mercredi 27 novembre 2013

Google for freedom


C'est l'histoire d'un ogre qui prend peur.
Ou plutôt qui le feint. Google, ce bon géant numérique aux contours de nuages pixellisés, aurait, il y a peu, ruminé un exil loin des Etats-Unis.

C'est ce qu'annonçait Numerama, sous la plume de Guillaume Champeau, lundi dernier, 25 novembre.
Et pourquoi donc ce départ éventuel ? Pour fuir l'entreprenante NSA et l'embarassant Patrioct Act. Eric Schmidt, Pdg de Google, aurait confié récemment que sa firme avait envisagé de déménager du sol nord-américain ses immeubles de serveurs afin de protéger des indiscrétions du pouvoir fédéral les données personnelles de ses abonnés. Belle sollicitude, réflexe citoyen ? Pragmatisme industriel avant tout.

Monsieur Schmidt reconnaît qu'en fait le gênent et l'embarrassent les initiatives étatiques pour la confidentialité des données. Ainsi les Pays-Bas qui les premiers ont imposé leur cloud national dès 2011, avant les confidences d'Edward Snowden. L'existence de clouds souverains est désormais acquise, n'en déplaise à Google. En France l'illustrent les deux consortiums Cloudwatt (Orange/Thalès) et Numergy (SFR/Bull). Mais Mr Schmidt de pointer là une menace pour l'indépendance d'Internet et de prédire un avis de tempête généralisée.


Quoi, s'est donc un instant offusqué le géant, je ne serais donc plus le seul à régner ?
Juste un effet de l'affaire Prim. Les titans de l'Internet ne l'ignorent pas : la météo politique est chose très variable mais la démocratie a pour unique baromètre la liberté.
D'ici à la résolution planétaire de ces questions, nul doute que nombre d'ouragans bien réels auront soufflé de par le monde et sur nos vies chiffrées, stockées dans des... nuages électroniques.


Sources :

Champeau Guillaume.Google a songé à déménager des Etats-Unis pour éviter la NSA. In Numerama [en ligne]. 25 novembre 2013 [consulté le 27 novembre 2013]
http://www.numerama.com/magazine/27604-google-a-songe-a-demenager-des-etats-unis-pour-eviter-la-nsa.html

Etat des lieux de l'Internet et prospective :

La dynamique d'Internet. Prospective 2030. Etude réalisée sous la direction de Laurent Gille, Télécom ParisTech et Jacques-François Marchandise, Fondation internet nouvelle génération (FING) pour le Commissariat général à la stratégie et à la prospective.
http://www.fing.org

Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit
http://www.arsindustrialis.org

Réseaux, Politique des algorithmes, Les métriques du Web, 2013/1, n°177
http://www.cairn.info/revue-reseaux.htm



La loi de programmation militaire 2014-2019 fait débat

L'Assemblée Nationale examine actuellement une disposition du projet de loi militaire(LPM) qui suscite de vives inquiétudes chez les opérateurs et  acteurs Internet. Si cette loi est adoptée, elle permettra l'extension du régime d'exception concernant l'accès aux données personnelles.

Cette loi encadre la collecte de deux types de données: les données de connexion et le contenu des correspondances, ce qu'autorise déjà la loi actuelle.
La LPM réduirait la durée d'autorisation de la collecte des correspondances  à dix jours, contre quatre mois actuellement.
Elle élargirait aux ministres chargés de la Sécurité intérieure, de la Défense, de l'Economie et du Budget, la possibilité d'en faire la demande.
Ce projet de loi a pour objectif d' harmoniser les législations existantes (loi de 1991 et loi antiterroriste de 2006).
Par ailleurs, il  introduit également de nouvelles garanties. L'autorisation de collecte des données serait désormais du ressort du premier ministre. Ce dispositif législatif encadrerait le recueil de données issues de la géolocalisation, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Ce texte élargit aussi les entités auprès desquelles elles pourront réclamer des interceptions. Jusqu'à présent seuls les fournisseurs d'accès étaient concernés. Il en sera désormais de même pour les  les hébergeurs de contenus, ce qui a engendré une vive riposte de  l'ASIC (Association des service Internet communautaire) qui représente des acteurs comme Yahoo, Google, Deezer, Dailymotion...
Autre sujet d'inquiétude: la collecte des données en temps réel, qui pourrait conduire à l'installation, par les autorités, de dispositifs d'interception  sur les équipements des entreprises d'Internet, comme les fournisseurs d'accès, les opérateurs de téléphonie ou les sites Web.

De leur côté, le Conseil national du numérique et la CNIL montent au créneau. Le CNNum a rendu un avis négatif sur ces mesures et rappelle la place centrale du juge dans la régulation d'Internet.
Quant à la CNIL, elle déplore ne pas avoir été consultée sur l'accès en temps réel, aux données de connexion par des agents des ministères de l'Intérieur, de la Défense et du Budget, comme le veut la  loi du 6 janvier 1978.

Sources :

Champeau Guillaume.La loi pour la programmation militaire crée une loi martiale numérique. In Numerama [en ligne]. 25 novembre 2013 [consulté le 27 novembre 2013]
http://www.numerama.com/magazine/27600-la-loi-pour-la-programmation-militaire-cree-une-loi-martiale-numerique.html

Untersinger Martin. Surveillance d'Internet : inquiétudes autour de la loi de programmation militaire. In Le Monde [en ligne]. 26 novembre 2013 [consulté le 27 novembre 2013]
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/11/26/surveillance-d-internet-inquietudes-autour-de-la-loi-de-programmation-militaire_3518974_651865.html

Loi de programmation militaire : la CNIL déplore de ne pas avoir été saisie des dispositions relatives à l'accès aux données de connexion.In site de la CNIL [en ligne]. 26 novembre 2013 [consulté le 27 novembre 2013]
http://www.cnil.fr/linstitution/actualite/article/article/loi-de-programmation-militaire-la-cnil-deplore-de-ne-pas-avoir-ete-saisie-des-dispositions-rel/

Cheminat Jacques. Loi de programmation militaire : un espionnage numérique élargi et institutionnalisé. In Le Monde informatique [en ligne]. 26 novembre 2013 [consulté le 27 novembre 2013]
http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-loi-de-programmation-militaire-un-espionnage-numerique-elargi-et-institutionnalise-55801.html










lundi 25 novembre 2013

Quand les musées échangent avec le public à l'aide des réseaux sociaux

Les musées, qu'ils soient nationaux ou régionaux, ont décidé d'investir les réseaux sociaux, principalement afin de développer leurs relations avec le public mais aussi de l'élargir.

Cette démarche ne date pas d'hier. A titre d'exemple, une centaine de musées sur les 1 200 labellisés sont présents sur Twitter en 2013, alors qu'ils n'étaient que 20 en 2009. Sont également privilégiés Facebook, Instagram et Youtube comme moyens de communication, parce qu'ils permettent de s'adresser rapidement à un large public. En d'autres termes, pas nécessairement celui qui est un habitué des musées, mais aussi une cible plus jeune.

Parmi les musées les plus suivis, au-delà du Louvre ou du Centre Pompidou, on peut citer le Muséum de Toulouse, un des premiers à avoir rejoint Twitter en 2008.

Une initiative intéressante à signaler concerne la création du hashtag #jour de fermeture qui dévoile les coulisses des musées une fois leurs portes closes. Cela donne l'impression d'être dans la confidence, en même temps que cela humanise les rapports entre les musées et le public.

Un élément enfin à garder à l'esprit quant à l'utilisation de Facebook. Il dispose d'une déclaration des droits et responsabilités, qui proscrit toute "image pornographique ou contenant de la nudité".

Sources :


Site de L'oeil au carré. Quand les réseaux sociaux dépoussièrent les musées. Publication : 13/11/2013 [consulté le 25/11/2013]. <http://oeil-au-carre.fr/2013/11/13/reseaux-sociaux-musees/>

Site du Huffington Post. Comment les musées se dépoussièrent sur les réseaux sociaux. Publication : 31/03/2013 [consulté le 25/11/2013].
<http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/30/musee-reseaux-sociaux-twitter-facebook-museogeek_n_2983611.html>

Site de Télérama. Les musées s'emparent des réseaux sociaux. Publication : 15/03/2013 [consulté le 25/11/2013]. <http://www.telerama.fr/scenes/quand-les-musees-s-emparent-des-reseaux-sociaux,94756.php>

Conférence Dreamforce 13: le pionnier du cloud computing à l'assaut du Web 3.0

La conférence Dreamforce 13 s'est tenue à San Francisco du 18 au 21 novembre 2013. 130000 personnes ont assisté à l'évènement marquant de la société SalesForce.com, l'un des dix acteurs incontournables du web.
SalesForce.com, créé en 1999, est un pionnier du cloud computing et un leader de la relation client. La firme, basée à San Francisco, propose à ses clients des solutions informatiques qui ne sont plus facturées qu'à l'usage. Le nouveau produit de Salesforces, Salesforce1, a été présenté lors de Dreamforce. Le géant intègre ainsi le web 3.0 en supportant dorénavant les technologies mobiles (tablettes, téléphones). 

SalesForce1 permet aux entreprises de créer leurs propres applications métiers destinées à améliorer la relation client. Cette solution revêt une importance capitale à l'heure du développement des objets connectés. 

La nouvelle solution de SalesForce se présente comme une plateforme permettant de centraliser les applications et les données, d'être accessible à partir de tous types de terminaux et d'en donner l'accès à des services tiers par le biais d'applications. 
Ainsi, l'administrateur peut traiter toutes les données à partir d'une même interface (gestion des droits, modifications...). L'entreprise a ainsi la possibilité de créer une application destinée à ses clients qui peuvent s'y connecter depuis leur ordinateur, leur tablette ou leur smartphone. La création de cette application se fait via un éditeur simplifié permettant, en outre de développer d'autres types d'objets pour répondre aux besoins de l'entreprise. l'enjeu ici est la gestion des données des clients. 
Ainsi, parle t-on, au delà du web des objets connectés, de l'internet of customers, le web des clients. 

Internet of Customers
Sources: 

CAVAZZA. F, compte-rendu de Dreamforce 2013, première journée, billet de blog, 20 novembre 2013 [consulté le 25 novembre]

CAVAZZA. F, compte-rendu de Dreamforce 2013, deuxième journée, billet de blog, 20 novembre 2013 [consulté le 25 novembre]
http://www.fredcavazza.net/2013/11/20/compte-rendu-de-dreamforce-2013-deuxieme-journee/

LAUER. S, SalesForce met de la mobilité dans la gestion de la relation client, Le Monde, Technologies, article de presse, 20 novembre 2013 [consulté le 25 novembre 2013]
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/11/20/salesforce-se-met-au-mobile_3516771_651865.html

mercredi 20 novembre 2013

Gallica rend accessible ses fonds sonores au grand public


Riche d'une collection de plus de 200 000 disques hérités de la Phonothèque nationale, la BnF rend désormais ce patrimoine disponible auprès d'un large public au travers de sa nouvelle plateforme en ligne accessible depuis fin octobre. Au total, cette opération vise à rendre public pas moins de 700 000 titres regroupant des genres musicaux aussi variés que la musique, la chanson, le jazz, les musiques du monde, ainsi que des enregistrements parlés issus du théâtre.

Pour mener à bien ce projet, la filiale Bnf-Partenariats a fait appel à deux partenaires privés. Le premier est la société bruxelloise Memnon Archiving Services spécialisée dans la numérisation d'archives audiovisuelles. Celle-ci a rassemblé une équipe de 20 personnes chargées de vérifier, nettoyer, et numériser l'ensemble des collections. Selon Memnon, le rythme de numérisation est actuellement de 4000 disques par mois. La durée totale du projet est évaluée à 7 ans, ce qui explique qu'à ce jour seule une partie des collections soit disponible. La second partenaire est Believe Digital qui est en charge de la distribution de ses archives (rassemblées sous le label "BnF collection") auprès de 350 services de musique en ligne parmi lesquelles Amazon, iTunes, Google Play, Spotify, Deezer. De même, la BnF annonce l'ouverture prochaine de chaînes YouTube et Dailymotion consacrées à ces fonds. Les enregistrements sont également accessibles sur les postes de la bibliothèque François-Mitterrand ainsi que sous forme d'extraits sur la plateforme en ligne Gallica.

Ces fonds sonores ne concernent cependant pas que la musique puisqu'au travers de sa plateforme la BnF entend également valoriser une importante collection d'archives sonores. On y trouve ainsi le corpus des Archives de la Parole réalisé sous la direction de Ferdinand Brunot (1911-1914) puis de Jean Poirot (1920-1924) qui rassemble des enregistrements issus du studio de la Sorbonne et des enquêtes de terrain. On peut ainsi y entendre les voix de Maurice Barrès ou de l'écrivain Rudyard Kipling.

Outre ces Archives de la Parole, on y retrouve également les enregistrements de l'Exposition coloniale internationale de Paris de 1931, l'autobiographie sonore de l'écrivain, dessinateur et graveur Fred Deux, ainsi que pas moins de 180 cours donnée par Gilles Deleuze à l'Université Paris 8 entre 1979 et 1987, soit 413 heures d'enregistrement! L'auditeur peut ainsi réécouter intégralement les cours du philosophe sur des thèmes qui lui étaient chers comme Leibniz, Spinoza, Foucault, la peinture, ou encore le cinéma comme image-mouvement.

Ici encore, l'opération est loin d'être terminée. La BnF a annoncé la disponibilité prochaine d'autres fonds dont la numérisation a été rendue possible au moyen de l'opération de parrainage "Offrir une voix" issue du partenariat entre le Département audiovisuel de la BnF et l'Association des Amis de la BnF.


Sources

Fonds sonores de la BnF
http://gallica.bnf.fr/html/enregistrements-sonores/fonds-sonores

BnF Collection Sonore. Du disque aux plateformes de diffusion en ligne : la BnF ouvre largement ses collections sonores au public. Dossier de presse. 6 novembre 2013.
Fichier pdf : http://www.bnf.fr/documents/dp_bnf_collec_sonore.pdf

Memnon Arching Services, Numériser et Diffuser une collection sonore grâce à un partenariat. 15 avril 2013.
Fichier pdf accessible depuis : http://www.memnon.be/EventsPress/MemnonPressArticles/tabid/90/language/fr-FR/Default.aspx

Equipe Gallica, Les fonds sonores dans Gallica. Article de blog. 13 novembre 2013.
http://blog.bnf.fr/gallica/index.php/2013/11/13/les-fonds-sonores-dans-gallica/

Fantozzi, Marie, "Collections sonores de la BNF : bientôt dans les bacs et en ligne", Le Monde.fr, 7 novembre 2013.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/07/collections-sonores-de-la-bnf-bientot-dans-les-bacs-et-en-ligne_3510320_3246.html

Globfree : un nouveau moteur de recherche basé sur l'analyse sémantique

Globfree, proposé par la jeune société anglaise du même nom, se veut un un outil de recherche d'articles scientifiques novateur. Basé sur l'analyse sémantique, ce moteur compare un texte aux articles contenus dans différentes sources : Pubmed, Springer, Jstor, Pubmed central, Arxiv, Nature, Cambridge University Press... soit un réservoir de près de 250 millions d'articles.

L'Observatoire des Technologies de l'INRA a testé ce nouveaux moteur et rend compte des résultats de cet essai.
L'utilisation de Globfree est gratuite mais nécessite un enregistrement. Ensuite, la recherche se fait non pas avec des mots clés, mais en saisissant un texte. Attention toutefois : le copier-coller ne fonctionne pas avec tous les formats. On peut sélectionner les sources que l'on souhaite interroger. Une recherche complète peut nécessiter jusqu'à 24 heures.

Voici comment se présente l'écran présentant les résultats d'une recherche, triés par source :

recherche en cours



Malgré des résultats de recherche intéressants, plusieurs limites se dessinent dans cette première version : un format de notice assez maigre, aucune possibilité d'affiner la requête une fois les résultats affichés, ou de trier ceux ci, et une pertinence des articles sélectionnés non garantie - elle est basée sur un algorithme non communiqué par la société Globfree.

Ce moteur devrait toutefois permettre aux chercheurs de vérifier si un sujet de travail est -ou non- novateur ou déja traité, et sous quel angle. Enfin, son système d'analyse sémantique en fait un outil de détection contre le plagiat.

Sources :

Sylvie Cocaud, blog de l'Observatoire des Technologies de l'INRA. [En ligne, consulté le 20/11/2013].
http://ist.blogs.inra.fr/technologies/2013/11/15/globfree-un-nouveau-moteur-de-recherche-base-sur-lintelligence-artificielle/

Site de Gobfree, rubrique About. [En ligne, consulté le 20/11/2013].
http://www.globfree.com/AiGlobfree.aspx?ai=9&sai=1&isai=1&disai=1

lundi 18 novembre 2013

Google Books remporte son procès contre la Guilde des Auteurs

La justice américaine a donné raison à Google pour la numérisation d'extraits dans son moteur de recherche

Depuis 2005 une bataille juridique oppose Google books à la Guilde des auteurs.  Cet organisme qui rassemble les auteurs américains dénonce une violation des droits d'auteur et demande l'arrêt de la numérisation à grande échelle par Google.
Pour alimenter son service de bibliothèque numérique Google books propose en effet des extraits dans son moteur de recherche. Le géant américain affirme aider les utilisateurs à trouver les ouvrages recherchés par les internautes grâce au référencement.

Le juge en charge de l’affaire a donné raison à Google sur la base du fair use (usage équitable), une disposition du droit américain qui permet dans certaines situations de se défendre de l’accusation de contrefaçon en cas d’usage d’oeuvres protégées.

Ainsi, selon le juge américain, les extraits de textes sont utilisés comme des pointeurs conduisant les utilisateurs vers une large sélection de livres et le juge conclut que non seulement Google Books n’occasionne pas de pertes économiques pour les titulaires de droits, mais qu’il aide même à augmenter les ventes.

La notion d'usage équitable n'existe pas en France. Le juge français est obligé de condamner s’il constate une contrefaçon, sans pouvoir prendre en compte le fait que l’acte a été commis à des fins commerciales ou non. Le juge américain a pu de son côté se demander dans quelle mesure l’usage fait par Google avait un impact sur le marché potentiel des livres.

Faut il y voir une leçon de démocratie ?

L’affaire Google Books souleve la crainte – légitime – que Google utilise la numérisation des livres pour atteindre une position dominante dans ce secteur et renforce encore la place de son moteur de recherche sur Internet.
La France a consacré beaucoup d’efforts à essayer de "contrer" les agissements de Google ces dernières années en matière de numérisation. Cette volonté a d'ailleurs abouti au vote de la loi sur les livres indisponibles du XXème siècle et sur le dispositif de la base ReLIRE gérée par la bnf.

ReLIRE  donne accès à une liste de 60 000 livres indisponibles du XXe siècle : des livres sous droits d'auteur, publiés en France avant le 1er janvier 2001, et qui ne sont plus commercialisés.Si les titulaires de droits ne s'y sont pas opposés, ces livres sont entrés en gestion collective le 21 septembre 2013 et pourront bientôt être remis en vente sous forme numérique.

Or la loi sur les indisponibles ne vise aucunement à faciliter l’accès à l’information et à développer des usages innovants de recherche. Son but unique est la recommercialisation en bloc de livres épuisés.

Dans certaines circonstances, cette notion d'usage équitable pourrait être utile pour contribuer à la sauvegarde d'archives ou de documents. Pour exemple L'Epra, banque de programmes collaborative, menacée de liquidation d’ici la fin de l’année : sa disparition met en danger un fonds de 12 000 émissions et 10 000 h d'archives. L’Epra est en effet le propriétaire exclusif de ces fonds. Les confier à un tiers impliquerait de devoir renégocier des milliers de contrats avec les auteurs et les radios. Geler les fonds les rendent inexploitables.

Dans de telles circonstances la notion d'usage équitable prendrait alors tout son sens.

Sources :

Maurel Lionel. Verdict dans l'affaire Google Books : une grande leçon de démocratie. In S.I.Lex [en ligne] 15 novembre 2013 [consulté le 18 novembre 2013]
http://scinfolex.com/2013/11/15/verdict-dans-laffaire-google-books-une-grande-lecon-de-

Google peut légalement publier des extraits de livres qu'il souhaite. In Zone Numerique [en ligne] 15 novembre 2013 [consulté le 18 novembre 2013
http://www.zone-numerique.com/google-peut-legalement-publier-des-extraits-de-livres-quil-souhaite.html

Marine Goy. Google Books : la justice donne raison à Google pour la numérisation. In LESNUMERIQUES [en ligne] 18 novembre 2013 [consulté le 18 novembre 2013]
 http://www.lesnumeriques.com/liseuse/google-books-justice-donne-raison-a-google-n31818.html

Bibliothèque nationale de France. Registre des Livres indisponibles en réédition électronique [en ligne] [consulté le 18 novembre 20013]
http://relire.bnf.fr/

Clémence Jost. Liquidationde l'Epra : des milliers d'archives réduites au silence. In Archimag [en ligne] 15 novembre 2013 [consulté le 18 novembre 2013]
 http://www.archimag.com/article/radio-liquidation-epra-archives