jeudi 3 novembre 2016

"Internet Plus", quand le Big Data devient le Big Brother de l'Empire du Milieu

Le Big Data inspire le gouvernement chinois qui prévoit un "système de crédit social" pour ses 700 millions d'internautes à l'horizon 2020. Celui-ci s'inscrit dans le plan "Internet Plus" qui a pour objectif de construire "une culture de la sincérité et une société socialiste harmonieuse" (1) .

Dans les faits, il s'agit de collecter les données fournies par les smartphones, les médias sociaux, les plates-formes d’e-commerce, mais aussi les enregistrements des tribunaux, de la police, des banques, des impôts et des employeurs. Toutes ces précieuses informations sont destinées à être stockées dans un seul endroit pour ensuite permettre l'attribution d'une note aux entreprises et aux individus.

La notation prendra la forme d'un système de crédit qui aura pour fonction de récompenser les bons comportements et punir les déviances.
Ainsi, le non respect du code de la route, des propos estimés inappropriés sur les réseaux sociaux ou par exemple, pour les entreprises, la vente de nourriture empoisonnée aura une conséquence immédiate sur la notation.

Dans un pays enclin a de sérieuses difficultés de contrôle de son économie de marché, Pékin présente ce dispositif comme étant un moyen de lutte contre la fraude. Une entreprise peut ainsi se voir refuser l'émission d'obligations.
Quant aux individus, le panel des sanctions est très varié et un crédit faible peut occasionner l'interdiction d'envoyer son enfant dans les meilleures écoles, l'interdiction de voyager en première classe, où la possibilité d'accéder à certains emplois (2). Le gouvernement a diffusé en septembre dernier un document signifiant la liste des punitions prévues.

Ce système de crédit social est prévu pour 2020, mais d'ors et déjà le gouvernement a approuvé des projets pilotes opérés par huit entreprises (3) qui ont mis en place des bases de données compilant un vaste panel d'informations légales, financières et de pratiques en ligne.

En tête de file, Alibaba, le géant chinois de l'e-commerce, qui possède la plus grande plate-forme de commerce en ligne, a mis en place un projet pilote avec la société Sesame Credit. Dans ce cadre, des dizaines de millions d’utilisateurs ont eu l’opportunité de se voir attribuer, en raison de leur bonne notation, des privilèges tels que d'éviter de faire la queue à l'hôpital en payant avec leur smartphone après leur départ. Autre application du système de notation, 15% des utilisateurs du site de rencontre Baihe affiche leur score Sesame Credit afin d'attirer des partenaires potentiels.

Il est encore difficile d'évaluer si ce concept "Internet Plus" du gouvernement chinois parviendra a être généralisé.
Des voies se lèvent pour dénoncer ce Big Brother policier du XXIe siècle, comme celle de l'écrivain Murong Xuecun qui déclare : "La Chine évolue vers une société totalitaire, où le gouvernement contrôle et affecte la vie privée des individus".

Les risques sont grands quant aux perspectives d'actions des cybercriminels qui feraient de ce système de contrôle par les données un immense terrain de jeu et de profits. Des hackers pourraient être embauchés par des individus ou entreprises pour pirater le système de collecte des données et ainsi modifier la notation
(4).

Cette crainte est également soulevée par William Glass, analyste chez FireEye, une entreprise de cybersécurité : "Il y a un marché énorme pour ce genre de dispositif, et aussitôt que le système sera installé, cela incitera grandement les cybercriminels et certains acteurs soutenus par l'État à pénétrer à l'intérieur, soit pour voler des informations, soit les altérer."


Sources :

(1) La Chine va affecter à chacun de ses citoyens une note qui aura une incidence sur sa vie entière. Express Business [en ligne] https://fr.express.live/2016/10/27/chine-systeme-notation-credit-social/

(2) Le Big Data pour noter les citoyens... et sanctionner les déviants. La Tribune.[en ligne] http://www.latribune.fr/economie/international/chine-le-big-data-pour-noter-les-citoyens-et-sanctionner-les-deviants-610374.html

(3) How China plans to use Big Data to rate, reward, punish citizens. Daily Herald [en ligne] http://www.dailyherald.com/article/20161030/business/161039984/

(4) Internet Plus, la Chine veut noter tous ses citoyens grâce au Big Data. Le Big Data [en ligne] http://www.lebigdata.fr/internet-plus-chine-2610

La semaine intitulée la "MIL Week" 2016 est lancée : cinquième évènement mondial pour sensibiliser les populations à la nécessité de l’éducation aux médias et à l’information

L’éducation aux médias et à l’information (EMI ou MIL en anglais) devient primordiale dans l’environnement mondial actuel hyper-digitalisé. Elle permet aux utilisateurs de comprendre comment les médias – traditionnels ou numériques – peuvent être des vecteurs permettant de promouvoir les valeurs de la paix et du dialogue.

Organisée par l’UNESCO chaque année depuis 2012, en coopération avec l’Alliance mondiale pour les partenariats sur l’éducation aux médias et à l’information (GAPMIL)(1), avec l’Alliance des civilisations de l’ONU (UNAOC)(2) et avec le Réseau universitaire international de l’éducation aux médias et à l’information et du dialogue interculturel (MILID), la "MIL Week"(3) a pour objectif de sensibiliser le public à l’importance de l’éducation aux médias et à l’information à l'échelle mondiale dans le cadre du développement durable, tout en encourageant la coopération et l'engagement civique, la mobilité et le partage.

Cette année, le thème choisi est : "des nouveaux paradigmes pour un dialogue interculturel"(4). Les événements marquants comprennent la sixième conférence de l’éducation aux médias et à l’information et du dialogue interculturel et la première assemblée générale de l’Alliance mondiale pour les partenariats sur l’éducation aux médias et à l’information. 

En plus de partager leurs points de vue tout au long de l'événement, les participants des Réseaux de la Jeunesse Méditerranéenne (NET-MED Youth)(5) contribueront à une "déclaration de la jeunesse sur l'éducation aux médias et à l'information", ainsi qu'aux discussions dans le cadre du Comité de la jeunesse et des sections régionales de l'Alliance mondiale pour les partenariats sur l'éducation aux médias et à l'information.

En marge de l'événement, une étude(6) menée par le Pew Research Center nous apprend que, sur le format de contenu préféré pour s’informer, 42% des 18-29 ans préfèrent lire, 38% préfèrent regarder, 19% préfèrent écouter. Cette étude nous apprend aussi que 81% des jeunes préfèrent largement s’informer sur Internet et seulement 10% via des journaux papiers.

L’UNESCO estime essentiel que l’éducation aux médias soit promue à travers le monde, grâce à des conférences, débats ou colloques. Dans ce cadre, elle invite toutes les parties prenantes à une démarche participative en "fêtant" l’éducation aux médias et à l’information par l’organisation d’événements ou d’initiatives dans leur communauté, région ou en ligne notamment en utilisant les réseaux sociaux mais aussi à diffuser largement leurs recherches sur le sujet. En France, cette tâche est notamment dédiée au Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information(7) (CLEMI). Il a pour missions d’éduquer tous les élèves à une pratique citoyenne des médias et à l'information (presse écrite ou en ligne, radio, télévision, Internet...) en proposant des formations et des ressources pour mieux appréhender l’utilisation de ces médias en classe. L'objectif de la CLEMI est de permettre aux élèves et jeunes adultes d'exercer leur citoyenneté dans une société de l'information et de la communication, former des "cybercitoyens" actifs, éclairés et responsables de leur avenir.

Si l’événement principal et les conférences se tiennent à Sao Paulo du 2 au 5 novembre 2016, des événements locaux se déroulent tout au long de l’année. De nombreuses « Journées MIL » y feront écho. Pour la France, on peut notamment citer la 28e Semaine de la presse et des médias dans l’école, qui se déroulera du 20 au 25 mars 2017.


Quand ?
Du 31 octobre 2016 au 6 novembre 2016.

Où ?
- Evénements à l'international
- São Paulo, Brésil : conférence et l’assemblée générale.

Qui participe ?
Des organisations internationales, des universités, des associations, des chercheurs et enseignants, des professionnels des médias, des bibliothécaires et spécialistes de l’information, des décideurs et régulateurs, des ONG et des praticiens de l’EMI du monde entier.

Le déroulé des événements en direct sur twitter :

Contacts : 
– Alton Grizzle, Spécialiste du Programme : a.grizzle@unesco.org
– Xu Jing, Consultant : ji.xu@unesco.org



Références sitographiques :

(1) - Global Alliance for Partnerships on Media and Information Literacy [en ligne]. UNESCO, 2016 [consulté le 03 novembre 2016]
<http://www.unesco.org/new/en/communication-and-information/media-development/media-literacy/global-alliance-for-partnerships-on-media-and-information-literacy/>

(2) - UNESCO-UNAOC UNITWIN on Media and Information Literacy and Intercultural Dialogue [en ligne]. UNAOC, 2016 [consulté le 03 novembre 2016]
<http://www.unaoc.org/communities/academia/unesco-unaoc-milid/>


(3) - Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information 2016 : Au premier plan [en ligne]. UNESCO, 2016 [consulté le 03 novembre 2016]


(4) - Global MIL Week 2016 [en ligne]. UNESCO, 2016 [consulté le 03 novembre 2016] <http://www.unesco.org/new/en/communication-and-information/media-development/media-literacy/global-alliance-for-partnerships-on-media-and-information-literacy/global-mil-week/>

(5) - Réseaux de la Jeunesse Méditerranéenne (NET-MED Youth) [en ligne]. UNESCO, 2016 [consulté le 03 novembre 2016] 


(6) - Amy Mitchell. Younger adults more likely than their elders to prefer reading news [En ligne]. Site Pew Research [consulté le 03 novembre 2016]

(7) - Semaine de la presse et des médias dans l’école [en ligne]. Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information, 2016 [consulté le 03 novembre 2016]



mercredi 2 novembre 2016

Rapports commerciaux Union européenne-USA, protection des données

 Les rapports commerciaux entre l'Union Européenne et les États-Unis sont une réalité.
Cela se manifeste par des échanges ou transactions qui impliquent la collecte et l'utilisation de données à caractère personnel (nom, numéro de téléphone, date de naissance, numéro de carte de crédit, domicile, sexe, situation matrimoniale).
Somme toute, la collecte de tout type d'information permettant une identification personnelle et précise de l'individu reste un fait dans la plupart des rapports commerciaux UE/ USA.
Des données qui migrent d'un point à un autre souffrent d'un risque énorme de volatilité et de sécurité incertaine. 
Comment protéger ces données personnelles collectées ?
 

Depuis le 1er Aout 2016, un nouveau cadre de protection des droits fondamentaux des citoyens de l'UE dont les données personnelles sont transférées vers les États-Unis a été mis en place.

Ce nouveau cadre négocié entre l’Union européenne et les Etats-Unis remplace ainsi le Safe Harbour .

Notons, à toute fin utile, que la protection des données est un droit qui s'applique indépendamment de la question de savoir qu'on est ou non citoyen de l'UE.
Ce nouveau mécanisme de protection des données collectées, s'appelle le bouclier de protection des données.

Le fonctionnement de ce mécanisme appelle des conditions, à savoir par exemple l'adhésion stricto sensu des entreprises américaines à ce système auprès de leur ministère du commerce. Et au niveau de l'UE, parlant notamment de la France, toute entreprise établie en France désireuse transférer des données vers les USA, doit impérativement effectuer une déclaration en renseignant son annexe transfert.

A cette occasion, elles pourront choisir de cocher la case « Privacy shield » parmi la liste des garanties encadrant le transfert des données, après avoir vérifié que l’entreprise destinataire des données est effectivement enregistrée comme telle auprès de l’administration américaine. 

Le '' Privacy Principles'' est le cadre directeur des principes de protections de la vie privée.
Aussi, toute entreprise désirant cette certification,  doit à la base avoir une politique de protection de la vie privée conforme aux principes de protection de la vie privée. C'est d'ailleurs, le  ministère du commerce américain qui gère et administre ce bouclier et veille également à ce que les entreprises respectent leur engagement. 
Le bouclier de protection des données ouvre un certain nombre de droits aux individus :
  •     le droit par exemple d’être informé sur le type de données collectées et l'intention pour l'entreprise américaine de transférer vos données
  •     le droit pour l'individu, d’être  informer sur la façon dont elle peut contacter l'entreprise en cas de conflit relatif à l'utilisation de ses données à caractère personnel; par ailleurs, l'entreprise doit fournir un lien vers sa politique de confidentialité.
  •     le droit à la sécurité des données, l'entreprise doit sans équivoque assurer la protection des données si transfert de données vers une autre société (cas des filiales et des sociétés mère).
  •     le droit d'accès aux  données personnelles et la possibilité de les rectifier.
  •     le droit d'introduire une réclamation et d'en obtenir réparation à titre gratuit si l'entreprise ne respectait pas les règles du bouclier et violait ainsi son obligation de protection.

L'opérabilité de ce mécanisme peut être difficile dans son applicabilité.

Aussi, est-il toujours possible, de recourir aux autres garanties prévues par la règlementation européenne pour transférer des données en dehors de l’Union européenne, à savoir :
  •     la signature de clauses contractuelles rédigées sur les modèles de clauses adoptées par la Commission européenne
  •     l’adoption de règles d’entreprises contraignantes (« Binding corporate rules» ou BCR). Le Binding Corporate Rules est un code de conduite qui définit la politique d'une entreprise en matière de transfert de données personnelles. ( Source CNIL).

 

Sources

1) "Lancement du bouclier de protection des données UE-EU". Commission européenne - Actualité du 12/07/2010, consulté le 02/11/2016.

http://ec.europa.eu/news/2016/07/20160712_fr.htm


2) "Protéger les données personnelles, accompagner l'innovation, preserver les libertés individuelles". CNIL: Le Privacy Shield, 01/09/2016. Consulté le 02/11/2016.

https://www.cnil.fr/fr/le-privacy-shield

3)Privacy Shield overview. EU-US.
Consulté le 02/11/2016

https://www.privacyshield.gov/list
 

Pour aller plus loin

Le Safe Harbor, Commission nationale de l'informatique et des libertés, (CNIL).
consulté le 02/11/2016.

https://www.cnil.fr/sites/default/files/typo/document/CNIL-transferts-SAFE_HARBOR.pdf


Accessibilité numérique : un MOOC qui tombe à pic



Sur la plateforme FUN, l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (Inria) s'apprête à lancer un cours gratuit en ligne sur "l'accès au monde numérique pour les personnes en situation de handicap" (1). Assurée par deux universitaires bordelais, Pascal Guitton (professeur d'informatique) et Hélène Sauzéon (professeur de psychologie et de sciences cognitives), cette formation se déroulera du 7 novembre au 11 décembre 2016. Généraliste et ouverte à tous, elle ne demande aucun prérequis et pourra être suivie par des apprenants en situation de handicap moteur, sensoriel et / ou cognitif via un lecteur multimédia spécifique développé par l'Inria en collaboration avec l'association Braillenet.

Qu'est-ce que l'accessibilité numérique ?

Très généralement, l'accessibilité numérique peut être définie comme "la mise à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales, des ressources numériques" (2). En pratique, on constate que le concept est souvent interprété de façon bien plus restrictive, comme s'appliquant uniquement aux personnes handicapées et / ou aux sites web (3). 

Le MOOC de l'Inria s'intéresse explicitement aux personnes en situation de handicap, mais il a une conception extensive des "ressources numériques", puisque le cours traitera des systèmes informatiques (systèmes d'exploitation, logiciels...) aussi bien que des contenus numériques (documents électroniques, pages web...). Le programme annoncé et l'identité de l'école conceptrice laissent présager d'une approche plutôt technique de la question. 

En quoi est-ce d'actualité ?

Ce cours en ligne est proposé alors que se multiplient les initiatives gouvernementales en faveur de l'accessibilité numérique. 

Aux administrations, mais aussi aux délégataires de service public et aux plus grosses entreprises, la loi n° 2016-1321 du 7 octobre pour une République numérique impose désormais de rendre accessibles leurs sites web et mobiles, ainsi que leurs services téléphoniques (4). Une directive européenne vient de confirmer l'obligation d'accessibilité des sites publics pour les handicapés (5).

Par ailleurs, dans le cadre du Programme d'Investissement d'Avenir (PAI), Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du numérique, et Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, ont lancé la semaine dernière un appel à projets destiné à soutenir les projets et les technologies innovants en matière d'accessibilité numérique. Est prévue une enveloppe de huit millions d'euros (6). 


Sources

(1) "Accessibilité numérique : comment favoriser l'accès au monde numérique pour les personnes en situation de handicap" [en ligne] (consulté le 2 novembre 2016)
https://www.fun-mooc.fr/courses/inria/41012/session01/about
(2) "Accessibilité numérique" in Wikipédia [en ligne] (consulté le 2 novembre 2016)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Accessibilité_numérique
(3) Voir par exemple l'introduction du Référentiel général de l'accessibilité des administrations (RGAA) [en ligne] (consulté le 2 novembre 2016)
http://references.modernisation.gouv.fr/rgaa/introduction-RGAA.html
(4) "Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique" (articles 105 et 106) [en ligne] (consulté le 2 novembre 2016)
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/10/7/ECFI1524250L/jo/texte
(5) Champeau, Guillaume. "Rendre le Web plus accessible aux handicapés : une étape franchie en Europe" in Numérama [en ligne] (publié le 27 octobre 2016, consulté le 2 novembre 2016)
http://www.numerama.com/politique/204559-rendre-le-web-plus-accessible-aux-handicapes-une-etape-franchie-en-europe.html
(6) Arène, Véronique. "L'Etat débloque 8 M€ pour soutenir l'innovation au service du handicap". in Le Monde informatique [en ligne] (publié le 26 octobre 2016, consulté le 2 novembre 2016)
http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-etat-debloque-8-meteuro-pour-soutenir-l-innovation-au-service-du-handicap-66336.html

jeudi 27 octobre 2016

Vendredi 21 octobre 2016, acte de cybercriminalité majeur

Le service DynDNS à été victime d'une cyberattaque importante. C'est alors que le Web américain s'est effondré pendant plusieurs heures avec des répercutions jusqu'en France.

C'est une attaque de « déni de service » qui a frappé le serveur DNS (Domain Name Service) du fournisseur Dyn ce vendredi 21 octobre 2016, aux Etats-Unis. Ce type d'attaque, aussi appelée DDoS (Distributed Denial Of Service attack), consiste à saturer un service de connexions pour le rendre inaccessible. Or, le DNS est le système d'aiguillage qui permet à l'internaute d’être dirigé automatiquement vers un site. Les effets sont donc accrus car, au lieu de s'en prendre à un site en particulier, les pirates ont touché un fournisseur de DNS.[1]

Ainsi, les utilisateurs ont été incapables de se connecter à certains sites clients de ce fournisseur majeur, Dyn. Des sites de renoms tels que Twitter, CNN, PayPal, Spotify, Netflix, Boston Globe, Amazon, Financial Times, The Guardian, Reddit, Airbnb, New York Times ont été affectés et sont restés inaccessibles pendant plusieurs heures [2]. L'attaque a eu des retentissements jusqu'en France où les connexions ont été ralenties voire impossibles.

La société Dyn a annoncé que l'indicent avait été résolu. Cependant, vu l'ampleur de cet acte cybercriminel, tant sur sa durée que sur son impact, le FBI à été dépêché pour enquêter.

La journaliste Maryse Gros souligne [3] que Bruce Schneier, expert en cybercriminalité, a alerté sur la multitude d'attaques en « deni de services » par un billet de blog percutant qu'il a intitulé «Quelqu’un est en train d’apprendre à détruire Internet». En effet, il y a un mois, la société KrebsOnSecurity aux Etauts-Unis et la société OVH en France ont fait l'objet d'une attaque similaire. Enfin, le journaliste Stanislas Tarnowski s’interroge de savoir si nous sommes à la veille d'une "cyberguerre mondiale"?[4]

Sources

[1] Martin Untersinger, Le Monde - Une cyber attaque massive perturbe de nombreux sites internet aux États-Unis, [en ligne le 21/10/2016, consulté le 27/10/2016] http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/10/21/une-cyber-attaque-massive-perturbe-de-nombreux-sites-internet-aux-etats-unis_5018361_4408996.html#GbpXfdrBjii2rRMb.99
[2] Christophe Auffray, Le Znet - Le service DNSDyn attaqué : Redit, Spotify, Twitter, ... trébuchent, [en ligne le 21/10/2016, consulté le 27/10/2016] http://www.zdnet.fr/actualites/le-service-dns-dyn-attaque-reddit-spotify-twitter-trebuchent-39843682.htm#xtor=123456
[3] Maryse Gros, Le monde informatique - Une attaque DDoS de grande ampleur perturbe Internet aux Etats-Unis et en France [en ligne le 22/10/2016, consulté le 27/10/2016] http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-une-attaque-ddos-de-grande-ampleur-perturbe-internet-aux-etats-unis-et-en-france-66305.html
 [4]Stanislas Tarnowski, Sputniknews - Sommes-nous à la veille de la première cyberguerre mondiale ? [en ligne le 24/10/2016, consulté le 27/10/2016] https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610241028348249-cyberguerre-mondiale/

La gestion des données se mêle de robotique !

La robotique prend une place de plus en plus importante dans la société. De nombreuses entreprises dans plusieurs domaines (l'agriculture, l’aéronautique, la logistique mais aussi bien dans d'autres secteurs tel que la médecine ou l'hôtellerie) font appel aux robots ou "cobots"* pour améliorer leur compétitivité. Si, dans un premier temps, le rôle des machines était lié à l'automatisation, aujourd'hui avec l'association du numérique à la robotique, de nombreux systèmes se développent. Les machines travaillent seules, ou en collaboration avec l'être humain mais aussi parfois elles échangent entre elles. Toutes ces informations demandent donc à être traiter de manière particulière. C'est ainsi que l'on voit apparaitre un concept qui met les avancées numériques au service de la robotique c'est Usine 4.0 [2].

La multiplication des capteurs et l’accélération des échanges d'information créent de nouveaux besoins. Notamment dans la gestion des données produites et utilisées par ces nouvelles machines. En se robotisant la société doit apprendre à gérer de mieux en mieux les données numériques récoltées, afin d’améliorer leur traitement et d'optimiser leurs utilisations. Car "Les données représentent l’un des maillons essentiels de cette convergence. « Dans l’industrie, on ne fait pas du Big Data mais du Smart Data. Et le Smart Data, c’est capter la bonne donnée, la transformer (ou la contextualiser) et s’en servir pour optimiser son procédé de fabrication » indique Serge Catherineau" [2]. Il apparaît donc un besoin de gestion des données et de contrôle de l'information. 

De plus, comme le souligne Matthieu Lassalle, directeur général de Rockwell Automation France [1] : "pour piloter finement les ateliers, il faudra donner du sens à un grand nombre d’informations présentes dans les machines et les différents systèmes de productions et d’exploitation. Toutes les données relevées par les différents capteurs permettant aux robots d'agir devront être remontées vers des serveurs afin d’être traitées et stockées. On peut donc se poser la question du rôle que peut prendre le professionnel de l'information en participant à cette évolution de la société. 


Sources :
[1] Pierre Thouverez, Une relation homme machine plus collaborative, Technique de l'ingénieur, publié le 26.10.2016 et consulté le 27.10.2016.
[2] Pierre Thouverez, L'usine 4.0, c'est quoi?, Technique de l'ingénieur, publié le 26.10.2016 et consulté le 27.10.2016. 
[3] Pierre Thouverez, Le numérique et la robotique au service de l'agriculture, Technique de l'ingénieur, publié le 26.10.2016 et consulté le 27.10.2016.

Pour aller plus loin : 
Alexiane Agullo, Abderrahmane Khedda, Adrien Escande, Des robots humanoïdes dans les usines aéronautiques de demain, CNRS, Communiquer de presse, publié le 12 fèvrier 2016 et consulter le 27.10.2016.
Pierre Thouverez, les robots partent à la conquête des entrepôts, Technique de l'ingénieur, publié le 28.09.2016 et consulté le 27.10.2016. 

* le terme cobot est un néologisme imaginé en 1999 par Edward Colgate et Michael Peshkin, professeurs à la Northwestern University.

lundi 24 octobre 2016

Moodle : la plate-forme des universités françaises


Dans Le campus numérique, version moodle, Évelyne Jardin présente l'état actuel de l'utilisation de la plate-forme Moodle au sein des universités françaises. [1]

Qu'est-ce que Moodle ?
Moodle est un acronyme, celui de Modular object-oriented dynamic learning environment qui signifie "Environnement orienté objet d'apprentissage dynamique modulaire". Plus explicitement : "Moodle est une plateforme d'apprentissage destinée à fournir aux enseignants, administrateurs et apprenants un système unique robuste, sûr et intégré pour créer des environnements d'apprentissages personnalisés."[2]. De ce fait, l'outil se destine à tout établissement d'enseignement. 

Une installation simple, personnalisable et à moindre coût.
L'utilisateur -ici l'université- choisit sa formule : un téléchargement direct sur le site ou un partenariat avec une des soixante entreprises dites "partenaires Moodle". Ceux-ci s'emploient à la construction de la plate-forme ainsi qu'à son déploiement au sein de l'université. Plate-forme open-source, Moodle présente l'intérêt majeur d'être personnalisé et agrémenté par les "partenaires Moodle" et les développeurs via un forum. En effet, peu ergonomique au premier abord, les plateformes tendent à être de plus en plus à l'image de leurs établissements. [3]  En outre, l'installation revient à un coût de 10 à 20 euros par étudiant quelque soit la formule. Moodle, entreprise australienne d'une trentaine de développeurs, se définit grâce à ses "partenaires" comme une véritable communauté qui forme ainsi d'autres communautés.

Utilisation des élèves et des professeurs : pour une amélioration des cours ?
Essentiellement utilisée pour déposer et partager des cours, la plate-forme Moodle a un véritable espace personnel pour chaque utilisateur. Ainsi, l'étudiant peut également déposer des devoirs, consulter ses notes ou commenter des forums initiés par ses professeurs. De plus, l'utilisation que les étudiants font de la plate-forme peut indiquer les possibilités d'évolution de celle-ci. Moodle est en effet interrogeable et peut fournir des statistiques d'utilisation. Ces statistiques feront sans doute l'objet d'une analyse afin d'améliorer l'offre de formation pour les étudiants et les outils pour.

Plébiscitée et utilisée par plus de 86% des universités françaises, Moodle est donc LA plate-forme de l'enseignement supérieur et donc le point d'entrée principal du numérique au sein des campus.

Sources :

[1] JARDIN Évelyne, Le campus numérique, version moodle [en ligne], consulté le 24-10-2016, http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/le-campus-numerique-version-moodle.html
[2]  Définition communiquée sur le site web de la plate-forme, consulté le 24-10-2016, https://docs.moodle.org/2x/fr/%C3%80_propos_de_Moodle 
[3] Nous renvoyons ici à deux plateformes Moodle, celle de l'Université de Besançon (consulté le 24-10-2016, http://ent.univ-fcomte.fr/render.userLayoutRootNode.uP) et celle de l'Université de Paris Descartes (consulté le 24-10-2016, http://moodle2.parisdescartes.fr/)