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mardi 23 février 2021

Le numérique dans tous ses états : Issy-les-Moulineaux l'exemple de la Smart City à la française. [1]

Lauréats du concours "Challenge 5G" lancé par Orange le 14 octobre dernier à Issy-les-Moulineaux (ILM), les entreprises Bioserenity, Fullrama et UrbanExpé tenteront de mettre à profit la 5G afin d'apporter des solutions pertinentes dans leurs domaines respectifs que sont la médecine, le sport et la météorologie.

Le 15 décembre 2020, les résultats du "Challenge 5G" sont enfin parus.[2]

Forte de ses distinctions telles que le Trophée du "leader du numérique" en 2020 sans oublier en 2019 un prix dans le cadre du 4ème trophée de "l'Open Data pour les territoires" [3], la ville d'Issy-les-Moulineaux s'est illustrée comme l'une des villes pionnières dans le concept de Smart City à la française.

En effet, avec plus de la moitié des entreprises implantées sur son territoire provenant des secteurs numériques et technologiques tels que Microsoft, Cisco, Cap Gemini ou bien encore Orange, la ville d'ILM avait commencé sa transformation numérique dans les années 90.

L'organisation de cet évènement avec Orange s'inscrivait donc dans une continuité, ILM ayant été sélectionnée dès avril 2019 par l'ARCEP [4] pour être site pilote pour la 5G. Issy fut également la seule ville française plusieurs fois distinguée par l'Intelligent Community Forum (ICF), un think tank américain qui encourage les collectivités locales à utiliser le numérique pour booster leur développement. [5]

Pour ce faire, ILM offre ainsi aux entreprises un terrain d'expérimentation et Orange son expertise technique.

L'objectif de ce concours étant d'identifier et sélectionner dans divers domaines des starts up ou PME de -250 personnes ; à qui l'on permettra d'expérimenter leurs solutions sur le réseau 5G durant une période définie courant de l'année 2021 en vue de savoir dans quelle mesure leurs projets influenceront le développement de la ville.

Le premier lauréat Bioserenity [6], spécialisée dans les solutions de diagnostic et de monitoring tentera d'alléger le temps de traitement des examens médicaux via des technologies IA pour un traitement massif et rapide des données.

Le second Fullrama [7], spécialisée dans les solutions météorologiques proposera un outil capteur afin de programmer les systèmes d'arrosages de la ville en fonction de la pluviométrie d'une part et d'autre part de mesurer l'impact de la végétalisation d'un lieu pour résorber les ilots de chaleur en vue de préserver l'environnement.

Enfin la start up UrbanExpé [8], plateforme spécialisée dans les jeux vidéo sportifs proposera un système de challenge sportifs en ligne à plusieurs contribuant ainsi à faire du sport en s'amusant.


Reste à savoir si l'usage des technologies innovantes faisant parfois appel à des process d'intelligence artificielle visant à optimiser la qualité de vie des habitants ne se heurteront pas aux principales craintes relatives à l'exploitation massive des données sans oublier la potentielle hausse de consommation énergétique.


Sources

[1] SOURISSEAU, Yannick. Issy-les-Moulineaux, une Smart City pionnière aux portes de Paris [en ligne]. Magazine de la Smart City, de l'écosystème numérique et de la e-Santé, 2017-06-30 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.villeintelligente-mag.fr/Issy-les-Moulineaux-une-Smart-City-pionniere-aux-portes-de-Paris_a245.html>

[2] Ville d’Issy-les-Moulineaux. Télémédecine, eSport et Smart City lauréats du Challenge 5G Issy /Orange [en ligne]. Issy.com/actualités, 2021-01-22 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/telemedecine-esport-et-smart-city-laureats-du-challenge-5g-issy-orange>

[3] Ville d'Issy-les-Moulineaux. La Ville récompensée par le trophée "Open data pour les territoires" [en ligne]. Issy.com/actualités, 2019-11-19 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/la-ville-recompensee-par-le-trophee-open-data-pour-les-territoires> 

[4] ARCEP les réseaux comme bien commun [en ligne] [consulté le 21-01-2021].< https://www.arcep.fr/>

ARCEP. Décision n° 2020-1081 de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse en date du 29 septembre 2020 prorogeant la durée des autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3400 - 3800 MHz de la société Orange pour des expérimentations 5G [en ligne]. Paris, 2020-09-29 [consulté le 21-01-2021]. < https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/20-1081.pdf>

[5] Intelligence Community Forum (ICF) [en ligne] [consulté le 22-01-2021]. <https://www.intelligentcommunity.org/>

[6] Bioserenity Smart Healthcare Solutions [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.bioserenity.com/>

[7] Fullrama Smart Data for Smart City [en ligne] [consulté le 23-02-2021] <https://fullrama.net/> 

[8] UrbanExpé [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.urbanexpe.com/>

[9] DOUAY, Nicolas. L’urbanisme à l’heure du numérique. Préface PICON, Antoine. Londres : ISTE Editions, 2018. Chap. 1.3.3.2, Issy-les-Moulineaux, laboratoire français, p.44-46. Systèmes d'information, web et société. Série Technologies intellectives ; 6. ISBN 978-1-78405-367-3

[10] COURMONT, Antoine. Quand la donnée arrive en ville - Open data et gouvernance urbaine. France : PUG, 2021. 204 p. Collection Libres Cours Politiques. ISBN 978-2-7061-4735-7

mardi 12 novembre 2019

Le self data territorial : une nouvelle voie pour la smart city?

 
La smart city est irriguée par un flux incessant de données : des acteurs publics, des opérateurs privés, des GAFA... A l'heure du RGPD, le débat sur la maîtrise et la gouvernance de ces données suscite beaucoup de questions. La Fing -Association Think Tank- étudie et expérimente le self data qu'elle définit depuis 2012 [1] comme " la production et le partage de données personnelles par les individus, sous leur contrôle et à leurs propres fins". Elle propose une nouvelle approche de la smart city, issue de ses expérimentations auprès de trois villes, via "un kit de self data territorial"[2] à destination des collectivités. 

L'approche courante de la smart city pose en effet souvent la question du partage des données des parties prenantes en l'associant avec la problématique des données personnelles [3]. La nouveauté avec l'approche "self data territorial" est de replacer le citoyen au cœur de la smart city en lui donnant la maîtrise de ses propres données dans son intérêt et celui du collectif. 

L'idée est qu'il dispose d'un cloud personnel alimenté par ses données personnelles, elles-mêmes transmises par l'ensemble de l'écosystème de la smart city tels que la ville et les opérateurs privés. Le citoyen dispose ensuite d'une palette de services associés qu'il est libre ou non d'utiliser. On peut imaginer par exemple qu'il récupère ses données de consommation de ses fournisseurs d'énergie, ses données issues des transports publics et qu'il peut à la fin de sa journée mesurer son empreinte carbone via une application.

Cette approche nouvelle associant self data et smart city est encore en phase d'expérimentation et la Fing propose un outil méthodologique et expérimental pour que les collectivités puissent s'associer à cette démarche. Déjà trois villes ont été incluses dans le projet depuis 2017:  Lyon, Nantes et La Rochelle. A noter, chacune d'elle a identifié une problématique qui lui était propre et a appliqué un modèle de self data correspondant à ses enjeux. Par exemple, Lyon teste actuellement le self data au service de l'action sociale via un modèle de cloud personnel. 

Si l'approche est prometteuse et permettrait de résoudre un certain nombre de problèmes liés aux données personnelles tout en donnant une nouvelle place aux citoyens dans la smart city, elle reste encore tributaire du développement de certaines technologies comme par exemple le PIMS (Personnal Information Systems). La forme même d'un kit laisse de plus présager, que la démarche reposera sur la bonne volonté des collectivités alors qu'elles sont justement la clé de voûte de l'approche. Au Royaume par exemple, un programme similaire existe et est soutenu par le Gouvernement depuis 2012. Mais l'alternative, au regard aussi de la maturité du projet self data,  ne serait-elle pas d'en faire déjà une approche complémentaire à d'autres initiatives de la smart city [4] comme cela a été fait à Nantes par exemple?  

[1] Christine Tréguier, Le Self data: une autre façon d'utiliser nos données personnelles, 16 mai 2018. 

[2] La Fing, Publication du "kit de self data territorial", 11 octobre 2019, 

[3] La CNIL, Smart city et données personnelles: quels enjeux de politiques publiques et de vie privée? , 12 octobre 2017.

[4] Lucas Boncourt/ EVS pour Localtis dans Infrastructures numériques, données smart city, La maîtrise des données urbaines, enjeu central de la smart city,  12 septembre 2019.