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mardi 22 décembre 2020

La multiplication des plateformes de streaming : plusieurs origines, un seul engouement

Pourquoi Apple tient tant à son produit "Apple TV" en dépit de l'indifférence dont on fait preuve les utilisateurs jusqu'à présent [1] ? Et pourquoi l’entreprise Amazon donne-t-elle à ses clients "Prime" l'accès à sa plateforme vidéo alors que l'abonnement vise avant tout à accélérer le délai de livraison des produits physiques [2] ? Plusieurs raisons poussent différentes entreprises à intégrer une solution de streaming vidéo à leur gamme de produits. Voyons dans quelle logique s’inscrit la transformation des usages de consommation vidéo.

 

La télévision va sur internet pour continuer d’exister, l'exemple d'Arte 

En 2012, le constat d’un changement à venir dans le mode de consommation des vidéos était déjà dressé [3]. Depuis, le virage numérique s'est opéré et le modes de consommation ont évolué.

En août 2018, Véronique Cayla, la présidente d'Arte France expliquait : « D'ici trois à cinq ans, le modèle de la télévision, tel que nous l'avons connu, sera archaïque, puis disparaîtra, et la télévision aura alors basculé dans l'ère de la délinéarisation. » [4].

En juin 2020, Madame Cayala commentait la consommation de vidéos Arte lors du premier confinement : "En avril, nos audiences numériques ont doublé, à 160 millions de visites. Je m'en réjouis car c'est le fruit de notre politique précoce d'investissement dans le digital. Aujourd'hui, le site Arte.tv reflète toute la richesse et la profondeur de nos contenus, nos chaînes YouTube marchent très bien ainsi que les podcasts." [5].

Le site Arte.tv, est un site de vidéo à la demande propre à la chaîne Arte. TF1 et les chaînes de télévision les plus importantes proposent désormais toutes ce service payant de location ou de vente de film en ligne. Mais comme la citation de la présidente d'Arte France l'indique, la diffusion des vidéos se fait aussi via la plateforme YouTube.

 

YouTube est une composante majeure de la nouvelle télévision présente sur internet



En 2019, 93% des français de 25 à 49 ans regardaient YouTube au moins une fois par jour [6].

La chaîne YouTube Arte a été créée à la fin de l'année 2010. Elle a aujourd'hui plus d'un million et demi d'abonnés et cumule plus de 156 millions de vues [7].

Arte n'est pas un cas isolé, l'ensemble des acteurs traditionnels ont été contraints d'évoluer dans le sens du streaming vidéo pour conserver leur visibilité.
D'autres acteurs audiovisuels traditionnels sont arrivés sur YouTube il y a quelques années. C'est notamment le cas de la SNCF Réseau [8], du journal Le Parisien [9] ou encore de l''Institut National de l'Audiovisuel (INA). Ce dernier est un établissement public spécialisé dans l'archivage et la rediffusion de contenu audiovisuel français [10]. Actuellement, la chaîne YouTube principale de l'INA compte plus de 400 milles abonnés et plus de 110 millions de vues [11].

Comme la télévision, YouTube est désormais un haut lieu de visibilité et d'influence. Les artistes et l'ensemble de producteurs de contenu qui ont quelque chose à vendre peuvent utiliser YouTube pour capter une audience et rediriger les consommateurs, notamment vers d'autres plateformes de streaming vidéo. En effet, sur YouTube, Norman a fait une vidéo pour indiquer que les clients d'Amazon Prime pouvaient aller visionner son spectacle [12]. De même, l’humoriste Vérino renvoie son audience YouTube vers son site personnel de VOD où se trouve ses spectacles complets en accès payant [13].



Les plateformes vidéos se multiplient, les concurrents se positionnent face à Netflix 

Apple TV, Disney+, HBO, Amazon Prime Vidéo viennent concurrencer Netflix.  

Même une offre spécifiquement francophone vient d'être lancée le 20 octobre 2020 : la plateforme de streaming Salto [14]. Elle donne accès à un grand nombre de films et séries diffusés à la télévision française [15].

Disney plus, Amazon Prime Vidéo et Apple TV proposent des prix plus bas que Netflix [16].
Plus cher que ses jeunes concurrents et déjà bien implanté sur le marché du streaming avec plus de 180 millions de clients en avril 2020, Netflix peine à trouver de nouveaux clients et commence à stagner [17] [18].

La plateforme Prime Video propose des vidéos gratuites, comprises dans le forfait Prime pour les livraisons rapides à 50€ par an. Mais elle propose aussi des vidéos payantes à la demande, comme les sites internet des chaînes de télévision classiques [2].

Depuis son lancement en novembre 2019, Apple TV propose des films et des séries à partir de moins de 5€ par mois. En dépit de ce tarif attractif et d'abonnements offerts pour tout achat d'un appareil Apple, le nombre d'abonnés reste relativement faible. Encore récent, le potentiel d'évolution de ce service ne doit pas pour autant être négligé [1].

Si des entreprises, comme Apple et Amazon, n’ayant au départ aucun lien avec la production audiovisuelle, investissent d’importantes sommes d’argent dans leur plateforme vidéo et dans la réalisation de films ou séries, c’est qu’elles y voient une belle opportunité à saisir.

Nous sommes définitivement passé, selon le mot de Régis Debray, de la vidéosphère à l'hypersphère [19]. Nous consommons désormais une part importante de notre énergie et de nos émissions de gaz à effet de serre pour la bande passante internet des vidéos [20] [21].
Le métier de documentaliste audiovisuel existe à part entière [22]. L'avenir nous dira si l'augmentation du nombre de vidéos en circulation impactera ou non l'ensemble des documentalistes, hors du secteur audiovisuel.

 

Sources :

[1] FORBES. Apple TV+ : Pourquoi Apple Peine Face À Netflix Et Disney+ ?. Publié le 06/02/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.forbes.fr/business/apple-tv-pourquoi-apple-peine-face-a-netflix-et-disney/>

[2] AMAZON. About Amazon Prime. [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.amazon.com/gp/help/customer/display.html?nodeId=201910360>

[3] REVUE RESEAU | CAIRN. La fin de la télévision ?. Publié le 15/11/2012 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.cairn.info/revue-reseaux-2012-5-page-43.htm>

[4] LES ECHOS. Arte pousse ses pions dans le numérique. Publié le 29/08/2018 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/arte-pousse-ses-pions-dans-le-numerique-137512> 

[5] LE FIGARO.Véronique Cayla: «Arte a démocratisé l’accès à la culture et séduit les jeunes publics». Publié le 14/06/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.lefigaro.fr/societes/veronique-cayla-arte-a-democratise-l-acces-a-la-culture-et-seduit-les-jeunes-publics-20200614>

[6] THINK WITH GOOGLE. YouTube, 27 minutes d'attention et d'opportunités. Publié en novembre 2019 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.thinkwithgoogle.com/intl/fr-fr/strat%C3%A9gies-marketing/video/infographie-mediametrie-youtube-27-minutes/>

[7] YOUTUBE. Arte, à propos. 2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/c/arteplus7fr/about>

[8] YOUTUBE. SNCF Réseau, à propos. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : < https://www.youtube.com/c/sncfreseau/about>

[9] YOUTUBE. Le Parisien, à propos. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/c/LeParisien/about>

[10] LE MONDE. YouTube va mettre en ligne 57 000 vidéos issues du fonds de l'INA. Publié le 27/03/2012 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/03/27/youtube-va-mettre-en-ligne-57-000-videos-issues-du-fonds-de-l-ina_1676174_651865.html>

[11] YOUTUBE. INA Société, à propos. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/c/Inasociete/about>

[12] YOUTUBE. Norman fait des vidéos - Quand tu oublies ton mot de passe... (Norman). Publié le 11/12/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/watch?v=1-1MOuvp2KA>

[13] VOD.VERINO [en ligne]. Consulté le 22/12/2020 [en ligne]. Disponible à l'adresse suivante : <https://vod.verino.fr/>

[14] NUMERAMA. Netflix, Disney+, Canal+, OCS : le comparatif 2020 des offres de SVOD en France [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.numerama.com/pop-culture/541742-netflix-amazon-canal-ocs-apple-tv-le-grand-comparatif-2019-des-offres-de-svod-en-france.html>

[15] SALTO. TV et Streaming en illimité [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.salto.fr/>

[16] LA TRIBUNE. Comparatif des offres de streaming en France. Publié le 16/10/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/netflix-amazon-appletv-disney-comparatif-des-offres-de-streaming-en-france-832844.html>

[17] 01NET. Grâce au confinement, Netflix explose son nombre d’abonnés. Publié le 22/04/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.01net.com/actualites/grace-au-confinement-netflix-explose-son-nombre-d-abonnes-1898693.html>

[18] FORBES. Disney+ Bat De Nouveaux Records, Netflix S’Effondre. Publié le 13/12/2019 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.forbes.fr/finance/disney-bat-de-nouveaux-records-netflix-seffondre/>

[19] MEDIOLOGIE.ORG. Louise Merzeau (1963-2017) et Régis Debray : Médiasphère. Publié le 01/08/2018 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.mediologie.org/mediasphere-181>

[20] LES ECHOS. Publié le 28/06/2019 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/netflix-et-youtube-les-deux-poids-lourds-des-autoroutes-de-linformation-1033939>

[21] YOUTUBE. Konbini - Jancovici : Pourquoi vous polluez quand vous êtes sur Internet ?. Publié le 07/06/2019 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/watch?v=muBTIVjS8sA

[22] ARCHIMAG. Documentaliste audiovisuel. Publié le 12/01/2018 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.archimag.com/emplois/job/2018/01/12/une-documentaliste-audiovisuel-%E2%80%93-clichy-9>

Pour en savoir plus : 

YOUTUBE. Marketing Mania Daily - Guerre du streaming : Qui va tuer Netflix ?. Publié le 08/12/2020 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.youtube.com/watch?v=U4EqndLoNBw>

PWC. The streaming shekup (2013-2018). Publié en 2019 [en ligne]. Consulté le 22/12/2020. Disponible à l'adresse suivante : <https://www.pwc.com/us/en/services/consulting/library/consumer-intelligence-series/consumer-video-streaming-behavior.html> ou en pdf à l'adresse suivante : <https://www.pwc.com/us/en/services/consulting/library/pdf/consumer-video-streaming-behavior.pdf>


vendredi 18 décembre 2020

Le dépôt légal des podcasts : vers une adaptation de la réglementation ?

Disponibles à la demande, ils vous parlent au creux de l’oreille : les podcasts confirment leur succès croissant. Data.gouv.fr, la plateforme ouverte des données publiques françaises, met à disposition depuis début novembre le premier jeu de données officiel référençant les podcasts français archivés par l’Institut National de l’Audiovisuel. [1] Cette collecte, réalisée dans le cadre du dépôt légal, illustre un besoin de clarification juridique du code du patrimoine.

Ces dernières années, le podcast a transformé l’offre radio. Selon une mesure réalisée par Médiamétrie, plus de 99 millions d’écoute de podcasts ont été réalisées au mois de juin 2020 ! [2] Basé sur le mode de consommation « A la demande », l’auditeur peut choisir de l’écouter facilement à tout moment, en tout lieu et sur tout support. Sans recours nécessaire à l’écran, le podcast stimule l’imaginaire de l’auditeur, tout en lui permettant d’être libre de réaliser d’autres tâches pendant son écoute. Les genres de podcasts sont multiples (information, fiction, documentaire…).[3] Les auditeurs privilégient les thématiques centrées autour de l’actualité et du divertissement.[2]

Original ou natif ?             

A l’origine, le podcast correspond à une nouvelle mise à disposition pour écoute d’une émission diffusée à la radio. 

Apparu depuis quelques années, le podcast natif est une offre de contenu ne faisant, quant à elle,  pas l’objet d’une diffusion préalable à la radio. De nombreux éditeurs privés tels que des producteurs ou des plateformes dédiées créent et publient des podcasts natifs. [4] 

A ce jour, les podcasts originaux sont encore les plus écoutés mais la part d’écoute des podcasts natifs évolue de manière rapide et significative. Le podcast natif est plébiscité par un public jeune (composé aux deux tiers de personnes de moins de 35 ans). [2]

Un jeu de données inédit

Le jeu de données publié par l’Institut National de l’Audiovisuel recense près de 5300 « émissions » de podcasts. Mais ce sont bien tous les épisodes des podcasts correspondants qui sont collectés de manière détaillée. Cette collecte est très récente puisqu’elle n’a commencé qu’en 2020. [1]  Ce jeu exhaustif est donc le premier du genre mis à disposition. 

Quel est le périmètre de cette collecte qui est réalisée dans le cadre du dépôt légal ? Les podcasts originaux ? Les natifs ? Ou les deux ?

Le dépôt légal des podcasts : une ambiguïté à lever

La mémoire du patrimoine audionumérique est conservée grâce au dépôt légal, qui concerne tout document diffusé au public.[4] Sur le territoire français, trois organismes gèrent le dépôt légal : la Bibliothèque Nationale de France (BnF), l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) et le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée). [5]

Le dépôt légal du web audiovisuel a été instauré par la loi DAVSI (Droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information) de 2006 et a été confié à l’INA, qui à ce jour réalise la collecte de plus de 15300 sites. [1] [6]

Sur un plan juridique, les podcasts originaux et natifs sont traités dans deux catégories distinctes et relèvent de deux organismes différents [4] :

  • Les podcasts originaux étant des documents sonores diffusés par les services de radio, leur dépôt légal est géré par l’Institut National de l’Audiovisuel (Article R132-34 du Code du patrimoine [7]) ;
  • Les podcasts natifs étant des « contenus faisant l’objet d’une communication au public par voie électronique », leur dépôt légal est confié à la Bibliothèque nationale de France (Article R132-23 du Code du patrimoine [7]). 

Au regard de ces définitions, le jeu de données de l’INA ne référence que des podcasts originaux. 

Or, le rapport Hurard [4], qui dresse un état des lieux de l’écosystème de la création audionumérique et tout particulièrement des podcasts, souligne une ambiguïté. Dans les faits, il s’avère que l’Institut National de l’Audiovisuel réalise une collecte des podcasts plus large que ses attributions officielles car elle référence également les podcasts natifs. 

Pour appréhender l’éventail des informations fournies par l’INA dans le jeu de données publié récemment, il ne convient donc pas de se baser sur l’application du code du Patrimoine, mais sur les règles d’usage en cours. Ainsi le jeu de données publié par l’INA contient tout type de podcasts : originaux et natifs, publics ou privés. 

Une évolution du code du patrimoine semble nécessaire pour inscrire cette règle d’usage dans la réglementation afin de l'adapter au dépôt légal des podcasts natifs. [4] 


Sources :

[1] Data.gouv.fr. Podcasts français [En ligne]. Data.gouv.fr, Publié le 09 novembre 2020 [Consulté le 24 novembre 2020]. < https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/podcasts-francais >

[2] OSMANIAN MOLINERO, Laure. Le podcast, un format à fort potentiel [En ligne]. Mediametrie.fr, Publié le 16 septembre 2020 [Consulté le 26 novembre 2020]. < https://www.mediametrie.fr/fr/le-podcast-un-format-fort-potentiel >

[3] BOUTON, Rémi. Podcast : le grand retour du son. Nectart, 2020/1, n° 10, p.96-103. Disponible en ligne : [Consulté le 24 novembre 2020]. < https://www.cairn.info/revue-nectart-2020-1-page-96.htm >  

[4] HURARD, François., PHOYU-YEDID, Nicole. L’écosystème de l’audio à la demande (« Podcasts ») : enjeux de souveraineté, de régulation et de soutien à la création audionumérique [En ligne]. Ministère de la culture, 19 novembre 2020 [Consulté le 24 novembre 2020]. < https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/L-ecosysteme-de-l-audio-a-la-demande-podcasts-enjeux-de-souverainete-de-regulation-et-de-soutien-a-la-creation-audionumerique >

[5] NEUER, Laurence. A quoi sert le podcast légal ? [En ligne]. Lepoint.fr, Publié le 11 janvier 2020 [Consulté le 26 novembre 2020]. < https://www.lepoint.fr/editos-du-point/laurence-neuer/a-quoi-sert-le-depot-legal-11-01-2020-2357314_56.php >

[6] Inatheque.fr. Les sites web média [En ligne]. Inatheque.fr [Consulté le 02 décembre 2020]. < http://www.inatheque.fr/fonds-audiovisuels/sites-web-media.html >

[7] Legifrance.gouv.fr. Code du patrimoine : Chapitre II : Modalités et organisation du dépôt légal (Articles R-132-1 à R-132-45) [En ligne]. Legifrance.gouv.fr [Consulté le 10 décembre 2020]. < https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074236/LEGISCTA000024240053/#LEGISCTA000024240053 > 


mercredi 2 mai 2018

Du Bruit et de l'Archivage

Un cri de perroquet d'Amérique du Sud, des pleurs de bébé, une horloge ou des applaudissements, des bruits de pas, de cloches, de clés dans une serrure, des chants d'oiseaux, etc... Autant de sons à écouter, réécouter, à superposer, à télécharger, accessibles et mis en ligne par la BBC.

La radio britannique met donc gratuitement plus de 16 000 effets sonores sur le site suivant BBC Sound Effects [1].  Cette  mise en ligne rentre dans le cadre du projet RES (Research and Education Space) comme le fait apparaître l'article de Geekzone [2].
Ce Projet "Research and Education Space" [3] vise à faciliter l’accès du public (enseignants,étudiants, etc.) non seulement aux archives de la BBC mais aussi à celles d'autres grandes institutions britanniques comme le British Museum ou encore la British Library. 

Ils peuvent bien sûr être écoutés en ligne mais aussi téléchargeables au format Wav. Il est possible de demander la permission à la BBC (et payer alors  une redevance) dans le cas d'un usage commercial, toute publicité ou sponsoring utilisant ces fichiers et en respectant les conditions spécifiées à l'article 4.f de la RemArc Licence [4] comme l'indique bien l'article de Fleur Labrunie [5]. L'article  de  Clémence Jost d'Archimag complète ces conditions en rappelant qu'ils peuvent être utilisés gratuitement à des fins personnelles, éducatives ou de recherche [6].

D'autres projets sonores complémentaires sont aussi mis en en avant comme "Conserve the Sound" [7] comme le montre le billet de blog de Libération [8], projet aussi cité par Julien Lausson [9]. "Conserve the Sound", né en 2013, a un objectif très simple : archiver le bruit des appareils qui étaient autrefois utilisés. Il met ainsi en avant les archives sonores du quotidien, rappelant à notre bon souvenir le bruit du magnétoscope ou encore celui du moulin a café.

Nous pouvons y retrouver alors les bruits des appareils et gadgets autrefois populaires comme celui d'un tampon de bibliothèque (familier aux lecteurs ayant connu l’époque où l'on tamponnait leur carte de lecteur), ou encore le son très caractéristique des toutes premières connexions à internet des années 90, à l'époque où celles-ci fonctionnaient à partir des lignes téléphoniques [6].

"Conserve the Sound" est financé par l'organisme allemand de "Film- und Medienstiftug NRW" [10], organisme de financement pour les films tant télévisuels que cinématographiques. C'est un projet participatif, c'est à dire que chacun peut y contribuer et l'enrichir avec ses propres photos et vidéos. Pour cela, il suffit de contribuer, par le biais d'une page dédiée [11] et en respectant quelques règles de format, de nommage, etc. 

Nous avons donc la possibilité de retrouver grâce non seulement à la BBC mais aussi à "Conserve The Sound" nos "madeleines de Proust" sonores. 


Sources :

[1] BBC Sound Effects  http://bbcsfx.acropolis.org.uk/ [Consulté le 2 mai 2018] 

[2] CAFEINE, La BBC vous offre 16 000 effets sonores, Geekzone, 23 avril 2018, https://www.geekzone.fr/2018/04/23/la-bbc-vous-offre-16-000-effets-sonores/  [Consulté le 2 mai 2018]

[3]  Projet RES (Research and Education Space) https://bbcarchdev.github.io/res/ [Consulté le 2 mai 2018]

[4] La remarcLicence,
https://github.com/bbcarchdev/Remarc/blob/master/doc/2016.09.27_RemArc_Content%20licence_Terms%20of%20Use_final.pdf  [Consulté le 2 mai 2018]

[5] LABRUNIE, Fleur, La BBC ouvre une base de données gratuite de 16 000 effets sonores, Numerama, 23 avril 2018, https://www.numerama.com/tech/349315-la-bbc-ouvre-une-base-de-donnees-gratuite-de-16-000-effets-sonores.html [Consulté le 2 mai 2018] 

[6] JOST, Clémence, Télécharger gratuitement 16 000 effets sonores issus des archives de la BBC, c'est possible !, Archimag, 24 avril 2018, http://www.archimag.com/archives-patrimoine/2018/04/24/telecharger-gratuitement-16000-effets-sonores-archives-bbc, [Consulté le 2 mai 2018] 

[7] Conserve The Sound, http://www.conservethesound.de/  [Consulté le 2 mai 2018]

[8] Libération, La BBC met en ligne gratuitement 16 000 effets sonores, 23 avril 2018, http://www.liberation.fr/direct/element/la-bbc-met-en-ligne-gratuitement-16-000-effets-sonores_80910/  [Consulté le 2 mai 2018]

[9] Lausson, Julien, Nostalgiques ? Ce site vous permet de réécouter les bruits de vos vieux appareils, Numerama, 15 avril 2018 , https://www.numerama.com/tech/344164-conserve-the-sound-site-reecouter-bruit-dappareils-anciens.html [Consulté le 2 mai 2018]

[10] Film- und Medienstiftug NRW, https://www.filmstiftung.de/en/about/team/ [Consulté le 2 mai 2018] 

[11] Contribuer à "Conserve The Sound" http://www.conservethesound.de/en/upload  [Consulté le 2 mai 2018] 

mercredi 31 janvier 2018

Le transmédia est mort, vive le transmédia

Bon nombre des franchises médiatiques d'aujourd'hui, qu'il s'agisse de séries télévisées, de jeux vidéo ou de films, dépassent le cadre étroit de leur média "original" pour s'étendre à d'autres médias et plateformes. Pour Henry Jenkins, qui a inventé le terme de "conte transmédia", cette situation n'est pas surprenante, car il est tout à fait dans l'intérêt commercial des industries du divertissement de créer des franchises transmédia. Il y a un vif intérêt à intégrer le divertissement et le marketing, à créer des liens affectifs forts et à les utiliser pour réaliser des ventes additionnelles. Jenkins appelle cette intégration "synergie" et la considère comme une tendance visible.



C'est quoi le transmedia storytelling ?
Le transmédia est la culture participative et convergence des médias qui fournit une plateforme pour la recherche de pointe dans le domaine des études sur les médias, avec un accent fort sur l'impact de la numérisation, de la mondialisation et de la culture des fans. 
Apparu pour la première fois en 1991, le terme de « transmedia storytelling » trouve sa définition en 2006 avec Henry Jenkins, professeur au MIT. Selon lui, c'est un « processus dans lequel les éléments d'une fiction sont dispersées sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonné et unifié. » [1]
Pour y parvenir, l'incarnation de l'histoire dans chaque média doit être satisfaisante en soi, tandis que la jouissance de tous les médias doit être plus grande que la somme des parties - comme l'illustre l'exemple suivant: Figure par Robert Pratten [2]
 
Copyright © 2011, 2015 Robert Pratten
1- L'ancien monde: le tout est inférieur à la somme des parties: conclusion insatisfaisante à la consommation de tous les médias
 2- Le nouveau monde: le tout est plus satisfaisant que la somme des parties: euphorie de collectionner les pièces






Exemples de transmedia storytelling: Game of Thrones
Dans un environnement télévisuel en mutation, les producteurs créent des stratégies narratives afin d'impliquer les téléspectateurs dans leurs arcs narratifs.
La chaîne HBO déploie des stratégies numériques qui s’inspirent des activités de fans (live-tweeting, fanvidéo, fanarts, tumblr, créativité) et s’appuie sur la capacité de ces derniers à créer des contenus et à les partager dans la communauté, le fandom, et dans la sphère publique. Pour Mélanie Bourdaa, "l'objectif pour HBO est de promouvoir leurs séries de façon originale tout en conservant les valeurs qui font la marque HBO aujourd’hui". [3]
Game of Thrones a vu le jour en 1996 sous la forme d'une série de romans fantastiques écrits par George R.R. Martin sous le titre A song of ice and fire. Il a été adapté en tant qu'émission de télévision par HBO en 2011. Depuis lors, elle a élargi son univers narratif à une gamme de produits et de plateformes et a acquis le statut de franchise transmédia. Game of Thrones est plus qu'un exemple de télévision complexe. Ces histoires prennent une autre dimension que celle de la manifestation originale et s'étendent aux produits et plates-formes créés par et sous la direction du réseau HBO.
"Cette série qui fait beaucoup parler d’elle est une championne en matière de street marketing.
En dehors de tous ces autres moyens de promotion, la chaîne a mis le paquet pour faire parler de Game of Thrones, si bien qu’aucun d’entre nous ne peut oublier ce nom, même si l’on ne suit pas la série." [4]:


Les Français ne sont pas prêts à jouer le jeu
Les raconteurs d’histoire ont depuis toujours cherché à plonger les publics dans leurs univers. La réalité virtuelle tente de se présenter comme le degré ultime de l’immersion.
Pour Jérémy Pouilloux, "il est clair que ce genre de produits fonctionnent beaucoup mieux dans le monde anglo-saxon ou dans le nord de l'Europe. Les producteurs y investissent beaucoup plus d'argent et le public a une vraie culture du jeu de rôle et de l'expérience communautaire. En France et en Europe en général, les producteurs n'ont pas encore assez travaillé ces communautés. Cela dit l'engouement et la déferlante de ces productions transmédia est telle dans le reste du monde, que je pense qu'elle finira bien par arriver jusqu'à nous". [5]
                                                                                                                                                        
Conclusion :
Nous sommes entourés d'un océan sans précédent de contenus, de produits et d'opportunités de loisirs. Les gens à qui nous voulons raconter nos histoires ont la technologie pour naviguer dans l'océan et peuvent choisir de naviguer ou de s'arrêter pour écouter.
La technologie et les marchés libres ont permis des niveaux sans précédent de personnalisation et de réactivité, de sorte qu'une politique de "taille unique" n'est plus attendue ou acceptable.
Raconter des histoires sur de multiples plateformes permet d'offrir un contenu de taille correcte, en temps opportun et bien placé pour former une expérience plus vaste, plus rentable, plus cohérente et enrichissante. Ce n'est qu'avec des contes transmédias que nous pouvons placer le public au centre de ce que nous faisons.



Sources: 

[1] MANILEVE, Vincent. "Comprendre le transmédia en 5 points". Inaglobal. Disponible en ligne: Publié le 30 septembre 2014 [consulté le 31 janvier 2018] <http://www.inaglobal.fr/numerique/article/comprendre-le-transmedia-en-5-points-7856>

[2] PRATTEN, Robert. "Getting Started with Transmedia Storytelling". videoturundus.ee. Disponible en ligne: [consulté le 31 janvier 2018] < http://videoturundus.ee/transmedia.pdf>

 [3]  QUINTON, François. "Game of Thrones, le transmédia couronné de succès". Inaglobal. Disponible en ligne: Publié le 17 avril 2014 [consulté le 31 janvier 2018] <http://www.inaglobal.fr/television/article/game-thrones-le-transmedia-couronne-de-succes-7542>

[4]  Estelle. "Séries TV : les meilleures actions de street marketing". trendncom.com. Disponible en ligne: Publié le 13 août 2015 [consulté le 31 janvier 2018] 
<https://trendncom.com/2015/08/13/series-tv-les-meilleures-actions-de-street-marketing/>

[5] SIMEONE, Christine. "Réalité virtuelle, transmédia : quand les Français joueront-ils le jeu ?". Franceinter. Disponible en ligne: Publié le vendredi 6 octobre 2017 [consulté le 31 janvier 2018] <https://www.franceinter.fr/culture/series-tele-realite-virtuelle-3d-transmedia>

Liens externes:

Présentation du MOOC "Comprendre le Transmedia Storytelling" sur FUN : <https://www.france-universite-numerique-mooc.fr/courses/Bordeaux3/07001/Trimestre_1_2014/about?xtor=AL-3> 

GUYNES, Sean et HASSLER-FOREST, Dan. "Star Wars and the History of Transmedia Storytelling". Amsterdam University Press, 2017. En ligne [consulté le 31 janvier 2018]
<http://en.aup.nl/download/9789048537433%20ToC+Intro.pdf>

"Le transmédia dans un contexte muséal et patrimonial". club-innovation-culture.fr. Disponible en ligne: Publié le 02 septembre 2014 [consulté le 31 janvier 2018]
<http://www.club-innovation-culture.fr/le-transmedia-dans-un-contexte-museal-et-patrimonial/>

mardi 3 janvier 2017

Faut-il craindre les images ?

Bruno Devauchelle construit une argumentation qui se déploie pour démontrer la nécessité de comprendre les usages de l'image, et le tort que nous avons de sous-estimer les mutations sociales qui en résultent. Il préconise de travailler à une prise de conscience collective et invite à consacrer un temps d'éducation à leur appréhension pour mieux les maitriser.

Ses arguments ne sont pas minces. Mais sont-ils les seuls sur lesquels s'attarder ?

Que nous dit Bruno Devauchelle ?

Il indique que la fonction des images, qu'elles soient photographies ou vidéos, a varié sur la ligne du temps. Il souligne qu'elles assument désormais un rôle fondamental dans la construction des individus par le fait qu'elles altèrent la perception des repères temporaux et spatiaux puisqu'en effet l'image projette le photographe dans un temps futur, dans lequel il imagine la ré-utilisation qu'il pourra en faire. Il souligne que les photographes ont une représentation du monde "intermédiée", construite par les clichés.
Il ajoute encore que les photos et tout particulièrement la nouvelle catégorie représentée par les selfies s'inscrivent dans une forme de socialité et prennent ainsi le relais des antiques photos de famille ou de groupe où se dessinaient les réseaux sociaux d'alors.

Puis, d'accord en cela avec Benoit Labourdette qui s'exprime dans la revue Esprit, il souligne que la photo de soi est un acte social, qui n'est plus un acte nécessairement mémoriel.

Benoit Labourdette s'attarde cependant plus volontiers sur le fait que l'image vaut désormais locution, qu'elle prend le pas sur l'usage du texte et donc des mots qui avaient la possibilité de s'envoler.
Arrêtons-nous sur Snapshat qui nourrit aisément cette illusion puisque les images disparaissent après quelques secondes. L'image, la photo, la vidéo deviennent ainsi des outils de conversation. Elles ont atteint le statut d'éléments de langage courants. Les images portent sans peine un message et engendre une adhésion émotionnelle plus aisément que des mots.

Hors, en même temps que l'image assure sa prépondérance dans les échanges sociaux, notre vocabulaire perd en consistance, en richesse, en nuance. En court, il s'appauvrit, il s'étrique, il s’affaiblit. Pourtant les mots ont des vertus que n'offrent pas les images : ils construisent le dialogue, le débat, la controverse et permettent de dépasser le langage de l'émotion.

Certaines circonstances cependant s'accordent magistralement avec l'usage des images, dès lors que l'échange se fonde sur l'émotion : quelle meilleure opportunité que le premier jour de l'année pour présenter ses vœux en image ! Les lignes compassées et tristement identiques d'une année sur l'autre se colorent et se renouvellent. Les Français l'ont bien saisi puisque la chute du SMS de réveillon se confirme et s'accélère depuis trois ans au profit du MMS imagé.

Et si, pour mieux appréhender l'image au quotidien et lui donner la place qu'elle mérite, il fallait remettre les mots au cœur des apprentissages ?

Je fais un vœu : si une image vaut mille mots, je souhaite que son usage extrême ne nous prive pas des milliers de mots qui ont fait leur preuve et dont les mérites ne sont pas discutés.


Sources :

Devauchelle Bruno-Quand la photo arrête le temps- Blog du  25/12/2016

Labourdette Benoît-Des vies en images-Revue Esprit n°425 de Juin 2016

Develey Alice-"Notre vocabulaire s'appauvrit, c'est une catastrophe" dans le Figaro du 02/11/2016

"Bonne année" : moins de SMS et plus de MMS-Les Echos du 01/01/2017

lundi 17 octobre 2016

Archive Valley, une nouvelle banque mondiale d'archives audiovisuelles

Cela fait 7 ans que Mélanie Rozencwajg et Jhava Chokli travaillent dans le secteur des archives et de l'innovation.En 2010, elles créent leur studio tech et design ARTCHIVIUMlab, spécialisé dans les installations digitales construites à partir d'images d'archives. Elles ont travaillé pour une trentaine de clients internationaux, dont Zenith, Harcourt ou encore des musées, comme la Cité de la musique et le Quai Branly et ont  participé à de nombreuses conférences sur le thème des archives et de l'innovation dans le monde entier. Leurs années d'expérience les ont naturellement emmenées, en 2015, vers la création de leur nouvelle start-up, Archive Valley.

Archive Valley est une plateforme ayant pour ambition de donner accès à tous les créateurs, à l'offre
d'archives de vidéos disponible aux quatre coins du monde.

« L’archive audiovisuelle est le nouveau pétrole de la créativité, explique Mélanie Rozencwaig,
cofondatrice d’Archive Valley. Qu’elle provienne de Phnom-Penh, Bucarest, New-York, Lusaka ou Angoulême, chaque image remise à la disposition des créateurs du monde est un peu comme une couleur ajoutée à la palette du peintre, elle favorise la créativité. Avec Archive Valley, nous avons souhaité créer un cercle vertueux qui profite à tous en favorisant créativité, diversité et source de richesse ». [1]

Le concept d'Archive Valley vise à mettre directement en contact les détenteurs d'archives avec les producteurs d'images comme sur un "site de rencontre", selon les fondatrices [2], tout en effaçant les frontières géographiques.

En concurrence avec les autres banques d'images comme Getty Images ou Shutterstock, les deux fondatrices misent sur le caractère inédit de leur fonds d'archives. En effet, Archive Valley tisse déjà un réseau de "10 000 fonds locaux méconnus et encore inexploités" à travers une soixantaine de fournisseurs d'archives. La start-up compte déjà 400 utilisateurs professionnels répartis dans plus d'une quarantaine de pays.

Comment ça marche ?


Pour éviter des questions de droits, Archive Valley ne stocke pas les banques d'archives sur sa plateforme. L'offre et la demande d'archives se fait via des algorithmes "maison" de type request-based filter. Ceux-ci se basent sur une grille d’architecture sémantique qui permet de chercher des concordances entre les mots clés entrés par le client et les métadonnées fournies par les propriétaires d’archives[3]. Des filtres, dans le but de simplifier les recherches des demandeurs, tels que "budget", "timing" ou encore "qualité de service", ont été implémentés sur la plateforme. Une base fiable d'ayant-droit ainsi que le catalogue d'offres sont remis à jour régulièrement par la start-up via un algorithme en mode Machine Learning pour répondre aux demandes.[4]

Les tarifs, quant à eux, se font de manière libre entre les clients et les fournisseurs, sans intervention de la part d'Archive Valley. Le paiement se fait via la plateforme sécurisée et la start-up en perçoit une commission.[4]


 La plateforme étant en version bêta fermée jusqu’au 20 novembre, elle n’est accessible qu’aux seuls fonds d’archives tels que l'INA. Elle s’ouvrira prochainement aux sociétés de production, puis aux chaînes télévisées et à terme, de plus en plus au public.


Sources :

[1] Archive Valley fait rayonner les archives audiovisuelles du monde entier, publié le 5 octobre 2016, http://www.infodsi.com/articles/164970/archive-valley-fait-rayonner-archives-audiovisuelles-monde-entier.html

[2] Clémence Jost, Archive Valley : un site de rencontre mondial entre offre et demande d'archives vidéo, publié le 6 octobre 2016, http://www.archimag.com/veille-documentation/2016/10/06/archive-valley-site-rencontre-international-archives-video

[3] Guillaume Périssat, Archive Valley : le Meetic des documentalistes, publié le 26 septembre 2016, http://www.linformaticien.com/actualites/id/41786/archive-valley-le-meetic-des-documentalistes.aspx

[4] Bertrand Lenotre, Archive Valley, le Tinder des archives vidéo, publié le 12 octobre 2016, http://www.digitalbusinessnews.com/archive-valley-tinder-archives-video/

[5] Sébastien bourguignon, #PortraitDeStartuper – Archive Valley – Mélanie Rozencwajg, https://sebastienbourguignon.com/2016/03/07/portraitdestartuper-archive-valley-melanie-rozencwajg-startup-entreprenariat-archivevalley/





lundi 2 novembre 2015

Le nouveau site de la RMN-GP: "Images-d'art"

"Images d'art": Présentation et contexte 


Le mercredi 14 octobre 2015 a été lancé le site "Images d'art"[1]. Ce dernier  réalisé par l'Agence photo de la RMN-GP réunit  plus de 500 000 œuvres d'art se trouvant dans les musées français.

L'objectif du site 

Selon le communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication, cette photothèque a quatre objectifs principaux qui sont les suivants:
  • "S'adresser au grand public"
  • "Favoriser l'Education artistique et culturelle": 
  • "Participer à la mise en place d'un écosystème numérique"
  • "Développer la présence des musées français sur les réseaux numériques."[2]
Le site est un complément de l'autre photothèque tenue par l'Agence photo de la RMN-GP qui permet l'achat de photographie en HD dans une optique commerciale. [3] Par ailleurs, le site Image d'art fait un lien avec le site précédent par l'option de téléchargement.  Si l'utilisateur choisit de cocher la case " Je veux acheter cette image pour en faire un usage commercial et/ou pour obtenir l'image en haute définition.", il est redirigé vers le site commercial de l'Agence photo.

Les fonctionnalités proposées 

Comme le mentionne l'Agence photo de la RMN-GP, l'ergonomie du site choisie veut inciter l'utilisateur à naviguer et à découvrir ses collections. [4]  Ceci est accentué par une présentation en ouverture d’œuvres choisies de manière semi-aléatoire. Par la suite, l'utilisateur peut faire des recherches plus précises (par auteur, période, musée, technique, couleur).

Le site propose aussi de télécharger les images sur son ordinateur et de partager l'oeuvre via un email ou les réseaux sociaux. Cette idée de partage est aussi visible par la possibilité d'intégrer l'image à son sire personnel.

Après une première découverte d'une oeuvre, l'utilisateur a aussi la possibilité d'avoir des informations complémentaires avec la présence d'informations sur l'oeuvre mais aussi par la présence de liens vers les sites des musées conservant l'oeuvre, vers l'encyclopédie Wikipédia et vers les sites: Histoire par l'image [5] et Panorama de l'Art [6], deux sites à vocation pédagogique développés par la RMN-GP.

L'interrogation sur l'accès et la diffusion des biens culturels


A la suite de l'ouverture de ce site, la question de l'accès et la diffusion des œuvres culturelles est à nouveau sur le devant de la scène. Le paiement pour l'obtention de reproductions de biens tombés dans le domaine public fait débat.  En effet, les restrictions faites notamment dans le cas du site d'Image d'art (utilisation non commerciale, partage seulement sur Facebook et Twitter.... ) va à l'encontre du mouvement de l'Open Data visible dans tous les domaines et notamment celui de la culture. Pour illustrer cette idée, d'autres institutions culturelles ont déjà, en France ou à l'étranger, mis à disposition du public les reproductions de leurs œuvres d'art, un des cas emblématique est le Rijksmuseum qui a mis à disposition des utilisateurs les photographies des œuvres qu'il conserve. [7]  Au regard de cette interrogation, il est spécifié sur le site de la RMN-GP que le coût de la reproduction est là pour financer la prise de vue et le traitement de l'image réalisés par l'Agence Photo pour les œuvres du domaine public. [8]  L'ouverture de cette photothèque est à replacer dans le questionnement plus large de l'Open Data et de ces limites.

Sitographie 


[1] RMN-GP, Image d'Art,  [site] Publié le 14/10/2015
http://art.rmngp.fr/fr (Page consultée le 02/11/2015)

[2] MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION, Images d'art, découvrez, collectionnez, partagez les oeuvres des musées français: www.images-art.fr, Publié le 14/10/2015
file:///D:/Users/public.PROTO-INTD/Downloads/20151014_MCC-DP-images-d-art.pdf (Page consultée le 02/11/2015)

[3]AGENCE PHOTO DE LA RMN-GP, Base de l'Agence Photo
http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=Home (Page consultée le 02/11/2015)

[4]AGENCE PHOTO DE LA RMN-GP, blog de l'Images d'Art, Publié le 21/10/2015
http://art.rmngp.fr/fr/bienvenue-sur-le-blog-d-images-d-art (Page consultée le 02/11/2015)

[5]RMN-GP, L'Histoire par l'Image [site]
http://www.histoire-image.org/ (Page consultée le 02/11/2015)

[6]RMN-GP, Panorama de l'Art  [site]
http://www.panoramadelart.com/presentation (Page consultée le 02/11/2015)

[7]SAVOIRSCOM1, Le nouveau site "Image d'art" de la RMN: une chance manquée pour la diffusion de la culture, Publié le 19/10/2015
http://www.savoirscom1.info/2015/10/le-nouveau-site-images-dart-de-la-rmn-une-chance-manquee-pour-la-diffusion-de-la-culture/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Savoirscom1+%28SavoirsCom1%29&utm_content=Netvibes (Page consultée le 02/11/2015)

[8] AGENCE PHOTO DE LA RMN-GP, la rubrique Aide, Publiée en 2014
http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=RMNR5N_1 (Page consultée le 02/11/2015)