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mercredi 16 décembre 2020

Le projet schéma numérique édition 2020 : La BnF présente via une approche cartographique originale l'évolution de ses services numériques.


Cette fin d'automne voit l'aboutissement du projet schéma numérique 2020 de la BnF démarré début 2019 qui propose sous une carte thématique son actualité, les grands axes stratégiques et la relation qu'entretient la BnF avec le numérique à travers une réflexion collective menée par tous les acteurs au sein de la bibliothèque au cours du projet. 

 

 

Extrait du schéma numérique 2020

Extrait du schéma numérique 2020. Source image : Emmanuelle Bermes Twitter. [1]
 

Vue d'ensemble exhaustive du numérique au sein de la bibliothèque,  ce schéma est depuis 2016 le résultat par la BnF d'une réflexion approfondie entamée les années précédentes. Cette réflexion est articulée autour de 6 axes majoritaires qui évoquent la constitution d'une collection numérique de référence, l'importance de signaler et conserver, proposer des concepts innovants en direction des publics comme Gallica, nourrir le réseau qu'elle s'est constituée avec les partenaires nationaux et internationaux puisqu'elle est devenue au cours des décennies, le médiateur incontournable entre les territoires et entre les cultures. [2]


Il se veut aussi un témoin d'une volonté de rendre compréhensible au plus grand nombre, experts comme profanes, les outils et les processus pour elle et ses partenaires.
Enfin, ce schéma tend à démontrer l'engagement de la BnF d'accompagner l'évolution des techniques inscrite dans la diffusion d'une connaissance évoluant dans le temps vers tous les acteurs de la bibliothèque.

L'édition 2020 fait évoluer ces 6 axes en 10 grands axes qui sont résolument tournés vers le devancement des usages, faire disparaître autant que faire se peut la fracture numérique, le partage, un numérique éthique, des données toujours plus ouvertes, devenir la pierre d'angle du patrimoine numérique au XXIe siècle. [3]

Lors du démarrage en mars 2019 du projet de l'édition 2020, la BnF voulait vraiment que chaque agent puisse s’accaparer cette nouvelle approche cartographique dont le résultat est cette carte à la fois divertissante, joueuse, [4] et qui fait le lien  de manière merveilleusement ludique entre les différents axes évoqués précédemment étant le fond même du projet .


L'expression des besoins  a pris naissance au travers d'entretiens, d' enquêtes diverses vers différents spécialistes, des bibliothécaires, des graphistes, des auteurs-illustrateur etc. Chaque élément graphique a été soigneusement étudié et voulu avec une petite dose d'humour sur leurs formes finales [5]. Ce n'est pas tout, car cette carte est accompagnée d'un jeu de 40 cartes documentaires imprimables, que l'on peut découper et avec lesquelles jouer. [6]


Les deux se complètent et se veulent ouverts sur l'avenir, prêts à accueillir de nouvelles informations et  être une base transversale pour les futurs projets.

Let's play !

 

 Sources : 

[1]  BERMES, Emmanuelle. Aujourd'hui à 15h30, rejoignez-nous pour une visite guidée du tout nouveau tout beau schéma numérique de la BnF.  In Twitter @figoblog. [Publié le 26 novembre 2020]. <https://twitter.com/figoblog/status/1331922516533710848 >

[2] BnF. Le schéma numérique 2016 de la BnF. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [ Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/schema-numerique-bnf-2016>

[3] BnF. Stratégie et vision. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/strategie-et-vision>

[4]  BnF. Schéma numérique de la Bibliothèque de France. [En ligne]. [Pdf]. BnF, 2020. [Consulté le 16 décembre 2020].<https://www.bnf.fr/sites/default/files/2020-1/Affiche_cartographie_du_numerique_BnF.pdf>

[5] BnF. Une démarche d'élaboration et une forme inédites, au service de la transformation numérique. [En ligne]. Paris : BnF, 2020 [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/fr/une-demarche-delaboration-et-une-forme-inedites-au-service-de-la-transformation-numerique>

[6] BnF. Schéma numérique de la Bibliothèque de France. Version imprimable du jeu de cartes documentaires. [En ligne]. [Pdf]. BnF, 2020. [Consulté le 16 décembre 2020]. <https://www.bnf.fr/sites/default/files/2020-11/Schema_numerique_jeu_de_cartes_documentaires.pdf>

jeudi 14 novembre 2019

La reconnaissance faciale s'implante au sein des services publics


Le ministère de l'intérieur et l'Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) ont pour projet de déployer une application de reconnaissance faciale : ALICEM (Authentification en Ligne CErtifiée sur Mobile). Concernant la demande de deux lycées, à Nice et à Marseille, qui souhaitaient intégrer la reconnaissance faciale à l'entrée, la CNIL a refusé cette mise en place et suggère d'utiliser des moyens moins intrusifs.


L'application est actuellement en phase de test, environ 10 millions de personnes se sont prêtées au jeu. Cette dernière peut être définie comme le sésame numérique pour les services de l'administration publique. Cependant, un projet d'une telle envergure entraîne forcément l'inquiétude des défenseurs de la vie privée. [1] [2] 


L’objectif d’Alicem est de permettre aux Français qui le souhaitent de protéger leur identité sur internet et de s’identifier de manière sécurisée quand ils font leurs démarches en ligne.  
Il s'agit également d'une solution pour s’identifier en ligne et accéder à France Connect, le portail qui réunit tous les services numériques de l’Etat (exemples : le site des impôts, le compte Ameli de l'assurance maladie ou encore la plateforme ANTS). [1] 


Ce projet réveille l'enjeu de la protection des données et l'attente aux libertés individuelles.  L'association la quadrature du net a déposé un recours devant le Conseil d’État pour demander l’annulation du décret n° 2019-452 du 13 mai 2019 autorisant la création de l’application mobile puisqu'elle juge que l'on se dirige vers un "monde ultra-contrôlé, où l'utilisation d'un identifiant numérique est à la fois indispensable pour le citoyen et parfaitement traçable par les autorités". [3] 


Afin de minimiser les inquiétudes, l'ANTS assure que la vidéo demandée lors de l'inscription sera supprimée une fois la validation accordée. Puis, pour les prochaines connexions un code à six chiffres sera attribué. [1] 


Les avantages de ce projet : 

  • Lutter contre l'usurpation d'identité et criminalité via un canal plus difficile à frauder, 
  • Simplification des démarches administratives, 
(l'objectif d'ici 2022 : tous les services doivent proposer des demandes dématérialisées)  
  • Assurer la mission de régularisation de certification d'identité. [1] [2] 


Le lancement officiel est prévu en fin d'année 2019, actuellement le projet est en attente de la validation de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) puisque l'application doit respecter l'article 9.1. du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Il est également intéressant de suivre le recours réalisé par l'association la quadrature du net. [4] 

Sources : 
[1] Interieur.gouv.fr. "Alicem : la première solution d'identité numérique". 
Disponible en ligne (consulté le 28/10/2019) : 

[2] L'express.fr. "Comment fonctionnera Alicem : l'application qui centralisera notre identité numérique" 
Disponible en ligne (consulté le 28/10/2019) : 

[3] Laquadrature.net. "La quadrature attaque l'application Alicem contre la génralisation de la reconnaissance faciale". 
Disponible en ligne (consulté le 28/10/2019) : 

[4] Nextinpact.com. "Alicem : biométrie identité numérique sur mobile fait tiquer la CNIL". 

mardi 22 janvier 2019

Données publiques et big data

Consultant et président du cabinet Civitéo, Jacques Priol revient sur l'importance pour les collectivités de maîtriser leurs données et d'avoir accès à celles qui relèvent de l'intérêt général au sens de la loi pour une République numérique.

A la question le big data déstabilise-t-il les politiques publiques, l'auteur nous révèle comment dans le domaine du tourisme et des transports les plateformes telles que AirBnB, Waze, Uber pilotées par la donnée impactent la manière de concevoir et de mettre en oeuvre des politiques publiques. Waze, par exemple, disposant du signalement d'un accident plusieurs minutes avant les secours, il y aurait un intérêt général à disposer de données générées par ses activités. La ville de New York a élaboré une démarche intéressante avec Uber en récupérant l'ensemble des données des trajets effectués en Uber et les republie en open data. Toutefois, même si nous sommes loin de l'ubérisation du service public, précise-t-il, les collectivités ne doivent pas se faire déposséder de leurs données. La maîtrise de leurs données et le contrôle des usages qui peuvent en être fait deviennent des enjeux majeurs pour les collectivités. Des collectivités importantes comme (Paris, Dijon, Grenoble, Nantes) ont engagé une réflexion juridique sur la propriété et le contrôle des données produites dans le cadre de missions de service public ou plus largement d'intérêt général.

Pour aller plus loin, voir aussi l'article en lien avec le dossier : 
Open Data et réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses. 

Source : Fernandez Rodriguez, Laura. Les collectivités ne doivent pas se faire déposséder de leurs données. Publié le 18 décembre 2018. [Consulté le 21 janvier 2019].https://www.lagazettedescommunes.com/598178/les-collectivites-ne-doivent-pas-se-faire-deposseder-de-leurs-donnees/
 
 

lundi 26 mars 2018

Rapport Orsenna : "Voyage au pays des bibliothèques"

Présenté le 20 février dernier à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, le rapport écrit par l'académicien Erik Orsenna et l'inspecteur général des affaires culturelles Noël Corbin sur les bibliothèques [1] suscite des réactions très diverses chez les professionnels. Parmi ses 19 propositions, le rapport annonce le lancement d'un "plan national pour les bibliothèques" portant sur l'extension des horaires d'ouverture, la mise en réseau des établissements, la collaboration Etat-collectivités ou encore la formation initiale et continue des bibliothèques. Pour le moment, la profession salue une volonté politique de s'emparer de la question, mais déplore "un manque de moyens engagé criant" [2].

Après trois mois de consultation auprès des bibliothécaires et des élus, Erik Orsenna et Noël Corbin dévoilent leur rapport intitulé "Voyage au pays des bibliothèques, lire aujourd'hui, lire demain" portant sur les bibliothèques, leur fréquentation et leur avenir. Parmi ces recommandations, une attention toute particulière est donnée à l'extension de leurs horaires d'ouverture.

Comme le rappelle Erik Orsenna, l'objectif de cette mission était d'établir un diagnostic des lieux de lecture publique en France afin de préparer la mise en oeuvre de l'engagement présidentiel "ouvrir mieux, ouvrir plus" [3]. Une démarche qui satisfait Xavier Galaup, président de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) qui tient à ce "qu'une analyse territoriale des besoins soit réalisée avant que les établissements se lancent dans de tels chantiers".  D'autres points ont également reçu l'approbation de l'ABF, tels que l'attention portée aux réseaux intercommunaux et le développement de partenariats.

D'autres professionnels réagissent au rapport Orsenna [4], et notamment Frédéric Saby, Conservateur général des bibliothèques et directeur général délégué à la documentation, université Grenoble-Alpes, qui pense que ce rapport va bien au-delà de la question des horaires d'ouverture et qu'il traite, avant tout, de la question de l'avenir des bibliothèques : "Elles jouent d'abord leur rôle par l'espace, par le lieu. Les bibliothèques virtuelles ne viendront pas remplacer les vraies bibliothèques. Elles les complètent, avec efficacité, en rendant un vrai service, elles ne les remplacent pas". Frédéric Saby souligne également un point important du rapport Orsenna : l'ouverture dominicale des bibliothèques universitaires (BU). Selon lui, il faut bien évidemment élargir les horaires d'ouverture des BU car la situation des étudiants est critique à Paris : "l'ouverture hebdomadaire moyenne des BU en France est de soixante et une heures bien en deçà de nos partenaires européens, qui se situent autour de soixante-cinq heures et moins de quinze BU sont ouvertes le dimanche sur le territoire pour 2,5 millions d'étudiants" [5]. Cependant, il faudra penser cet avenir en même temps que la place des professionnels des bibliothèques.

Par ailleurs, certains bibliothécaires sont plus mitigés concernant le rapport Orsenna. En effet, Nicolas Sautel-Caillé, bibliothécaire dans la région Midi-Pyrénées reproche au rapport de ne pas associer l'objectif culturel à l'élargissement des horaires d'ouverture : "Pourquoi ouvrir les bibliothèques le dimanche ? Pourquoi continuer à accueillir autant d'étudiants à Paris alors que les conditions d'études y sont désastreuses ?". Il souligne, ici, un problème majeur, celui du mal-logement. En outre, il reflète l'enquête menée en ligne, par Archimag du 20 au 22 février derniers, selon laquelle un bibliothécaire sur trois ne souhaite pas étendre ses horaires de travail (33%), et près d'un sur deux (43%) refuse catégoriquement de travailler le dimanche. Certains seraient prêts à travailler plus tard le soir et le dimanche mais sous certaines conditions.

Le rapport Orsenna fait donc débat et démontre l'importance de ces lieux considérés comme le premier réseau culturel de proximité. En effet, en 2016, 40% de la population française a poussé la porte d'une bibliothèque contre 25% en 1997 [6]. 55% de ces visiteurs n'empruntent pas de livres mais, selon Erik Orsenna, les bibliothèques sont des lieux de vie, de partage, d'échange dont la mission va bien plus loin que le seul prêt de livre ou conseil de lecture.

Il y aurait donc urgence à ce que les ambitions affichées bénéficient des moyens adéquats. Les professionnels, élus et associations attendent maintenant de voir comment ses 19 propositions vont se traduire concrètement et avec quels moyens.

Ce rapport arrive en prélude à une journée de concertation, le 9 avril prochain, au Centre Pompidou, à Paris pour définir les conditions de mise en oeuvre d'un plan national pour les bibliothèques.

Sources : 

[1] ORSENNA Erik, CORBIN Noël, "Voyage au pays des bibliothèques, lire aujourd'hui, lire demain", assemblee-nationale.fr, rapport, février 2018, [consulté le 26 mars 2018], <http://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/commissions/CAffCult/20182002%20Rapport%20Voyage%20au%20pays%20des%20biblioth%C3%A8ques.pdf>

[2] OURY Antoine, "Un accueil mitigé pour le rapport Orsenna et ses 19 propositions", actualitte.com, 23 février 2018, [consulté le 26 mars 2018], <https://www.actualitte.com/article/monde-edition/un-accueil-mitige-pour-le-rapport-orsenna-et-ses-19-propositions/87494>

[3] JOST Clémence, "Ce qu'il faut retenir du rapport Orsenna pour les bibliothèques", archimag.com, 20 février 2018, [consulté le 26 mars 2018], <http://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2018/02/20/rapport-orsenna-bibliotheques>

[4] GALAUP Xavier, SABY Frédéric, SAUTEL-CAILLE Nicolas, "Quel avenir pour nos bibbliothèques?", humanite.fr, 06 mars 2018, [consulté le 26 mars 2018], <https://humanite.fr/quel-avenir-pour-nos-bibliotheques-651492>

[5] GRAVELEAU Séverin, "Bibliothèques universitaires : le rapport Orsenna préconise d'en ouvrir trois le dimanche à Paris", lemonde.fr, 23 février 2018, [consulté le 26 mars 2018], <http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/23/bibliotheques-universitaires-le-rapport-orsenna-preconise-d-ouvrir-trois-bu-le-dimanche-a-paris_5261572_4401467.html>

[6] Culture.gouv.fr, "Erik Orsenna : voyage à travers les bibliothèques d'en France", publié le 03 octobre 2017, [consulté le 26 mars 2018], <http://www.culture.gouv.fr/Nous-connaitre/Missions-et-consultations-publiques/Mission-Orsenna-sur-la-lecture/Actualites/Erik-Orsenna-Voyage-a-travers-les-bibliotheques-d-en-France>




lundi 8 janvier 2018

Vers une nouvelle forme de colonialisme de la part des géants des hautes technologies ?


Des entreprises élevées au rang de nations

Et si les géants des nouvelles technologies que sont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) étaient en train de coloniser le monde ?

A cette question, Lilas Guevara apporte une réponse dans laquelle elle compare les GAFAM à des états nations [1]. En effet, de par leur pouvoir économique et leur rayonnement les GAFAM peuvent rivaliser et même peser sur des décisions. Certaines de ces entreprises ressemblent de plus en plus à des nations souveraines dans la diplomatie qui leur est offerte par les nations souveraines actuelles. Lilas Guevara rapporte les propos d’Anjuan Simmons qui rappelait déjà en 2015 que les GAFAM se "place [ent] désormais au même rang que les nations" [2]. D’ailleurs, Anders Samuelsen - ministre des affaires étrangères danois - a nommé en janvier 2017 un ambassadeur auprès de ces entreprises de haute technologie. M. Anders Samuelsen se justifie ainsi « Google, Apple ou Amazon doivent être considérées désormais comme des nouvelles nations avec lesquelles il faut donc entretenir des relations diplomatiques. » [3]


Pourquoi parler de Cybercolonialisme ?


D’après Wikipédia, le colonialisme « est une doctrine ou une idéologie justifiant la colonisation entendue comme l'extension de la souveraineté d'un État sur des territoires situés en dehors de ses frontières nationales » [4]. Le colonialisme c’est aussi l’appropriation des richesses, une forme d’exploitation et une dépendance des populations colonisées au dépend du colonisateur.

Or les GAFAM, de par leur puissance et leur capacité à diffuser des services et produits indispensables aux consommateurs influent de par le monde et créent des relations de dépendances à la fois économiques, politiques et culturelles sur lesquels ils prospèrent [1].

D’autre part comme lors du colonialisme, où les états colonisateurs s’appropriaient les richesses de l’état colonisé, aujourd’hui les GAFAM s’approprient un nouvel or noir ; la « Donnée » grâce aux produits et services qu’ils diffusent [1].

Un autre aspect tient comme pour le colonialisme à l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché pour produire les équipements numériques et faire fonctionner les services proposés [1].

Les GAFAM apportent services innovants, facilitation au quotidien et simplicité d’action mais au détriment d’une forme d’expropriation et d’exploitation qui peut faire craindre pour la démocratie surtout après que la Neutralité du net [5] ait été remise en cause au Etats-Unis en décembre 2017.


Notes et références

 [1] Guevara Lilas. La Silicon Valley est-elle à la tête d’un empire colonial ? In Usbek & Rica [en ligne]. Publié le 27 novembre 2017 [consulté le 08 janvier 2018] <https://usbeketrica.com/article/la-silicon-valley-est-elle-a-la-tete-d-un-empire-colonial>

[2] Simmons Anjuan. Colonialisme technologique. In Model view culture [en ligne]. Publié le 18 septembre 2015 [consulté le 08 janvier 2018] <https://modelviewculture.com/pieces/technology-colonialism>

[3] Giret Vincent. Quand le Danemark ouvre une ambassade auprès des GAFA. In France Inter [en ligne]. Publié le 30 janvier 2017 [consulté le 08 janvier 2018] <https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito/l-edito-30-janvier-2017>

[4] Wikipédia. [consulté le 08 janvier 2018] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme>

[5] Rauline Nicolas. Les Etats-Unis enterrent la neutralité du Net. In Les Echos [en ligne]. Publié le 14 décembre 2017 [consulté le 08 janvier 2018] <https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0301026196811-les-etats-unis-enterrent-la-neutralite-du-net-2138567.php>

lundi 4 décembre 2017

La neutralité du net, une question pas si neutre...

Réseau de réseaux, l'Internet a pour vocation de s'adresser à tous et d'être accessible par tous : c'est la "neutralité du Net". Ce principe de non-discrimination garantit que les fournisseurs d'accès à Internet ne limitent pas les communications de leurs utilisateurs, que ce soit en termes de contenus, de débit ou de destination, mais demeurent de simples transmetteurs d'information, afin que tous les utilisateurs puissent accéder au même réseau dans son entier, quelles que soient leurs ressources financières, leur pouvoir politique/économique ou leur origine géographique. 
Certains acteurs du monde du web considèrent que les droits d'auteur, d'une part, et le fait que l'Internet est dominé par un petit nombre de conglomérats cumulant la production et la diffusion de l'information, d'autre part, menacent cette neutralité du net [1][2]. En France, depuis la loi pour une République numérique du 10 octobre 2016, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) veille notamment à ce que cette neutralité soit respectée. Elle a d'ailleurs lancé, en 2017, un espace permettant aux internautes de signaler d'éventuels manquements [3]. 
Ce n'est toutefois pas le cas dans tous les pays du monde : les cas de la Chine ou de la Corée du Nord sont bien évidemment emblématiques en la matière. Mais certains pays pourtant démocratiques n'ont pas inscrit ce principe dans leur législation et l'idée y fait même l'objet de débats : par exemple en Suisse [4] !
La menace la plus importante à l'heure actuelle vient cependant des Etats-Unis, pays des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump avait en effet annoncé son intention de revenir sur le principe de neutralité du net adopté par son prédécesseur, faisant réagir associations et personnalités des médias pour le défendre [5]. Peine perdue : la Federal Communications Commission (FCC) a présenté, le 22 novembre, un projet d'abolition du principe de non-discrimination d'accès à Internet [6]. Ce projet aura automatiquement valeur de loi le 21 décembre, sauf si des députés s'en saisissent et que le Congrès vote son annulation [7]. Les associations et lobbies du net se mobilisent donc pour attirer l'attention de leurs élus et une manifestation est même prévue à Washington le 7 décembre [8]. 
Qu'en sera-t-il en France ? L'exemple états-unien fera-t-il école ? Si la décision du gouvernement Trump fait bien entendu le bonheur des grands fournisseurs d'accès à Internet et des GAFA, la réglementation européenne devrait normalement protéger les pays de l'Union européenne d'une telle évolution. Certains s'inquiètent néanmoins de l'influence normative que peut avoir un tel acteur sur la scène internationale [9]. 
L'Internet étant par définition mondial, nos voisins suisses, quant à eux, s'inquiètent de l'influence que ces changements aux Etats-Unis pourraient avoir pour tous [10].


Sources :

(1) "La neutralité du net", La Quadrature du net [en ligne] [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.laquadrature.net/fr/neutralite_du_Net> 
(2) Réseau RITIMO, "Renforcer l'information indépendante et citoyenne dans le monde", Réseau associatif Ritimo [en ligne] 20 octobre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.ritimo.org/Renforcer-l-information-independante-et-citoyenne-en-France-et-dans-le-monde-1>
(3) "La neutralité de l'Internet", ARCEP [en ligne] 16 octobre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.arcep.fr/?id=9887>
(4) SCHWAAB Jean-Christophe, "Défendons la neutralité du net" [en ligne]. 12 juillet 2017 [consulté le 4 décembre 2017]. <http://www.schwaab.ch/archives/2017/07/12/defendons-la-neutralite-du-net-netneutrality/#more-2447>
(5) MANIERE Pierre, "Etats-Unis : bras de fer pour préserver la neutralité du net", La Tribune. [en ligne] 9 mai 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.latribune.fr/technos-medias/etats-unis-bras-de-fer-pour-preserver-la-neutralite-du-net-708644.html>
(6) GUITTON Amaëlle, "Les Etats-Unis vers l'Internet à deux vitesses", Libération [en ligne]. 22 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.liberation.fr/planete/2017/11/22/les-etats-unis-vers-l-internet-a-deux-vitesses_1611829>
(7) Le Monde, "Aux Etats-Unis, les défenseurs de la neutralité du net se tournent vers le Congrès", Le Monde [en ligne]. 23 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/11/23/aux-etats-unis-les-defenseurs-de-la-neutralite-du-net-se-tournent-vers-le-congres_5219285_4408996.html>
(8) LEDIT Guillaume, "Aux Etats-Unis, RIP Neutralité du net ?", Usbek & Rica [en ligne]. 23 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://usbeketrica.com/article/etats-unis-fin-neutralite-du-net>
(9) LAUSSON Julien, "A quoi ressemblerait le web en France sans neutralité du net ?", Numerama [en ligne]. 12 juillet 2017, mis à jour le 22 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.numerama.com/politique/275618-a-quoi-ressemblerait-le-web-en-france-sans-neutralite-du-net.html>
(10) GAUTSCHI Heidi et WADE Michael, "Washington annonce le démantèlement des règles relatives à la neutralité du net. Une menace ?", 24 Heures, [en ligne]. 4 décembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.24heures.ch/economie/sort-internet-dependil-etatsunis/story/16455145>