jeudi 20 octobre 2016

Une avancée dans la gestion de l'information, la gouvernance de l'information.


L’information est devenue une richesse primordiale pour les organisations mais elle nécessite un arsenal de politiques, de procédures et de pratiques pour assurer une gouvernance efficace qui soit comprise et adoptée par tous.

Cependant, le concept de gouvernance de l’information est encore immature et la question que soulève cet article [1] , est l'aspect novateur de cette gouvernance dans la gestion de l'information.

Jürg Hagmann aborde le sujet à partir d’une perspective de gestion des documents et de l’information (RIM : Records and Information Management) et tente d’identifier certains aspects critiques, des éléments et des défis essentiels, en s’appuyant sur les leçons tirées de l’expérience d’entreprise dans un contexte mondial.

L'entreprise génère une telle masse d'information que la gestion de ses flux est devenue un enjeu, tout particulièrement quand cette entreprise a une dimension internationale. Très souvent, les moyens mis en place pour maitriser les flux d'information sont associés à des solutions technologiques.
A ces technologies, s'ajoute une démarche de gouvernance de l'information, idéalement voulue par la direction générale des entreprises. Souvent soutenue par une politique de sécurité de l'information, elle suit également les cadres normatifs en vigueur pour la gestion et la conservation des documents. [2]
Ici est mis en avant l'idée que la communication d'entreprise est tout aussi essentielle à la réussite d'un programme de gouvernance de l'information. Elle valorise vraiment l'information comme un actif de l'entreprise et met en évidence l'importance de la gestion du cycle de vie de l'information plutôt que la technologie.

La publication des normes dites de Records Management depuis les années 2000 n'a fait qu'accroître l'enjeu de la maîtrise de la représentation du cycle de vie de l'information, avec des impacts sur le fonctionnement des organismes, les modes d'évaluation, le paramétrage des outils techniques et des systèmes de management. [3]
  
L'amélioration des performances de gestion de l'information dépendrait de la relation qui existe entre la culture organisationnelle de l'entreprise et des intentions de gestion des connaissances des collaborateurs. L'idée de l'étude rapportée par CHANG, Christina Ling-hsing ; LIN, Tung-Ching  [4], est de tenir compte de la diversité des cultures organisationnelles qui incluent des cultures de systèmes fermés, orientées vers les résultats, orientées vers les tâches, fortement contrôlées ou encore des cultures orientées par les professions. 

Finalement, il apparaît que ce sont les facteurs culturels et politiques qui sont décisifs dans l’échec ou la réussite à long terme d’un programme de gouvernance de l'information.


Sources

[1] Jürg Hagmann, "Gouvernance de l’information Véritable innovation dans la gestion de l’information ?", in Les cahiers du numérique (Vol.11- p.208), publié le 02/2015, lu le 20/10/2016
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=LCN_112_0015

[2]  Sylvie Mulochot, "Mise en place d'une entité dans la Gouvernance de l'Information au sein du Groupe Orange : étude des besoins et proposition pour piloter le changement", Mémoires INTD |publié en 2013, lu le 20/10/2016
http://portaildoc-intd.cnam.fr/Record.htm?idlist=17&record=19186765124919049479



[3]  KERN, Gilliane ; HOLGADO, Sandra ; Cottin, Michel, "Cinquante nuances de cycle de vie. Quelles évolutions possibles ?", in Les cahiers du numérique (Vol.15- p.37-76), publié en 2015, lu le 20/10/2016
http://portaildoc-intd.cnam.fr/Record.htm?idlist=1&record=19295797124910139799

[4]  CHANG, Christina Ling-hsing ; LIN, Tung-Ching, "http://portaildoc-intd.cnam.fr/Record.htm?idlist=30&record=19295733124910139159", in Journal of knowledge management (Vol. 19 N° 3 - p.433-455), publié en 2015

lundi 17 octobre 2016

Archive Valley, une nouvelle banque mondiale d'archives audiovisuelles

Cela fait 7 ans que Mélanie Rozencwajg et Jhava Chokli travaillent dans le secteur des archives et de l'innovation.En 2010, elles créent leur studio tech et design ARTCHIVIUMlab, spécialisé dans les installations digitales construites à partir d'images d'archives. Elles ont travaillé pour une trentaine de clients internationaux, dont Zenith, Harcourt ou encore des musées, comme la Cité de la musique et le Quai Branly et ont  participé à de nombreuses conférences sur le thème des archives et de l'innovation dans le monde entier. Leurs années d'expérience les ont naturellement emmenées, en 2015, vers la création de leur nouvelle start-up, Archive Valley.

Archive Valley est une plateforme ayant pour ambition de donner accès à tous les créateurs, à l'offre
d'archives de vidéos disponible aux quatre coins du monde.

« L’archive audiovisuelle est le nouveau pétrole de la créativité, explique Mélanie Rozencwaig,
cofondatrice d’Archive Valley. Qu’elle provienne de Phnom-Penh, Bucarest, New-York, Lusaka ou Angoulême, chaque image remise à la disposition des créateurs du monde est un peu comme une couleur ajoutée à la palette du peintre, elle favorise la créativité. Avec Archive Valley, nous avons souhaité créer un cercle vertueux qui profite à tous en favorisant créativité, diversité et source de richesse ». [1]

Le concept d'Archive Valley vise à mettre directement en contact les détenteurs d'archives avec les producteurs d'images comme sur un "site de rencontre", selon les fondatrices [2], tout en effaçant les frontières géographiques.

En concurrence avec les autres banques d'images comme Getty Images ou Shutterstock, les deux fondatrices misent sur le caractère inédit de leur fonds d'archives. En effet, Archive Valley tisse déjà un réseau de "10 000 fonds locaux méconnus et encore inexploités" à travers une soixantaine de fournisseurs d'archives. La start-up compte déjà 400 utilisateurs professionnels répartis dans plus d'une quarantaine de pays.

Comment ça marche ?


Pour éviter des questions de droits, Archive Valley ne stocke pas les banques d'archives sur sa plateforme. L'offre et la demande d'archives se fait via des algorithmes "maison" de type request-based filter. Ceux-ci se basent sur une grille d’architecture sémantique qui permet de chercher des concordances entre les mots clés entrés par le client et les métadonnées fournies par les propriétaires d’archives[3]. Des filtres, dans le but de simplifier les recherches des demandeurs, tels que "budget", "timing" ou encore "qualité de service", ont été implémentés sur la plateforme. Une base fiable d'ayant-droit ainsi que le catalogue d'offres sont remis à jour régulièrement par la start-up via un algorithme en mode Machine Learning pour répondre aux demandes.[4]

Les tarifs, quant à eux, se font de manière libre entre les clients et les fournisseurs, sans intervention de la part d'Archive Valley. Le paiement se fait via la plateforme sécurisée et la start-up en perçoit une commission.[4]


 La plateforme étant en version bêta fermée jusqu’au 20 novembre, elle n’est accessible qu’aux seuls fonds d’archives tels que l'INA. Elle s’ouvrira prochainement aux sociétés de production, puis aux chaînes télévisées et à terme, de plus en plus au public.


Sources :

[1] Archive Valley fait rayonner les archives audiovisuelles du monde entier, publié le 5 octobre 2016, http://www.infodsi.com/articles/164970/archive-valley-fait-rayonner-archives-audiovisuelles-monde-entier.html

[2] Clémence Jost, Archive Valley : un site de rencontre mondial entre offre et demande d'archives vidéo, publié le 6 octobre 2016, http://www.archimag.com/veille-documentation/2016/10/06/archive-valley-site-rencontre-international-archives-video

[3] Guillaume Périssat, Archive Valley : le Meetic des documentalistes, publié le 26 septembre 2016, http://www.linformaticien.com/actualites/id/41786/archive-valley-le-meetic-des-documentalistes.aspx

[4] Bertrand Lenotre, Archive Valley, le Tinder des archives vidéo, publié le 12 octobre 2016, http://www.digitalbusinessnews.com/archive-valley-tinder-archives-video/

[5] Sébastien bourguignon, #PortraitDeStartuper – Archive Valley – Mélanie Rozencwajg, https://sebastienbourguignon.com/2016/03/07/portraitdestartuper-archive-valley-melanie-rozencwajg-startup-entreprenariat-archivevalley/





Une innovation éditoriale : le livre augmenté ou livre enrichi



L'univers numérique est de plus en plus présent au sein des bibliothèques. Si le numérique fut dans un premier temps utilisé pour faciliter le traitement des collections, les éditeurs aujourd'hui tendent à offrir aux lecteurs des bibliothèques des ouvrages de plus en plus innovants et qui peu à peu modifient la pratique et l'usage de la lecture. 
C'est le cas ici pour ce que l'on appelle "les livres enrichis " à destination des jeunes publics. Un article de BBF (Bulletin des Bibliothèques de France) écrit par Olivier Rampenoux, Géraldine Cohen et Cyril Bechemin fait le point sur cette innovation[1].


Définition du livre enrichi

Le livre enrichi propose des contenus qui complètent le texte ou les illustrations par des hyperliens. L'enfant à ainsi accès à des définitions de termes, des vidéos, une lecture audio de la page. "L'ebook enrichi est un produit hybride empruntant à l'animation, au cinéma, au jeu vidéo et à la culture internet" [1]. 


Points faibles et points forts de cette innovation

Ce nouveau support qui permet une grande interaction et rend l'enfant acteur de l'histoire qu'il lit, est encore peu présent au sein des bibliothèques. Si les tablettes et smartphones permettent leurs consultations, le manque de couleurs sur les liseuses actuelles des divers marques existantes (Kindle, Kobo, Bookeen..etc) empêchent leur consultation.

D'un point de vue technique, le livre enrichi ou augmenté ne permet pas encore une production industrielle. Son format s'appuie sur l'HTML et XML. L'arrivée prochaine HTML5 et CSS3 autorisera une meilleure intégration des sons et de la  vidéo [2] et donc une plus grande interactivité. Malgré ces futures évolutions, l'édition de livres numériques reste figée sur le format Epub.Car l'Epub a été conçu de façon à ce que le lecteur s'imagine lire un ouvrage papier.

D'un point de vue cognitif, les acteurs de médiations culturelles ainsi que les enquêtes menées sur ce nouveau support tendent à montrer que le livre augmenté suscite quelques craintes. Ainsi il pourrait être perçu plus comme un bien de consommation, invitant l'enfant à jouer avec les applications plus qu'à motiver l'envie de lire et développer l'imagination.
Il pourrait également être perçu comme un promoteur du son et non de l'écrit.

D'un autre côté, le livre enrichi permet à l'enfant de progresser à son rythme dans l'apprentissage de la lecture. La lecture devient un véritable jeu. L'enfant peut même influer sur le cours de l'histoire en interagissant avec le livre. C'est le cas pour La sorcière sans Nom des éditions Slim Criket.

Livres disponibles sur le marché de l'édition

Les livres augmentés ne sont pas encore assez visibles sur le marché éditorial néanmoins, il est possible de trouver des éditions très originales.

Ainsi le document Bleu de toi des éditions CotCotCot-apps.com invite les adultes à enregistrer une version orale de l'histoire et ainsi crée une relation privilégiée enfants/parents au travers du livre numérique enrichi.

La Sorcière sans Nom (éditions Slim Criket), raconte l'histoire d'une sorcière acariâtre qui faute d'avoir un nom ne peut entrer en communication avec son entourage. Au long du récit, elle invite le lecteur à l'aider dans de multiples aventures, jusqu'à ce qu'il lui donne un nom. Ainsi nommée, la Sorcière peut enfin accéder à une vie sociale.

L'herbier des fées des éditions Albin Michel, a pris pour parti de n'utiliser le son qu'en bande sonore et de matérialiser les silences. Ainsi les films qui accompagnent la lecture stoppent le son car pour approcher les fées, il faut agir en silence. Ce choix de n'utiliser la musique qu'en arrière plan immerge le lecteur dans le récit.

Conclusion

Le livre enrichi à destination des jeunes publics n'en est encore qu'a ses balbutiements. Les prouesses technologiques (HTML5 et CSS3) vont le rendre de plus en plus interactif. Afin de le rendre attractif auprès des structures de lecture publique et des familles, il convient aux éditeurs de prendre en compte la finalité de ces nouvelles éditions à savoir encourager l'apprentissage de la lecture. Par ailleurs, le développement de ces nouvelles éditions pourraient encourager la création de livres enrichis à destination cette fois des adultes.

Sources :

1.Olivier Rampnoux, Géraldine Cohen, Cyril Bechemin, Le livre parle à ses lecteurs, in BBF. 17/10/2016 (consulté le 17/10/2016) disponible sur:

2.Bernard Prost, Xavier Maurin, Medhi Lekehal, Le livre numérique in BBF.17/10/2016 (consulté le 17/10/2016) disponible sur :
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2013-06-0097-011

dimanche 2 octobre 2016

Blog Universdoc ... suite

Une nouvelle promotion va intégrer le 3 octobre prochain la formation de Chef de projet en ingénierie documentaire et gestion des connaissances de l'INTD-Cnam.
Le blog UniVersDoc va donc reprendre du service et nos élèves, un peu fébriles au début mais toujours aussi pertinents, vont s’atteler à vous livrer leurs billets de veille toutes les semaines jusqu'en juin 2017.

Cette mise en situation professionnelle se renouvelle depuis 2009 et trouve un écho toujours grandissant auprès des professionnels.

Une nouveauté cette année, à chaque billet sera affecté une classe qui correspond à un axe de veille du portail documentaire de l'INTD.  Pour aller plus loin nous vous proposons d'exploiter le portail documentaire de l'INTD http://portaildoc-intd.cnam.fr. N'hésitez pas à demander un identifiant vous pourrez ainsi personnaliser votre espace de veille.






N’hésitez pas à nous contacter pour plus d'information : crd@cnam.fr









Adriana Lopez Uroz

mardi 17 mai 2016

Surfez sur le Web avec Vivaldi.


Il est bien connu que la musique adoucit les mœurs. Pour autant quand on parle de Vivaldi, on ne se réfère pas ici au célèbre compositeur des quatre saisons mais bien à un navigateur récemment développé par Jon Von Tetzchner [3] et son équipe. Qu'apporte-il vraiment aux utilisateurs ? Quelle position par rapport à Firefox ou Google Chrome ?

D'Opéra à Vivaldi, il n'y a qu'un pas.

L'histoire de Vivaldi se relate à celle d'Opéra. En effet, développé en 1994, Opéra avait pour objectif, "d'être un navigateur rapide, capable de fonctionner sur un matériel peu puissant tout en gardant à l'esprit que chaque utilisateur était différent avec des besoins propres'' [1]. 

Au fil du temps et à mesure que la communauté d'Opéra s'agrandissait, d'autres objectifs ont vu le jour. Afin de répondre aux nouveaux besoins des utilisateurs, l'équipe d'Opéra, s'est mis à développer un nouveau navigateur doté de nombreuses fonctionnalités [1 et 2].




Vivaldi : une gamme de fonctionnalités.

Faire une recherche pour trouver des réponses est le principe même de n'importe quel moteur de recherche. Proposer des fonctionnalités sympathiques afin de rendre son utilisation plus agréable et ergonomique aux yeux de l'utilisateur est encore mieux.

Vivaldi, au delà d'une navigation rapide (exemple : les speed dial qui permettent par des liens rapides et visuels d'avoir accès à nos sites préférés, accessibles à partir de chaque nouvel onglet [1]) et intelligente (possibilité de prise de notes pendant la navigation et copie d'écran), offre en autre à l'utilisateur : 
  • Une gestion avancée des onglets (sous forme de session, de pile d'onglets ou la capacité de restaurer les onglets supprimés).
  • Des signets (par des barres ou en lui attribuant un surnom).
  • Une personnalisation de l'apparence pour rendre la navigation plus agréable aux yeux des utilisateurs (colorisation de l'interface, zoom de la page etc). 
Très prometteur et accessible gratuitement, Vivaldi peine cependant à gagner des parts de marchés bien occupé par Google Chrome et Firefox [2] mais nul doute que ses nombreuses fonctionnalités et sa simplicité font faire parler de lui et permettre aux mordus du Web d'accéder à une source de connaissances riche autre que Google.

1. ECHOSDOC. Vivaldi : nouveau navigateur. In Blog Logiciels Documentaires [en ligne]. 17/05/2016. (Consulté le 17/05/2016). Disponible sur : http://www.echosdoc.net/2016/05/vivaldi-nouveau-navigateur/

2. PIRAINA, Alexis. Tour d'Horizon de Vivaldi, le navigateur des powers users. In Blog Numérama [en ligne]. 07 Avril 2016. (Consulté le 17/05/2016). Disponible sur : http://www.numerama.com/tech/161438-tour-dhorizon-de-vivaldi-le-navigateur-des-power-users.html

3. VIVALDI (NAVIGATEUR WEB). In Wikipédia. (Consulté le 17/05/2016). Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vivaldi_%28navigateur_web%29



mercredi 4 mai 2016

Fin de la Hadopi en 2022 ?

Est-ce fini pour Hadopi ? Durant la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 avril, on a voté à l'Assemblée nationale pour la suppression de la Hadopi en février 2022. C’était dans le cadre de l'examen d’une proposition de loi sur le statut des autorités administratives indépendantes (AAI) et des autorités publiques indépendantes (API). [1]

Pour rappel, Hadopi est la haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet. Elle est issue d'une loi du 12 juin 2009 [2] suivie par une loi du 28 octobre 2009 [3].
Elle a quatre missions imposées par le législateur :
  • La protection des œuvres sur internet (riposte graduée)
  • L'encouragement au développement de l'offre légale présentée sur son site OffreLegale.fr
  • La régulation des DRM et autres mesure de protection des droits
  • La labellisation de moyens de sécurisation

Juridiquement parlant, elle ne sanctionne pas le fait de copier ou de partager des œuvres en ligne, mais le fait pour l'internaute de ne pas avoir empêché que son accès à internet soit utilisé pour pirater.
En effet, elle a été créée principalement pour mettre en oeuvre la riposte graduée ou "réponse graduée". C'est une procédure qui vise d'abord à avertir l'internaute par mail puis par courrier recommandé pour le prévenir qu'il risque une sanction (au maximum une amende de 1500 euros) s'il continue à pirater sur internet. [4]

Au total, Hadopi a coûté 59.72 millions d'euros de subventions de l'Etat depuis sa mise en route en 2010. Ceci dit, le piratage n'a pas davantage diminué en France que dans les autres pays et la procédure n'a abouti qu'à 7 condamnations prononcées pour plus de 6.5 millions de courriels envoyés [5].

C'est pourquoi le web s'emballe depuis l'adoption de l'amendement qui supprimera l'institution Hadopi. Cependant, il n'en va pas de même pour la riposte graduée. Et cela pour plusieurs raisons :
  • Seule la première sous-section du code de la propriété intellectuelle [6], qui intitulée "compétences, composition et organisation", sera supprimée le 4 février 2022. Les trois autres sont conservées.
  • On pourra facilement transférer la riposte graduée à une autre autorité administrative comme le CSA ou l'ARCEP par exemple
  • Le Sénat pourra annuler la disposition lors de son examen de la proposition de loi
  • Enfin, la prochaine majorité à l'Assemblée nationale aura cinq ans jusqu'à 2022 pour voter un amendement qui supprimera l’article qui supprime Hadopi [7].
L'affaire n'est donc pas close et la fin de l'institution n'est en rien celle de la loi. 


Sources :

[1] Alain Beuve-Mery. « Hadopi : et si la partie s’arrêtait le 4 février 2022 ? ». [En ligne]. 30 avril 2016. [Consulté le 4 mai 2016]. http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/04/30/hadopi-et-si-la-partie-s-arretait-le-4-fevrier-2022_4911356_3234.html



[4] Guillaume Champeau. « Hadopi : une FAQ pour tout savoir ». [En ligne]. 18 avril 2016. [Consulté le 4 mai 2016]. http://www.numerama.com/politique/129728-hadopi-faq-savoir.html

[5] Guillaume Champeau. « D’ici sa mort en 2022, la Hadopi aura coûté plus de 100 millions d’euros ». [En ligne]. 29 avril 2016. [Consulté le 4 mai 2016]. http://www.numerama.com/politique/167402-budget-hadopi.html

[6] « Legifrance.gouv.fr ». [En ligne]. Version consolidée au 25 avril 2016. [Consulté le 4 mai 2016]. https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414

[7] Guillaume Champeau. « Non, la loi Hadopi ne va pas mourir ». [En ligne]. 29 avril 2016. [Consulté le 4 mai 2016]. http://www.numerama.com/tech/167495-non-loi-hadopi-ne-va-mourir.html

Les "biens communs" vont-ils réussir à s'émanciper ?

Les "biens communs" sont des ressources ni privées ni publiques, mises à disposition dans une dynamique collective, pour être partagées suivant certaines règles d'accès et d'usage.
L'enjeu est de transmettre les connaissances acquises au plus grand nombre, tout en conservant un environnement informationnel intègre, dans lequel les droits de chacun sont respectés, ce qui sous entend une politique responsable au niveau mondial, européen et national.
Ce défi constitue aujourd'hui une nécessité dans la démarche d'innovation de la recherche scientifique, mais n'a toujours pas abouti à un consensus en France.


La libre circulation de l'information : réduction des inégalités ?
Le numérique, vecteur naturel des "biens communs", ouvre la voie à la profusion de l'information, sans coût apparent, et à des pratiques sociales de partage généralisé.
Le but est de faciliter la réutilisation, ce qui implique de rendre les données accessibles, intelligibles, fiables et interopérables, et donc dans des modèles standards [1].
Cette ouverture s'inscrit cependant dans un monde "réel", avec ses disparités technologiques, législatives, ses divergences de moyens et de taille d'acteurs, et des finalités mises en jeu différentes. La communication de Ghislaine Chartron et Evelyne Broudoux [2] détaille ainsi ces différentes "asymétries" mondiales et la contradiction qui existe entre la disponibilité offerte et sa concrétisation finale.

Zoom sur les données de la recherche
Des initiatives locales au sein des organismes de recherche sont prises pour encadrer le mouvement de "science ouverte" (open science), comme celle du Comité consultatif commun d'éthique Inra-Cirad [1]. L'objectif est d'organiser et de coordonner les décisions et actions de manière centralisée, permettant l'accès ouvert aux données scientifiques des administrations publiques. Le respect des conditions de préparation des données afin de les standardiser en est la clé.
Le projet DoRANum (Données de la Recherche: Apprentissage NUMérique à la gestion et au partage) du réseau des Urfist et de la Bibliothèque Scientifique Numérique propose quant à lui un dispositif de formation des professionnels de l'information, y compris les chercheurs, afin d'acquérir les bonnes pratiques de valorisation des données mises à disposition du public [3].

Quelle politique nationale ?
Au cœur de l'amendement de l’article 18 bis de la loi numérique de début 2016, le "Text and data mining" ou TDM, permet de donner à l'information sa dimension de "bien commun" pour Savoircom1 [4]. L'ambition est de mettre à disposition dans le domaine public le contenu des corpus scientifiques "en licence Creative Commons « Zéro » CC0".
Pour les défenseurs de TDM, il est primordial pour la France de se rallier à des pays tels que les États-Unis, le Canada, le Japon et la Grande-Bretagne au sein d'une loi qui autorise la fouille automatique des données scientifiques, et ainsi aider les avancées de la recherche grâce aux "analyses et découvertes contenues dans ces productions scientifiques" [5].
Dans sa publication [6], Ghislaine Chartron relate et analyse l'historique et les enjeux soulevés par l'open access, et en particulier l'open science, et met l'accent sur la difficulté en France à trouver un compromis concernant les conditions de diffusion de contenus relevant de droits d'auteurs et du Code de la Propriété Intellectuelle.

Les débats vont-ils aboutir à un consensus ?
Le rapport récent aux ministres chargés de la Culture et de l’Enseignement supérieur sur la « Mission Text and Data Mining » rédigé par Charles Huot, président du Groupement Français de l’Industrie et de l’Information (GFII) a eu pour effet de déclencher la démission des principaux organismes membres de recherche publics.
Son objectif était d'accorder les différentes parties prenantes concernant les modalités et le périmètres des contenus autorisés à être extraits et réutilisés.
L'association EPRIST juge les positions prises comme allant à l'encontre du progrès scientifique, sans mise en marche de la France dans le mouvement européen en matière de droit, donc déconnectées de l'intérêt général et ne répondant pas aux attentes [5].
Le texte remanié du projet de Loi pour une République numérique va être examiné au sénat à la fin du mois d’avril puis fera l’objet d’un dernier vote à l’Assemblée Nationale le 5 mai [4]. Les compromis accordés sont un premier pas vers l'ouverture pour certains, afin que la société en bénéficie pleinement au final.

Va t'on enfin réussir à concilier la protection des communs et la garantie de leur essence même, celle du partage ?

Creative commons CC0 [7]


Sources :

[1] Cirad.  La Recherche Agronomique pour le Développement : "Ethique | Le partage et la gestion des données issues de la recherche" [en ligne]. 11 avril 2016. [consulté le 4 mai 2016]. cirad.fr.
http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2016/ca-vient-de-sortir/ethique-le-partage-et-la-gestion-des-donnees-issues-de-la-recherche.
[2] Ghislaine Chartron, Evelyne Broudoux. CCSD - Archive Ouverte en Sciences de l'Information et de la Communication : "Enjeux géopolitiques des données, asymétries déterminantes" [en ligne]. 19 avril 2016. [consulté le 4 mai 2016]. ccsd.cnrs.fr.
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01304035.
[3] Réseau des URFIST. Urfistinfo : "DoRANum BSN: des ressources de formation et d’auto-formation sur les données de la recherche" [en ligne]. 11 février 2016. [consulté le 4 mai 2016]. urfistinfo.hypotheses.org/.
http://urfistinfo.hypotheses.org/tag/donnees-de-la-recherche.
[4]  Savoircom1 : "Pour une véritable exception text mining dans la Loi sur le numérique!" [en ligne]. 22 avril 2016. [consulté le 4 mai 2016]. savoirscom1.info.
http://www.savoirscom1.info/2016/04/pour-une-veritable-exception-text-mining-dans-la-loi-sur-le-numerique/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Savoirscom1+%28SavoirsCom1%29&utm_content=Netvibes
[5] Thérèse Hameau. Site d'information sur les données de la recherche : "« Mission Text and Data Mining » : beaucoup de bruit pour rien…" [en ligne]. 21 avril 2016. [consulté le 4 mai 2016]. donneesdelarecherche.fr.
http://www.donneesdelarecherche.fr/spip.php?article817
[6] Ghislaine Chartron. CCSD - Archive Ouverte en Sciences de l'Information et de la Communication : "Stratégie, politique et reformulation de l’open access" [en ligne]. 19 avril 2016. [consulté le 4 mai 2016]. ccsd.cnrs.fr.
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01304045
[7] Image du domaine public [en ligne]. 24 avril 2015. [consulté le 4 mai 2016]. Pixabay.
https://pixabay.com/photo-735787/