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mardi 22 décembre 2020

L’émergence d’applications écologiques de la blockchain démontrée par Suez

Suez, multinationale de la gestion de l’eau et des déchets a annoncé le 22 septembre [1] le lancement d’une blockchain de l’économie circulaire garantissant la traçabilité des boues valorisées dans les stations d’épuration. A travers cette annonce, loin d’être anodine, Suez démontre la percée de cette technologie en dehors du secteur bancaire et d’initiatives collectives à petite échelle. 

Anticiper l’application de la loi Economie Circulaire

Le but de ce déploiement ? Garantir aux agriculteurs une ressource sûre pour remplacer les intrants chimiques et encourager l’utilisation de ressources recyclées pour l’épandage des sols agricoles. Diane Galbe, directrice générale adjointe de Suez : 

“Nous récupérons sur les stations d'épuration du phosphore et le recyclons sous la forme d'un engrais, qui se substitue aux phosphates minéraux. […] Grâce à la blockchain, la traçabilité des matières fertilisantes est désormais 100% sécurisée et valorisée. Première technologique proposée sur ce secteur, la solution permet de rassurer les producteurs de boues par une plus grande maîtrise de la gestion de leur filière de valorisation agricole.” [1]

Avec CircularChain, Suez anticipe la loi Economie Circulaire votée le 12 février 2020 qui prévoit d’augmenter les contraintes concernant les boues valorisées pour les terres agricoles. Mais, au delà de cette application pour les agriculteurs, cette annonce tend à montrer que de nouveaux secteurs s’approprient la technologie, amorçant alors sa démocratisation annoncée depuis 2015 [2]. Et parmi ses applications, on en trouve de plus en plus d’ordre écologique, alors que la blockchain a pu rencontrer beaucoup de critiques sur sa consommation énergétique. Comment expliquer cette transition écologique de la blockchain depuis le lancement du Bitcoin en 2009 ?


Histoire de la blockchain, sujet de mode, d’espoirs… et de controverses 

C’est en 2015, lorsque The Economist s’intéresse à la blockchain, que le terme atteint un pic de notoriété. En couverture, le journal la renomme « machine à créer de la confiance ». Il prédit même que « la technologie derrière le Bitcoin pourrait changer le monde ». A la suite de cette publication, le sujet suscite une grande curiosité et l’ensemble des rédactions s’y intéresse pour relayer l’article. Le sujet est désormais partout et soulève l’intérêt du grand public. Elle reste cependant une promesse technologique qu’il faut encore développer, les acteurs devant s’en saisir pour exploiter ses capacités et l’appliquer à leurs domaines. [2] 

Si la technologie tient en elle tant d’espoir, c’est qu’elle promet une décentralisation des opérations, de ne plus avoir besoin de passer par un organisme tiers, envisageant la continuité du monde promis par Internet : disparition des intermédiaires, autonomie des individus et autorégulation libératrice. Et les chiffres rapportés par l’IDC (International Data Corporation) vont dans ce sens : les dépenses mondiales dans les solutions blockchain s’élève à 2,9 milliards de dollars en 2019, soit une croissance de 88,7% par rapport à 2018. Et on l’estime à 4,3 milliards de dollars pour 2020. [3]

Le coût environnemental du Bitcoin, mauvaise presse pour la blockchain

Mais rapidement, une notion centrale de la blockchain suscite la controverse : le protocole Proof-of-Work (PoW), utilisée notamment par la blockchain Bitcoin. Cette étape de contrôle des blocs de transaction met en compétition des « mineurs », garants de l’intégrité du système qui rivalisent de puissance de calcul pour trouver la « preuve » permettant la validation du bloc afin de remporter une récompense en bitcoin. Cette surenchère technologique, toujours plus gourmande en énergie, engendre une course à la puissance pour s’assurer de remporter la récompense. Ce qui fait que la dépense énergétique est consubstantielle au Bitcoin [4], mais pas nécessairement pour la blockchain. Même si aux yeux du grand public, les deux restent associés. Cette dépense énergétique demeure cependant relative. En effet, des études (dont celle de Bitmex du 15 septembre 2017) viennent montrer que les mineurs se tournent majoritairement vers des énergies renouvelables et sous-exploitées : 

« une grande partie de l’électricité aujourd’hui utilisée dans le Bitcoin serait en fait de l’électricité provenant d’infrastructures hydro-électriques sous-utilisées (car initialement dédiée à la production d’aluminium en Chine, production qui a baissé drastiquement suite à une baisse de demande pour ce matériau).» [5]

Si le PoW demande une énergie toujours plus importante, d’autres protocoles moins gourmands existent, dont le Proof-of-Stake [6] qui est souvent préféré pour cette raison. 


Les premières applications écologiques de la blockchain 

En parallèle des cryptomonnaies, des initiatives collectives apparaissent peu à peu sur des projets de moindre envergure pour appliquer la blockchain dans le secteur de l’énergie et de l’écologie, voyant dans ce registre de confiance partagée une opportunité pour développer des projets de valorisation énergétique. Ouvrant alors la voie à l’exploitation écologique de la blockchain comme a pu le faire Brooklyn Microgrid (pour l’auto-gestion de la consommation photovoltaïque collective d’un quartier), un exemple souvent cité. [7] 

Si les montants des investissements des grandes sociétés dans la blockchain sont importants et qu’ils rencontrent une croissance fulgurante, on estimait en 2016 que pour les grands acteurs du secteur de l’énergie, elle serait encore longue à se déployer. Pour les entreprises bancaires, l’enjeu et les opportunités à se lancer étaient évidents, pour les autres, peut-être un peu moins. [7]  


2020, l’âge de la maturité ?

Après quelques années, le déploiement et les applications de la technologie pénètrent finalement ce secteur d’activité avec l’initiative de Suez, démontrant que la blockchain s’insère progressivement dans de nouveaux domaines. Ce projet fait figure de test pour le géant de l’eau et des déchets, qui compte poursuivre cette dynamique et développer prochainement une technologie similaire pour la traçabilité des déchets dangereux, qui constituent un volume annuel et des enjeux bien plus importants. En se lançant dans ce domaine, il pourrait être la locomotive de toute une filière et ainsi amorcer une révolution dans la gestion des déchets. Une baisse des investissements dans la blockchain ne devrait donc pas arriver avant un moment et pourrait même s’étendre à de nouveaux marchés. 


Sources : 

[1] HECKETSWEILER Tiphaine. SUEZ lance CircularChain, la blockchain de l’économie circulaire. Publié le 22/09/2020. Disponible en ligne. suez.fr [consulté le 05/12/2020] : https://www.suez.com/fr/actualites/communiques-de-presse/suez-lance-circularchain-blockchain-economie-circulaire-et-accompagne-la-transition-agricole-clef-de-voute-alimentation-durable

[2] LELOUP Laurent. Blockchain, la révolution de la confiance. Publié le 17/02/2017. Disponible en ligne. books.google.fr [consulté le 05/12/2020] :  https://books.google.fr/books/about/Blockchain.html?id=1t8fDgAAQBAJ&printsec=frontcover&source=kp_read_button&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false   

[3] IDC. IDC Reports Worldwide Blockchain Spending to Slow Down to US$ 4.3 Billion in 2020. Publié le 22/06/2020. Disponible en ligne. idc.com [consulté le 19/12/2020] : https://www.idc.com/getdoc.jsp?containerId=prAP46625520

[4] RODRIGUES David. Blockchain et transition énergétique : une cohabitation impossible ? Publié le 16/09/2019. Disponible en ligne. environnement-magazine.fr [consulté le 19/12/2020] https://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2019/09/16/125867/tribune-blockchain-transition-energetique-une-cohabitation-impossible

[5] JEANNEAU Clément. Impact écologique des blockchains et cryptomonnaies : idées reçues et réalités. Publié le 02/02/2019. blockchainpartner.fr [consulté le 19/12/2020] :     

[6] COMITOGIANNI Kevin. Proof-of-Work vs Proof-of-Stake. Publié le 19/10/2020. Disponible en ligne. crytonaute.fr [consulté le 15/12/2020] : https://cryptonaute.fr/proof-of-work-vs-proof-of-stake/

[7] LAURENT Anthony. Blockchain, 15 projets dans l’énergie. Publié le 08/02/2017. Disponible en ligne. environnement-magazine.fr  [consulté le 15/12/2020] : https://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2017/02/08/48996/blockchain-15-projets-dans-energie

samedi 21 décembre 2019

NASA, Google, Blockchain, et "Suprématie Quantique": des coups d'épingle dans la bulle des crypto-monnaies.

Le 20 septembre dernier, la NASA annonça que Google avait réussi la prouesse de construire un processeur quantique de 53 qubits, le Sycamore, capable de résoudre en approximativement 200 secondes une équation qui aurait pris dix mille ans à être résolue par le plus puissants supercalculateurs de la planète, le summit d'IBM (1). Si la nouvelle fut rapidement retirée du site de l'Agence Spatiale, elle fut loin de passer inaperçue.

D'une part, IBM n'a pas tardé à tempérer la nouvelle: son propre supercalculateur serait capable de résoudre la même équation en deux jours et demi, et non pas en dix mille ans. Étant en passe de surpasser l'exploit de l'ordinateur de Google, il serait loin d'être définitivement hors jeu. De plus, l'ordinateur de Google ne serait bon qu'à effectuer certaines tâches restreintes. D'autre part, et dans un tout autre univers, certains blogs spécialisés (2) ou analystes défenseurs des crypto-monnaies (3) ne manquèrent pas de publier des communiqués rassurants quant à l'avenir de la blockchain

Car en effet celle-ci repose sur un système de cryptage algorithmique garantissant l'anonymat des transactions faites – entre autres – avec le bitcoin et la non falsification des unités crypto-monnétaires. La  suprématie quantique arrivera au moment ou un ordinateur quantique dépassera le plus puissant ordinateur classique, assurant à son possesseur une puissance de calcul telle que cela pourrait théoriquement menacer ces deux principes de base de toutes cripto-monnaies. De plus, cela mettrait à mal le principe du minage, qui nécessite une très grande puissance de calcul pour produire une nouvelle unité, et en limite ainsi la quantité émise sur le marché. Cette rareté, cette sécurité et cet anonymat, plaçant l'utilisateur hors d'atteinte des États et de tout contrôle, fait le succès des crypto-monnaies auprès des spéculateurs.

Comme chacun sait, au sein d'un marché la spéculation est fruit de la confiance collective sur la promesse des gains futurs. Lorsque la confiance est perdue, la bulle éclate. Aussi la fin du succès des crypto-monnaies ne sera peut-être pas due à l'hégémonie technologique de la firme de Moutain View ou de celle d'IBM, ni d'autres d'ailleurs, mais bien de la perte de confiance des acteurs du marché. Sycamore, ordinateurs quantiques et "suprématie", une tempête dans un verre d'eau? Voyons cela de plus près en changeant de perspective et en observant tout d'abord l'effet de ces annonces sur les recherches des internautes américains sur Google en 2019 :

Pour la recherche "quantum supremacy" (4) :
Deux pics de recherches apparaissent, du 22 au 28 septembre (43 points), et du 20 au 26 octobre (100 points).

Pour la recherche "quantum computer" (5) :
On relèvera trois pics de recherches: du 30 juin au 6 juillet (39 points)(6), du 22 au 28 septembre (40 points et du 20 au 26 octobre (100 points), la confirmation de la nouvelle par Google date du 23 octobre.

Regardons à présent les statistiques de l’occurrence "cryptocurrency" (7) :
On notera là aussi trois pics de recherches: le premier du 16 au 22 juin (100 points) correspond à l'annonce de Facebook sur le projet de la Libra, un du 22 au 28 septembre (39 points) et un du 20 au 26 octobre (38 points). Cette synchronicité parfaite serait-elle le fruit du hasard ?

Pour le découvrir, observons ce graphique d'une plateforme d'échange reflétant l'évolution du cours de la paire bitcoin/euro sur l'année 2019 (8).
Si le bitcoin accuse une baisse importante lors de la première annonce de la NASA; passant de 9241 euros le 20 septembre à 7381 le 26 septembre, à contrario il remonte de manière significative lors de la confirmation de la nouvelle par Google, passant de 6700 à 9100 du 24 au 26 octobre, puis perd régulièrement sa valeur jusqu'à aujourd'hui, le 21 décembre 2019, à 6500 euros.

La très curieuse remontée d'octobre s'explique probablement par la teneur des déclarations de Google. La firme affirme en effet dans l'article de Nature du 23 octobre que son processeur quantique n'est pas capable de résoudre les algorithmes de Shor (9). Or, c'est à partir de cet algorithme qu'il serait possible de décrypter la blockchain le plus efficacement (10). Une confirmation donc, mais qui infirme les craintes du marché.

Pourtant, entre septembre et décembre, le bitcoin, dont les mouvements reflètent ceux des principales crypto-monnaies, a vu sa valeur diminuer d'environ 3300 euros entre 26 octobre et le 18 décembre (5800 euros) soit plus du tiers de sa valeur. Pire, après avoir atteint sont plus haut niveau fin juin 2019 (11300 euros) depuis son record de 2017 (15800 euros), il n'a eu de cesse de perdre de la valeur. Nous laisserons au lecteur le soin conclure sur la nature de la relation entre la dévaluation du bitcoin et les découvertes de Google. L'avenir nous dira si cette baisse est une tendance de fond ou si elle se limite à des effets d'annonces clairement perceptibles.

Sources:

1: Saadli Hicham, La volonté de suprématie quantique : nouvelle confrontation des puissances dans le monde immatériel, https://infoguerre.fr/2019/11/20137/ , 20 novembre 2019, consulté le 20 décembre 2019.

2: Banner Hellmouth, 2019, Google va t-il « tuer Bitcoin » avec la suprématie quantique ?, https://journalducoin.com/bitcoin/google-va-t-il-tuer-bitcoin-avec-la-suprematie-quantique/ , 28 septembre 2019, consulté le 21 décembre 2019. Les articles de ce type sont légions sur le net.

3: Bonelli Frédéric, 2019, Pourquoi l’ordinateur quantique ne va pas tuer les crypto-monnaies, https://www.forbes.fr/finance/pourquoi-lordinateur-quantique-ne-va-pas-tuer-les-crypto-monnaies/, 6 novembre 2019, consulté le 21 décembre 2019.

4: Quantum supremacy - Découvrir - Google Trends, https://trends.google.com/trends/explore?geo=US&q=quantum%20supremacy, consulté le 21 décembre 2019.

5: Quantum computer -Découvrir - Google Trends, https://trends.google.com/trends/explore?geo=US&q=quantum%20computer, consulté le 21 décembre 2019.

6: On notera la proximité entre ce pic de recherche et la réception de l'article de Google par le comité de lecture de la revue Nature, le 22 juillet. Encore une corrélation? Voir les données en fin d'article du site de Nature de l'article de Google: Arute Frank, Arya Kunal, et all., 2019, « Quantum supremacy using a programmable superconducting processor », Nature, octobre 2019, vol. 574, no 7779, p. 505‑510,disponible en ligne: https://www.nature.com/articles/s41586-019-1666-5, consulté le 21 décembre 2019.

7: Cryptocurrency -Découvrir - Google Trends, https://trends.google.com/trends/explore?q=cryptocurrency&geo=US, consulté le 21 décembre 2019.

8: bitstamp, BTC EUR – Graphique de prix Bitcoin Euro, https://fr.tradingview.com/symbols/BTCEUR/, consulté le 21 décembre 2019.

9: "However, realizing the full promise of quantum computing (using Shor’s algorithm for factoring, for example) still requires technical leaps to engineer fault-tolerant logical qubits". Voir: Arute Frank, Arya Kunal, opus cité.

10: Henri Reich, How Quantum Computers Break Encryption | Shor’s Algorithm Explained - YouTube, Minutephysics, https://www.youtube.com/watch?v=lvTqbM5Dq4Q, consulté le 20 décembre 2019.

mardi 12 novembre 2019

Le projet Libra de Facebook

La « Libra », crypto monnaie lancée par Facebook le 18 juin 2019 pourra être opérationnelle en 2020. Celle-ci devrait permettre aux 2,3 milliards d’utilisateurs de Facebook d’utiliser cette monnaie virtuelle. Présentation et évolution du projet Libra. 

Suite à l’annonce de la Libra par Facebook, un livre blanc (white paper) [1] a été dévoilé le 18 juin 2019 et précise le fonctionnement de cette devise virtuelle.  


Présentation

"L'objectif de la Libra c'est d'abord de construire un système de paiement mondial, plus qu'une monnaie", a précisé Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. Un tel système pourrait être simplement fondé sur une monnaie existante, mais serait beaucoup moins ambitieux qu'une nouvelle monnaie adossée à un panier de devises. [2] 

C'est via l'app « Calibra » (filiale de Facebook), disponible sur iOS et Android, que les utilisateurs pourront acheter, vendre, stocker et utiliser des Libras. [3] 

Contrairement au Bitcoin, la Libra est un stable coin (crypto stable), sa valeur suit le cours d’autres devises fiduciaires et ne fluctue ainsi que très peu. Il n’y a aucun intérêt spéculatif avec ce type de jeton. [4] 

A l'inverse de celle utilisée pour les cryptoactifs tels que Ether ou Bitcoin, la blockchain Libra ne sera pas publique, mais sera organisée avec seulement quelques acteurs autorisés à s'y connecter. Basée à Genève en Suisse, cette association d’une trentaine d'acteurs (Mastercard, Paypal, Visa, Uber, Calibra …) est une organisation indépendante à but non lucratif qui se chargera de "faciliter le fonctionnement du réseau Libra et de gérer la réserve garantissant la devise". Autrement dit, l'association va superviser la blockain Libra et s'occuper de la stabilité de la valeur de Libra (avec une réserve d'actifs financiers). La volatilité du Bitcoin n'est pas envisageable. [5] 

Rappelons que la technologie de la blockchain ou plus généralement dispositif d’enregistrement électronique partagé, permet la tenue d’un registre dématérialisé et décentralisé, partagé entre ses utilisateurs, et comprenant la trace de toutes les transactions réalisées par ceux-ci depuis la création du registre. Grâce à l’utilisation de divers procédés de chiffrement, la blockchain assure également la sécurisation et l’authentification des transactions. Le registre constitué est réputé difficilement falsifiable.[6] 

Evolution

Lors de l'ouverture d'une conférence de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la blockchain, le 12 septembre 2019, Bruneau Lemaire, le ministre de l'Economie et des Finances a déclaré être opposé au "développement de Libra sur le sol européen"  dans les conditions actuelles. En effet la souveraineté monétaire doit rester entre les mains de l’état. Dans le même temps, le ministre veut lancer une réflexion au plus vite autour d'une possible "monnaie digitale publique". [7] 

La crypto de Facebook, Libra, se fait lâcher par Mastercard, Visa, eBay et Stripe. C'est PayPal qui a le premier préféré quitter le navire le 4 octobre 2019 sans donner de raisons précises. Ironie de la situation : David Marcus, responsable pour Facebook du développement de Libra, est l'ancien PDG de PayPal. Le projet est en effet critiqué par bon nombre de régulateurs et gouvernements à travers le monde. Ils s’inquiètent notamment de la mauvaise réputation de Facebook en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. [8] 

Mark Zuckerberg s’est montré hésitant face aux élus américains de la Commission parlementaire des services financiers du Congrès, auprès desquels il a tenté mercredi 23 octobre 2019 de défendre son projet Libra. Il a répété à plusieurs reprises que la Libra, gérée par une association indépendante (composée d'entreprises et organisations à but non lucratif), ne serait pas lancée avant d'avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs. 

Plusieurs élus ont cherché à savoir jusqu'où il était prêt à aller pour mener à bien son projet. "L'association Libra est séparée de Facebook. Si je vois que nous n'arrivons pas à continuer en accord avec les principes que j'ai établis, alors Facebook se retirera du projet", a précisé Mark Zuckerberg. [2][9]

Libra va mettre des années à se développer, selon un cadre de Calibra.
Libra « n'est pas quelque chose qui se propagera comme un réseau social. Ce sera un travail qui va durer non pas des années, mais des décennies, mais ça en vaut la peine », a affirmé le vice président en charge de la direction des produits de Calibra Kevin Weil, mardi 5 novembre, lors d'un débat sur les cryptomonnaies rapporté par la chaîne CNBC. [10]

Quoi qu’il en soit, si Facebook et ses partenaires parviennent à surmonter les obstacles réglementaires qui ont accompagné la Libra, cette monnaie aura sans aucun doute un impact énorme sur l’économie mondiale, éclipsant peut-être celle du bitcoin “, a déclaré Hayter de CryptoCompare. 
Pour Andy Bryant, directeur de l’exploitation de l’entreprise européenne de l’exchange bitFlyer, Libra pourrait commencer à convaincre les gens qu’il existe « d’autres moyens » de stocker de la valeur que l’utilisation de devises fiat (monnaie décrétée par l'état) comme le dollar américain. « Si c’est tout ce que Libra réalise, je pense que ce sera déjà un grand pas en avant », a-t-il dit. [11] 



[1] LIBRA, Livre blanc, L’association Libra [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].  https://libra.org/fr-FR/white-paper/?noredirect=fr-FR 

[2] La Libra devant le congrès Américain, En direct avec AFP [en ligne] 23 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. https://www.france24.com/fr/20191023-mark-zuckerberg-congres-americain-cryptomonnaie-libra-dollar-donnees-facebook 

[3]  Calibra l’arme secrète de Facebook, Les Echos : Raphaël BLOCH [en ligne].  18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]  https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/calibra-larme-secrete-de-facebook-pour-monetiser-sa-cryptomonnaie-1030100 

[4]  Libra : Facebook publie le livre blanc de sa cryptomonnaie, Cryptonaute : Stanislas POGORZELSKI  [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://cryptonaute.fr/libra-facebook-publie-livre-blanc-crypto-monnaie/ 

[5] Libra : la cryptomonnaie voulue par Facebook est officielle, GNT (Génération Nouvelles Technologies) : Jérôme GARAY [en ligne]. 18 juin 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.generation-nt.com/libra-cryptomonnaie-blockchain-facebook-calibra-actualite-1966041.html

[6] Minibons, titres financiers et Blockchain, Mathias Avocats [en ligne]. 30 janvier 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. 

[7] Bruno Le Maire s'oppose à Libra,  L’Usine Digitale : Alice VITARD [en ligne]. 12 septembre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.usine-digitale.fr/article/bruno-le-maire-s-oppose-a-libra-mais-se-dit-ouvert-a-la-creation-d-une-monnaie-digitale-publique.N883800 

[8] Paypal se retire de libra, Le Monde avec AFP [en ligne]. 05 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/05/paypal-se-retire-de-libra-le-projet-de-monnaie-numerique-de-facebook_6014314_3234.html 

[9] Mark Zuckerberg grilled by Congress over Libra,  CNN Business : Clare Duffy et Brian Fung [en ligne]. 23 octobre 2019. [Consulté le 27 octobre 2019].
https://edition.cnn.com/2019/10/23/tech/mark-zuckerberg-facebook-libra-hearing/index.html 

[10] Libra va mettre des années à se développer, selon un cadre de Calibra, Clubic : Benjamin Bruel  [en ligne]. 07 novembre 2019. [Consulté le 09 novembre 2019].
https://www.clubic.com/antivirus-securite-informatique/cryptage-cryptographie/crypto-monnaie/actualite-875631-libra-annees-repandre-cadre-calibra.html

[11] Les principales différences entre Libra et le Bitcoin, Cryptosous [en ligne]. 19 juillet 2019. [Consulté le 27 octobre 2019]. https://www.crypto-sous.fr/libra/difference-libra-bitcoin/ 

lundi 3 décembre 2018

Comment la blockchain peut-elle s’inviter dans le quotidien d'un professionnel de l'information ?

S’il est aujourd’hui courant d’entendre parler de bitcoin ou de crypto-monnaie, il est déjà plus rare de comprendre ce qu’est la blockchain et les applications possibles grâce à cette technologie. Dans ce billet, je vais vous présenter une explication simple et récente réalisée par Archimag ainsi qu'un petit tour des  actualités que cette technologie offre aux professionnels de l'information.



Pour les initiés, la blockchain est devenue un sujet majeur et identifiée comme l’une des technologies les plus porteuses de valeur pour les quelques années à venir.(1) Archimag vous propose ici une courte vidéo(2) de 4mn pour vous initier au sujet :



Lorsque la blockchain n’a plus de secret pour vous, il vous reste à savoir en quoi cette technologie pourrait concrètement vous rendre service.

1 - Le vote en ligne, sécurisé et anonyme !

Pour commencer, la Thaïlande ouvre la voie avec la mise en place d’un système de vote en ligne. Les « tiers de confiance », habituellement représentés par les bureaux de vote et l’institution, sont ici remplacés par la technologie inhérente à la blockchain. Le travail de cryptographie pour rendre le vote anonyme et unique est quant à lui supporté par le travail de « mineurs » rémunérés par une monnaie virtuelle appelée ZCoin (XZC).(3)


2 - Le dossier Médical Personnel (DMP)

Alors, avant toute chose, il est important de clarifier que le projet « DMP » français dans son état actuel, n’est pas supporté par la blockchain.(4) Les données médicales sont supportées par un réseau traditionnel centralisé ou « client-serveur »(5). Mais certains se posent déjà la question sur son exploitation et sa sécurisation par la blockchain. La start-up Embleema y travaille et teste cette transposition aux Etats-Unis sur un groupe de personnes. Son idée, permettre un recueil et un accès sécurisés à l’ensemble de ses données médicales et monétiser ses propres données rendues anonymes en les mettant à disposition d’équipes de chercheurs du monde entier.(6)

3 - La blockChain peut-elle vous sauver la vie ?

C’est ce qu’espère Sajida Zouarhi, la co-fondatrice du projet Kidner avec comme projet de permettre l’accès à une base de donneurs et de receveurs de reins sur un réseau décentralisé supporté par la blockchain. Un petit podcast à écouter de 7mn pour en savoir plus.(7)




Enfin, Archimag vous propose 8 exemples concrets dans une vidéo de 6mn.(8)



Sources :

1. livre-blanc-innovation-technologies-revolution-digitale-syntec-numerique.pdf [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://syntec-numerique.fr/sites/default/files/Documents/livre-blanc-innovation-technologies-revolution-digitale-syntec-numerique.PDF>

2. La blockchain pour les nuls. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/demat-cloud/2018/10/22/blockchain-pour-nuls>

3. PIERRE PONLEVÉ. La blockchain se mêle des élections en Thaïlande. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/vie-numerique/2018/11/19/la-blockchain-se-mele-aux-elections-en-thailande>

4. DMP. CONDITIONS GENERALES D’UTILISATION DU SERVICE DMP POUR LES BENEFICIAIRES DE L’ASSURANCE MALADIE. mondmp1.dmp.gouv.fr [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://mondmp1.dmp.gouv.fr/conditionsutilisation>

5. Client–serveur. Wikipédia [en ligne]. 2018. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Client%E2%80%93serveur&oldid=153620379 > Page Version ID: 153620379

6. RM/AB. La start-up Embleema met la blockchain au service du partage de données de santé. ticsante.com [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.ticsante.com/la-start-up-Embleema-met-la-blockchain-au-service-du-partage-de-donnees-de-sante-NS_4177.html>

7. Reportage «  blockchain et don d’organes : projet Kidner » avec Sajida Zouarhi [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-mercredi-24-janvier-2018>

8. Comment utiliser la blockchain en 8 exemples concrets. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/demat-cloud/2018/10/29/comment-utiliser-blockchain-8-exemples-concrets>

mardi 27 novembre 2018

Blockchain et RGPD et données personnelles

La Blockchain est une technologie au potentiel de développement fort qui suscite de nombreuses questions à propos de sa compatibilité avec celle du RGPD. Cependant, depuis le 24 septembre 2018 la CNIL se propose d'apporter des solutions concrètes aux acteurs qui souhaitent l'utiliser dans le contexte de traitement de données personnelles.

L'impact de la Blockchain sur les droits des personnes (droit à la vie privée et droit à la protection de leur données personnelles) fait appel à une analyse spécifique. La CNIL étant l'une des premières autorités à se saisir officiellement du sujet, va s'inscrire dans une démarche de coopération avec ses homologues européens pour proposer une approche solide et harmonisée.

Pour aller plus loin, voir les premiers éléments d'analyse de la CNIL sur la Blockchain. https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/la_blockchain.pdf

Sources : CNIL. Blockchain et RGPD : quelles solutions pour un usage responsable en présence de données personnelles ? Publié le 24 septembre 2018 : [Consulté le 27 novembre 2018]. https://www.cnil.fr/fr/blockchain-et-rgpd-quelles-solutions-pour-un-usage-responsable-en-presence-de-donnees-personnelles

mardi 16 janvier 2018

Quels nouveaux usages de la blockchain ?

Souvent associée à une nouvelle révolution technologique, la blockchain promet la transformation de plusieurs fondamentaux de notre économie. Plusieurs décennies seront nécessaires à la démocratisation de nouveaux usages basés sur la blockchain selon Marco Iansiti, Karim R. Lakhani qui coordonnent le dossier intitulé "La vérité sur la blockchain" paru dans le dernier numéro de la revue Harvard Business Review.¹
Citée comme étant une révolution comparable à l'internet, la blockchain promet une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe de contrôle (définition de Blockchain France).
Comment fonctionne la blockchain ? Quelle est son histoire et quelles pourraient être ses implémentations ? Depuis différentes sources, voici une tentative d’explication.

Philosophie : l’alternative d’un monde transparent ou l’intermédiation disparaît. 
Avec la crise des subprimes s'ensuivit une perte de confiance en les instances financières centrales et traditionnelles. Issue d'une culture cypherpunk, l'implémentation bitcoin de la blockchain répond à une demande de monnaie sans gouvernement.²  C'est la première étape de l'échange d'une propriété sans intermédiaire central. Les bitcoins sont échangés entre divers acheteurs et vendeurs. Les instances centrales bancaires sont remplacées par un consensus d'ordinateurs regroupés en nœuds de réseaux répartis sur la planète. Attirant de nouvelles perspectives d'échanges sécurisés sans intermédiaires, la blockchain permet le développement de nouvelles idées.

Fonctionnement décentralisé : le livre de comptes, la transaction et la preuve de travail.³ 
La blockchain est composée de trois points clés.
- Elle comporte le livre des comptes (ledger) qui comprend toutes les écritures d'échanges entre parties actant la modification de la propriété des biens échangés. Le livre est disponible à l'ensemble des acteurs. Il est distribué de façon identique sur tous les nœuds du réseau.  Il est découpé en blocs comprenant un nombre limité d'écritures. Chaque bloc doit être validé par un consensus de nœuds de réseaux représentant au moins 51% de l'ensemble puis est rattaché au bloc précédent et au bloc suivant.
- La transaction qui authentifie le transfert d'un bien entre 2 parties prenantes.
- La preuve de travail qui permet de garantir l'intégrité des données en demandant des puissances de calculs importantes à des fins de modifications du livre des comptes. Les consultations nécessitant une puissance de calcul minimale.

Technologie : l’association de plusieurs protocoles simple 
Une infrastructure blockchain associe plusieurs briques technologiques existantes. Signature électronique, informatique distribué, cryptographie asymétrique...

Usages innovants, de l'énergie au cadastre : patchwork d’usages possibles 
- Energies renouvelables
Des initiatives permettant reconnaître les auto-producteurs et favorisant les énergies renouvelables sont en cours de développement.
- Santé
La blockchain permettrait de lutter efficacement contre les contrefaçons des médicaments sauvant ainsi des vies. Aussi, permettrait-elle d'innover le dossier médical, tant sur le droit de regard accordé par le patient que sur les remboursements des frais médicaux.
- Cadastre : permettre la transparence de la propriété en Afrique.
Le développement économique s'appuie entre-autre sur l'authenticité de la propriété des biens immobiliers (afin de livrer, hypothéquer, construire...). Avec l'usage de la blockchain sur le continent africain, il devient possible de résoudre les conflits de propriété. Le Ghana expérimente l'enregistrement  des titres de propriété sur une blockchain.
- Covoiturage : désintermédier l'ensemble des plateformes.
Afin de ne plus dépendre de plateformes, la blockchain permettrait aux intervenants de s'affranchir des commissions instaurées par les plateformes. D'autre types de marchés tel que la location saisonnière pourraient utiliser la blockchain et les smart-contracts. 
- Produits de luxe  : Authentifier les diamants.  
Afin de lutter contre la fraude au commerce des diamants, la start-up Everledger a développe une blockchain authentifiant l'ensemble des caractéristiques d'un diamant via 40 métadonnées. La blockchain produit ensuite un numéro de série unique  qui est micro-gravé sur le diamant. Le certificat d'authenticité numérique consigné sur la blockchain permet au tiers de certifier la provenance et la propriété. La  startup envisage d'étendre ses services aux sites de ventes en lignes afin de lutter contre la contrefaçon de produits de luxe.
- Cloud Computing : accéder facilement à des blockchains.
Microsoft et IBM ont annoncé des partenariats avec Ethereum. Il s'agit dans un premier temps de permettre le développement simple et rapide d'applications utilisateurs exploitant la blockchain. D'autres initiatives permettant de décentraliser le cloud sur les disques dur de particuliers en l'échange d'une rémunération sont en cours de développement.

Avec une nouvelle approche de la gestion de la confiance entre tiers, la blockchain offre de nouveaux usages dont les contours se dessineront ces prochaines décennies. Les approches simples de transferts de propriétés démocratiseront l'usage de la blockchain, permettant par la suite des applications plus complexes modifiant la structure de notre économie.¹ 

Sources : 


¹ IANCITI, Marco ; LAKHANI Karim R. | Harvard Business Review | n°25 - février - mars 2018
La vérité sur la blockchain
P.26  

² ALLARD, Laurence, KURT, Sébastien et SAUZADE, Adrian | Archimag Guide Pratique n°59 - octobre 2017
blockchain : le nouveau cadre de confiance | P.18 - Une autre histoire de la blockchain 

³ PALOP, Kevin | Archimag | Guide Pratique n°59 - octobre 2017
blockchain : le nouveau cadre de confiance | P.18 - la blockchain, enfant prometteur du digital

⁴ BERBAIN, Côme | La blockchain : concept, technologies, acteurs et usages
Réalités Industrielles 2017/3 - Aout 2017 via Cairn.info | Consulté le 29 Janvier 2018 

⁵ Blockchain France | La Blockchain décryptée - Les clés d'une révolution
P.20

lundi 4 décembre 2017

Blockchain : le bitcoin annonce-t-il la fin de la fraude à la carte bancaire ?

Pourquoi le bitcoin affole et séduit les marchés financiers ? En parallèle, les banques traditionnelles sont en train de contre-attaquer. N'y verraient-elles pas un signe annonciateur de la disparition de la monnaie fiduciaire ? Quelle technologie régit cette nouvelle monnaie ?

Une technologie nommée BLOCKCHAIN

Celle-ci utilise un protocole très sécurisé. Il se base sur le cryptage des données. En voici une définition [1] : « La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. »

Utilisation de la blockchain

Cette technologie s’utilise, essentiellement, de trois façons [2] : transferts d’actifs (monnaie, titres, actions), une meilleure traçabilité (des actifs et produits), exécuter automatiquement des contrats dits smart contracts.  Un modèle d’architecture technique pourrait se schématiser comme suit :


Figure-1 : Infographie issue du livre blanc [6] Comprendre la blockchain

D’autres applications de la blockchain

Grâce à la blockchain, un client [2] peut souscrire, par exemple, à une assurance conçue sous forme d'un smart contract. Dans le cas d'une assurance pour se couvrir contre un retard d'avion, ce contrat dit intelligent déclenchera un remboursement automatique une fois le retard constaté. Une autre utilisation de la blockchain est la création de la monnaie virtuelle : le bitcoin, monnaie dont les cours s'envolent actuellement.

Le bitcoin : opportunité ou menace pour les banques ?

A ce sujet, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, présent ce vendredi 01/12/2017 au Forum financier franco-chinois, a clairement attaqué [3] le bitcoin : « C’est un actif spéculatif. […] ceux qui investissent en bitcoin le font totalement à leurs risques et périls. » Les mêmes craintes ont été émises [4] par Jordan Belfort, ancien courtier américain. Il est à la base du personnage du film Le loup de Wall Street de Martin Scorsese. Ce risque viendrait aussi [5] du manque de réglementation du marché, d'après le SEC (U.S. Securities and Exchange Commission), l’organe de Régulation des Marchés Financiers Américains.

Blockchain : opportunité pour les fournisseurs de solutions logicielles !

Des marchés de biens et de services sont nés et se développent. Des poids lourds se sont intéressés à cette technologie : Microsoft, Oracle. Côté banque : UBS et IBM lancent une plateforme de trading financier : Batavia. Progrès technologique ou salade spéculative ?

Perspectives

Pour revenir à l'actualité qui a motivé ce présent billet de veille (à savoir : l'envolée des cours du BITCOIN), certains voient, dans cette monnaie virtuelle, une solution robuste contre la fraude à la carte bancaire. A méditer...

Si vous souhaitez suivre l'actualité du BITCOIN et de la BLOCKCHAIN
Actualités décembre 2017 et courant 2018

 

SOURCES

1 : Article « Qu’est-ce que la blockchain ? » sur le site de « Blockchain France » ; consulté le 04/12/2017 ; date de publication non communiquée ; URL : Définition de la Blockchain

2 : Journal Du Net (JDN) ; article : « Blockchain : définition et application de la techno derrière le bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; mise à jour du 13/11/2017 ; URL : Bitcoin et Blockchain

3 : Site Web Europe1 ; article « La Banque de France alerte sur le caractère spéculatif du bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 01/12/2017 ; URL : Bitcoin et spéculation

4 : Site Web Europe1 ; article « Pour le vrai "loup de Wall Street", lever des fonds en bitcoins est une vraie "arnaque" » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 24/10/2017 ; URL : Bitcoin, une arnaque selon le Loup de Wall Street

5 : Site Web Europe1 ; article « Le gendarme financier américain refuse un projet d'indice basé sur le bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 13/03/2017 ; URL : Gendarme américain et Bitcoin

6 : Comprendre la Blockchain ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Blockchain : Le livre blanc


POUR ALLER ENCORE PLUS LOIN SUR L'ASPECT TECHNOLOGIQUE

a : Site Web Microsoft ; article « Développez, testez et déployez des applications de type « blockchain » ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Solution Blockchain chez Microsoft

b : Site Web Oracle ; article « Oracle Blockchain Cloud Service » ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Solution Blockchain chez Oracle

c : Site Web IBM ; article “IBM, banking partners to advance new trade finance platform Batavia for global trade via air, land, sea” ; consulté le 04/12/2017 ; URL : IBM et sa plateforme Batavia



mercredi 10 mai 2017

Bientôt un Observatoire européen des Blockchains...

La Commission européenne souhaite créer prochainement un Observatoire des Blockchains, pour développer une expertise, suivre les évolutions des FinTechs et les Technologies de Registres Distribués (DLT), mettre en place une plateforme pour la « communauté blockchain » et se positionner en tant qu’institution européenne pour trouver son rôle face à ces technologies.
Voici l’occasion de définir certaines notions.
FinTech
L’expression FinTech combine les termes « finance » et « technologie » : elle désigne une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires.
Lors de la crise économique de 2008, de nombreux banquiers et traders ont souhaité réinventer le modèle de la finance à l’appui des innovations technologiques.
Les types de services :
- Les activités de “crowdfunding”, financement participatif, qui permettent à des particuliers de financiers des projets d’entreprise ou personnel via une plateforme. Cela peut prendre la forme de don ou de prêt.
-Des applications mobiles et des plateformes qui permettent de gérer ses activités bancaires, suivi, investissement, trading.
-Les monnaies virtuelles, dont la plus connue est le système de Bitcoins mais des systèmes d’échange monétaire existent également sur des réseaux sociaux ou des jeux en ligne.
-Le paiement électronique sur le web via son smartphone et sur Internet, sans faire appel directement à sa banque et permet des paiements sécurisés. Mais ce ne sont que des exemples et d’autres FinTech voient le jour dans divers domaines.
Blockchain
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle (définition de Blockchain France).
Elle constitue une base de données de l’historique de l’ensemble des échanges effectués entre ses utilisateurs. Cette base de données sécurisée est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet des vérifications si besoin et certifie la validité de la chaîne.
La blockchain a vu le jour en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, développée par une personne se présentant sous le pseudonyme Satoshi Nakamotoété. Actuellement l’utilisation de la technologie blockchain est envisagée pour de nombreux autres cas que la monnaie numérique.
Les trois catégories de la blockchain :
-Les applications pour le transfert d’actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…)
-Les applications de la blockchain en tant que registre, pour une bonne traçabilité.
-Les smart contracts programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat.
En Angleterre, le Chief Scientific Advisor Sir Mark Walport vient de publier un rapport invitant à s’intéresser aux nombreuses potentialités offertes par la technologie « des registres distribués ».
Pour le développement et la commercialisation de nouvelles offres de services, mais aussi sous l’angle de l’Open Data pour les entreprises et les services publics.
Ce rapport fait état de la transparence, la sécurité, de l’amélioration des services proposés aux citoyens qui pourraient être davantage personnalisés et efficaces, et même la réduction des coûts.
Suite à ce rapport, certaines réserves et recommandations ont suivi, émanant notamment de l’Open Data Institute qui s’inquiète d’une réelle plus-value dans les secteurs publics.

De nombreux champs de réflexion semblent s’ouvrir pour l’observatoire européen des blockchains.

Bitcoin.fr, "Observatoire européen des blockchains", [publication en ligne], 29 avril 2017 [consulté le 10 mai 2017] https://bitcoin.fr/observatoire-europeen-des-blockchains/ Bolden.fr, Plateforme de Prêt alternatif permettant aux Particuliers de Financer l'Économie réelle en prêtant directement aux Entreprises & PME, "les fintech définition évolutions ambitions", [publication en ligne], [consulté le 10 mai 2017] http://blog.bolden.fr/les-fintech-definition-evolutions-ambitions/Blockchainfrance.fr, "Qu’est-ce que la blockchain ?", [publication en ligne], [consulté le 10 mai 2017] https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/ Diplomatie.gouv.fr, "Blockchain et la technologie « des registres distribués » : le prochain chantier numérique du Royaume-Uni ?", [publication en ligne], 2 février 2016 [consulté le 10 mai 2017] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/royaume-uni/article/blockchain-et-la-technologie-des-registres-distribues-le-prochain-chantier