Google a annoncé des modifications dans les règles de confidentialité de ses services. A partir de demain, 1er mars, les utilisateurs n'auront besoin de valider qu'un seul document relatif à la politique de confidentialité pour 60 services (You Tube, Gmail, etc.) à la place d'un par service. Ainsi, Google pourra proposer un service de localisation lors d'un rendez-vous inscrit dans Calendar ou des informations sur la circulation. Le moteur de recherche tirera aussi bénéfice des données pour affiner les résultats et proposer des publicités plus ciblées. La directrice de produits relatifs à la protection des données chez Google explique que "cette politique est plus simple et permettra aux gens de mieux comprendre la politique de confidentialité de Google et d'améliorer les services offerts". Pam Dixon, directrice du World Privacy Forum, un groupe de recherche sur les sujets liés à la protection des données, demande à l'entreprise de proposer une solution pour que les utilisateurs puissent désactiver le croisement des données.
Par une lettre du 2 février, la Cnil, invitée par l’ensemble des Cnil européennes à mener l’analyse des nouvelles règles de confidentialité annoncées par Google, demande à Google de reporter la mise en œuvre des nouvelles règles prévue le 1er mars. Même si la Cnil accueille favorablement l’initiative de Google de réduire et simplifier ses règles de confidentialité, elle affirme, toutefois, que la fusion des règles de confidentialité des services rend impossible la compréhension des données personnelles collectées des finalités, des destinataires et des droits d’accès pertinents pour chaque service. Elle démontre que les nouvelles règles de Google ne respectent pas les exigences de la Directive européenne sur la protection des données (95/46/CE) en matière d’information des personnes concernées. Ainsi, elle invite Google, par une seconde lettre datée du 27 février, à compléter sa politique de confidentialité avec une information spécifique pour chaque service et chaque finalité.
C'est également par lettre, adressée à Larry Page, PDG de Google et datée du 22 février, que les procureurs généraux de 36 états américains se sont exprimés sur leur inquiétude de la nouvelle politique de confidentialité de Google, jugée "particulièrement gênante pour des institutions gouvernementales et les propriétaires de smartphones sous Android", lesquels constateront qu'il leur sera "pratiquement impossible" d'échapper à cette politique sauf à changer de téléphone et de plateforme. Ils ajoutent que "l'argument qui consiste à dire que les utilisateurs ont le choix de ne pas utiliser l'écosystème des produits de Google n'est pas très solide, dans une économie de l'Internet où la majorité des internautes utilisent souvent au moins un produit Google de manière régulière".
Dans une réponse envoyée par mail le 27 février, un porte-parole de Google a réaffirmé que les changements de la politique de confidentialité de Google étaient plus faciles à comprendre car l'entreprise avait fait un très gros effort d'information auprès des consommateurs pour expliquer ces changements et avait minimisé les préoccupations émises au sujet des smartphones sous Android. "Comme dans le cas de notre ancienne politique de confidentialité, les nouvelles modalités affectent les utilisateurs connectés à leurs comptes Google depuis un téléphone Android de la même façon que ceux connectés à leurs comptes Google depuis un ordinateur de bureau" et "les utilisateurs peuvent toujours utiliser leurs téléphones Android pour passer des appels et accéder à certaines applications du type Google Search et Google Maps, sans avoir à se connecter à leur compte Google, ... c'est seulement pour utiliser des applications comme l'Android Market et Gmail que les utilisateurs auront besoin de se connecter", affirme-t-il.
Google représente aujourd'hui plus de 80% du marché européen des moteurs de recherche, environ 30% du marché européen des smartphones, 40% du marché mondial de la vidéo en ligne et plus de 40% du marché mondial de la publicité en ligne. C'est en ces termes de part de marché qu'on peut se demander l'impact qu'aura cette nouvelle politique de confidentialité sur les comportements des utilisateurs vis à vis du géant américain.
Sources :
http://ec.europa.eu/justice/data-protection/article-29/documentation/other-document/files/2012/20120202_letter_google_privacy_policy_en.pdfhttp://www.cnil.fr/fileadmin/documents/en/Courrier_Google_CE121115_27-02-2012.pdf
http://epic.org/privacy/google/20120222-Google-Privacy-Policy-Final.pdf
http://www.cnil.fr/nc/la-cnil/actualite/article/article/les-nouvelles-regles-de-confidentialite-de-google-soulevent-des-inquietudes/
http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-google-revoit-sa-politique-de-confidentialite-pour-mieux-cibler-l-internaute-47553.html
http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-aux-etats-unis-les-procureurs-de-36-etats-inquiets-de-la-politique-de-google-47948-page-1.html