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samedi 1 mai 2021

Post-vérité et complotisme : le marché de l'information est-il responsable ?

    Le mouvement QAnon aux Etats-Unis ou le succès viral du documentaire "Hold-up" [1] montre la place de choix qu'occupent les réseaux sociaux pour la promotion des théories conspirationnistes. Sphère d'information dérégulée, Internet a favorisé une massification des sources d'information et les médias traditionnels se trouvent aujourd'hui bousculés par des producteurs d'informations "alternatives", sensibles à la lecture complotiste de l'actualité. Sans chercher à discuter du contenu de ces thèses ou du mécanisme de basculement, le but sera ici d'étayer quelques hypothèses pour comprendre comment le marché de l'information a pu participer au déclassement des médias historiques sur Internet et accompagner l'émergence de ces thèses.


Crédit : Gordon JOHSON/Pixabay


L'infomédiation : algorithmes et régime de la visibilité


    En 1996 et 2002, face à la surabondance de contenus informationnels sur leur moteur de recherche, Yahoo! puis Google lancent un service de médiation de l'actualité (Yahoo! et Google News) pour organiser la cacophonie inhérente du web [2]. Ces services, tout comme le PageRank de Google, sont symptomatiques de ce que certains appellent l'ère du clic et de l'attention. Leur adoption par les internautes crée une dépendance des médias envers ces plateformes et les obligent à s'adapter pour ne pas perdre leur audience : 
 
"Face au succès d'infomédiaires tels que Google Actualités, la politique des différents éditeurs est ambiguë, voire ambivalente, faisant se côtoyer mise en cause d'une concurrence considérée comme déloyale et souci presque obsessionnel d'un bon référencement, le tout pesant sur la nature des contenus ainsi produits" [3].

    Pour conserver ses parts de marché, la presse en ligne doit adopter les codes du web, indexer sa production à la demande des internautes et se plier au format court [4]. Une journaliste du Monde le confiait à Guillaume Goasdoué en 2011 :  
 
"On s'est rendu compte que la façon dont c'est titré, plus c'est titré court, direct, mieux ça marche. Les titres à la Le Monde Papier qui sont très longs, très explicatifs, ça marche moins en ligne que les trucs très courts qui vont direct à l'essentiel, qui sont percutants" [5].

    La nécessité du format court a également étendu la reprise des dépêches d'agences de presse. Ainsi, "de 2001 à 2006, la part de textes provenant de Reuters et d'Associated Press passe de 34% à 50% dans les articles publiés par les sites de médias" [3]. Cette part de plus en plus importante participe à la standardisation des contenus et, de fait, contribue à une certaine uniformisation et au sentiment d'une offre moins diverse. Cette part plus importante d'articles courts, couplée à la récurrence des dépêches peut diminuer la confiance du public et donner l'impression d'un journalisme de reprise plus que d'un journalisme d'investigation. 

La dérégulation du marché de l'information


    Autre effet de l'apparition des agrégateurs de contenu et des moteurs de recherche : ils bousculent la hiérarchisation historique entre organes de presse et le reste des diffuseurs. Sur ces plateformes, tout diffuseur peut avoir une visibilité égale à celle d'un média traditionnel :

"Avant l'adoption massive d'Internet, les médias traditionnels jouaient un rôle de sélection des informations qu'ils jugeaient pertinentes pour leur public (ce que l'on nomme le "gatekeeping"). Désormais, les internautes sont libres de produire et de diffuser leurs propres contenus. De fait, les informations qui entrent dans le champ public ne sont plus filtrées par des journalistes professionnels" [4].

    La dérégulation (ou libéralisation) du marché de l'information, par la suppression de hiérarchisation des contenus permet donc à des diffuseurs complotistes de proposer une "réinformation" (par opposition à l'information officielle, manipulée par le pouvoir) et d'apparaître sans distinction notable aux côtés des médias historiques. Tout en adoptant en apparence les codes et le langage journalistiques [6]. L'internaute, à première vue, ne peut pas s'apercevoir de la différence entre un organe de presse reconnu et un diffuseur complotiste puisque rien ne le signale explicitement. Même si depuis quelques temps, les plateformes, conscientes du danger, tentent de réguler le phénomène en identifiant puis supprimant les contenus mis en cause [7]. 

Dark patterns et chambre d'écho : émotions primitives et prédiction des attentes


    L'économie du web, centrée sur le trafic, pousse les producteurs de contenu à s'adapter à leur public et donc à livrer ce qu'il attend. Si Pierre Bourdieu montrait déjà cette dépendance entre la télévision et son audience [8], les médias en ligne doivent en outre faire face dans un même lieu à une pluralité de concurrents (entreprises diverses, blog, etc). Pousser l'internaute au clic devient alors un enjeu décisif pour sa survie. 

    Dans cet espace numérique où le temps de décision est considérablement court, l'appel à l'émotion ou au sensationnel peut présenter un avantage considérable. Pour s'assurer de son audience, de nombreux diffuseurs de contenus utilisent des titres chocs qui favorisent une réaction émotionnelle forte. Dans ce sens, une étude du MIT a montré qu'une fausse information a 70% plus de chance d'être propagée qu'une vraie information. L'analyse sémantique des commentaires posés sous ces contenus indique qu'elles suscitent plus souvent la surprise, la peur ou le dégoût [9]. Les médias paraissent dès lors démunis devant une surenchère émotionnelle qui imprègne de plus en plus les réseaux sociaux. 

Crédit : Beware onlines "filter bubbles", Eli PARISER

   Ces mécanismes apparaissent comme un terreau pour faire perdre la place privilégiée des médias de confiance. Et en perdant leur hégémonie, ils favorisent l'émergence de contenus complotistes. Le phénomène de chambre d'écho l'accentue encore : les contenus proposés aux utilisateurs sont filtrés en fonction de leurs habitudes et préférences. Ce qui facilite leur enfermement dans un corpus idéologique ciblé. Ce phénomène privilégie les biais de confirmation et participe au matraquage de fausses informations pour certains utilisateurs sensibles. La Trusted News Initiative, fruit d'un partenariat entre les grands organismes de presse mondiaux (AFP, Reuters, BBC...) et certaines grandes plateformes tech, réfléchit depuis 2019 à cette problématique. Selon elle, pour gagner contre les propagateurs de fausses informations, la presse doit se concentrer sur les armes de base du journalisme : "Faire son travail d'enquête avec des règles précises, une éthique, des preuves et relayer les résultats de manière transparente" [11].


Sources

[1] LEBOUCQ Fabien, NASS Claire-Line, THAIS Chaigne. Six millions de vues pour "Hold-up" : itinéraire d'un documentaire phénomène. En ligne sur liberation.fr. Publié le 23 avril 2020 : <https://www.liberation.fr/france/2020/11/23/six-millions-de-vues-pour-hold-up-itineraire-du-documentaire-phenomene_1806292/>

[2] REBILLARD Franck, SMYRMAIOS Nikos. Quelle "plateformisation" de l'information ? Collusion socioéconomique et dilution éditoriale entre les entreprises médiatiques et les infomédiaires de l'Internet. En ligne sur journals.openedition.org. Publié le 1er septembre 2019 : <https://journals.openedition.org/ticetsociete/4080>

[3] MARTY Emmanuel, REBILLARD Franck, POUCHOT Stéphanie, LAFOUGE Thierry. Diversité et concentration de l'information sur le web. En ligne sur cairn.info. Publié le 14 janvier 2013 : <https://www.cairn.info/revue-reseaux-2012-6-page-27.htm>

[4] BADOUARD Romain. Le désenchantement de l'Internet. Désinformation, rumeur et propagande. En ligne sur journals.openedition.org. Publié le 30 novembre 2017 : <https://journals.openedition.org/lectures/23578

[5] GOASDOUE Guillaume. Pratiques et normes journalistiques à l'ère numérique. En ligne sur cairn.info. Publié le 4 janvier 2016 : <https://www.cairn.info/revue-politiques-de-communication-2015-2-page-153.htm>

[6] SARI Antoine. "Réinformation" et désinformation : l'extrême droite de médias en ligne. En ligne sur acrimed.org. Publié le 10 mars 2015 : <https://www.acrimed.org/Reinformation-et-desinformation-l-extreme-droite>

[7] DREYFUS Louis. Facebook supprime 900 pages et groupes liés à la théorie complotiste QAnon. En ligne sur lemonde.fr. Publié le 20 août 2020 : <https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/08/20/facebook-supprime-900-pages-et-groupes-lies-a-la-theorie-complotiste-qanon_6049458_4408996.html>

[8] BOURDIEU Pierre. Sur la télévision. Publié le 1er janvier 1996 

[9] VOSOUGHI Sorouh, ROY Deb, ARAL Sina. The spread of true and false news online. En ligne sur sciencemag.org. Publié le 9 mars 2018 : <https://science.sciencemag.org/content/359/6380/1146>

[10] CARDON Dominique. A quoi rêvent les algorithmes ? En ligne sur journals.openedition.org. Publié en 2015 : <https://journals.openedition.org/lectures/20554>

[11] GALLET Nathalie. Lutte contre la désinformation : "Pour gagner une bataille il faut commencer par avoir une armée". En ligne sur meta-media.fr. Publié le 27 mars 2021 : <https://www.meta-media.fr/2021/03/27/lutte-contre-la-desinformation-pour-gagner-une-bataille-il-faut-commencer-par-avoir-une-armee.html>

mercredi 13 janvier 2021

Musique en temps de pandémie covidienne : comment les réseaux sociaux bouleversent la pratique musicale indépendante et professionnelle.

2020, année où la moitié de la planète a connu et continue de subir un confinement généralisé sans précédent, a changé définitivement notre rapport aux loisirs. Le secteur artistique, entre autres, est l'un des plus touchés, notamment celui de la musique. Cependant, entre désespérance et combativité, l'approche musicale par les réseaux sociaux pousse les musiciens professionnels à se renouveler et trouver une nouvelle énergie afin d'avancer et pour les amateurs, une visibilité renforcée de leurs pratiques musicales.


 
La violoniste Hilary Hahn - Musique connectée, © Getty / Hiroyuki Ito via France Musique.
 

La pandémie actuelle n'a pas seulement remis en cause notre lien à l'Autre, mais également notre rapport aux loisirs, aux arts et l'un des plus précieux : la musique. L'une des grandes joies de cet art était jusqu'en mars 2020, de pouvoir se rendre dans une salle de concert et écouter en "live" l'artiste dont la musique nous parle tant. [1]

Les professionnels de ce secteur, notamment les musiciens ont dû à la fois abandonner une grande partie de leurs revenus issus des concerts, mais également adopter une nouvelle relation de pratique face à une caméra, dans une salle de concert vide ou chez soi.

C'est le cas d' Hilary Hahn, violoniste américaine de renommée internationale, qui a lancé le 2 janvier 2021 le hashtag #100daysofpractice sur Twitter et Instagram où elle invite tous les artistes quelles que soient leurs disciplines, à continuer malgré la crise sanitaire de pratiquer leur art et travailler leur instrument. [2]. 100 jours qui mènent jusqu'au printemps afin de garder la vélocité des doigts et une combativité du travail mise à mal par la crise sanitaire.


Concerts gratuits en streaming

En Normandie, l'Opéra de Rouen a décidé  de poursuivre son activité et diffuse chaque semaine depuis le 20 novembre dernier,  des concerts en streaming, des œuvres originales et non des rediffusions qui plus est.[3]

Des mini concerts gratuits par des artistes de la scène internationale comme Norah Jones sous le hashtag #StayHomeConcert sur Youtube fleurissent depuis le début de la crise sur la plateforme. [4] Une initiative à la fois pour garder le lien avec leurs fans et continuer à nourrir leur art.

En Inde, dont la musique était dominée par l'industrie de Bollywood, a regagné sa place face au cinéma dont la crise a suspendu les sorties de films. Les concerts à distance explosent et permettent aux musiciens  indépendants de gagner un nouveau public et accroître leur visibilité. C'est le cas de Carlton Braganza qui a réalisé 70 concerts d'affilée sur Facebook à la demande de son public[5]. La plateforme de streaming indienne JioSaavn a vu une diversité grandissante dans les morceaux écoutés, laissant une plus grande place aux musiciens indépendants.[6]

La pratique musicale amateur aussi s'intensifie depuis plusieurs mois en France : une nette tendance à la baisse dans l'écoute de la musique et paradoxalement une hausse de la pratique, encouragée par les contenus de réseaux sociaux et les concerts improvisés aux fenêtres lors du premier confinement. [7]


Sources :

[1] THEVENIN, Frédéric. Musique : difficile de faire vivre un groupe en temps de Covid avec Sbroz. Le Journal de la Haute Marne. 11 Janvier 2021. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.jhm.fr/communes/chaumont/musique-difficile-de-faire-vivre-un-groupe-en-temps-de-covid-avec-sbroz/>

[2] MONTI , Rémy. Hilary Hahn, le monde de la culture au ralenti, son défi pour se remettre au travail. Radio Classique. 12 Janvier 2021. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/hilary-hahn-le-monde-de-la-culture-au-ralenti-son-defi-pour-se-remettre-au-travail/>

[3] LIONNET, Patricia. GUESSOUS, Sana. En Normandie, les artistes continuent à répéter malgré le confinement. 14 Novembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.paris-normandie.fr/id147083/article/2020-11-14/en-normandie-les-artistes-continuent-repeter-malgre-le-confinement>

[4] JONES, Norah. Mini Concert (Live from home 10-22-2020). [Vidéo en ligne]. 22 Octobre 2020. 20mn13. [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.youtube.com/watch?v=7Iu7oLsiKKI&ab_channel=NorahJonesAllADream>

[5] FIGARO avec AFP. La pandémie propulse une nouvelle scène musicale en Inde au détriment de Bollywood. 6 Décembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.lefigaro.fr/musique/la-pandemie-propulse-une-nouvelle-scene-musicale-en-inde-au-detriment-de-bollywood-20201206>

 [6] GERVAIS, Suzanne, prod. En Inde, la pandémie profite aux musiciens indépendants. [Texte, enregistrement sonore]. Musique connectée. Paris. France Musique. 6 janvier 2021. Quotidienne.  [en ligne]. [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.francemusique.fr/emissions/musique-connectee/musique-connectee-du-mercredi-06-janvier-2021-90601>

[7] JONCHERY, Anne. LOMBARDO, Philippe. Les pratiques en amateur et l'offre numérique plébiscitées pendant le confinement. Ministère de la Culture. 18 Décembre 2020. Disponible en ligne : [Consulté le 13 janvier 2021] <https://www.culture.gouv.fr/Actualites/Les-pratiques-en-amateur-et-l-offre-numerique-plebiscitees-pendant-le-confinement>

dimanche 3 janvier 2021

Rezo : Un Youtubeur améliore l'éthique de la presse allemande

Une année après le succès fulgurant de sa vidéo “ La destruction de la CDU" [1], Rezo réitère avec une deuxième vidéo critique à l’égard de la société au nom provocateur  « La destruction de la presse".  Fidèle à lui-même, l'auteur de cette vidéo n’a pas comme objectif de « détruire la presse », mais de "dénoncer et de combattre ses dérives, afin de rétablir la confiance envers la presse sérieuse" [2]. Pari réussi ?

Rezo : "La destruction de la presse"   [2]

Rezo est un jeune Youtubeur, entrepreneur et chroniqueur allemand, populaire notamment  pour ses vidéos de divertissement. Ce diplômé en informatique aux cheveux bleus publie une semaine avant les élections Européennes (en mai 2019)  une vidéo critiquant la politique environnementale de la CDU. Elle sera vue plus de 18M vues fois et déclenche un véritable débat de société en Allemagne, au point d'impacter même le résultat des élections européennes [3].

Sa vidéo « La destruction de la presse » [titre original : "Die Zerstörung der Presse"] est une nouvelle analyse critique d'un sujet de société, alliant rigueur scientifique, clarté et persuasion. Appuyé sur de nombreux exemples, Rezo dénonce diverses pratiques non éthiques de la presse et met en lumière leurs conséquences dramatiques. Le but affiché de cette vidéo est double : sensibiliser la presse au respect des pratiques éthiques et rétablir la confiance des lecteurs envers la presse sérieuse.

La vidéo analyse et dénonce les pratiques suivantes :

La propagation d'informations fausses
Selon Rezo, la propagation d'informations fausses (même "anodines") contribue à habituer les lecteurs à être moins exigeants envers la véracité des informations de la presse et à décrédibiliser la presse dans son ensemble. Par conséquent, elle favorise l'émergence des « courants alternatifs », tels que les dangereuses « théories du complot », fleurissant en situation de crise. Rezo cite l’exemple des théories du complot sur la Covid-19, qui ont conduit aux manifestations des « anti-masques », à l’origine de nombreuses contaminations.  

Le non-respect de la personne
Le codex de la presse, 
signé par la plupart des maisons d'éditions allemandes, stipule que la communication de la presse sur une victime d’un accident ou d’un crime ne doit pas contribuer à augmenter la souffrance de la victime ou de ses proches (article 11) et protéger l'identité des personnes (article 8) [4]. 

Or, les exemples suivants font partie des pratiques courantes de la presse, au mépris du respect de la personne :

-La publication de photos non-floutées sensationnalistes qui infligent une souffrance morale
 s
upplémentaire importante à la victime et ses proches.
-La communication d'informations permettant l'identification d'une personne menacée ou de son lieu
 d'habitation pouvant l’exposer à une menace de vie par ses détracteurs.

Des techniques rédactionnelles floues 

Les formes techniques suivantes permettent de transmettre n'importe quelle information :
- l
a formulation d'une affirmation spéculative sous forme d'une phrase
- l
'emploi du conditionnel  
Que l'information soit fausse ou diffamatoire, formulée de cette façon, l'auteur ne revendique ni un fait, ni même une opinion, donc on ne pourra rien lui rapprocher.

Une autre technique est l'attribution de l'information à une tierce personne pas clairement identifiée, telle que "La communauté Youtube est d’avis que" ou "beaucoup de gens pensent".   

Enfin, Rezo regrette un sourcing insuffisant, la fausse interprétation et la mise hors contexte de sources mentionnées. Il montre lui-même le bon exemple en indiquant scrupuleusement les plus de 250 sources utilisées dans cette vidéo [5].

Rezo  insiste que toute la presse n’est pas à mettre dans le même panier, et il oppose trois éditeurs mauvaises élèves à trois éditeurs exemplaires.
Il appuie son affirmation sur l'analyse quantitative de la véracité d’un échantillon de plus de 400 articles de divers éditeurs, sur une sujet qu'il connaît mieux que personne d'autre, à savoir lui-même (accessible ici: [5]: [F14]) .

Il lance un appel aux maisons d’édition pour qu'elles revoient leurs pratiques éditoriales contraires à l’éthique et remédient aux éventuelles dérives, afin de rétablir la confiance des lecteurs et combattre l'obscurantisme.

La vidéo de Rezo, a remporté une audience de 3,5 M de vues et elle a suscité des réactions majoritairement  très positives de la part d'un public très diversifié. De nombreux éditeurs et diverses associations de journalistes se sont engagés à revoir leur éthique éditoriale. Des professeurs en journalisme et des écoles recommandent cette vidéo. Des chaines de télévision publiques se sont emparées du sujet [6]. Rezo se dit très heureux de toutes ces réactions constructives. Sa vidéo a donc largement  relevé le défis de contribuer à l'amélioration des pratiques éthiques de la presse. Il a prouvé qu'il est possible, à travers les médias modernes et avec une rédaction de qualité, d'avoir un impact constructif de taille. 

Bibliographie 

[1] Rezo. Die Zerstörung der CDU. En ligne sur Youtube.comPublié le 18/05/2019 : [consulté le 10/12/2020] <https://www.youtube.com/watch?v=4Y1lZQsyuSQ&t=108s>

[2] Rezo. Die Zerstörung der Presse. En ligne sur Youtube.com. Publié le 31/05/2020 : [consulté le 08/12/2020] <https://www.youtube.com/watch?v=hkncijUZGKA>

[3] Collectivité editoriale. Rezo. En ligne sur Wikipédia. Publié le 18/04/2018. Edité le 08/12/2020 :   [consulté le 10/12/2020]  <https://de.wikipedia.org/wiki/Rezo>

[4] Presserat. PresseKodex. En ligne sur Presserat : [consulté le 15/12/2020] <https://www.presserat.de/pressekodex.html

[5] Rezo. Quellen Pressevideo. En ligne sur Google docs. Publié le 31/05/2020 : [consulté le 08/12/2020] <https://docs.google.com/document/d/1pL6ZTA-hwK-zp8ETFZaEi_FygaPXplb3M7gLn6Ir4ZU/edite>

[6] Rezo. Die dümmsten und lustigsten Reaktionen. En ligne sur Youtube.comPublié le 21/06/2020 : [consulté le 10/12/2020] <https://www.youtube.com/watch?v=JA3yqXGSi0k&t=1318s>

mercredi 18 novembre 2020

Le poids informationnel de WhatsApp remarqué dans le cadre de l’information sur le coronavirus

Le 18 mars 2020, WhatsApp a annoncé, un partenariat avec l'OMS ainsi qu'une donation d’un million de dollars à l’International Fact-Checking Network (IFCN) du Poynter Institute. [1]


WhatsApp, pédagogue et actif en matière de lutte contre les fausses informations…

WhatsApp est une application de messagerie pour mobile ou ordinateur. Elle est possédée par Facebook depuis son rachat en 2014 [2]. Sur une page de son site internet, WhatsApp explique comment utiliser l’application, s’adressant notamment aux « responsables publics locaux » comme les membres du corps médical, les enseignants et les entreprises [3].
Vous y trouverez un lien qui dirige vers le canal de conversation propre à l’OMS [4], disponible en français depuis le 27 mars 2020 [5]. Pour rejoindre la conversation, l’utilisateur doit installer l’application WhatsApp et envoyer « salut » au +41 22 501 72 98. Cette conversation est destinée à tout le monde, aussi bien aux professionnels de santé qu’aux particuliers soucieux d’être informés aux mieux des nouvelles concernant la Covid19 [5].

Au-delà de son partenariat avec l’OMS, WhatsApp a effectué une donation d’un million de dollars à l’International Fact-Checking Network (IFCN) [1]. Cet organisme appartient au Poynter Institute, une école de journalisme américaine à but non lucratif, très investie dans la vérification des faits [6]. L’IFCN propose notamment une page internet renvoyant à des sources vérifiées, signataires d'un code de principes sur lesquels veille l'organisme [7]. Via WhatsApp, l’IFCN propose également un « bot de vérification ». De même qu’avec l’OMS, un canal de discussion propre à l'IFCN a été mis en place pour n’importe quel interlocuteur souhaitant vérifier une information. Pour utiliser ce service, il faut télécharger l’application et rejoindre la discussion au numéro de téléphone correspondant à celui de notre pays [8].

...et non sans raison

Il n’échappe à personne que ces services d’information en partenariat avec l’OMS et l’IFCN invitent les personnes qui ne sont pas utilisatrices de la messagerie à la télécharger [4] [8]. WhatsApp est gratuit mais cherche à augmenter son nombre d’utilisateurs. Aujourd’hui, l’application a dépassé la barre colossale des deux milliards d’utilisateurs dans le monde [9].

En renforçant sa pédagogie à propos de la fiabilité des sources d’information, WhatsApp donne de réelles clés à ses utilisateurs et remplit son devoir envers eux et en tant qu’entreprise responsable. Que l’on soit ou non en faveur de la plateforme de messagerie, force est d’admettre qu’elle a déployé de remarquables efforts pour faciliter à ses utilisateurs l’accès à une information vérifiée.

Cette dynamique de méfiance face aux informations délicates et non-vérifiées est d’autant plus nécessaire que les fausses informations et les arnaques se propagent rapidement sur la plateforme. Une personne mal intentionnée peut rédiger un message malveillant et compter sur la naïveté ou la bonne volonté des utilisateurs pour se laisser tromper [10]. 

Personne n'est à l’abri de recevoir un message d’un expéditeur inconnu. Au mieux, c’est une erreur et rien de grave ne s'en suit. Mais cela peut aussi être une fausse information ou une information invérifiable qui se propage sur la toile (un « hoax »), auquel cas il en va de la responsabilité de chacun de se garder de la diffuser à son tour. Plus gênant encore, un message d’origine inconnue peut être malveillant et avoir pour but de récupérer certaines de vos données personnelles (« phishing » ou « hameçonnage ») ou d’installer un virus sur votre téléphone ou votre ordinateur.

Quelques exemples de fausses informations ou de messages malveillants mises en œuvre via l’application WhatsApp [10] :

- Message indiquant qu’une version améliorée et payante de WhatsApp appelée « Gold » va sortir, incitant à cliquer pour y avoir accès [11].

- Message contenant un lien vous renvoyant soi-disant vers le code de vérification de votre compte. [10]

- Message contenant des bons d’achat [10].

- Message proposant d’appeler un numéro de téléphone au motif que l'utilisateur aurait demandé à transférer son numéro vers un autre appareil [10].

En dehors du fait que ces messages sont des arnaques, quel est le point commun des exemples cités ci-dessus ? 

Ils incitent tous l’utilisateur à passer à l’action, comportent un « call-to-action », poussant à transférer un message, à télécharger une pièce ou à cliquer sur un lien [12]. En cliquant, l’utilisateur prend le risque de télécharger un logiciel malveillant ou d’être redirigé vers un espace où il devra renseigner des informations personnelles.

Quelle posture adopter en cas de doute [10] [11] [12]
 ?
Ne pas cliquer sur les liens ou les documents contenus dans le message
.
Vérifier l’information auprès de sources fiables
 [3] [7].
Ne pas transférer le message [3]. Si vous souhaitez alertez vos proches à propos d’un message malveillant qui circule sur WhatsApp, rédigez vous-même un message qui ne comportera alors aucun lien ni aucune consigne appelant votre destinataire à une action nuisible.


 

 Mise en perspective et enjeux actuels

La messagerie est une plateforme d’intermédiation. Elle ne produit rien, mais permet de mettre en relation des acteurs. Ce positionnement a fait le succès des plateformes numériques d’intermédiation les plus connues. Amazon et Netflix — qui sont désormais aussi des producteurs de biens matériels et de films — sont avant tout de simples plateformes d’intermédiation mettant des personnes en relation, tout comme Uber, Facebook et Airbnb. Ces plateformes sont propriétaires des données primaires renseignées consciemment par les utilisateurs, et secondaires, traces laissées par l’activité de l’utilisateur [13 p.53].

L'accès aux données utilisateurs des plateformes d’intermédiation — moteurs de recherche, réseaux sociaux, sites internet étrangers — constitue un enjeu géopolitique majeur :
    

    « Pour des raisons historiques et politiques, l’Europe a peur des données. Elle voit dans la société de l’information une immense menace qu’il convient de circonscrire, et qui semble inhiber toute vraie ambition, sans se rendre compte que moins on développe l’industrie de l’information, plus nos données quittent le territoire. » [13 p.45]

    « Grâce à l’analyse des requêtes sur son moteur, Google sait, ou est en capacité de savoir, plus de choses que l’Insee sur la France. » [13 p.46]

Les coopérations WhatsApp - OMS et WhatsApp - IFCN témoignent du poids informationnel endossé par les GAFAM dans la société civile et nous rappelle l'enjeu géopolitique de la propriété des données utilisateurs, qui ne revient actuellement pas aux États mais à une entreprise privée, en l’occurrence nord-américaine.   

Finalement, il est une nécessité pour tous les utilisateurs de se former non seulement à l’utilisation mais aussi à la compréhension des outils numériques afin de mieux appréhender la complexité du monde actuel et de s’en protéger. Ce besoin est en partie comblé par les acteurs du numérique eux-mêmes comme nous l’avons vu ici dans le cas de WhatsApp. Mais en définitive, il relève de la responsabilité de chacun de maîtriser les outils numériques en ayant conscience des enjeux liés aux données primaires et secondaires.

 

 Références bibliographiques :

[1] Programme des Nations Unies pour le Développement. COVID-19 : l’OMS, l’UNICEF et le PNUD s’associent à WhatsApp. En ligne sur undp.org. Publié le 18 mars 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.undp.org/content/undp/fr/home/news-centre/news/2020/COVID-19_WHO_UNICEF_UNDP_Partner_with_WhatsApp_to_Get_Real_Time_Health_Information_to_Billions_around_the_World.html>


[2] WELCH, Chris. Facebook is buying WhatsApp for $16 billion. En ligne sur theverge.com. Publié le 19 février 2014 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.theverge.com/2014/2/19/5427332/facebook-is-buying-whatsapp>


[3] WhatsApp. Comment WhatsApp peut vous aider à rester connecté(e) pendant la pandémie de coronavirus (COVID-19). Publié le 27 mars 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.whatsapp.com/coronavirus?lang=fr>
 

[4] WhatsApp. Discuter sur WhatsApp avec World Health Organization. Publié le 27 mars 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://api.whatsapp.com/send/?phone=41798931892&text=hi&app_absent=0>
 

[5] Organisation Mondiale de la Santé.Le service d’alerte sanitaire WhatsApp de l’OMS désormais disponible en français. Publié le 27 mars 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.who.int/fr/news-room/feature-stories/detail/who-health-alert-brings-covid-19-facts-to-billions-via-whatsapp>
 

[6] Poynter. The International Fact-Checking Network. Publié le en 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.poynter.org/ifcn/>
 

[7] IFCN-Poynter. Verified signatories of the IFCN code of principles. Publié le en 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://ifcncodeofprinciples.poynter.org/signatories>
 

[8] WhatsApp. Organisations spécialisées dans le fact checking IFCN sur WhatsApp. Publié le en 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://faq.whatsapp.com/general/ifcn-fact-checking-organizations-on-whatsapp/?lang=fr>
 

[9] GAUDIAUT, Tristan. WhatsApp atteint le cap des 2 milliards d'utilisateurs. Publié le 14 février 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://fr.statista.com/infographie/amp/20836/nombre-utilisateurs-actifs-mensuels-whatsapp/>
 

[10] STRAUSS, Alina. Les escroqueries les plus courantes sur WhatsApp. En ligne sur tophebergeur.com. Mis à jour le 12 octobre 2020 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.webblog.tophebergeur.com/les-escroqueries-les-plus-courantes-sur-whatsapp.html>
 

[11] CHAMBERS, Georgia. WhatsApp Gold virus 2019: The ‘martinelli’ message explained. En ligne sur EveningStandard.uk. Publié le 28 novembre 2019 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://www.standard.co.uk/tech/whatsapp-gold-virus-martinelli-message-explained-a4030661.html>
 

[12] Sophos News. WhatsApp Gold : comment détecter un hoax sur les réseaux sociaux ?. En ligne sur sophos.com. Publié le 11 janvier 2019 : [consulté le 18 novembre 2020] <https://news.sophos.com/fr-fr/2019/01/11/whatsapp-gold-comment-detecter-hoax-reseaux-sociaux/>
 

[13] FRÉNOT, Stéphane et CRUMBACH, Stéphane. Les données sociales, objets de toutes les convoitises. Revue Hérodote, Cyberespace : enjeux géopolitiques, n°152-153, 2014, pages 43 à 66. [consulté le 11 novembre 2020] <http://www.cairn.info/revue-herodote-2014-1.htm>

mardi 10 décembre 2019

Lancement d’un nouveau réseau social : «WT:Social»

Jimmy Wales, le co-fondateur de Wikipedia, a annoncé sur Twitter le 6 novembre 2019 le lancement d’un nouveau réseau social : WT:Social. Le but de la plateforme est de lutter contre les fake news et les contenus de faible qualité diffusés sur les réseaux sociaux et les fils d'actualité. Contrairement à Facebook et à Twitter, il sera basé sur un modèle économique qui fonctionne seulement avec des dons et sans publicité. 




L’information est passée inaperçue le 6 novembre dernier dans un Tweet annonçant que le réseau comptait déjà 25.000 membres. Il faut dire que le concept n’est pas nouveau. Jimmy Wales avait déjà lancé en avril 2017 WikiTribune, un media collaboratif qui avait le même objectif : celui de lutter contre la désinformation. WikiTribune a licencié ses journalistes en 2018 par manque de trafic. WT:Social est donc une évolution de WikiTribune mais sous la forme d’un réseau social. Jimmy Wales compte y intégrer des spécificités de ce dernier comme de Wikipédia, notamment la modification des titres d’articles ou certains contenus ou même la possibilité de supprimer certaines publications par la communauté.

Quelles différences avec les réseaux existants ?

WT:Social est une plateforme sociale avec un fil d’actualité qui référence les contenus par ordre antéchronologique, du plus récent au plus ancien et non par des algorithmes privilégiant le nombre de clics qu'ils ont générés. De cette manière le media interdit l’exploitation des données personnelles à des fins commerciales. Jimmy Wales considère en effet que Facebook, Twitter et d’autres réseaux, par leurs modèles économiques qui génèrent des revenus en fonction du temps passé sur leurs sites à cliquer et à regarder des publicités, favorisent les fake news et les informations de basse qualité. 
Le site Engadget signale en revanche qu’un système basé sur les « upvote » (1) serait introduit plus tard. Reste à voir si le fait d’introduire cette méthode qui permet aux internautes de signaler leur approbation ou leur soutien ne ressemblera pas finalement au « like » sur Facebook. D’autant plus qu’au final elle change l’ordre d’affichage des articles en fonction de critères propres aux internautes et non pas forcément liés à la qualité de l’information.

La nouvelle plateforme adopte un modèle économique basé sur les dons et ne compte diffuser aucune publicité. Début décembre 2019, elle comptait déjà plus de 400 000 utilisateurs et compte atteindre des dizaines voire des centaines de millions. Actuellement, pour s’y inscrire et pour passer la liste d’attente due à la forte demande, il y a une possibilité de se faire inviter par un membre ou de payer un abonnement d’environ 100 dollars par an : une façon également de contribuer au financement du réseau.  « Oui, ça ressemble beaucoup à un abonnement payant, mais en échange, les utilisateurs ont la garantie de ne pas voir leurs données personnelles faire tourner la machine publicitaire ni un CEO mettre en péril la démocratie à coup de manipulation politique de masse. » précise-t-il (2).


                       Source : le site de la Communauté WT:Social


N’ayant pas levé assez de fonds, l’interface est sobre avec un contenu basé sur un flux d’actualités et des commentaires postés par les utilisateurs. Mais le réseau compte lancer un appel à des futurs administrateurs et développeurs pour faire face à une croissance « vertigineuse ».


Dans sa bataille contre la désinformation, Jimmy Wales fait le pari d’une information qui circule librement avec son réseau social basé en partie sur le partage d'extraits ou de liens vers des articles. Sa position contre la directive européenne copyright instaurant des droits voisins sur les articles de presse se modère aujourd’hui et il promet que « ses administrateurs veilleront à ce que des articles entiers ou de larges extraits ne soient pas recopiés : nous respectons le copyright ». (3)




(1) FISHER Christine. Wikipedia co-founder wants to give you an alternative to Facebook and Twitter, publié le 14 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 20/11/2019] : <https://www.engadget.com/2019-11-14-wtsocial-wikipedia-wales-facebook-alternative.html >

(2) RAHMIL, David-Julien. Le fondateur de Wikipédia lance un réseau social basé sur des dons, publié le 19 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 25/11/2019] : <https://www.ladn.eu/media-mutants/reseaux-sociaux/wt-social-reseau-anti-facebook-payer-abonnes/>

(3) DEKONINK, Basile et MADELAINE, Nicolas. Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, lance une alternative à Facebook et Twitter, publié le 14 novembre 2019. Disponible en ligne [consulté le 20/11/2019] : <https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/jimmy-wales-le-cofondateur-de-wikipedia-lance-une-alternative-a-facebook-et-twitter-1147849>



vendredi 30 novembre 2018

Les Insta Novels de la New York Public Library

La New York Public Library (NYPL) poursuit sa stratégie de développement sur les réseaux sociaux. Elle propose, depuis août dernier, une nouvelle pratique de la lecture à partir de son compte Instagram. La NYPL espère ainsi toucher un public plus large et plus jeune.

En partenariat avec l'agence de création publicitaire Mother [1], La NYPL a conçu des Insta Novels qui reposent sur la fonctionnalité des "Stories Instagram" (publications éphémères d'images ou vidéos). Leur placement à la une du compte de la NYPL leur assure une pérennité et permet aux abonnés de les consulter quand ils le souhaitent. Ces ebooks, des classiques de la littérature anglaise, sont composés d'animations réalisées par des dessinateurs contemporains et du texte intégral de l'oeuvre [2].

Trois Insta Novels sont actuellement disponibles :

  • Les Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll
  • La Séquestrée de Charlotte Perkins
  • Le Corbeau d'Edgar Allen Poe (spécialement réalisé pour Hallowen [3])
Un quatrième (La Métamorphose de Franz Kafka) devrait rejoindre cette bibliothèque numérique en fin d'année.

En octobre, la New York Public Library a annoncé que près de 93000 personnes avaient lu Alice au pays des merveilles. De plus, le nombre d'abonnés à son compte Instagram a augmenté. Enfin ses autres platefomes de livres numériques ont également bénéficié d'une augmentation de leur trafic [4].

Cette initiative ouvre de nouvelles perspectives pour les bibliothèques. Son développement pourrait permettre de diversifier les publics et de toucher des personnes qui n'ont pas l'habitude de venir en bibliothèque.


Sources :

[1] New York Public Library. The New York Public Library introduces classic literature to "Instagram Stories" with Insta Novels. 22/08/2018. Disponible en ligne [consulté le 27 novembre 2018] :< https://www.nypl.org/press/press-release/august-22-2018/new-york-public-library-introduces-classic-literature-instagram >

[2] Jost, Clémence. La New York Public Library diffuse gratuitement des livres sur Instagram, et c'est vraiment très beau. Archimag. 23/08/2018. Disponible en ligne [consulté le 27 novembre 2018] : < https://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2018/08/23/new-york-public-library-gratuit-livres-instagram-vraiment-reussi >

[3] Oury, Antoine. Découvrir Le Corbeau d'Edgar Allan Poe sur Instagram. ActuaLitté. 02/11/2018. disponible en ligne [consulté le 27 novembre 2018] : < https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/decouvrir-le-corbeau-d-edgar-allan-poe-sur-instagram/91681 >

[4] Svachula, Amanda. Instagram Now Home to Classic Feminist Literature. The New York Times.  05/10/2018. Disponible en ligne [consulté le 27 novembre 2018] : < https://www.nytimes.com/2018/10/05/arts/design/instagram-literature-new-york-public-library.html >


mercredi 28 novembre 2018

2018, une année de crise pour Facebook

Le scandale Cambridge Analytica a déclenché une crise dont le point culminant était l'audience de son fondateur, Mark Zuckerberg, devant le Sénat américain. Convoqué aussi par une Commission britannique pour expliquer la fuite des données personnelles des utilisateurs, Zuckerberg continue à refuser de se présenter devant les parlementaires mondiaux.

Le recrutement de Nick Clegg [1], ancien premier-ministre britannique, comme responsable de la communication et des affaires publiques de Facebook, est une indication de la stratégie pour faire face à la crise politique et financière provoquée par la découverte du cas Cambridge Analytica. L'histoire, révélée par les journaux anglais The Observer et The Guardian en mars 2018, a démontré comment ce cabinet d'étude anglais a pu siphonner les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs de Facebook, dans le but d'influencer l'élection américaine de 2016.

Facebook est devenu, depuis 2009, le leader mondial des réseaux sociaux [2], utilisé par 2,2 milliards de personnes, dont 68% de la population adulte juste aux États-Unis, selon l'enquête 2018 du Pew Research Center. Cependant, un étude montre un recul de l'usage de la plateforme pour s'informer ; selon l'Institut Reuters, 36 % de Français ont déclaré s'informer via les réseaux sociaux en 2018, une baisse de 9% par rapport à l'année de 2016 [3].

Néanmoins, si la confiance dans Facebook paraît avoir diminué, il ne suffit pas de quitter la plateforme, défend Siva Vaidhyanathan [4], en réaction à la campagne Twitter #DeleteFacebook. Ce professeur de media studies à l'Université de Virginia, auteur de "Anti-Social Media: how Facebook disconnects us and undermines democracy", propose une réponse citoyenne : demander plus de régulation, en commençant par l'application des mesures antitrust, étant donné que Facebook est aussi propriétaire de Messenger, Instagram et Whatsapp. La déconnexion, dans ce cas, "est l'opposée de l'activisme", déclare l'auteur.

Sources :

[1] RONFAUT, Lucie. Facebook recrute l'ex n°2 du gouvernement britannique Nick Clegg pour sa communication. En ligne sur Le Figaro. Publié le 19 octobre 2018 : [Consulté le 28 novembre, 2018]. <http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/10/19/32001-20181019ARTFIG00194-facebook-recrute-l-ex-n2-du-gouvernement-britannique-nick-clegg-pour-sa-communication.php>

[2] MYRNAIOS, Nikos. Du réseau de l’élite aux scandales en série : brève histoire de Facebook. En ligne sur INA Global. Publié le 28 septembre 2018 : [Consulté le 28 novembre, 2018]. <https://www.inaglobal.fr/numerique/article/du-reseau-de-l-elite-aux-scandales-en-serie-breve-histoire-de-facebook-10275>

[3] LE CAROFF, Coralie. Facebook, média de masse : un poids à relativiser. En ligne sur INA Global. Publié le 27 septembre 2018 : [Consulté le 28 novembre, 2018]. <https://www.inaglobal.fr/numerique/article/facebook-media-de-masse-un-poids-relativiser-10276>

[4] VAIDHYANATHAN, Siva. Don’t Delete Facebook. Do Something About It. En ligne sur New York Times. Publié le 24 mars 2018 : [Consulté le 28 novembre, 2018]. <https://www.nytimes.com/2018/03/24/opinion/sunday/delete-facebook-does-not-fix-problem.html>


jeudi 22 novembre 2018

De l'émotion au capitalisme affectif : une valeur numérique sûre

Lors des dernières rencontres Ethics by Design à Paris début octobre, deux chercheurs en sciences de l'information et de la communication, Camille Alloing et Julien Pierre, ont présenté une conférence sur le rapport étroit entre les émotions, sentiments et affects et la production de valeur des services numériques. Tous deux ont co-écrit un livre, paru en 2017 chez Ina édition, intitulé "Le web affectif".

En 2016, la plateforme Facebook a élargi l'offre des icônes expressives : l'usager est passé du simple "like" exprimé par un pouce à toute une série d’émoticônes représentant la surprise, la colère, le rire et la tristesse, pouvant même exacerber l'expression de sa passion grâce à un cœur sur fond rouge. C'est cet exemple de Facebook Reaction que nos deux chercheurs ont choisi pour illustrer leur propos sur l'affectivité numérique, bien que le concept soit également utilisé par d'autres plateformes numériques comme Twitter et Netflix, et même par des industriels du secteur comme Apple, Samsung et IBM.

Cette analyse de sentiments (sentiment analysis) constitute l'informatique affective, fondée en 1997 par une chercheuse du MIT (Massachussets Institute of Technology). Dans un objectif marketing, cette méthode réunit et applique des éléments issus d'autres disciplines, notamment les sciences cognitives et la psychologie, pour, en retour, proposer aux internautes une meilleure offre de contenus et d'interfaces, des voix de synthèse, des agents conversationnels (chatbot) et des mouvements robotiques, le tout en guise de réponse émotionnelle.

Ainsi, les six émotions citées de la plateforme Facebook réduisent la complexité des sentiments humains à, selon leur description, "like, love, haha, wow, sad, angry". Le paradoxe, comme le font noter les auteurs, est de vouloir étendre l'empathie à l'échelle universelle tout en la réduisant à un minimum d'expressions, formulées par six petites icônes. Ainsi, le design des nouvelles interfaces intègre une dimension psychologique afin de donner une réponse émotionnelle à la marchandisation, mais d'autres usages comme le divertissement, le partage ou l'autoformation sont également importants à étudier lorsqu'il s'agit d'en évaluer l'éthique et de transparence.

Ces supposées émotions universelles, soulignent Camille Alloing et Julien Pierre, ne tiennent pas compte de la différence entre l'expression et l'émotion, et omettent par ailleurs l'importance du contexte socio-culturel. Designers et community managers doivent pouvoir ressentir les tendances émotionnelles des usagers, et même si l'OCDE souligne l'empathie comme une des qualités indispensables du travailleur du 21è siècle, cette simplification du concept de l'empathie, selon ces chercheurs, oublie le frayage, cette capacité de notre cerveau à faire passer nos émotions d'une neurone à l'autre, mais aussi le filtrage. Il en résulte un danger : celui de voir nos émotions guider nos parcours en-ligne, et pire encore, notre expérience vécue.

Sources : Julien Pierre, Camille Alloing. Le design du web affectif : entre empathie et universalité. Retour sur les phases de conception de l’affectivité numérique. H2PTM 2017, Oct 2017, Valenciennes, France. 2017, H2PTM’17 Le numérique à l’ère des designs, de l’hypertexte à l’hyper-expérience. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01626544/document

lundi 12 mars 2018

Proposition de Loi sur les "Fake News" : Nécessité impérieuse ou fausse bonne nouvelle ?

Le groupe majoritaire LREM (La République En Marche) déposera prochainement une proposition de Loi à l’Assemblée nationale, visant à freiner la diffusion de fausses informations par les plateformes numériques en périodes électorales, afin de garantir le bon déroulement du débat démocratique. L’ébauche des deux textes de la Loi de fiabilité et de confiance de l’information sont consultables ci-dessous. [1] La prolifération subite de cette terminologie même de "fake news" n’est-elle qu’un écran de fumée ? Légiférer peut-il endiguer le fléau de la désinformation ?

La manipulation de l’opinion par le biais d’informations mensongères, véhiculées sciemment par des responsables politiques, des entreprises ou des gouvernements ne constituent en rien une nouveauté de nos sociétés contemporaines. Tourya Guaaybess, Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication estime que le terme de fake news est parfois simplement utilisé comme une stratégie populiste, afin d'opérer une décrédibilisation du travail journalistique, elle invite plutôt à réfléchir aux moyens de faire face aux diverses formes de désinformation, qui sont bien réels. [2]

Pour contenir ce phénomène de la rumeur, existant depuis des temps immémoriaux, l’avocat Emmanuel Pierrat rappelle que l’arsenal juridique français est pourvu de la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Ainsi, l’article 27 stipule que La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d'une amende de 45 000 euros. Selon cet avocat : La liberté d’expression souffrirait une fois de plus de l’adoption d’un énième texte de censure. [3]

La circulation massive de l’information depuis le développement spectaculaire des échanges sur les réseaux sociaux ou les plateformes numériques, a induit le déferlement d’informations volontairement trompeuses à une échelle considérable. En effet, une récente étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology), pointe qu’une fausse information a 70% de plus de chance d'être propagée. [4]

Antonio Casilli, professeur agrégé de sciences humaines numériques et sociologue indique que le renforcement de la loi existante serait vain si le Gouvernement ne prend pas en compte le modèle économique des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). En effet, la diffusion de ce type d’information ne serait pas le fait d’internautes lambda. En réalité, c’est la régie publicitaire des GAFAM qui décide de la sélection de l’information erronée, elle monnaye ensuite les données personnelles de leurs utilisateurs et créée des incitations économiques qui favorisent les contenus sensationnalistes. Ce sont des pigistes-internautes vivants au Sud de la planète, pauvres et sous-rémunérés, les ouvriers du clic, qui sont chargés de la diffusion des rumeurs en masse. 

Avant de légiférer, le renouvellement des modèles économiques des médias sociaux serait donc prioritaire et hautement bénéfique, ainsi que la défense des droits des ouvriers du clic, afin qu’ils soient en mesure de refuser d’effectuer les basses besognes. Et Antonio Casilli de préciser : En 2015, Donald Trump aurait acheté près de 60% des fans de sa page Facebook aux Philippines, en Malaisie et… au Mexique. 
Le sociologue préconise également que les partis politiques eux-mêmes en périodes électorales cessent d’acheter des tweets, des "like" et des contenus viraux. [5]

Sources :

[1] REES Marc, Exclusif : téléchargez la future loi contre les fake news, Next INpact. 07 mars 2018 [en ligne], [consulté le 12/03/2018] https://www.nextinpact.com/news/106262-exclusif-telecharger-future-loi-contre-fakes-news.htm

[2] GUAAYBESS Tourya, "Fake news" : de l'instrumentalisation d'un terme à la mode ou les nouveaux visages du "Schmilblick", The Conversation. 11 février 2018 [en ligne], [consulté le 12/03/2018] https://theconversation.com/fake-news-de-linstrumentalisation-dun-terme-a-la-mode-ou-les-nouveaux-visages-du-schmilblick-91339

[3] PIERRAT Emmanuel, "Fake News" et liberté d'expression, Livres hebdo. 06 janvier 2018 [en ligne], [consulté le 12/03/2018] http://www.livreshebdo.fr/article/fake-news-et-liberte-dexpression

[4] LECOMTE Erwan, Les fake news se propagent bien plus rapidement que les informations, Sciences et avenir. 09/03/2018 [en ligne], [consulté le 12/03/2018] https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/reseaux-et-telecoms/sur-twitter-une-fake-news-a-70-de-chances-de-plus-d-etre-diffusee-qu-une-veritable-information_121917

[5] CASILLI Antonio, Une loi sur les fake news : à quoi bon ? Tribune dans l'Obs, Blog Casilli.fr. 02 mars 2018[en ligne], [consulté le 12/03/2018] http://www.casilli.fr/2018/03/02/une-loi-sur-les-fake-news-a-quoi-bon-tribune-dans-lobs-1-mars-2018/

lundi 20 novembre 2017

Fake news : initiatives et difficultés des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux  sont un vecteur essentiel de la diffusion de l'information. Leur influence est grande par le nombre de leurs utilisateurs, et la rapidité à communiquer sur l'actualité.  Il est donc nécessaire de faire attention à la véracité des articles et de trouver des solutions afin de lutter contre les "Fake News".

On entend par "Fake News" de fausses informations, relayées sur les réseaux sociaux ou par certains médias. Il est, cependant, difficile de trouver une définition satisfaisante de ce terme [1].

De nombreuses initiatives ont cependant été prises par les médias sociaux pour lutter contre les "Fake News" : indicateurs de confiance, vérificateur des sources, outils de "fact-checking", afin de vérifier si l'information et sa source sont fiables,  etc...

Nelly Lesage [2] montre bien cette volonté de se donner les moyens  de vérifier les faits ("fact-checking") en intégrant "un outil de vérification des sources mis au point par un consortium de journalistes. Cet indicateur prend la forme d'une icône indiquant si la source de l'information est réputée fiable." Il doit permettre à l'utilisateur de faire remonter l'information qui lui semble douteuse.

Le cas de Facebook est intéressant, compte tenu des difficultés pour faire la chasse aux articles douteux et à la désinformation. Son compte Facebook "Journalism Project" est un exemple de sa volonté d'impliquer les médias traditionnels, pour faire évoluer les usages et lutter contre la désinformation. Cependant, l'article du Guardian [3], repris par Ina Global [4] met en avant, ses difficultés, son manque de transparence sur le fonctionnement des outils utilisés, leur limite, leur efficacité et la difficulté à faire totalement disparaître les informations virales et à freiner la diffusion de fausses informations. Problèmes soulignés aussi par  Sylvain Rolland [5] qui montre bien que, si ces outils permettent de s'attaquer à la désinformation, ils  ne résolvent pas tout pour autant, laissant encore passer quelques fausses information entre les mailles du filet.

Pour l'instant, les résultats sont peu probants mais la voie reste ouverte à l'amélioration des outils.

Sources :
[1] Roland Gauron, «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités, Le Figaro.fr, Service Infographie, 6 mars 2017, http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/06/01016-20170306ARTFIG00187-fake-news-un-meme-terme-pour-plusieurs-realites.php [Consulté le 23 novembre 2017]

[2] Nelly Lesage, "Google et Facebook lancent un « indicateur de confiance » contre les fake news", Numerama.com, 17 novembre 2017, http://www.numerama.com/tech/307104-google-et-facebook-adoptent-un-indicateur-de-confiance-contre-les-fake-news.html [consulté le 20 novembre 2017]

[3] Sam Levin, "Way too little, way too late': Facebook's factcheckers say effort is failing, The Guardian.com, 13 novembre 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/13/way-too-little-way-too-late-facebooks-fact-checkers-say-effort-is-failing [consulté le 20 novembre 2017]

[4] Xavier Eutrope, "Zones d'ombre sur les initiatives de Facebook contre les fake news", Ina Global, Lu sur le web , 16 novembre 2017, http://www.inaglobal.fr/presse/lu-sur-le-web/zones-dombre-sur-les-initiatives-de-facebook-contre-les-fake-news [consulté le 20 novembre 2017]

[5] Sylvain Rolland,  "Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr, 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]



lundi 13 novembre 2017

Travail nomade, réunion virtuelle avec quel outil ?

Aujourd'hui, le chef de projet est confronté au nomadisme de ses collaborateurs. Il lui est difficile de réunir l'ensemble de son équipe à un jour, heure et une salle donnés. La question se pose :  quel outil vais-je utiliser ?


L'outil collaboratif doit pouvoir créer une salle de réunion et inviter x collaborateurs en même temps avec un flux vidéo correct.
Deux outils  sélectionnés :

1   Daily :  un outil en ligne facile d'utilisation, qui vous personnalise le nom de la salle de réunion virtuelle permanente avec une adresse URL unique. Vous pouvez ajouter des nouvelles salles et vous pouvez choisir les modes d'accès de vos collaborateurs. De plus, c'est un outil gratuit. [1]


2 Team Talk :  un outil qui vous permet de tenir une réunion avec une adresse URL unique, et un simple lien suffit pour que vos collaborateurs se joignent à la réunion.  Mais celui-ci est fait pour un petit groupe. L'outil permet aussi de partager son écran, d'échanger des fichiers et un tchat.
 Cet outil est payant avec une tarification à la réunion ou par abonnement. [2]


Sources :

[1]  DAILY "réunions et appels en vidéo pour le travail collaboratif" by  · Published · Updated

[2] Team Talk "un espace de réunion en ligne pour le travail collaboratif" by · Published · Updated [consulté le 13/11/2017] . <https://outilscollaboratifs.com/2017/09/teamtalk-un-espace-de-reunion-virtuel-pour-le-travail-en-equipe/>