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lundi 24 mai 2021

Lancement du Programme Atlas : des standards français pour la transformation numérique

En octobre 2019, l'Afnet avait initié un ambitieux projet : le programme Atlas destiné à fournir des standards numériques à l'industrie française. Il réunit de nombreux acteurs industriels pour la création de standards de modélisation de type Product Life & Data Management (PLM/PDM), servant entre autres aux simulations et aux jumeaux numériques.  De tels standards devraient rendre la production de modèles et l'utilisation des technologies de simulation numérique plus accessibles aux entreprises et démocratiser leur utilisation. Le premier workshop du programme, intitulé Simulation Numérique, a eu lieu le 19 mai dernier.

Atlas s'inscrivant dans le Programme Investissements d'Avenir, ces standards se voudront à la fois publics, internationaux et intersectoriels. Les modèles numériques sont aujourd'hui créés à partir de composants issus de dizaines d'outils différents, assemblés au prix d'un effort de mise à niveau des formats utilisés par les différents producteurs des parties composant le modèle final. Deux acteurs participent à leur construction et facilitent les décisions lors du processus de production :

- L’architecte système qui évolue dans un environnement "concepteur". Il définit les spécifications, les performances attendues et la constitution des systèmes.
- L'architecte simulations numériques qui produit des évaluations afin de déterminer le plus tôt possible que les performances attendues soient atteintes et modifie les dessins en conséquence, le cas échéant. 

Leurs travaux sont rendus possibles par la collaboration d'un réseau d'opérateurs favorisant les transferts et la mise à disposition de modèles inter-opérés pour former un modèle global utilisable et fidèle à son objet. Mais de tels réseaux restent encore très rares dans le paysage industriel français et nécessitent des conditions telles qu'une forte concentration de filière [1], ou des activités de recherche de pointe réunissant des laboratoires collaborant autour d'un même sujet [2]. Les réflexions de l'Afnet et ses partenaires portent sur l'acquisition de ces modèles à travers la disponibilité des standards, et comment les relier entre eux, grâce à la définition de méta-modèles.

Pour ce faire l'Afnet s'appuie sur 15 ans d'expérience dans la mise en place et la réflexion autour des standards dans les filières industrielles, comme le pré-projet Seine sous le patronage de la DGE entre 2006 et 2008, et sur les sujets design et manufacturing, supply chain, maintenance et cybersécurité, regroupés autours de projets multi-sectoriels tels BoostAero depuis 2005, ou la norme STEP AP242 depuis 2015. Ces réflexions ont été menées en collaboration entre des associations, des opérateurs et des institutions. Elles ont accompagné la création de plate-formes collaboratives de filières [3], et plus de 7000 entreprises de toutes catégories ont pu y participer.

Les filières participant à Atlas sont catégorisées selon deux types : en « objets » et chaine d'assemblage comme l'aéronautique, l'automobile, l’industrie électronique etc, ou en « projets » comme le bâtiment, la chimie des matériaux, le nucléaire, la métallurgie, ou les systèmes énergétiques. Elles sont représentées par des comités de pilotage stratégique composés de membres de l'Afnet, Industrie du Futur, le programme MINnD, l'AFIS, ainsi que des représentants d'organisations professionnelles tels que la FIEEC, Fer de France. Syntec, France Chimie, AIMCC, Galia, la GICAN, le Gifas, Building Smart France  et PFA.

Le programme est structuré en groupes de travail, réunissant les représentants des filières, en fonction des lots et des sujets qui ont été définis durant la phase préparatoire du projet. Les stratégies et cas d'usage, le développement de standards, l'implémentation chez les éditeurs, la formation des démonstrateurs  (POCs), et la communication au public, forment les lots. Les domaines, qui doivent couvrir l'ensemble du cycle de vie du produit, sont les suivants :

  • Ingénierie système  et MBSE, piloté par l'AFIS
  • PLM, end-to-end et Management des configurations, piloté par l'AFNET
  • Logistique et global Supply-Chain, piloté par l'AFNET
  • Maintenance piloté par l'AFNET
  • Données et Infrastructures (traçabilité, blockchain, cybersecurité, IA) piloté par l'AFNET
  • Le Smart Manufacturing piloté par l'Alliance Industrie du Futur
  • Le BIM piloté par MINnD
  • Cet ensemble doit faciliter la généralisation des concepts de Jumeau numérique - piloté par l'AFNET et  l'Alliance Industrie du Futur qui vont pouvoir s'appuyer sur ces composants. Les homologues internationaux, NAFEMS et INCOSE assureront leur soutien pour la partie simulation numérique.

Une équipe de France sera constituée en partenariat avec l'AFNOR pour que les travaux soient représentés sur la scène internationale et afin d'augmenter la coordination et l'efficacité entre les groupes de travail.
Le projet Atlas pourrait ainsi rejoindre les réflexions de l'INCOSE et de la NAFEMS. Cette dernière a déjà engagé une réflexion couvrant l'ensemble des besoins des secteurs et des cycles de vie des modèles [4]. Deux pistes possibles sont à l'étude :

  • Le MCP, Model Caracterisation Pattern (disponible auprès de l'INCOSE), représentation générale couvrant des modèles 3D, CFD et multi-physique. Ce standard peu déterminé est spécifiable à partir de listes d'attributs spécifiques à attribuer selon le type de modèle. Il est très complexe, mais permet de disposer d'une couverture globale du cycle de vie dans une optique de réutilisation.
  • Le MIC, Model Identity Card est un concept couvrant le début de cycle jusqu'à l'exploitation du modèle, visant à préparer les phases de construction de modèles complexes, dans la façon d'établir et peupler les architectures, produites par des entités différentes de l'intégrateur. Il permet de spécifier, contrôler les modèles, gérer leur assemblage et les capitaliser.

Concernant l'Archivage, une piste est à l'étude : le projet LOTAR (LOng Term ARchival), basé sur le standard ISO STEP AP 209 destiné au stockage des données de simulation. En terme d'application directe, MoSSEC est une adaptation des MIC pour être compatible avec LOTAR. Il semble que cette piste soit privilégiée pour le moment.

La validation du programme a eu lieu en octobre 2020. Ce projet, financé moitié par l’État, moitié par les filières industrielles pour un montant total de dix millions d'euros, amorce un cycle de trois ans. L'Afnet recherche des participants pour une réflexion élargie et profitable à un maximum de secteurs. Les plans de travail sont en cours et doivent être élaborés avant 2022.

mardi 23 février 2021

Le numérique dans tous ses états : Issy-les-Moulineaux l'exemple de la Smart City à la française. [1]

Lauréats du concours "Challenge 5G" lancé par Orange le 14 octobre dernier à Issy-les-Moulineaux (ILM), les entreprises Bioserenity, Fullrama et UrbanExpé tenteront de mettre à profit la 5G afin d'apporter des solutions pertinentes dans leurs domaines respectifs que sont la médecine, le sport et la météorologie.

Le 15 décembre 2020, les résultats du "Challenge 5G" sont enfin parus.[2]

Forte de ses distinctions telles que le Trophée du "leader du numérique" en 2020 sans oublier en 2019 un prix dans le cadre du 4ème trophée de "l'Open Data pour les territoires" [3], la ville d'Issy-les-Moulineaux s'est illustrée comme l'une des villes pionnières dans le concept de Smart City à la française.

En effet, avec plus de la moitié des entreprises implantées sur son territoire provenant des secteurs numériques et technologiques tels que Microsoft, Cisco, Cap Gemini ou bien encore Orange, la ville d'ILM avait commencé sa transformation numérique dans les années 90.

L'organisation de cet évènement avec Orange s'inscrivait donc dans une continuité, ILM ayant été sélectionnée dès avril 2019 par l'ARCEP [4] pour être site pilote pour la 5G. Issy fut également la seule ville française plusieurs fois distinguée par l'Intelligent Community Forum (ICF), un think tank américain qui encourage les collectivités locales à utiliser le numérique pour booster leur développement. [5]

Pour ce faire, ILM offre ainsi aux entreprises un terrain d'expérimentation et Orange son expertise technique.

L'objectif de ce concours étant d'identifier et sélectionner dans divers domaines des starts up ou PME de -250 personnes ; à qui l'on permettra d'expérimenter leurs solutions sur le réseau 5G durant une période définie courant de l'année 2021 en vue de savoir dans quelle mesure leurs projets influenceront le développement de la ville.

Le premier lauréat Bioserenity [6], spécialisée dans les solutions de diagnostic et de monitoring tentera d'alléger le temps de traitement des examens médicaux via des technologies IA pour un traitement massif et rapide des données.

Le second Fullrama [7], spécialisée dans les solutions météorologiques proposera un outil capteur afin de programmer les systèmes d'arrosages de la ville en fonction de la pluviométrie d'une part et d'autre part de mesurer l'impact de la végétalisation d'un lieu pour résorber les ilots de chaleur en vue de préserver l'environnement.

Enfin la start up UrbanExpé [8], plateforme spécialisée dans les jeux vidéo sportifs proposera un système de challenge sportifs en ligne à plusieurs contribuant ainsi à faire du sport en s'amusant.


Reste à savoir si l'usage des technologies innovantes faisant parfois appel à des process d'intelligence artificielle visant à optimiser la qualité de vie des habitants ne se heurteront pas aux principales craintes relatives à l'exploitation massive des données sans oublier la potentielle hausse de consommation énergétique.


Sources

[1] SOURISSEAU, Yannick. Issy-les-Moulineaux, une Smart City pionnière aux portes de Paris [en ligne]. Magazine de la Smart City, de l'écosystème numérique et de la e-Santé, 2017-06-30 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.villeintelligente-mag.fr/Issy-les-Moulineaux-une-Smart-City-pionniere-aux-portes-de-Paris_a245.html>

[2] Ville d’Issy-les-Moulineaux. Télémédecine, eSport et Smart City lauréats du Challenge 5G Issy /Orange [en ligne]. Issy.com/actualités, 2021-01-22 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/telemedecine-esport-et-smart-city-laureats-du-challenge-5g-issy-orange>

[3] Ville d'Issy-les-Moulineaux. La Ville récompensée par le trophée "Open data pour les territoires" [en ligne]. Issy.com/actualités, 2019-11-19 [consulté le 27-01-2021]. <https://www.issy.com/actualites/la-ville-recompensee-par-le-trophee-open-data-pour-les-territoires> 

[4] ARCEP les réseaux comme bien commun [en ligne] [consulté le 21-01-2021].< https://www.arcep.fr/>

ARCEP. Décision n° 2020-1081 de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse en date du 29 septembre 2020 prorogeant la durée des autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3400 - 3800 MHz de la société Orange pour des expérimentations 5G [en ligne]. Paris, 2020-09-29 [consulté le 21-01-2021]. < https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/20-1081.pdf>

[5] Intelligence Community Forum (ICF) [en ligne] [consulté le 22-01-2021]. <https://www.intelligentcommunity.org/>

[6] Bioserenity Smart Healthcare Solutions [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.bioserenity.com/>

[7] Fullrama Smart Data for Smart City [en ligne] [consulté le 23-02-2021] <https://fullrama.net/> 

[8] UrbanExpé [en ligne] [consulté le 23-02-2021]  <https://www.urbanexpe.com/>

[9] DOUAY, Nicolas. L’urbanisme à l’heure du numérique. Préface PICON, Antoine. Londres : ISTE Editions, 2018. Chap. 1.3.3.2, Issy-les-Moulineaux, laboratoire français, p.44-46. Systèmes d'information, web et société. Série Technologies intellectives ; 6. ISBN 978-1-78405-367-3

[10] COURMONT, Antoine. Quand la donnée arrive en ville - Open data et gouvernance urbaine. France : PUG, 2021. 204 p. Collection Libres Cours Politiques. ISBN 978-2-7061-4735-7

samedi 14 décembre 2019

Les recommandations de la commission d'enquête sénatoriale sur la souveraineté numérique

Six mois après sa création, la Commission d'enquête du Sénat sur la souveraineté numérique a remis son rapport le 1e octobre 2019. Considérant le cyberespace comme un champ de compétition entre les États, la Commission estime qu'il y a urgence d'agir pour une meilleure défense de la souveraineté numérique de la France. Aussi cinq (5) recommandations sont formulées pour y arriver. 

Dans ce rapport de plus de 250 pages, la commission sénatoriale définit la souveraineté numérique comme la "capacité de l'État à agir dans le cyberespace (..) [sur la base de l'autonomie] d'appréciation, de décision, et d'action (..), [et à] maîtriser [les] données, [les] réseaux, et [les] communications électroniques". Elle y entrevoit un triple enjeu. Éthique, défendre "l'autonomie informationnelle" des ses citoyens qui sont des sujets de droit et non des données à exploiter. Sécuritaire, assurer sa cyberdéfense. Économique, protéger les données stratégiques de ses entreprises contre les lois à portée extraterritoriale. Le renforcement de la souveraineté passe donc par une meilleure maîtrise des trois (3) couches du cyberespace: la couche matérielle, la couche logique (les protocoles et les logiciels), la couche sémantique ou informationnelle.


1. Définir une stratégie nationale numérique
Pour arriver à une meilleure articulation des efforts jugés trop dispersés, la commission recommande la transformation du Conseil national du numérique en un Forum de concertation temporaire sur la souveraineté numérique. Il réunirait les Administrations de l'État, les collectivités, des parlementaires, des universitaires et des entreprises. A l'expiration de son mandat d'une durée de deux (2) ans, le Parlement et le gouvernement feraient les arbitrages nécessaires relativement aux recommandations pour orienter sur le long terme la politique nationale en matière de souveraineté numérique.

2. Inscrire l'effort de souveraineté numérique dans le temps
Afin faciliter le contrôle parlementaire sur l'exécution de la politique de souveraineté numérique, une loi d'orientation et de suivi de la souveraineté numérique (LOSSN), à l'instar de la loi de programmation militaire, devrait être adoptée. Elle devrait permettre de s'attaquer à deux chantiers urgents: l'attractivité du territoire en ce qui concerne les infrastructures d'internet (câbles sous-marins, centre de données...) et l’accélération de  sa couverture numérique. Et aussi orienter l'action de l’État en vue d'arriver à la fourniture d'une carte d'identité numérique, à la création d'une cryptomonnaie publique sous l'égide de la BCE, et à l'imposition  des multinationales du numérique selon le critère du lieu de consommation.

3. Protéger les données personnelles et les données économiques stratégiques
A partir du bilan sur la portabilité des données personnelles reconnue dans la loi pour une République numérique et le RGPD, il faut envisager la faisabilité du point de vue technique et opérationnelle de l'obligation d'interopérabilité. Par ailleurs, pour échapper aux lois de portée extraterritoriale, il faut travailler à faire émerger des solution d'hébergement et de stockage des données économiques sensibles auprès d'entreprises françaises ou européennes. Bien évidemment, la commission estime d'un côté qu'il faut s'opposer au Cloud Act, et de l'autre invite à réfléchir à l'extension du RGPD aux données sensibles des personnes morales. L'idée étant de pouvoir sanctionner les intermédiaires qui transmettraient ses données à un pays étranger hors de tout mécanisme légal d'entraide.

4. Adapter la réglementation aux défis numériques
Des mesures, s'appuyant notamment sur la directive ECN, peuvent pour renforcer la concurrence dans le secteur et éviter les effets néfastes que poseraient les entreprises systémiques. L'adaptation implique également une utilisation de l'information pour arriver à une meilleure régulation par la donnée. Cela permettrait de mieux orienter le marché en détectant à temps certains signaux faibles et les risques systémiques. Il faut aussi réfléchir à la faisabilité de nouvelles régulations sectorielles comme la mutualisation des données d'une activité afin de faciliter la concurrence (après avoir obtenu un accord en ce sens au sein de l'OCDE) .

5. Utiliser les leviers de l'innovation et du multilatéralisme
Le renforcement de la souveraineté numérique passera par l'innovation dans le domaine du numérique. Cela exige des actions au niveau national et européen afin de mobiliser les ressources nécessaires (via la commande publique, le crédit d'impôt recherche...) pour encourager et soutenir les projets innovants. La France doit porter également cette problématique au niveau international en promouvant sa vision de la cybersécurité selon laquelle, le droit international est applicable au cyberespace, et que l'attribution d'une cyberattaque relève de la décision souveraine de l'État.

Il s'agit bien d'une contribution parlementaire dans l'espoir d'orienter le débat public autour cette notion de souveraineté numérique. Laquelle traduit bien des inquiétudes notamment en ce qui concerne la domination des GAFAM perçus souvent comme les chevaux de Troie d'une politique de puissance des États-Unis.

Sources:

QUIVIGER, Pierre-Yves. Nouveaux cahiers du Conseil constitutionnel [en ligne]. Paris: octobre 2017 [consulté le 4 décembre 2019].  Une approche philosophique du concept émergent de souveraineté numérique. <https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/une-approche-philosophique-du-concept-emergent-de-souverainete-numerique > 

MISTRAL Jean-Pierre. Village de la Justice [en ligne]. s.l: 5 février 2019 [consulté 8 décembre 2019]. Le Cloud Act, des questions et des réponses <https://www.village-justice.com/articles/cloud-act-des-questions-des-reponses,30601.html >

UTERSINGER Martin. Le Monde [en ligne]. Paris: 20 novembre 2019. L'incertaine mais nécessaire "souveraineté numérique" [consulté le 03 décembre 2019]. <https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/20/l-incertaine-mais-necessaire-souverainete-numerique_6019810_3232.html >

DES GROTTES Gaëlle Maraud. Wolters Kluwer [en ligne]. Paris: 11 octobre 2019 [consulté le 13 décembre 2019]. Souveraineté numérique: le Sénat pointe l'absence de coordination des politiques publiques. <https://www.actualitesdudroit.fr/browse/tech-droit/intelligence-artificielle/23849/souverainete-numerique-le-senat-pointe-l-absence-de-coordination-des-politiques-publiques >

mardi 29 janvier 2019

Et si Windows Core ouvrait la fenêtre ?

Il n’y a pas si longtemps (quelques années), Microsoft menait ses troupes au combat (1) contre l’Open Source (2). Un temps qui semble révolu et un signal faible qui tend à prouver que la hache de guerre est en train de définitivement s’enterrer.


Libre pour usage commercial
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L’information est à prendre avec de grandes précautions, mais depuis quelques jours, le profil Linkedin de Corey Steward (3) arbore dans sa dernière expérience une amélioration des postures de sécurité des éléments Open Source exploités dans Windows Core OS.

Ce signal faible n’est pas le premier, en effet  thebear424  (4), un illustre inconnu de la toile, a posté sur le forum de Microsoft en janvier 2018 cette même information accompagnée de quelques précisions. Il explique notamment que ce nouvel OS serait le noyau nécessaire au déploiement de Windows sur n’importe quel périphérique (5) et ainsi, permettre à Microsoft de venir marcher sur les plates bandes d’Androïd (Google).

Ce virage semble tout à fait cohérent depuis l’arrivée de la nouvelle PDG de Microsoft  Satya Nadella (1) selon Raghu Ramakrishnan  (6), chercheur dans la gestion des bases de données et boursier technique de Microsoft. Ces propos ont d’ailleurs pu se vérifier par le rachat de GitHub par Microsoft en 2018 et suscité une grande inquiétude dans la communauté des utilisateurs de la plateforme (7).

Pas étonnant, à lire Les Echos, les avantages sont nombreux à exploiter ces solutions Open Source . Coût, personnalisation, sécurité, flexibilité (8)...
Un autre exemple concret de business avec de  l’Open Source  vient d’une célèbre application nommée  Waze . La carte utilisée pour programmer les trajets est produite par Openstreetmap , un logiciel Open Source  avec contribution communautaire qui supporte le succès de cette application. (9) Google s’est d’ailleurs emparé de la petite application pour 1.15 Milliards de dollars en 2013 (10). 

Openstreetmap est d’ailleurs un projet initialement financé par la Fondation Free, qui a également financé d’autres projets connus comme VLC  ou  Linuxfr  (11), Xavier Niel est derrière cette initiative et la Freebox n’est pas en reste pour exploiter les richesses de  l’Open Source  (12).

D’autres financements sont possibles, les participatifs tels que Liberapay (13), les contributions communautaires comme celles de Wikipédia ou public, indirectement par la Recherche Universitaire.

Nous l’avons vu, l’Open Source peut être rentable et, selon une étude de 2017 de Syntec Numérique, cette solution est deux fois plus dynamique que l’ensemble du marché numérique français avec un taux de croissance annuel moyen de 8,1%. Et cocorico, la France est leader, elle obtient 23% du marché Open Source  en Europe pour 4.46 milliards d’euros cette année-là (14).


Sources :

1. FÉVRIER 2018, Par Louis Adam | Mercredi 28. Pourquoi l’open source est si important pour Microsoft. ZDNet France [en ligne]. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.zdnet.fr/actualites/pourquoi-l-open-source-est-si-important-pour-microsoft-39864770.htm Le CTO Data de Microsoft nous a parlé de l’importance croissante de l’open source, sachant que Microsoft est aujourd’hui l’un de ses plus gros contributeurs.

2. Open source. Wikipédia [en ligne]. 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Open_source&oldid=155121176Page Version ID: 155121176

3. Corey Steward | LinkedIn. [en ligne]. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.linkedin.com/in/corey-steward-b44b48162/

5. thebear424. Windows Core OS - an open-source operating system platform to beat AOSP. [en ligne]. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://answers.microsoft.com/en-us/windows/forum/all/windows-core-os-an-open-source-operating-system/425e8d20-b335-4977-9559-d33f0b188d52 As you know, Windows 10 is a « service », meaning that it is a version that will evolve overtime non-stop. It will receive feature updates semi-annually. Mainstream Support ends on 2020, while Extended

6. Raghu Ramakrishnan. Wikipedia [en ligne]. 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Raghu_Ramakrishnan&oldid=837295558Page Version ID: 837295558

7. SIGNORET, Perrine. Le rachat de GitHub par Microsoft suscite des inquiétudes chez les développeurs. [en ligne]. 4 juin 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/06/04/le-rachat-de-github-par-microsoft-suscite-des-inquietudes-chez-les-developpeurs_5309561_4408996.html Les développeurs craignent que la plate-forme, qui héberge le code source de nombreux logiciels libres, ne soit dénaturée par Microsoft.

8. TEXIER, Brice./ CTO. 5 raisons pour lesquelles l’avenir de l’Open Source est... open ! lesechos.fr [en ligne]. 30 mai 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-183372-5-raisons-pour-lesquelles-lavenir-de-lopen-source-est-open-2179917.php#Xtor=AD-6000

9. Waze. Wikipédia [en ligne]. 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Waze&oldid=155287769Page Version ID: 155287769

10. Waze a coûté 1,15 milliard de dollars à Google, son CEO affiche ses regrets. FrAndroid [en ligne]. 7 avril 2014. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.frandroid.com/marques/google/206886_waze-coute-115-milliard-dollars-google-ceo-affiche-ses-regrets Au vu des dernières folies de Google ou encore de Facebook, rivalisant d’enthousiasme pour racheter diverses startups dans des domaines aussi variés que

11. AUBIN, Hugues. Bienvenue à la Fondation Free parmi nos partenaires ! My Human Kit [en ligne]. 24 octobre 2018. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://myhumankit.org/actualite/bienvenue-a-la-fondation-free-parmi-nos-partenaires/ C’est à la suite d’un premier contact pris par Nicolas Huchet qu’un rendez-vous a été fixé au mois d’avril 2018 entre My Human Kit et la Fondation Free, représentée par Elodie Delboulbé. Nicolas s’y est rendu avec notre talentueuse bénévole Flavie Benizri, afin de partager le projet de l’association et…Lire la suite

12. Freebox Free/Libre and Open Source Software. [en ligne]. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://floss.freebox.fr/

13. Liberapay. [en ligne]. [Consulté le 24 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://fr.liberapay.com/ Nous vous aidons à financer les créateurs et projets que vous appréciez.

14. FOUQUET, Caroline. Etude sur l’impact du logiciel libre / Open Source en France en 2017-2021. [en ligne]. [Consulté le 22 janvier 2019]. Disponible à l’adresse : https://syntec-numerique.fr/actu-informatique/etude-sur-impact-logiciel-libre-open-source-en-france-en-2017-2021 Un marché en forte croissance, un levier majeur d’innovation et une filière créatrice d’emplois.

lundi 3 décembre 2018

Comment la blockchain peut-elle s’inviter dans le quotidien d'un professionnel de l'information ?

S’il est aujourd’hui courant d’entendre parler de bitcoin ou de crypto-monnaie, il est déjà plus rare de comprendre ce qu’est la blockchain et les applications possibles grâce à cette technologie. Dans ce billet, je vais vous présenter une explication simple et récente réalisée par Archimag ainsi qu'un petit tour des  actualités que cette technologie offre aux professionnels de l'information.



Pour les initiés, la blockchain est devenue un sujet majeur et identifiée comme l’une des technologies les plus porteuses de valeur pour les quelques années à venir.(1) Archimag vous propose ici une courte vidéo(2) de 4mn pour vous initier au sujet :



Lorsque la blockchain n’a plus de secret pour vous, il vous reste à savoir en quoi cette technologie pourrait concrètement vous rendre service.

1 - Le vote en ligne, sécurisé et anonyme !

Pour commencer, la Thaïlande ouvre la voie avec la mise en place d’un système de vote en ligne. Les « tiers de confiance », habituellement représentés par les bureaux de vote et l’institution, sont ici remplacés par la technologie inhérente à la blockchain. Le travail de cryptographie pour rendre le vote anonyme et unique est quant à lui supporté par le travail de « mineurs » rémunérés par une monnaie virtuelle appelée ZCoin (XZC).(3)


2 - Le dossier Médical Personnel (DMP)

Alors, avant toute chose, il est important de clarifier que le projet « DMP » français dans son état actuel, n’est pas supporté par la blockchain.(4) Les données médicales sont supportées par un réseau traditionnel centralisé ou « client-serveur »(5). Mais certains se posent déjà la question sur son exploitation et sa sécurisation par la blockchain. La start-up Embleema y travaille et teste cette transposition aux Etats-Unis sur un groupe de personnes. Son idée, permettre un recueil et un accès sécurisés à l’ensemble de ses données médicales et monétiser ses propres données rendues anonymes en les mettant à disposition d’équipes de chercheurs du monde entier.(6)

3 - La blockChain peut-elle vous sauver la vie ?

C’est ce qu’espère Sajida Zouarhi, la co-fondatrice du projet Kidner avec comme projet de permettre l’accès à une base de donneurs et de receveurs de reins sur un réseau décentralisé supporté par la blockchain. Un petit podcast à écouter de 7mn pour en savoir plus.(7)




Enfin, Archimag vous propose 8 exemples concrets dans une vidéo de 6mn.(8)



Sources :

1. livre-blanc-innovation-technologies-revolution-digitale-syntec-numerique.pdf [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://syntec-numerique.fr/sites/default/files/Documents/livre-blanc-innovation-technologies-revolution-digitale-syntec-numerique.PDF>

2. La blockchain pour les nuls. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/demat-cloud/2018/10/22/blockchain-pour-nuls>

3. PIERRE PONLEVÉ. La blockchain se mêle des élections en Thaïlande. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/vie-numerique/2018/11/19/la-blockchain-se-mele-aux-elections-en-thailande>

4. DMP. CONDITIONS GENERALES D’UTILISATION DU SERVICE DMP POUR LES BENEFICIAIRES DE L’ASSURANCE MALADIE. mondmp1.dmp.gouv.fr [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://mondmp1.dmp.gouv.fr/conditionsutilisation>

5. Client–serveur. Wikipédia [en ligne]. 2018. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Client%E2%80%93serveur&oldid=153620379 > Page Version ID: 153620379

6. RM/AB. La start-up Embleema met la blockchain au service du partage de données de santé. ticsante.com [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.ticsante.com/la-start-up-Embleema-met-la-blockchain-au-service-du-partage-de-donnees-de-sante-NS_4177.html>

7. Reportage «  blockchain et don d’organes : projet Kidner » avec Sajida Zouarhi [en ligne]. [Consulté le 30 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-mercredi-24-janvier-2018>

8. Comment utiliser la blockchain en 8 exemples concrets. Archimag [en ligne]. [Consulté le 29 novembre 2018]. Disponible à l’adresse : <https://www.archimag.com/demat-cloud/2018/10/29/comment-utiliser-blockchain-8-exemples-concrets>

mardi 16 janvier 2018

Quels nouveaux usages de la blockchain ?

Souvent associée à une nouvelle révolution technologique, la blockchain promet la transformation de plusieurs fondamentaux de notre économie. Plusieurs décennies seront nécessaires à la démocratisation de nouveaux usages basés sur la blockchain selon Marco Iansiti, Karim R. Lakhani qui coordonnent le dossier intitulé "La vérité sur la blockchain" paru dans le dernier numéro de la revue Harvard Business Review.¹
Citée comme étant une révolution comparable à l'internet, la blockchain promet une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe de contrôle (définition de Blockchain France).
Comment fonctionne la blockchain ? Quelle est son histoire et quelles pourraient être ses implémentations ? Depuis différentes sources, voici une tentative d’explication.

Philosophie : l’alternative d’un monde transparent ou l’intermédiation disparaît. 
Avec la crise des subprimes s'ensuivit une perte de confiance en les instances financières centrales et traditionnelles. Issue d'une culture cypherpunk, l'implémentation bitcoin de la blockchain répond à une demande de monnaie sans gouvernement.²  C'est la première étape de l'échange d'une propriété sans intermédiaire central. Les bitcoins sont échangés entre divers acheteurs et vendeurs. Les instances centrales bancaires sont remplacées par un consensus d'ordinateurs regroupés en nœuds de réseaux répartis sur la planète. Attirant de nouvelles perspectives d'échanges sécurisés sans intermédiaires, la blockchain permet le développement de nouvelles idées.

Fonctionnement décentralisé : le livre de comptes, la transaction et la preuve de travail.³ 
La blockchain est composée de trois points clés.
- Elle comporte le livre des comptes (ledger) qui comprend toutes les écritures d'échanges entre parties actant la modification de la propriété des biens échangés. Le livre est disponible à l'ensemble des acteurs. Il est distribué de façon identique sur tous les nœuds du réseau.  Il est découpé en blocs comprenant un nombre limité d'écritures. Chaque bloc doit être validé par un consensus de nœuds de réseaux représentant au moins 51% de l'ensemble puis est rattaché au bloc précédent et au bloc suivant.
- La transaction qui authentifie le transfert d'un bien entre 2 parties prenantes.
- La preuve de travail qui permet de garantir l'intégrité des données en demandant des puissances de calculs importantes à des fins de modifications du livre des comptes. Les consultations nécessitant une puissance de calcul minimale.

Technologie : l’association de plusieurs protocoles simple ⁵
Une infrastructure blockchain associe plusieurs briques technologiques existantes. Signature électronique, informatique distribué, cryptographie asymétrique...

Usages innovants, de l'énergie au cadastre : patchwork d’usages possibles ⁶
- Energies renouvelables
Des initiatives permettant reconnaître les auto-producteurs et favorisant les énergies renouvelables sont en cours de développement.
- Santé
La blockchain permettrait de lutter efficacement contre les contrefaçons des médicaments sauvant ainsi des vies. Aussi, permettrait-elle d'innover le dossier médical, tant sur le droit de regard accordé par le patient que sur les remboursements des frais médicaux.
- Cadastre : permettre la transparence de la propriété en Afrique.
Le développement économique s'appuie entre-autre sur l'authenticité de la propriété des biens immobiliers (afin de livrer, hypothéquer, construire...). Avec l'usage de la blockchain sur le continent africain, il devient possible de résoudre les conflits de propriété. Le Ghana expérimente l'enregistrement  des titres de propriété sur une blockchain.
- Covoiturage : désintermédier l'ensemble des plateformes.
Afin de ne plus dépendre de plateformes, la blockchain permettrait aux intervenants de s'affranchir des commissions instaurées par les plateformes. D'autre types de marchés tel que la location saisonnière pourraient utiliser la blockchain et les smart-contracts. 
- Produits de luxe  : Authentifier les diamants.  
Afin de lutter contre la fraude au commerce des diamants, la start-up Everledger a développe une blockchain authentifiant l'ensemble des caractéristiques d'un diamant via 40 métadonnées. La blockchain produit ensuite un numéro de série unique  qui est micro-gravé sur le diamant. Le certificat d'authenticité numérique consigné sur la blockchain permet au tiers de certifier la provenance et la propriété. La  startup envisage d'étendre ses services aux sites de ventes en lignes afin de lutter contre la contrefaçon de produits de luxe.
- Cloud Computing : accéder facilement à des blockchains.
Microsoft et IBM ont annoncé des partenariats avec Ethereum. Il s'agit dans un premier temps de permettre le développement simple et rapide d'applications utilisateurs exploitant la blockchain. D'autres initiatives permettant de décentraliser le cloud sur les disques dur de particuliers en l'échange d'une rémunération sont en cours de développement.

Avec une nouvelle approche de la gestion de la confiance entre tiers, la blockchain offre de nouveaux usages dont les contours se dessineront ces prochaines décennies. Les approches simples de transferts de propriétés démocratiseront l'usage de la blockchain, permettant par la suite des applications plus complexes modifiant la structure de notre économie.¹ 

Sources : 


¹ IANCITI, Marco ; LAKHANI Karim R. | Harvard Business Review | n°25 - février - mars 2018
La vérité sur la blockchain
P.26  

² ALLARD, Laurence, KURT, Sébastien et SAUZADE, Adrian | Archimag Guide Pratique n°59 - octobre 2017
blockchain : le nouveau cadre de confiance | P.18 - Une autre histoire de la blockchain 

³ PALOP, Kevin | Archimag | Guide Pratique n°59 - octobre 2017
blockchain : le nouveau cadre de confiance | P.18 - la blockchain, enfant prometteur du digital

⁴ BERBAIN, Côme | La blockchain : concept, technologies, acteurs et usages
Réalités Industrielles 2017/3 - Aout 2017 via Cairn.info | Consulté le 29 Janvier 2018 

⁵ Blockchain France | La Blockchain décryptée - Les clés d'une révolution
P.20

mercredi 3 mai 2017

E-santé : la télémédecine dans les starting-blocks

Objets de santé connectée, intelligence artificielle et big data... Les technologies de l'information et de la communication ont permis l'essor de l'e-santé ces dernières années. Zoom sur l'actualité dans ce domaine.

Salon Health-IT : les TIC au service de la santé s'exposent à Paris 

Du 16 au 17 mai 2017 à Paris Porte de Versailles, le salon Health-IT (Health Information Technologies) rassemblera près de 270 exposants autour des sujets de l'informatique hospitalière, l'e-santé ou encore le partage d'informations ville-hôpital (coordination entre la médecine de ville et l'hôpital).

L'occasion de faire le point sur les derniers développements des TIC au service de la santé : sécurité et interopérabilité des systèmes d'information de santé, notamment dans le cadre des groupements hospitaliers de territoire (GHT), dématérialisation de la gestion documentaire, objets connectés de santé, applications mobiles de santé, place des nouvelles technologies dans l'hospitalisation à domicile ou encore la télémédecine dont le financement des pratiques vient justement d'être déverrouillé en France.

La télémédecine déverrouillée en France 

Forme de pratique médicale à distance utilisant les TIC pour mettre en rapport un patient avec un ou plusieurs professionnels de santé, la télémédecine constitue une solution face à la désertification médicale dans certains territoires français. Intégrés au parcours de soins, les actes de télémédecine sont fixés dans l'art. L6316-1 du code de la santé publique et permettent d'établir un diagnostic, d'assurer un suivi préventif ou post-thérapeutique pour un patient à risque, de requérir un avis spécialisé, de prescrire des produits, de prescrire ou de réaliser des prestations ou des actes, ou d'effectuer une surveillance de l'état du patient.

Jusqu'ici freiné par des obstacles administratifs et financiers, le développement de la télémédecine en France va pouvoir prendre un véritable essor avec le vote de l'art. 91 de la loi sur le financement de la Sécurité sociale par le Sénat le 25 avril dernier. Le Docteur Pierre SIMON a recensé pour ManagerSanté.com les points les plus significatifs des nouveautés apportées par ce vote, notamment en matière de pratiques de téléconsultation et de télé expertise. 

En Vendée, l'agence régionale de santé a d'ores et déjà pris les devants et équipera prochainement trois Ehpad (Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) avec un cabinet de consultation de télémédecine et des tablettes dédiées aux infirmiers libéraux. Les consultations devraient démarrer en septembre une fois les équipes formées.


 











































Consultation de télémédecine dans un Ehpad mutualiste de l'Isère
Naissance du premier groupe européen de télémédecine multi-spécialités
Les possibilités de cette nouvelle forme de pratique médicale n'ont pas échappé aux mutuelles et MNH Group, le groupe mutualiste du monde hospitalier, a annoncé aujourd'hui, la création d'Acetiam, premier groupe européen de télémédecine multi-spécialités. 

Afin d'améliorer la prise en charge et le parcours de soins des patients, la société développera une large gamme de solutions intégrées de production médicale (gestion de workflows, SIR, PACS, publication et diffusion de résultats médicaux) et de télémédecine dédiées aux réseaux nationaux, régions, GHT, établissements de santé et cabinets libéraux.

Sources : 

TICSanté.com, “Le salon Health-IT poursuit son essor à la Paris Healthcare Week", [publication en ligne], 28 avril 2017  [consulté le 3 mai 2017] 
<http://www.ticsante.com/le-salon-Heath-IT-poursuit-son-essor-a-la-Paris-Healthcare-Week-NS_3502.html>

Social-sante.gouv.fr, "La télémédecine", [publication en ligne], 27 avril 2017  [consulté le 3 mai 2017] 
<http://social-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/telemedecine-10598/article/la-telemedecine>

ManagerSanté.com, "Le financement des pratiques de télémédecine en France est déverouillé...", [publication en ligne], 1er mai 2017  [consulté le 3 mai 2017] 
<https://managersante.com/2017/05/01/le-financement-des-pratiques-de-telemedecine-en-france-est-deverrouille/>

Ouest France, "Médical. La télémédecine pour tous arrive en Sud-Vendée", [publication en ligne], 29 avril 2017  [consulté le 3 mai 2017] 
<http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/lucon-85400/sud-vendee-la-telemedecine-pour-tous-arrive-4953712>

L'Argus de l'Assurance, "Mutuelles : MNH Group acquiert l'opérateur de télémédecine Accelis", [publication en ligne], 3 mai 2017  [consulté le 3 mai 2017] 
<http://www.argusdelassurance.com/acteurs/mutuelles-mnh-group-acquiert-l-operateur-de-telemedecine-accelis.118311>

mardi 28 mars 2017

Intelligence artificielle : des premiers pas vers l’apprentissage continuel sur la base du souvenir



Du souvenir naît l'apprentissage ; l'apprentissage se base sur la mémoire ; la mémoire se sert de l'intelligence...

L'intelligence (dont l'étymologie vient du latin inter- ("entre"), et du radical legere ("choisir, cueillir") ou ligare ("lier"), se définit comme l’ensemble des processus de pensée qui, grâce aux capacités mentales et cognitives d'un être vivant, lui permettent de résoudre un problème, de s'adapter à différents environnements connus ou inconnus, d'apprendre, de comprendre et d’interpréter. Elle est l'aptitude à lier des éléments entre eux, à faire preuve de logique, de raisonnement déductif et inductif. 

La mémoire est la propriété, la fonction qui permet de conserver et de faire revenir à l'esprit, de restituer des informations, de prendre conscience d’une connaissance, d’une trace d'un savoir, d’une expérience acquise antérieurement, d’une restitution du passé.

Il n'est pas une mémoire mais des mémoires. La mémoire à court terme et la mémoire à long terme.

La mémoire à court terme, que les scientifiques appellent la "mémoire de travail", c'est la mémoire de l'instantané, du fugace (celle que l'on nomme familièrement "du poisson rouge"). Sans elle aucun travail ne serait possible.

La mémoire à long terme se décompose en deux familles et cinq sous familles. La somme des connaissances prend sa source dans la mémoire sémantique et le souvenir trouve son appartenance dans la mémoire autobiographique.

Communément, le souvenir est la faculté qu'a l'esprit de fixer, de conserver et de se rappeler des idées, des connaissances acquises, des événements, des images, des sensations, des souvenirs. C’est une imprégnation. Ce terme vient du latin subvenire ("se présenter (à la mémoire), venir au secours"). C’est conserver la trace de quelqu'un, de quelque chose, de la notion des objets qui ont produit des sensations, d’un instant dans la mémoire, et se le rappeler. Le souvenir est une trace immatérielles des choses des sensations, du vécu. C’est, comme le définit le petit Larousse : "la survivance, dans la mémoire, d'une sensation, d'une impression, d'une idée, d'un événement passés" : c’est la faculté de se rappeler, de se remémorer.

L’I.A. est un dispositif capable d'enregistrer, de conserver et de restituer des données afin d’effectuer des actions spécialisées. Elle se base sur la mémoire artificielle, et est elle-même, à l’origine, destinée à aider la mémoire naturelle.

L'intelligence artificielle se remémore

DeepMind, start-up rachetée par Google, en association avec une université londonienne, a développé un algorithme qui permet à une I.A. de se doter d'une forme de mémoire fondée sur le souvenir en capitalisant les connaissances précédentes pour y puiser des solutions au lieu d’oublier et de recommencer à zéro. Avant hyper spécialisée et mono-tâche, l’I.A. devient capable d’appliquer des modus operandi issus de sa propre expérience pour résoudre des problèmes variés et d’origines diverses pour ne pas dire hétéroclites. Celle-ci, en test sur des jeux, montre sa capacité à capitaliser l’expérience acquise pour résoudre de nouveaux problèmes auxquels elle n’a jamais été confrontée. 

Cette nouvelle capacité d’apprendre "en continu" basée sur la consolidation synaptique (le processus d’apprentissage du système neuronal humain) est une percée majeure sur la voie d’une intelligence artificielle "forte".

Pour le scientifique James Kirkpatrick en charge du projet, l’algorithme présente quelques lacunes et demeure pour le moment moins performant qu’une I.A. dédiée à un usage unique mais démontre que l’apprentissage séquentiel sera une voie pour améliorer l’apprentissage par l’I.A. du monde réel.


Sources :

Jean-Claude Ameisen - La mémoire ou le temps incorporé, [en ligne]. Conférence du 14 mars 2017. Cycle de conférences intitulées "Les battements du temps", Rencontres transdisciplinaires du Centre d’études du vivant – Institut des Humanités de Paris. Publié le : 23/03/2017, [consulté le 27/03/2017].
<http://media.visio.univ-paris-diderot.fr/video/Buffon/battements/Battements_du_temps_14_mars_2017.mp4>

Enabling Continual Learning in Neural Networks, [en ligne]. DeepMind Technologies Limited. Publié le : 15/03/2017, [consulté le 27/03/2017].

Deepmind's Artificial Intelligence that can learn like humans do: sequentially and use it again, [en ligne]. Info Legacy, Youtube.  Publié le : 15/03/2017, [consulté le 27/03/2017].

mercredi 15 mars 2017

L'Innovation française en force au "Southby"

Du 10 au 19 Mars 2017, Austin, capitale du Texas, accueille le festival SxSW (South by SouthWest). Plus de 100 000 visiteurs sont pressentis pour participer à des conférences, des débats d'idées, des concerts, des présentations artistiques [1]. C'est aussi le lieu pour prendre le pouls de l'innovation et échanger sur l'impact sociétal des nouvelles technologies. La France y sera bien représentée et tentera de séduire, avec son savoir-faire, un public de journalistes, blogeurs, investisseurs. 


Créé en 1986, le South by SouthWest, "Southby" pour les habitués [2], est tout d'abord un festival de musique et de film. Depuis 1995, cette bulle de créativité a intégré la dimension technologique avec le SxSW Interactive. La population du festival, jeune et connectée, représente un vivier de futurs usagers et a permis à des jeunes entreprises de présenter et confronter leurs innovations. Les précédentes éditions du SxSW ont vu le lancement de Twitter et Tinder [3]. En 2016, Barack Obama, alors président des états-Unis, avait choisi ce festival pour y parler de l'engagement citoyen au XXIème siècle [4]. 


Bien que moins connu que son grand frère, le CSE (Consumer Electronic Show) de Las Vegas, ce festival est un générateur de tendance dans les sphères de la communication digitale et des nouvelles technologies. Il acquiert ainsi une renommée qui lui permet d'aimanter les meilleures start-up internationales du moment.

Embarquées par Business France, 18 entreprises de l'hexagone ont le privilège de présenter leurs savoir-faire sur le Pavillon France du SxSW. Les enjeux sont considérables : améliorer sa visibilité, gagner en notoriété, lever des fonds auprès des investisseurs, mais également recruter des talents. Eric Morand, Chef du département Tech et Services de Business France, explique : "Pour qui sait saisir sa chance, le SXSW est un terreau fertile. Mais il faut être motivé, ne pas hésiter à participer aux évènements, à alpaguer les gens dans la rue, à se mêler aux conversations. Les opportunités business sont partout, au détour d’une rue comme autour d’un verre." [1]

Sur le Pavillon de la French Tech sera présente Speachme, une start-up qui a mis au point une nouvelle méthode de transmission des connaissances. D'origine nantaise, elle s'est installée à Austin en septembre 2016 [2]. Le principe de son produit consiste à ce que les experts d'une entreprise se filment eux-mêmes en train de réaliser les gestes techniques de leurs activités. Les vidéos sont ensuite montées et partagées sur une plate-forme à destination des autres salariés. Elles peuvent être enrichies avec des annotations, des documents, des animations pour favoriser la transmission des connaissances au sein d'une même entreprises [5]. Airbus, Nissan, Coca-Cola, Tesla et d'autres grands groupes ont déjà fait confiance à Speachme pour mettre en place cette solution de tutoriels interactifs [2].


Autre fleuron français, Linkfluence, société parisienne qui connaît déjà un développement remarquable. Fondée en 2006, cette entreprise est spécialisée dans la data social intelligence en s'appuyant par exemple sur des analyses fines et à grande échelle des commentaires des internautes sur les réseaux sociaux et les sites Internet. Avec un pied-à-terre à Londres et des acquisitions en Allemagne, en Chine et à Singapour, le dynamisme de Linkfluence permet de s'inscrire dans la croissance en ayant pour objectif de développer la R&D [6]. Hervé Simonin, CEO de Linkfluence, témoigne de la nécessité d'être présent sur le festival SxSW : "Participer à ce rendez-vous d’un nouveau genre qui réunit les acteurs les plus précurseurs du monde de la tech, des fonds d’investissement internationaux et les C Level du Fortune 500 réaffirme notre ambition de leadership sur notre industrie. L’innovation fait partie de notre ADN et nous sommes fiers de pouvoir représenter la France et son savoir-faire lors de cet événement international majeur" [7].

Une facette prédominante du "Southby" étant la créativité, les visiteurs pourront découvrir les oeuvres d'Albertine Meunier, artiste numérique [3]. Elle présente notamment sous forme d'un livre, l'édition de 10 ans d'historique conservé dans son moteur de recherche Google. Par contraste, elle a également produit un livre retraçant l'historique de recherche avec Qwant. Ce dernier moteur de recherche ayant pour principe de respecter la vie privée de ses utilisateurs, le livre produit est donc... vide !



Pour découvrir la totalité des événements du Festival SxSW, consultez le programme.
Pour suivre la French Tech au SxSW 2017, rendez-vous sur le site dédié.

Sources :

[1] Maddyness, " Business France veut faire du SXSW le nouveau CES et emmène 18 startups françaises à Austin", [en ligne] 28/01/2017 12h00 - Mis à jour le 22/02/2017 15h38 [consulté le 13/03/2017], https://www.maddyness.com/business/2017/01/28/frenchtech-business-france-sxsw/

[2] BPIFrance, "SXSW : les start-ups françaises brillent au Texas", [en ligne]  09/032017 [consulté le 13/03/2017]

[3] Blog Qwant, "En route vers Austin pour le SXSW !", Qwant [en ligne] 09/032017 [consulté le 13/03/2017] https://blog.qwant.com/tag/sxsw/

[4] SXSW Interactive 2016, Youtube, "President Barack Obama Keynote Conversation", [en ligne] 11/03/2016 [consulté le 13/03/2017] https://www.youtube.com/watch?v=wfsIZioIpdI

[5] Europe 1, La Matinale d'Europe 1, "SpeachMe, une nouvelle méthode de transmission des connaissances qui séduit le monde entier", [en ligne] 7h02 le 28/09/2016 [consulté le 13/03/2017]

[6] FrenchWeb.fr, Le Magazine de l'innovation, "Les Français de Linkfluence lèvent 12 millions d’euros pour accélérer dans la social data intelligence", [en ligne] 07/10/2016 [consulté le 13/03/2017] http://www.frenchweb.fr/les-francais-de-linkfluence-levent-12-millions-deuros-pour-accelerer-dans-la-social-data-intelligence/260169

[7] Linkfluence, "Retrouver Linkfluence à SXSW", [en ligne] 06/03/2016 [consulté le 13/03/2017] http://linkfluence.com/2017/03/06/linkfluence-a-sxsw/