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lundi 6 mars 2017

Les dynamiques de production, de transformation et de soutien de la compétence collective



L’entreprise n’est plus le lieu où s’additionnent les compétences individuelles. La notion de collectif au travail doit permettre de créer de la valeur pour l’entreprise et la rendre plus performante, voir lui permettre de survivre dans l'environnement qui est le sien aujourd'hui. [1]

La compétence collective favorise les représentations partagées, l’échange d’informations et le partage de savoir-faire entre les individus, elle valorise le facteur humain. Les individus peuvent interagir en coopérant.
L’entreprise fait appel à ses salariés pour réfléchir à des problématiques, trouver des solutions et prendre les décisions. Les groupes travaillent en toute transversalité pour acquérir leur compétence collective. Les auteurs parlent de « combinaison de ressources et de savoirs » ou de « synergie et dynamique ».
L’entreprise travaille de plus en plus en mode projet et gère son effectif en même temps. Il est important de transmettre ses savoirs et ses compétences, de les enrichir et de les mémoriser.
Alors comment créer et développer une compétence collective ? [2]

Le mode d’organisation influe sur la compétence collective. La répartition des tâches structure l’action du groupe. Ce dernier va aussi se définir des règles qui varient d’un groupe à un autre et optimisent l’activité collective. Dans le groupe ou l’organisation, l’échange d’informations et de connaissances favorise l’apparition de la compétence collective.
Plus un individu se sent bien au sein d’un groupe, plus la compétence collective s’y développe. Il faut instaurer une réelle coopération entre les individus qui ne se limite pas uniquement à la simple coordination du travail. Les individus doivent identifier les objectifs, traiter les problèmes et travailler ensemble.  

La compétence collective constitue un levier de développement des compétences individuelles et l'organisation doit avoir la capacité d'optimiser les compétences individuelles via une action collective.
Elle va donc créer les conditions nécessaires à la compétence collective et pour cela, va s’appuyer sur le Manager intermédiaire ou de proximité, "cette personne intégrée à la ligne hiérarchique, véritable clé de la communication interne et dont le pouvoir d’influence est bien souvent sous-estimé par les organisations".[3]

Le cadre de proximité est impliqué dans la manière de mettre en synergie les ressources de son équipe et donner sens au travail. Le Manager exploite et optimise les ressources de chacun. Il doit aussi favoriser la confiance, le partage et l’engagement dans un projet commun. Il est le “responsable du vivre ensemble”. [4]

Chef d’équipe, il est un maillon de la communication interne qui doit réussir à motiver ses équipes, tout en étant un subordonné que l’entreprise doit réussir à impliquer. Il a une position très délicate, d’autant plus que le cadre de proximité n’est pas toujours estimé à sa juste valeur par les organisations qui le considèrent comme un  simple support administratif ou un canal de communication supplémentaire.

C'est pourtant lui qui, en mobilisant la communication interne, va favoriser la motivation et l'implication organisationnelle des travailleurs. Considérée comme une discipline managériale, au même titre que la gestion des ressources humaines, la communication interne n’est pas à confondre avec la communication organisationnelle qui prend en compte le contexte des organisations et différents processus de communication. 
La communication interne est un facteur de motivation et d’implication de par ses dimensions transversale et ascendante; "elle permet aux employés de se sentir écoutés et considérés, ce qui est un pas vers l’implication. Elle fonde également un sentiment d’appartenance, appelé « we-feeling » par Welch et Jackson (2007), qui est motivant pour les travailleurs"[3]

Aujourd'hui, l’évolution de l’organisation dépasse le cadre du poste de travail et nécessite le développement des coopérations qui conduit à l’existence de capacités collectives comme l’interdépendance, l’interaction et la co-activité. 
Il faut gérer conjointement les compétences individuelles et collectives. Il ne s’agit pas de remplacer les premières par les dernières. Les compétences individuelles se nourrissent et se développent grâce à la coopération issue de la compétence collective. La variété des talents permet à l’organisation d’évoluer. Le salarié est amené à devenir autonome tout en s’intégrant dans un ensemble. Il fait appel à un réseau et le management doit en tenir compte pour encadrer et gérer les personnes. 
La performance semble dépendre du collectif à l’intérieur duquel chaque individu a son rôle et son importance. Le management doit donc prendre en compte la gestion des connaissances individuelles et les utiliser au bénéfice du groupe. Le Manager de proximité doit mobiliser les compétences du groupe afin de réaliser les objectifs stratégiques fixés par sa Direction, qui doit en retour le soutenir et le reconnaître dans son rôle de "garant de la performance collective".[4]



Sources

[1] - Nicolas Arnaud "Pour une perspective communicationnelle et pratique de la compétence collective", in Communication & Organisation - 2016/2 (n° 50) - p.215 à 244 -  publié en 12/2016, consulté le 06/03/2017

[2] - Nicolas DUCHAMP - “Le Management de la compétence collective” - Mémoire M2 MGBU IAE LILLE 2014 - 2015 - publié en 2016, consulté le 06/03/2017.

[3] -Tiffany Andry “Le cadre de proximité, acteur clé de la motivation et de l’implication organisationnelle”, in Communication & Organisation - 2016/2 (n° 50) p.179 à 202 - publié en 12/2016, consulté le 06/03/2017.
[4] - Site Web de Arctus - “Les nouveaux rôles des managers” - publié en 2015, consulté le 06/03/2017 - http://www.arctus.com/fr/les-nouveaux-roles-des-managers/


jeudi 19 janvier 2017

Le développement des compétences numériques des citoyens: quelle prise en compte au plan national et international ?


La publication du nouveau volet de l'enquête NET tendances (1) en décembre 2016 par le CEFRIO  est  l'occasion  de faire le point sur l'évaluation du niveau des compétences numériques des citoyens ainsi que les mesures mises en oeuvre en vue du développement de ces compétences au niveau de la France et de l'Europe.

Dans un contexte d'innovations technologiques affectant toutes les activités humaines (éducation, santé..),  le quotidien des citoyens est modifié. Il devient nécessaire que les citoyens se dotent des compétences qui leur permettront d'utiliser les nouvelles technologies.

Une culture générale numérique est utile dans l'exercice de la citoyenneté mais également  dans la plupart des métiers.

Dans ce contexte, l'évaluation des compétences des citoyens en lien avec les innovations technologiques constitue un enjeu majeur qui nécessite la création de dispositifs adaptés.

L' évaluation des compétences numériques des adultes au Québec

Le CEFRIO est un organisme de recherche innovant mandaté par le gouvernement québécois, en charge du développement numérique au Québec.
L'enquête du NET tendances du CEFRIO porte sur un panel de 1000 adultes de plus de 18 ans.

Elle repose sur une auto-évaluation du niveau de compétences sur une échelle de 3 niveaux par rapport à un cadre de référence constitué de 5 grands domaines de compétences:
  • le niveau général des compétences
  • communication sur internet 
  • recherche sur internet
  • transactions en ligne
  • sécurité en ligne.
Actuellement, près d’un Québécois sur deux (45 %) considère avoir un niveau de compétences numériques élevé.

Les résultats de l'enquête précisent les facteurs de vulnérabilité à l'origine de la fracture numérique:
  •  La scolarité : le niveau de compétences est fortement lié au niveau de la scolarité ; plus le niveau de scolarité est élevé, plus les personnes interviewées exprimant un sentiment d’aisance sur le plan numérique augmente.
  •  L'âge : à partir de 55 ans, le niveau de compétences exprimé baisse.
  •  La Région : les Québécois habitant en région disent se sentir moins à l’aise avec le numérique, comparativement aux résidents de la région de Montréal.  
  • Une disparité homme-femme : les femmes sont  plus nombreuses à se sentir moins habiles pour protéger leurs renseignements personnels des virus  sur Internet ainsi que leur ordinateur.

La mesure des compétences numériques au plan international 

En 2013, l'OCDE a publié les résultats de sa première enquête internationale sur les compétences requises pour évoluer dans les sociétés d'aujourd'hui: le Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA).
Les compétences évaluées sont les compétences en littératie, en numératie
auprès des adultes de 16 à 65 ans dans 24 pays. 

Le projet de cadre de référence des compétences numériques en France

Le Plan numérique pour l'éducation lancé en mai 2015 renforce la place du numérique au sein du système éducatif.Il vise le développement de moyens d'apprentissage innovants et la responsabilisation des jeunes dans l'usage des services, ressources et outils numériques.
Dans ce contexte, nouveau projet de cadre de référence  (2) élaboré en 2016  organise en 5 domaines 16 compétences numériques développées de l'école élémentaire à l'université et évaluées selon 8 niveaux de maîtrise des compétences.

Ce cadre de référence permettra de délivrer une attestation de niveau de maîtrise pour la scolarité obligatoire.

Le référentiel national est la déclinaison du référentiel européen DIGCOM pour la France. 

Enfin, la mise en place d'une plateforme d'évaluation et de certification en ligne des compétences numériques est prévue à la rentrée 2017.

Le dispositif d'évaluation sera accessible aux élèves, étudiants et aux professionnels dans le cadre de la formation continue des adultes.

Sources:
CEFRIO compétences numériques des adultes Québécois (2016)   http://www.cefrio.qc.ca/media/uploader/Fascicule2016-Comptencesnumriquesdesadultesqubcois-final-5.pdf (consulté le 18/01/2017)

Ministère de l'Education nationale de l'enseignement Supérieur et de la Recherche -cadre de référence des compétences numériques pour l'école et le collège http://eduscol.education.fr/ (consulté le 18/01/2017)