mercredi 16 mars 2016

Un café en attendant votre livre ?

C'est peut-être ce que vous proposera votre libraire la prochaine fois que vous entrerez dans sa boutique... En tout cas, c'est ce qui pourra être proposé aux futurs clients de la nouvelle librairie des PUF...


Après avoir déserté le quartier latin pendant dix sept ans, les Presses Universitaires de France (PUF) viennent de le réinvestir en ouvrant, le 12 mars dernier, une librairie d'un nouveau genre : une librairie sans livres, ou plus exactement sans livres à acheter [1].

Les livres présents sur les étagères sont des exemplaires modèles que peuvent manipuler et parcourir les clients, confortablement installés sur les banquettes qui occupent maintenant une bonne partie de l'espace. Mais on choisit plutôt son livre sur le catalogue en ligne, consultable sur tablette. Et il y a de quoi faire : chez PUF, on revendique 5000 ouvrages maisons disponibles au catalogue, auxquels viennent s'ajouter les quelques 3 millions d'ouvrages numériques faisant partie du domaine public mondial (Bibliothèque d’Alexandrie, Librairie du Congrès américain, les fonds numérisés par Google, etc.) [2].

Le choix du livre étant arrêté, il faut prévoir un petit délais d'attente... La nouvelle Expresso Book Machine (EBM) imprimera le livre choisi au train d'enfer de 110 pages à la minutes, avec couverture en quadrichromie. Pas vraiment le temps de siroter tranquillement une bière, mais juste ce qu'il faut pour prendre un petit expresso au comptoir...

Le livre choisi est donc imprimé sur place, à la demande. La qualité du papier, de l'impression et de la reliure sont comparables à ceux d'un livre de poche imprimé traditionnel. Pour le client donc, côté prix et qualité, cela ne change pas grand chose. Si ce n'est que grâce à cette technologie, le lecteur/chercheur/enseignant ne courra plus après un ouvrage en rupture de stock, ou épuisé et non réédité. Une véritable aubaine pour faire revivre des ouvrages qui jusque ici n’étaient plus disponibles.

Par ailleurs, côté libraire c'est une vraie révolution. En effet, plus besoin de stock de livres. Plus d'invendus à envoyer au pilon. Gain de place et économies garanties. C'est aussi une véritable opportunité pour la marché de la longue traine, qui représente 80% des ventes de livres... Par ailleurs, si certains y voient un nouveau danger pour les petites librairies de quartier qui n'auraient pas les moyens de s'offrir un tel appareil, la plupart des acteurs de l’édition s'accordent plutôt à penser que l'EMB réconcilierai les acheteurs d'e-book avec le livre papier...

Crée par Xerox il y a dix ans et commercialisée par la société OnDemandBooks, l'EBM est utilisée depuis plusieurs années à l'étranger, en particulier aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. En France, la machine est portée par le projet IRENEO, programme de la branche imprimerie française, qui réunit l'Institut l'IDEP (Institut de développement et d'expertise du plurimédia) et l'UNIIC (Union Nationale des Industries de l’Impression et de la Communication). Le programme s'efforce de mettre en place une technologie française, fabriquée en France. Le programme IRENEO est aussi en charge de la formation de professionnels et d'étudiants et, pour ce faire, a déployé des prototypes dans six centres de formation à travers la France.

L'EBM des PUF est de fait la première machine de ce type en exploitation en France dans une librairie. Si vous êtes curieux et que vous passez dans le quartier latin, allez voir cet impressionnant joujou à la librairie des PUF, au 60 rue Monsieur le Prince, à Paris. Et profitez-en pour prendre un café !

[1] PARMENTIER Adrien, dans quartier latin.paris, revue Web de l'association Comité Quartier Latin, publié le 11 mars 2016 [consulté le 16 mars 2016] : http://www.quartierlatin.paris/?librairie-des-puf-quartier-latin-paris

[2] BEUVE-MERY Alain, Les PUF inventent la librairie du futur, 10 mars 2016, site Le Monde.fr [consulté le 16 mars 2016] : http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/10/les-puf-inventent-la-librairie-du-futur_4879661_3234.html

[2] COURBET Claire, Le Figaro en ligne, publié le 24 mars 2015 [consulté le 16 mars 2016]

[3] CATALON Jean-Christophe, Le Figaro en ligne, publié le 11 mars 2016 [consulté le 16 mars 2016]

[4] You tube - Programme IRENEO d'impression à la demande - Salon du Livre 2015



1 commentaire:

Sandrine augereau-salaun a dit…

Bon article et intéressant. Cela me fait penser à un billet écrit par Carole GUELFUCCI de Sérendipidoc, intitulé : « L’impression à la demande, l’avenir du livre ? » 2015. Je vous renvoie sur le lien, lui ci-dessous, pour faire écho à ton billet.
GUELFUCCI Carole. L’impression à la demande, l’avenir du livre ? Sérendipidoc. [En ligne] 01/12/2015. [Consulté, le 19/03/2016]. http://www.serendipidoc.fr/limpression-a-la-demande-lavenir-du-livre/