercher des informations complémentaires dans la liste des blogs proposés par UniVersDoc, partant du principe qu'ils seraient représentatifs des dépositaires d'un savoir en pointe des usages de ces outils de prise de pouvoir et de mobilisation de masse. Disposant d'un puissant outils de recherche dans un cadre professionnel, KB Crawl(6), nous avons cherché l'ensemble des solutions mentionnées dans l'article du journal La Lettre A, dans les blogs présents sur la page "blogs experts". Le crawler fut paramétré pour ne chercher que dans les blogs présentés sur la première page, puis pour suivre parallèlement les liens sortants de ces blogs sur 5 niveaux, (soit cinq sites à partir du premier niveau constitué par les blog de la première page). Enfin les résultats de l'équation de recherche sont remontés parmi les 10 premières pages cliquables de l'ensemble des sites ainsi explorés. Si le temps limité de la recherche nous à obligé à ne pas dépasser les10 premières pages visitées, il s'agit d'un petit tours d'horizon de plus de 270 sites liés à moins de cinq niveaux de UniVersDoc, soit plus de 2700 documents.

L'équation de recherche est la suivante; Quorum OR Carata(7) OR Poligma(8) Or Nationbuilder(9) Or "Digital Box(10)" OR "Blue State Digital(11)". Elle n'a donné aucun résultat. 

Si l'on considère KB crawl comme un logiciel fiable, et que nous avons évité les erreurs de manipulation toujours possibles, nous pourrions en conclure que la question relativement nouvelle de la mobilisation des communautés d'électeurs par les outils de gestion de l'information dans le cadre des prochaines élections municipales n'est pas – encore – un sujets chaud pour les professionnels du milieu.

Utilisés depuis plusieurs années par les antennes locales(12), ces médiums sont pourtant autrement plus problématiques que le simple collage d'affiches, notamment en ce qui concerne les risques de transferts de ces pratiques des partis à l’État, la sensibilité des données personnelles recueillies lors des campagnes de terrain et confiées à des entreprises dont le siège n'est pas nécessairement en Europe, donc non soumises à la RGPD et la puissance de la propagande générée par le couplage de ces outils et des réseaux sociaux(13). 

Sources:

1. Cadwalladr Carole, 2017, « The great British Brexit robbery: how our democracy was hijacked », The Guardian, 7 mai 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/may/07/the-great-british-brexit-robbery-hijacked-democracy, consulté le 15 novembre 2019.
2. Comment Trump a manipulé l’Amérique, https://www.arte.tv/fr/videos/082806-000-A/comment-trump-a-manipule-l-amerique/, consulté le 15 novembre 2019.
3. Municipales : comment les candidats préparent leur big data électoral à Paris et dans les grandes villes - 07/10/2019, https://www.lalettrea.fr/action-publique_partis-et-elections/2019/10/07/municipales--comment-les-candidats-preparent-leur-big-data-electoral-a-paris-et-dans-les-grandes-villes,108375762-ge0 , 7 octobre 2019, consulté le 15 novembre 2019.
4. Quorum - Municipales 2020 - Aux côtés de ceux qui s’engagent, https://2020.quorum.co, consulté le 15 novembre 2019.

5. eXplain, page d'Accueil, https://explain.fr/, consulté le 15 novembre 201
6. KBcrawl - Solutions et outils de veille pour les professionnels, https://www.kbcrawl.com/fr/, consulté le 15 novembre 2019.
7. Hatis – Data science for leaders, https://www.hatis.fr/, consulté le 15 novembre 2019.
9. NationBuilder, https://nationbuilder.com/, consulté le 15 novembre 2019.
10. DigitaleBox, https://digitalebox.fr/, consulté le 15 novembre 2019.
11. La « Clicocratie » au service de Barack Obama, qualifié de « Président Web 2.0 » - Les Infostratèges, https://www.les-infostrateges.com/actu/la-clicocratie-au-service-de-barack-obama-qualifie-de-president-web-20, consulté le 15 novembre 2019.
12. Durand Corentin, 2016, Qu’est-ce que NationBuilder, le CMS qui veut renouveler la démocratie ?, https://www.numerama.com/politique/144986-quest-ce-que-nationbuilder-le-cms-qui-veut-sauver-la-democratie.html , 11 février 2016, consulté le 15 novembre 2019.
13. Petersen Neil, 2017, How Social Media Influences Offline Behavior, https://blog.allpsych.com/how-social-media-influences-offline-behavior/ , 31 mars 2017, consulté le 15 novembre 2019.

mardi 12 novembre 2019

Le projet Libra de Facebook

La « Libra », crypto monnaie lancée par Facebook le 18 juin 2019 pourra être opérationnelle en 2020. Celle-ci devrait permettre aux 2,3 milliards d’utilisateurs de Facebook d’utiliser cette monnaie virtuelle. Présentation et évolution du projet Libra. 

Suite à l’annonce de la Libra par Facebook, un livre blanc (white paper) [1] a été dévoilé le 18 juin 2019 et précise le fonctionnement de cette devise virtuelle.  


Présentation

"L'objectif de la Libra c'est d'abord de construire un système de paiement mondial, plus qu'une monnaie", a précisé Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. Un tel système pourrait être simplement fondé sur une monnaie existante, mais serait beaucoup moins ambitieux qu'une nouvelle monnaie adossée à un panier de devises. [2] 

C'est via l'app « Calibra » (filiale de Facebook), disponible sur iOS et Android, que les utilisateurs pourront acheter, vendre, stocker et utiliser des Libras. [3] 

Contrairement au Bitcoin, la Libra est un stable coin (crypto stable), sa valeur suit le cours d’autres devises fiduciaires et ne fluctue ainsi que très peu. Il n’y a aucun intérêt spéculatif avec ce type de jeton. [4] 

A l'inverse de celle utilisée pour les cryptoactifs tels que Ether ou Bitcoin, la blockchain Libra ne sera pas publique, mais sera organisée avec seulement quelques acteurs autorisés à s'y connecter. Basée à Genève en Suisse, cette association d’une trentaine d'acteurs (Mastercard, Paypal, Visa, Uber, Calibra …) est une organisation indépendante à but non lucratif qui se chargera de "faciliter le fonctionnement du réseau Libra et de gérer la réserve garantissant la devise". Autrement dit, l'association va superviser la blockain Libra et s'occuper de la stabilité de la valeur de Libra (avec une réserve d'actifs financiers). La volatilité du Bitcoin n'est pas envisageable. [5] 

Rappelons que la technologie de la blockchain ou plus généralement dispositif d’enregistrement électronique partagé, permet la tenue d’un registre dématérialisé et décentralisé, partagé entre ses utilisateurs, et comprenant la trace de toutes les transactions réalisées par ceux-ci depuis la création du registre. Grâce à l’utilisation de divers procédés de chiffrement, la blockchain assure également la sécurisation et l’authentification des transactions. Le registre constitué est réputé difficilement falsifiable.[6] 

Evolution

Lors de l'ouverture d'une conférence de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la blockchain, le 12 septembre 2019, Bruneau Lemaire, le ministre de l'Economie et des Finances a déclaré être opposé au "développement de Libra sur le sol européen"  dans les conditions actuelles. En effet la souveraineté monétaire doit rester entre les mains de l’état. Dans le même temps, le ministre veut lancer une réflexion au plus vite autour d'une possible "monnaie digitale publique". [7] 

La crypto de Facebook, Libra, se fait lâcher par Mastercard, Visa, eBay et Stripe. C'est PayPal qui a le premier préféré quitter le navire le 4 octobre 2019 sans donner de raisons précises. Ironie de la situation : David Marcus, responsable pour Facebook du développement de Libra, est l'ancien PDG de PayPal. Le projet est en effet critiqué par bon nombre de régulateurs et gouvernements à travers le monde. Ils s’inquiètent notamment de la mauvaise réputation de Facebook en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. [8] 

Mark Zuckerberg s’est montré hésitant face aux élus américains de la Commission parlementaire des services financiers du Congrès, auprès desquels il a tenté mercredi 23 octobre 2019 de défendre son projet Libra. Il a répété à plusieurs reprises que la Libra, gérée par une association indépendante (composée d'entreprises et organisations à but non lucratif), ne serait pas lancée avant d'avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs. 

Plusieurs élus ont cherché à savoir jusqu'où il était prêt à aller pour mener à bien son projet. "L'association Libra est séparée de Facebook. Si je vois que nous n'arrivons pas à continuer en accord avec les principes que j'ai établis, alors Facebook se retirera du projet", a précisé Mark Zuckerberg. [2][9]

Libra va mettre des années à se développer, selon un cadre de Calibra.
Libra « n'est pas quelque chose qui se propagera comme un réseau social. Ce sera un travail qui va durer non pas des années, mais des décennies, mais ça en vaut la peine », a affirmé le vice président en charge de la direction des produits de Calibra Kevin Weil, mardi 5 novembre, lors d'un débat sur les cryptomonnaies rapporté par la chaîne CNBC. [10]

Quoi qu’il en soit, si Facebook et ses partenaires parviennent à surmonter les obstacles réglementaires qui ont accompagné la Libra, cette monnaie aura sans aucun doute un impact énorme sur l’économie mondiale, éclipsant peut-être celle du bitcoin “, a déclaré Hayter de CryptoCompare. 
Pour Andy Bryant, directeur de l’exploitation de l’entreprise européenne de l’exchange bitFlyer, Libra pourrait commencer à convaincre les gens qu’il existe « d’autres moyens » de stocker de la valeur que l’utilisation de devises fiat (monnaie décrétée par l'état) comme le dollar américain. « Si c’est tout ce que Libra réalise, je pense que ce sera déjà un grand pas en avant », a-t-il dit. [11] 



[1] LIBRA, Livre blanc, L’association Libra [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].  https://libra.org/fr-FR/white-paper/?noredirect=fr-FR 

[2] La Libra devant le congrès Américain, En direct avec AFP [en ligne] 23 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. https://www.france24.com/fr/20191023-mark-zuckerberg-congres-americain-cryptomonnaie-libra-dollar-donnees-facebook 

[3]  Calibra l’arme secrète de Facebook, Les Echos : Raphaël BLOCH [en ligne].  18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]  https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/calibra-larme-secrete-de-facebook-pour-monetiser-sa-cryptomonnaie-1030100 

[4]  Libra : Facebook publie le livre blanc de sa cryptomonnaie, Cryptonaute : Stanislas POGORZELSKI  [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://cryptonaute.fr/libra-facebook-publie-livre-blanc-crypto-monnaie/ 

[5] Libra : la cryptomonnaie voulue par Facebook est officielle, GNT (Génération Nouvelles Technologies) : Jérôme GARAY [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.generation-nt.com/libra-cryptomonnaie-blockchain-facebook-calibra-actualite-1966041.html

[6] Minibons, titres financiers et Blockchain, Mathias Avocats [en ligne]. 30 janvier 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. 

[7] Bruno Le Maire s'oppose à Libra,  L’Usine Digitale : Alice VITARD [en ligne]. 12 septembre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.usine-digitale.fr/article/bruno-le-maire-s-oppose-a-libra-mais-se-dit-ouvert-a-la-creation-d-une-monnaie-digitale-publique.N883800 

[8] Paypal se retire de libra, Le Monde avec AFP [en ligne]. 05 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/05/paypal-se-retire-de-libra-le-projet-de-monnaie-numerique-de-facebook_6014314_3234.html 

[9] Mark Zuckerberg grilled by Congress over Libra,  CNN Business : Clare Duffy et Brian Fung [en ligne]. 23 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://edition.cnn.com/2019/10/23/tech/mark-zuckerberg-facebook-libra-hearing/index.html 

[10] Libra va mettre des années à se développer, selon un cadre de Calibra, Clubic : Benjamin Bruel  [en ligne]. 07 novembre 2019. [Consulté le 09 novembre 2019].
https://www.clubic.com/antivirus-securite-informatique/cryptage-cryptographie/crypto-monnaie/actualite-875631-libra-annees-repandre-cadre-calibra.html

[11] Les principales différences entre Libra et le Bitcoin, Cryptosous [en ligne]. 19 juillet 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. https://www.crypto-sous.fr/libra/difference-libra-bitcoin/ 

mardi 12 mars 2019

De la Pierre au Papier, du Papier au Numérique : quel est le rôle du professionnel de l'information documentaire ?

Affiche du colloque PPPN
Du lundi 25 au jeudi 28 février 2019, s'est tenu à l'Université Senghor à Alexandrie-Egypte, le colloque "De la Pierre au Papier du Papier au Numérique" (PPPN). 
De nombreux experts de l'Afrique et du monde arabe dans le domaine du patrimoine, bâti ou mobilier, du patrimoine documentaire (bibliothèques et archives) et du numérique dans le cadre de la sauvegarde patrimoniale, décideurs économiques et politiques, chercheurs et universitaires, gestionnaires et acteurs de la société civile, étudiants, ont répondu présents à cet événement d'envergure internationale. [1] 

L'objectif du colloque porte sur la préservation et la conservation durable du patrimoine. Les conséquences de la globalisation économique et les aléas d'un terrorisme de plus en plus nihiliste réactualisent les risques de destruction du patrimoine africain et arabe. 
C'est dans ce contexte, qu'un cadre de protection des documents, objets d'art et monuments, insuffisant, ajouté à un potentiel économique encore sous-exploité, peine à préserver le patrimoine et endiguer le pillage patrimonial qui touche les pays du Sud.

La profession de gestionnaire de l'information documentaire a longtemps été conditionnée par le contenant, c'est-à-dire le support, le contenu (l'information) était quasiment occulté. l'avènement de la dématérialisation de l'information comme "hyper-document" va changer la donne. Le document perd sa stabilité en tant qu'objet matériel et devient fragmenté et volatile. L'information va ainsi prendre de l’ampleur et on parle de plus en plus de gestion de l'information, ou gestion du contenu, de professionnel de l'information et même de société de l'information. A ce stade, les marocains ont inventé ont crée le néologisme "informatiste" pour remplacer documentaliste qui était trop ancré dans la gestion du contenant. De même, l'ADBS (Association des documentalistes et bibliothécaires spécialisés) est devenu depuis 1993 : (Association des professionnels de l'information et de la documentation)[2] pour aussi essayer de sortir de cette image très "orientée contenant"

En effet, le rôle du gestionnaire de l'information documentaire est primordial au sein d'une société. Face à cette réalité, le numérique peut-il constituer une solution de sauvegarde du patrimoine en péril ?    

D'aucuns pensent que la technologie va mettre au point un support numérique fiable et pérenne, une sorte de parchemin numérique, que l'on pourra ranger en toute confiance sur des rayonnages, à côté des livres et des registres de l'ancien temps, et que, dans cent ans, on pourra le relire sans difficultés. Alors que, comme l'affirme très justement le groupe de recherche international sur l'archivage numérique InterPARES : "Conserver un document électronique est à proprement parler impossible ; seule la capacité de le reproduire peut être préservée". Le support numérique ne dure pas. Il mute. Il migre.

D'autres estiment que le numérique ne convient pas pour l'archivage. Pour deux raisons principalement : ce n'est pas fiable et c'est trop cher. Certes, les supports numériques n'ont pas de résistance intrinsèque des supports traditionnels que sont le microfilm ou le papier chiffon mais la question ne doit pas être posée en termes manichéens comme si la seule alternative se situait entre le bien-papier et le mal-numérique ou, pour d'autres, entre le bien-numérique et le mal-papier. [3] 

Le processus de passage de la pierre au papier, du papier au numérique dans la gestion courante de l'information n'est pas achevé. c'est un processus qui s'étire entre les années 1980 et les années 2010.
L'information dans le support numérique n'est pas un objet visible et palpable comme l'est un registre, un objet que l'on peut feuilleter, dérouler simplement avec ses deux mains, dont on peut voir le contenu, même si on ne le déchiffre pas.  

Sources:

[1] Colloque Universitaire Senghor : De la pierre au papier, du papier au numérique (PPPN) [Internet]. La France à l'UNESCO. [cité 7 mars 2019]. Disponible sur : https://unesco.delegfrance.org/Colloque-Universite-Senghor-De-la-pierre-au-papier-du-papier-au-numerique-PPPN-3247

[2] Thiolon Catherine, « L'image des métiers de l'I-D. Diagnostic et recommandations pour une communication active », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2003/6 (Vol. 40), p. 396-400. DOI : 10.3917/docsi.406.0396. URL : https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2003-6-page-396.htm

[3] Marie-Anne Chabin. Le blog de Marie-Anne Chabin [Internet]. Du papier au numérique.[cité 7 mars 2019]. Disponible sur: http://www.marieannechabin.fr/archiver-et-apres/3-du-papier-au-numerique/




lundi 27 novembre 2017

Speed watching, speed reading: les «culturobèses»


La "révolution numérique" a profondément changé les usages en matière de culture et de loisirs. Dans un contexte d'hyper-offre, l'absorption accélérée de contenus sous toutes ses formes, engendre ce phénomène de culturobésité.  
      
Netflix ⇗
"Concernant la télévision, la délinéarisation des programmes a engendré de nouveaux modes de visionnage, ce que certains désignent comme l'empowerment du consommateur qui est de plus en plus en mesure de maîtriser l'organisation de son temps alors qu'il était, hier, captif des grilles de programmation." [1]  

Binge viewing, speed watching

Binge viewing ou marathon viewing ("visionnage boulimique" selon la Commission générale de terminologie et de néologie) est la pratique qui consiste à regarder la télévision ou tout autre écran pendant de plus longues périodes de temps que d'habitude, le plus souvent en visionnant à la suite les épisodes d’une même série [2]
Le speed watching est la pratique qui consiste à regarder les séries en augmentant la vitesse de défilement des images, regarder le maximum d'épisodes en peu de temps.

« L'intérêt pour ces deux pratiques est à mettre en lien avec la place des séries dans l'espace public, explique Claire Cornillon. On est face à une explosion de la médiatisation des séries ces dernières années, d'où un intérêt pour la manière dont les gens les regardent. On s'interroge désormais beaucoup plus sur la manière dont elles sont écrites, construites et reçues. » [3]

En quelques années, le phénomène de visionnage en rafale a atteint ses limites, car l’offre du secteur audiovisuel dépasse la capacité de consommation des téléspectateurs. « On fait comme les fabricants de chips. Ils ­ savent quels additifs mettre dans leur produit pour vous pousser à en manger encore plus. Nous, on fait en sorte que vous ­vouliez voir l’épisode suivant », ­déclarait, en 2013, Carlton Cuse, scénariste de la série Lost. [4] 
Face à cette avalanche informationnelle, l'injonction des pratiques sociales oppressantes et le besoin de se définir au travers de sa consommation culturelle, le téléspectateur est en panique.

Speed reading

« Lisez 500 pages par jour. C’est ainsi que se construit le ­savoir » une citation du milliardaire Warren Buffett. Mais tout le monde n’a pas forcément autant de temps à accorder à la ­lecture. Se cultiver plus en fournissant le moins d'efforts possible, telle est la devise de culturobèse.

Une multitude d'outils qui permettent de résumer des livres. Comme la Start-up Koober qui propose des condensés d'ouvrages "Koobs" ("books" à l'envers). D'autres, préfèrent prendre des raccourcis, comme se faire envoyer des anecdotes culturelles sur leur smartphone via le site Artips, à utiliser des applis de lecture rapide telles que Spritz.
Le ­culturobèse ne fait-il pas fausse route, confondant les patientes « humanités » avec le téléchargement sans limite de données ? « Avec Wikipédia s’est développée l’idée que le capital culturel était quelque chose qu’on pouvait acquérir presque par magie, ce qui est totalement faux. Pour réussir à constituer un ensemble de connaissances mobilisables, il faut suer sang et eau ! », confirme Jean-François ­Pépin, coauteur de l’excellent ouvrage 1 kilo de culture générale (PUF, 2014). [5]

Télévision, cinéma, radio, musique, lecture de livres, de journaux et de magazines, de bandes dessinées, sport, jeux vidéo, ordinateur, pratiques artistiques et écriture d’un journal intime... L’éventail des pratiques est large.
C'est donc plutôt une normalisation des comportements que l'on observe, dans laquelle le numérique occupe de plus en plus une place importante. [6]

Un agrégat de sujets différents : le "besoin d'avoir l'air", l'angoisse de ne pas pouvoir tout faire dans un monde trop rapide pour être efficace, et la facilité d'accès au savoir. Le monde change et notre pensée aussi. La culture se doit d'être proportionnelle à l'intelligence du sujet. Elle doit permettre de communiquer sa pensée et non pas la remplacer comme c'est trop souvent le cas.


Sources :



[1] CHARTRON Ghislaine, 2016, Édition et publication des contenus: regard transversal sur la transformation des modèles, in "publication, édition, éditorialisation", Editions De Bœck, 2016

[2] wikipédia - page «Bing watching». Disponible [en ligne] consultée le 27 novembre 2017.
URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Binge_watching

[3] Article sur Inaglobal, « Binge watching, speed watching : des pratiques qui changent les séries ?», [en ligne], mis en ligne le 25 septembre 2017, consultée le 27 novembre 2017. URL:
 http://www.inaglobal.fr/television/article/binge-watching-speed-watching-des-pratiques-qui-changent-les-series-9956

[4] Le Monde - page « Speed reading, speed watching, Wikipédia : la culture à grande vitesse ».10/03/2017 Disponible [en ligne], mis en ligne le 10 mars 2017, consultée le 27novembre 2017. URL:
[5]  Le Monde - page « Speed reading, speed watching, Wikipédia : la culture à grande vitesse ».10/03/2017 Disponible [en ligne], mis en ligne le 10 mars 2017, consultée le 27novembre 2017. URL:

[6] Pierre Mercklé et Sylvie Octobre, « La stratification sociale des pratiques numériques des adolescents », RESET [En ligne], 1 | 2012, mis en ligne le 30 décembre 2012, consulté le 13 décembre 2016. URL: http://reset.revues.org/129 ; DOI : 10.4000/reset.129






mercredi 15 mars 2017

L'Innovation française en force au "Southby"

Du 10 au 19 Mars 2017, Austin, capitale du Texas, accueille le festival SxSW (South by SouthWest). Plus de 100 000 visiteurs sont pressentis pour participer à des conférences, des débats d'idées, des concerts, des présentations artistiques [1]. C'est aussi le lieu pour prendre le pouls de l'innovation et échanger sur l'impact sociétal des nouvelles technologies. La France y sera bien représentée et tentera de séduire, avec son savoir-faire, un public de journalistes, blogeurs, investisseurs. 


Créé en 1986, le South by SouthWest, "Southby" pour les habitués [2], est tout d'abord un festival de musique et de film. Depuis 1995, cette bulle de créativité a intégré la dimension technologique avec le SxSW Interactive. La population du festival, jeune et connectée, représente un vivier de futurs usagers et a permis à des jeunes entreprises de présenter et confronter leurs innovations. Les précédentes éditions du SxSW ont vu le lancement de Twitter et Tinder [3]. En 2016, Barack Obama, alors président des états-Unis, avait choisi ce festival pour y parler de l'engagement citoyen au XXIème siècle [4]. 


Bien que moins connu que son grand frère, le CSE (Consumer Electronic Show) de Las Vegas, ce festival est un générateur de tendance dans les sphères de la communication digitale et des nouvelles technologies. Il acquiert ainsi une renommée qui lui permet d'aimanter les meilleures start-up internationales du moment.

Embarquées par Business France, 18 entreprises de l'hexagone ont le privilège de présenter leurs savoir-faire sur le Pavillon France du SxSW. Les enjeux sont considérables : améliorer sa visibilité, gagner en notoriété, lever des fonds auprès des investisseurs, mais également recruter des talents. Eric Morand, Chef du département Tech et Services de Business France, explique : "Pour qui sait saisir sa chance, le SXSW est un terreau fertile. Mais il faut être motivé, ne pas hésiter à participer aux évènements, à alpaguer les gens dans la rue, à se mêler aux conversations. Les opportunités business sont partout, au détour d’une rue comme autour d’un verre." [1]

Sur le Pavillon de la French Tech sera présente Speachme, une start-up qui a mis au point une nouvelle méthode de transmission des connaissances. D'origine nantaise, elle s'est installée à Austin en septembre 2016 [2]. Le principe de son produit consiste à ce que les experts d'une entreprise se filment eux-mêmes en train de réaliser les gestes techniques de leurs activités. Les vidéos sont ensuite montées et partagées sur une plate-forme à destination des autres salariés. Elles peuvent être enrichies avec des annotations, des documents, des animations pour favoriser la transmission des connaissances au sein d'une même entreprises [5]. Airbus, Nissan, Coca-Cola, Tesla et d'autres grands groupes ont déjà fait confiance à Speachme pour mettre en place cette solution de tutoriels interactifs [2].


Autre fleuron français, Linkfluence, société parisienne qui connaît déjà un développement remarquable. Fondée en 2006, cette entreprise est spécialisée dans la data social intelligence en s'appuyant par exemple sur des analyses fines et à grande échelle des commentaires des internautes sur les réseaux sociaux et les sites Internet. Avec un pied-à-terre à Londres et des acquisitions en Allemagne, en Chine et à Singapour, le dynamisme de Linkfluence permet de s'inscrire dans la croissance en ayant pour objectif de développer la R&D [6]. Hervé Simonin, CEO de Linkfluence, témoigne de la nécessité d'être présent sur le festival SxSW : "Participer à ce rendez-vous d’un nouveau genre qui réunit les acteurs les plus précurseurs du monde de la tech, des fonds d’investissement internationaux et les C Level du Fortune 500 réaffirme notre ambition de leadership sur notre industrie. L’innovation fait partie de notre ADN et nous sommes fiers de pouvoir représenter la France et son savoir-faire lors de cet événement international majeur" [7].

Une facette prédominante du "Southby" étant la créativité, les visiteurs pourront découvrir les oeuvres d'Albertine Meunier, artiste numérique [3]. Elle présente notamment sous forme d'un livre, l'édition de 10 ans d'historique conservé dans son moteur de recherche Google. Par contraste, elle a également produit un livre retraçant l'historique de recherche avec Qwant. Ce dernier moteur de recherche ayant pour principe de respecter la vie privée de ses utilisateurs, le livre produit est donc... vide !



Pour découvrir la totalité des événements du Festival SxSW, consultez le programme.
Pour suivre la French Tech au SxSW 2017, rendez-vous sur le site dédié.

Sources :

[1] Maddyness, " Business France veut faire du SXSW le nouveau CES et emmène 18 startups françaises à Austin", [en ligne] 28/01/2017 12h00 - Mis à jour le 22/02/2017 15h38 [consulté le 13/03/2017], https://www.maddyness.com/business/2017/01/28/frenchtech-business-france-sxsw/

[2] BPIFrance, "SXSW : les start-ups françaises brillent au Texas", [en ligne]  09/032017 [consulté le 13/03/2017]

[3] Blog Qwant, "En route vers Austin pour le SXSW !", Qwant [en ligne] 09/032017 [consulté le 13/03/2017] https://blog.qwant.com/tag/sxsw/

[4] SXSW Interactive 2016, Youtube, "President Barack Obama Keynote Conversation", [en ligne] 11/03/2016 [consulté le 13/03/2017] https://www.youtube.com/watch?v=wfsIZioIpdI

[5] Europe 1, La Matinale d'Europe 1, "SpeachMe, une nouvelle méthode de transmission des connaissances qui séduit le monde entier", [en ligne] 7h02 le 28/09/2016 [consulté le 13/03/2017]

[6] FrenchWeb.fr, Le Magazine de l'innovation, "Les Français de Linkfluence lèvent 12 millions d’euros pour accélérer dans la social data intelligence", [en ligne] 07/10/2016 [consulté le 13/03/2017] http://www.frenchweb.fr/les-francais-de-linkfluence-levent-12-millions-deuros-pour-accelerer-dans-la-social-data-intelligence/260169

[7] Linkfluence, "Retrouver Linkfluence à SXSW", [en ligne] 06/03/2016 [consulté le 13/03/2017] http://linkfluence.com/2017/03/06/linkfluence-a-sxsw/

lundi 6 mars 2017

Le monde de l'agriculture boosté par le numérique

Avec le déroulement du salon de l'agriculture 2017, la question de la place du numérique dans ce domaine est revenu sur le devant de la scène.
Le numérique et les technologies connectées, qui ne sont pas des nouveautés dans le monde agricole, continuent à se développer à différents niveaux.

Le soutient du gouvernement
  
Le gouvernement soutient l'agriculture numérique par des actions venant d'objectifs issues de la Loi pour une République numérique et de la Stratégie nationale de Recherche.
Ces actions passent par la mise en place d'un plan "Agriculture-Innovation 2025". Il est issu de la mission confiée par les ministres de l'Agriculture et de la Recherche, en janvier 2015, à quatre organisations : l'Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'innovation numérique), l'INRA (Institut national de la recherche agronomique), l'ACTA (Institut technologies agricoles) et l'AgroParis Tech. 
Le plan est constitué de 9 actions et de 3 priorités :
  •  Développer une approche système et faire de l'agriculture un contributeur à la lutte contre le dérèglement climatique.
  •  Permettre le plein développement des nouvelles technologies dans l'agriculture.
  •  Fédérer tous les acteurs de la recherche, de l'expérimentation et du développement agricole en  appui à la compétitivité.
Lancées le 20 janvier 2016, les premières actions ont été présentées à Stéphane Le Foll et Axelle Lemaire le 13 février 2017, à l'image de la création d'un portail de données agricoles créé par l'Irstea. Ce dernier, constitué pour et par les agriculteurs, à pour objectif de mutualiser et de partager les savoirs dans ce domaine. 

Les nouvelles technologies

Le salon de l'agriculture 2017 a invité le public à découvrir les enjeux, les avancées mais aussi les nouveaux services rendus par l'agriculture numérique.
Des drones, des applications pour smartphones ou encore des capteurs peuvent permettent de détecter, en temps réel, les mauvaises herbes, mesurer la qualité et la quantité d'herbes présentes dans les pâturages ou de calculer la consommation énergétique d'une exploitation.
Dans le domaine agricole le Big data et les outils collaboratifs ont également fait leur entrée.

Le dernier salon de l'agriculture à permet aussi de mettre en avant les solutions apportées par une innovation mise en place en janvier 2016 : La Ferme Digitale.
Formée de l'association de 5 start-up, son objectif est de rapprocher les agriculteurs et de faciliter leur travail. Aujourd'hui, avec 13 start-up, elle souhaite remplir une mission, comme l'indique Paolin Pascot, Président de la Ferme Digitale :  

La France fait partie des grandes puissances agricoles dans le monde et le rôle de La Ferme Digitale est de développer la ferme du futur. Nous sommes convaincus que le numérique permettra de soutenir la compétitivité et le quotidien des agriculteurs.” 

A cette mission s'ajoute une promesse :
“Promouvoir l'innovation et le numérique pour une agriculture performante et durable” 

Le numérique dans les formations et les écoles d'agriculture

Les écoles d'agriculture (une quinzaine en France), confrontées à l'arrivée du numérique et des nouvelles technologies dans le monde agricole, ont mis en place des solutions pour former leurs étudiants à ces nouveautés. Il s'agit aussi de répondre aux nouveaux besoins  des entreprises du domaine.
Comme l'explique Bertrand Vandoorne, enseignant-chercheur à l’Institut supérieur d’agriculture (ISA) de Lille
« Les nouvelles technologies connectées permettent d’aller chercher des informations au plus près de la plante ou de l’animal pour adapter la production. Mais il faut traiter ces informations, les comprendre, pour ensuite donner un conseil approprié. »

Les écoles ont commencé à mettre en place des journées découvertes, des options et parcours consacrés au smart farming (« agriculture intelligente »). 
Des projets plus importants ont aussi vu le jour au sein de plusieurs écoles. L'HEI (Hautes études d’ingénieur) et l’ISEN (Institut supérieur de l’électronique et du numérique) ont mis en place un projet de "Smart Urban Farming", pour leurs étudiants en dernière année, afin de comprendre ces nouvelles technologies auprès de professionnels du domaine. 
De leur coté, Montpellier Sup Agro, Bordeaux Sciences Agro et Irstea ont créé une chaire AgroTIC, en novembre 2016. Leur objectif est de mettre en relation les écoles, les coopératives agricoles, les entreprises du monde agricole, etc pour mieux comprendre les besoins des entreprises et adapter les enseignements et la recherche.
Enfin, l'ANR (Agence nationale de recherche) a sélectionné, en juillet dernier, un projet allant aussi dans cette direction : le nouvel institut Convergences #DigitAg. Le projet, démarré en janvier 2017, a pour mot d'ordre l'interdisciplinarité et tend vers deux enjeux sociétaux et économiques majeurs pour l’agriculture numérique : l’optimisation de la production agricole et l’insertion de l’agriculture numérique dans l’ensemble de la société.
Cet institut a l’ambition de devenir la référence mondiale pour l’agriculture numérique.


L'agriculture numérique et les nouvelles technologies du domaine sont en plein boom et de nombreux projets apparaissent. Mais seul l'avenir pourra nous dire si nous rentrons dans une nouvelle révolution du monde agricole. 

Sources :

- "Le numérique dans l'agriculture : pour une meilleur compétitivité", Iris Trahin, Technique de l'ingénieur, article publié le 01/03/2017, consulté le 06/03/2017 

-"Les écoles d'"agro" se mettent à l'agriculture 3.0", Séverine Graveleau, LeMonde.fr, article publié le 28/02/2017, consulté le 06/03/2017

-"4 ruptures majeurs dans l'agriculture lié au numérique", Laurent Barthez, FrenchWeb.fr, article publié le 03/03/2017, consulté le 06/03/2017

-"Agriculture numérique : remise du rapport sur un portail de données pour une agriculture connectée et durable", Irstea, article publié le 11/01/2017, consulté le 06/03/2017