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lundi 4 mai 2020

Vers un accès libre au savoir ?


Comment continuer à se cultiver pendant le confinement ? En France depuis mars 2020 nos vies sont bouleversées par le COVID-19 et l'usage de l'informatique pour accéder à la connaissance est privilégié. 
Cependant tout le savoir n'est pas accessible sur Internet, notamment le partage de la culture. Le COVID va-t-il modifier les habitudes et rendre accessible la culture à tous ? 


Vers une ouverture de l'accès à l'information ? 

La conjecture actuelle nous montre l'importance du partage de la connaissance sur internet comme bien commun. L'accès pour tous à la connaissance est essentielle. [1]
En France, on constate une augmentation d'ouverture de contenus et de partage de ressources : 

  • Livres gratuitement téléchargeables pour tous
Des livres électroniques, e-book, ressources et livres audios sont proposés en téléchargement pour les enfants, étudiants et adultes. [2] 

  • Cours ouverts et MOOC 
Des cours gratuits (Open courses) peuvent être suivis à distance pour pouvoir continuer à se former. [3]  Le portail FUN a même décidé de réouvrir des MOOC qui étaient finis. [1] 

  • Musiques pour les familles 
La philharmonie met en libre accès des concerts à voir en famille. [4] 

  • Expositions virtuelles 
Certaines institutions culturelles ouvrent leurs contenus de manière plus large.  
De nombreuses expositions virtuelles de la ville de Paris sont proposées à en attendant la fin du confinement.  [5] 
De plus, les musées de Paris sont également visibles en ligne. En effet, les Musées de Paris ont adoptés une politique d'Open Content permettant le libre accès à l'art afin que les collections soient visibles et réutilisables par tous. Cette politique permet la valorisation et la connaissance des œuvres. Peggy Baron en explique le fonctionnement : "chaque utilisateur récupère un dossier comprenant l’image en haute définition, un fichier avec la notice de l’œuvre et une charte des bonnes pratiques liées aux images sous licence CCØ afin d’inviter chacun à citer la source et les informations sur l’œuvre."  [6]


L'ouverture à l'accès aux informations dans les lois 

La loi de 2016 pour une République Numérique pose les bases de la transition numérique. Elle amène une ouverture des données publiques par défaut et recommande les formats favorisant la réutilisation. De plus, elle encourage à faire circuler les informations et les savoirs. [7] 

En 2018, Le Plan national pour la science ouverte rend obligatoire l’accès ouvert à tous pour les publications et pour les données des recherches.  
La science ouverte (Open Science) facilite l’accès à l'information scientifique et contribue à une science plus transparente. [8] 

A ce jour, il n'existe pas de loi ou de plan national pour l'éducation et la culture ouverte qui permettrait l'accès au savoir et à la culture pour tous. Ce point de vue est développé dans l'article Pour un plan national pour la culture ouverte, l’éducation ouverte et la santé ouverte qui défend un libre accès du savoir : "Crise ou pas crise, nous avons tout le temps besoin d’un savoir ouvert" [1] 


Vers une culture ouverte ? 

Quand la fin du confinement sera venue, les entreprises qui partagent actuellement leur contenu continueront-elle à partager en libre accès ? La crise sanitaire va-t-elle changer les pratiques et amener un accès libre et ouvert au savoir ? [1] 




[1] Lionel Maurel,  Silvère Mercier, Julien DorraPour un plan national pour la culture ouverte, l’éducation ouverte et la santé ouverteFramablog, 04/04/2020 [consulté le 03/05/2020]

[2] Fidel NavamuelLa liste complète des livres à télécharger gratuitement pendant la période de confinement, les outils tice, 20/03/2020 [consulté le 03/05/2020]

[3] Thot Cursus Formation et culture numérique, Répertoire des cours ouverts et Moocs - Pour apprendre gratuitement, voici des cours !, 23/04/2020 [consulté le 03/05/2020]

[4] Philharmonie de Paris à la demande, La philharmonie chez vous en famille, [consulté le 03/05/2020]

[5] Rizhlaine F., Laurent P., Confinement: le top des expositions virtuelles à découvrir, Sortir à Paris, 01/05/2020 [consulté le 03/05/2020]

[6] Peggy Baron, Paris Musées propose plus de 100 000 œuvres en Open Content, L'ADN Business, 10/01/2020 [consulté le 03/05/2020]

[7Legifrance, LOI n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique [consulté le 03/05/2020]

[8] Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Science ouverte18.10.2019 [consulté le 03/05/2020]


mercredi 18 décembre 2019

Un guide pratique sur l'ouverture des données publiques culturelles

Le Ministère de la Culture a publié en juillet 2019 un guide pratique sur l’ouverture des données publiques culturelles. L’objectif de ce guide est d’accompagner et d’accélérer la mise en œuvre des démarches d’ouverture des données publiques dans le domaine culturel en respectant les contraintes posées par le droit de la propriété intellectuelle et la protection des données personnelles. [1]

Depuis la loi pour une République numérique de 2016, les administrations et les établissements publics chargés d’une mission de service public ont l’obligation d’ouvrir leurs données (open data), les rendant ainsi librement accessibles et réutilisables dans la limite du droit d’auteur et de la protection des données personnelles.  Le ministère de la Culture s’investit depuis 1996 dans la numérisation des contenus culturels pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Afin d’accélérer cette démarche, il a engagé un plan d’ouverture, de communicabilité et de diffusion des données culturelles numériques pour la période 2019-2022. [2]

Dans cette optique, ce guide pratique de 32 pages accompagne les services du Ministère de la Culture et les établissements publics culturels dans la mise en œuvre de leur démarche d’open data. L’intérêt de ce guide est double : d’une part, il clarifie le cadre légal de l’open data culturel (respect de la propriété intellectuelle ; protection des données personnelles) et, d’autre part, il propose une méthode concrète pour organiser cette démarche d’ouverture des données (Sélectionner les données ; préparer les données ; diffuser et valoriser les données). Des fiches thématiques sont proposées en annexes et abordent notamment des aspects techniques ou réglementaires (Comment produire un fichier CSV ? Quels sont les licences ouvertes homologuées par l’Etat ?). [3]

Les indications pratiques de ce guide ont pour but d’enrichir la plate-forme data.culture.gouv.fr. Mise en ligne en décembre 2016, celle-ci offre à l’internaute la possibilité de visualiser les ressources culturelles numériques du ministère par le biais de divers outils tels que des cartographies ou des graphiques. Les données présentées concernent l’activité des institutions culturelles, les aspects économiques du secteur, des ressources iconographiques ou des événements culturels. A titre d’information, le jeu de données le plus consulté sur le site est la liste et la localisation des immeubles protégés au titre des Monuments historiques (plus de 28 000 téléchargements à ce jour). Les publics visés, chercheurs, journalistes mais aussi entreprises et développeurs, ont la possibilité de consulter et de réutiliser les données qui sont en licence ouverte. [4]

Les perspectives et les bénéfices de l’ouverture des données culturelles s’avèrent multiples : poursuivre la démocratisation de la culture, accroître la visibilité et la notoriété des institutions culturelles, faciliter les travaux de recherche, ouvrir des ressources à de nouveaux publics. Il ne faut pourtant pas omettre d’indiquer les difficultés susceptibles de freiner ces démarches telles que la longueur et le coût des campagnes de numérisation ou les difficultés posées par le droit d’auteur, notamment en ce qui concerne les collections d’art contemporain.

Sources : 

[1] Ministère de la Culture. Open data : un guide pratique dédié aux données publiques culturelles. culture.gouv.fr [en ligne]. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : < https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Innovation-numerique/Donnees-publiques/Open-data-un-guide-pratique-dedie-aux-donnees-publiques-culturelles >

[2] Ministère de la Culture. Programme national de Numérisation et de Valorisation des contenus culturels (PNV). culture.gouv.fr [en ligne]. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : < https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Innovation-numerique/Programme-national-de-Numerisation-et-de-Valorisation-des-contenus-culturels-PNV2 >

[3] Portaildoc – Le portail documentaire de l’INTD. Ministère de la Culture/Ouverture des données publiques culturelles : guide pratique. In « La littérature grise, une sélection du CREPAC », n°20, 21/11//2019. portaildoc-intd.cnam.fr [en ligne]. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : < https://portaildoc-intd.cnam.fr/KP_visio.htm?prd=19215463124910336459&record=19215947124910331299&M_Token=470027477539470030482537469031441013436033436047485774433670&key=KPKP0_5_191121 >

[4] data.culture.gouv.fr – La plate-forme de données ouvertes du ministère de la Culture. culture-communication.gouv.fr [en ligne]. [Consulté le 18 décembre 2019]. Disponible à l’adresse : https://data.culturecommunication.gouv.fr/pages/home/

mardi 16 avril 2019

POP, la Plateforme Ouverte du Patrimoine

Afin de moderniser et de rendre accessible ses bases de données au plus grand nombre, le Ministère de la Culture a créé une nouvelle plateforme nommée POP pour Plateforme Ouverte du Patrimoine.

Dès les années 90, le Ministère de la Culture s'est engagé dans la mise en ligne de ses bases de données notamment :
  • Joconde : base des collections des musées de France
  • Mérimée : base du patrimoine architectural français
  • Palissy : base du patrimoine mobilier
  • Mémoire : base photographique du patrimoine
  • MNR : base des œuvres spoliées
Ces bases sont aujourd'hui vieillissantes.

Afin d'y remédier, le Ministère de la Culture teste actuellement la plateforme POP [1]. Ce nouvel outil regroupe les bases mentionnées ci-dessous et à terme les remplacera. D'autres bases viendront par la suite compléter l'offre de POP.

Ainsi le public disposera d'une plateforme unique pour se documenter sur le patrimoine français dans toute sa diversité.

De leur côté, les contributeurs institutionnels (les musées, les services du ministère) auront une interface dédiée pour la mise en ligne et la gestion de leurs données [2]. De plus, POP proposera un espace de co-construction afin de permettre à un public plus large de contribuer à l'enrichissement de ces bases.

Enfin dans le cadre de la politique d'Open Data menée par l'Etat, les données seront également disponibles sur la plateforme data.culture.gouv.fr. Elles pourront ainsi être réutilisées par des applications tierces afin de valoriser le patrimoine français, dans la limite du respect du droit d'auteur et des droits liés aux données à caractère personnel [3].

Avec ce projet, le ministère poursuit sa mission de rendre accessible au plus grand nombre le patrimoine français


Sources :

[1] Joconde et POP, plateforme ouverte du patrimoine. Lettre d'information publié par le bureau de la diffusion numérique des collections, octobre 2018. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019] < http://www2.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/apropos/lettre_info_34.pdf >

[2] Comment participer à Joconde sur POP, plateforme ouverte du patrimoine. Lettre d'information publié par le bureau de la diffusion numérique des collections, mars 2019. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019]
http://www2.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/apropos/lettre_info_35.pdf >

[3]  POP : plateforme ouverte du patrimoine. Bibliofrance.org, 26 mars 2019. Disponible en ligne : [consulté le 7 avril 2019] < http://www.bibliofrance.org/index.php/ressources/ressources-documentaires/580-pop-plateforme-ouverte-du-patrimoine >